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    Trump à la recherche d’une stratégie pour l’Afghanistan

    «Nous ne gagnons pas», s’était plaint le président au début du mois

    19 août 2017 | États-Unis
    Christophe Vogt - Agence France-Presse respectivement à Camp David et à Washington
    Jérôme Cartillier - Agence France-Presse
    Selon le «New York Times», M. Bannon, et le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, ont avancé l’idée de confier les tâches de sécurité en Afghanistan à des entrepreneurs privés.
    Photo: Javed Tanveer Agence France-Presse Selon le «New York Times», M. Bannon, et le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, ont avancé l’idée de confier les tâches de sécurité en Afghanistan à des entrepreneurs privés.

    Donald Trump tentait vendredi de trouver une stratégie pour l’Afghanistan et de trancher entre les partisans d’un effort militaire accru dans la plus longue guerre des États-Unis et ceux qui suggèrent de passer le bourbier afghan par pertes et profits.

     

    Le président américain est arrivé en milieu de journée à Camp David, résidence présidentielle chargée d’histoire située à une centaine de kilomètres au nord de Washington, où il a retrouvé son équipe de sécurité nationale.

     

    Si aucune décision n’était a priori attendue dès vendredi, M. Trump a promis de trancher « très bientôt ».

     

    En parlant de l’Afghanistan, M. Trump espère sans doute aussi changer de sujet après une semaine désastreuse.

     

    Ses déclarations sur le drame de Charlottesville — où une jeune femme a été tuée par un sympathisant néonazi — ont été perçues par beaucoup comme une critique très molle des groupuscules suprémacistes blancs et ont provoqué une vague d’indignation jusque dans son propre camp.

     

    À Camp David, Donald Trump aura un déjeuner de travail suivi d’une réunion avant de retourner dans son golf de Bedminster, dans le New Jersey, où il passe des vacances.

     

    Au total, quatre heures de travail entouré entre autres du vice-président Mike Pence, du chef du Pentagone Jim Mattis et de H. R. McMaster, qui dirige le Conseil de sécurité nationale, respectivement général des Marines à la retraite et général d’active de l’armée de terre.

     

    Le nouveau secrétaire général de la Maison-Blanche, John Kelly, général à la retraite des Marines, sera un autre acteur central des débats. Il a perdu un fils de 29 ans en Afghanistan, dans la province de Helmand (sud), en 2010.

     

    « Nous sommes en train de perdre »

     

    Donald Trump est frustré et l’a clairement fait savoir à ses conseillers militaires début août. « Nous ne gagnons pas », « nous sommes en train de perdre », s’était plaint le président, selon NBC News.

     

    Il avait alors réclamé la tête du commandant des 8400 soldats américains et 5000 de l’OTAN, le général John Nicholson, qui a reçu un soutien appuyé et très public de Jim Mattis cette semaine.

     

    Seize ans après l’invasion américaine pour punir les talibans d’avoir soutenu les commanditaires du 11-Septembre, malgré des centaines de milliards de dollars dépensés et 2400 militaires américains tués, les rebelles ont l’initiative sur le terrain.

     

    L’armée afghane a subi des pertes insoutenables, le pouvoir central est faible et corrompu, et même le groupe État islamique semble en passe de prendre pied dans le pays.

     

    Il n’y a pas de solutions simples pour le « cimetière des empires ».

     

    En créant un vide militaire en Afghanistan pour envahir l’Irak en 2003, George W. Bush a permis aux rebelles talibans de se ressaisir.

     

    Barack Obama, qui avait promis de mettre fin à la guerre, a dû massivement augmenter les troupes pour éviter que les talibans ne reprennent le pays, avant de pouvoir les ramener au rôle de quelques milliers de conseillers.

     

    Peu de détails sur les scénarios étudiés sont disponibles, mais les recettes sont toujours plus ou moins les mêmes.

     

    Pour permettre de reprendre l’initiative sur le terrain, les militaires américains — Jim Mattis en tête — préconisent d’envoyer quelques milliers de soldats en renfort américain (le chiffre de 4000 circule) en guise de béquille à des forces de sécurité afghanes débordées.

     

    Privatiser la guerre

     

    Les talibans ont décidé de participer au débat, rappelant le peu de succès jusque-là.

     

    « Il serait donc sage pour vous d’adopter une stratégie de retrait complet d’Afghanistan plutôt que d’accroissement des troupes », écrivent les rebelles dans une lettre, rédigée en anglais et communiquée aux médias mardi. Une opinion qui est partagée par certains membres de l’entourage de Donald Trump.

     

    L’aile nationaliste, dont Steve Bannon, conseiller stratégique remercié vendredi, était la figure de proue, a toujours été réticente face à un engagement militaire américain accru.

     

    Selon le New York Times, M. Bannon et le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, ont avancé l’idée de confier les tâches de sécurité en Afghanistan à des entrepreneurs privés.

     

    Et depuis quelques semaines, Erik Prince, fondateur de Blackwater, une société de mercenaires qui a laissé de sinistres souvenirs en Irak, propose exactement cela : remplacer les troupes américaines — à l’exception de forces spéciales — par 5500 mercenaires chargés d’entraîner les soldats afghans et de se battre à leurs côtés.

     

    Les militaires américains sont — sans surprise — vent debout contre cette idée.













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