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    Trump et le racisme

    Brian Myles
    16 août 2017 |Brian Myles | États-Unis | Éditoriaux

    Le président américain, Donald Trump, tergiverse sur la signification de l’attentat terroriste qui a fait un mort à Charlottesville. À force de banaliser le mal du suprémacisme blanc, il contribue à libérer les passions racistes dans un pays sous tension.

     

    Reprenons dans l’ordre. Un jeune Américain aux sympathies néonazies, James Fields, a foncé en voiture dans un rassemblement de militants antiracisme, faisant un mort et dix-neuf blessés samedi. Le voilà accusé de meurtre non prémédité, et vilipendé par la base la plus conservatrice du Parti républicain. Le ministre de la Justice, Jeff Sessions, et le sénateur Ted Cruz ont aussitôt qualifié le geste d’attaque terroriste, contrairement au président.

     

    Dans une première réaction à chaud, samedi, M. Trump a attribué des torts « à plusieurs camps » pour l’explosion de violence à Charlottesville. C’est comme si les victimes alléguées de Field, l’une tuée, les autres mutilées, étaient responsables d’avoir provoqué le forcené.

     

    Cette banalisation cynique de la violence d’extrême droite a entraîné un vent d’indignation aux États-Unis, forçant M. Trump à clarifier sa pensée. Lundi, il a changé de ton, dénonçant les « violences racistes » des suprémacistes blancs, du Ku Klux Klan (KKK) et des néonazis, qu’il a qualifiés de « criminels » et de « voyous ».

     

    Et puis mardi, M. Trump a réitéré que les torts étaient partagés de part et d’autre, reprochant aux militants de l’« alt-left » d’avoir attaqué ceux de l’« alt-right ».

     

    Le climat est si pourri aux États-Unis que des intellectuels supputent les probabilités d’une guerre civile. Donald Trump, un homme dépourvu de toute stature présidentielle, ne fait rien pour calmer les tensions sociales. Au contraire, sa condamnation en demi-teinte des suprémacistes blancs contribue à légitimer leurs doctrines racistes. Il ouvre un espace dans le débat public pour l’expression de la haine.

     

    Le préjugé racial est un trait distinctif de la présidence Trump. Remettre en question la nationalité de Barack Obama. Accepter un certain temps l’appui politique d’un ancien leader du KKK, David Duke. Traiter les Mexicains de criminels, de trafiquants de drogue et de violeurs. S’entourer de conseillers sympathiques à l’extrême droite. Et justifier le tout par un programme vague pour rendre sa grandeur à l’Amérique.

     

    Sa grandeur ? Les groupes d’extrême droite ont défilé au flambeau dans les rues de Charlottesville avant la mort de Heather Heyer, scandant des slogans nazis. Au lendemain de la tragédie, ils se disaient fiers de leur « victoire morale » et promettaient de tenir de nouvelles manifestations dans les prochaines semaines. Toute une base électorale.













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