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    Trump dénonce «la plus grande chasse aux sorcières» de l’histoire américaine

    19 mai 2017 |Jérôme Cartillier - Agence France-Presse | États-Unis
    Donald Trump accuse également la campagne d’Hillary Clinton et la présidence de Barack Obama «d’actes illégaux» pour lesquels, dit-il, «un procureur spécial n’a jamais été nommé».
    Photo: Olivier Douliery Agence France-Presse Donald Trump accuse également la campagne d’Hillary Clinton et la présidence de Barack Obama «d’actes illégaux» pour lesquels, dit-il, «un procureur spécial n’a jamais été nommé».

    Le président des États-Unis, Donald Trump, s’est posé jeudi en victime d’une chasse aux sorcières sans précédent, au lendemain de la nomination d’un procureur spécial dans l’enquête sur l’ingérence russe dans l’élection présidentielle.

     

    « Je respecte l’initiative, mais toute cette histoire est une chasse aux sorcières et il n’y a aucune collusion à coup sûr entre ma campagne et moi-même — mais je peux toujours parler pour moi — et les Russes, zéro », a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse commune avec le président colombien, Juan Manuel Santos, à la Maison-Blanche. « Je pense que cela divise le pays », a-t-il poursuivi.

     

    Après une réaction laconique mais mesurée mercredi soir par l’intermédiaire d’un communiqué de la Maison-Blanche, le président républicain avait opté, à l’aube, pour un tout autre registre sur Twitter, traduisant sa volonté de souder sa base électorale, mais aussi son agacement face à l’accumulation des révélations.

     

    « C’est la plus grande chasse aux sorcières visant un politicien de l’histoire américaine ! » a-t-il lancé, évoquant cette nomination qui a pris par surprise la Maison-Blanche, où une extrême tension est palpable depuis plusieurs jours.

     

    Accusant par ailleurs la campagne d’Hillary Clinton et la présidence de Barack Obama « d’actes illégaux », il s’est indigné qu’aucun procureur spécial n’ait jamais été nommé pour les examiner.

     

    « C’est le plus grand exemple d’apitoiement sur soi-même de l’histoire américaine. Triste. Vraiment », a ironisé, en réponse, David Axelrod, ancien conseiller de Barack Obama.

     

    Position inconfortable

    À la veille de son départ pour son premier voyage à l’étranger, qui le mènera dans cinq pays en huit jours seulement, le 45e président des États-Unis sait qu’il est dans une position très inconfortable et que l’affaire russe continuera à faire la une des médias américains dans les semaines et les mois à venir.

     

    Le numéro deux du ministère de la Justice, Rod Rosenstein, qui a annoncé la nomination de Robert Mueller, directeur du FBI de 2001 à 2013 au poste de procureur spécial, a répondu jeudi aux questions pressantes des sénateurs.

     

    « Il a dit qu’il voulait être certain que l’intégrité du département de la Justice est protégée, et que les Américains sachent que cela sera géré avec équité », a rapporté le sénateur Dick Durbin à l’issue de cette réunion qui s’est tenue à huis clos dans une salle sécurisée du Capitole.

     

    Mais le haut responsable s’est refusé, selon plusieurs élus, à commenter le fond de l’enquête, qui est désormais entre les mains de M. Mueller.

     

    Mueller aux commandes

    M. Mueller est chargé d’enquêter sur « tout lien et/ou coordination entre le gouvernement russe et des individus associés à la campagne du président Donald Trump », mais aussi « tout sujet » découlant de ces investigations, ce qui lui donne de facto les coudées franches.

     

    L’opposition réclamait unanimement la nomination d’un procureur spécial depuis le limogeage soudain du directeur du FBI James Comey, le 9 mai, soupçonnant une tentative d’entrave à la justice.

     

    Depuis cette éviction brutale, la presse a rapporté que Donald Trump aurait fait pression sur M. Comey pour qu’il classe le volet de l’enquête concernant Michael Flynn, son éphémère conseiller à la sécurité nationale soupçonné de jeux troubles avec les Russes. M. Comey aurait refusé, mais consigné cette conversation dans des notes qui ont commencé à fuiter dans les médias.

     

    M. Trump, qui a démenti toute pression sur le chef du FBI, a admis dans une interview que le limogeage était lié à son exaspération vis-à-vis de l’enquête sur les ingérences russes.

     

    Jeudi, il a indiqué jeudi que Joe Lieberman, qui fut candidat démocrate à la vice-présidence américaine, est le favori pour devenir le prochain chef du FBI.

     

    Des révélations chaque jour

     

    Chaque jour apporte désormais son lot de détails et de nouvelles révélations sur le comportement du président et de son entourage, avant et après l’élection, alimentant les comparaisons avec la montée en puissance de l’affaire du Watergate qui contraint Richard Nixon à la démission le 8 août 1974.

     

    Le président républicain de la Chambre des représentants, Paul Ryan, rappelle inlassablement que la majorité continue de travailler malgré les turbulences, mais son message est inaudible.

     

    L’affaire russe est sur toutes les lèvres, et le mot de « destitution » est murmuré dans la capitale fédérale, un scénario pour l’instant très hypothétique qui ferait que le vice-président, Mike Pence, hérite du pouvoir. « Je refuse de donner du crédit à cela, je n’ai rien à dire là-dessus », a lâché Paul Ryan, interrogé sur une telle perspective.













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