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    Trump accusé d’avoir réclamé le classement d’une enquête du FBI

    Selon un article du «New York Times», il aurait demandé au patron du FBI de mettre un terme aux investigations visant Michael Flynn, son ancien conseiller à la sécurité nationale

    17 mai 2017 | Jérôme Cartillier - Agence France-Presse à Washington | États-Unis
    L'ex-directeur du FBI James Comey
    Photo: Eric Thayer / Getty Images North America / Agence France-Presse L'ex-directeur du FBI James Comey

    La situation de Donald Trump devient chaque jour plus inconfortable : déjà accusé d’avoir été trop bavard avec des diplomates russes, le président des États-Unis est désormais soupçonné d’avoir tenté de mettre fin à une enquête du FBI.

     

    Moins de quatre mois après son arrivée au pouvoir et à quelques jours de son départ pour son premier grand voyage à l’étranger, ces révélations explosives en cascade placent le locataire de la Maison-Blanche dans une position difficile.

     

    Selon un article du New York Times publié mardi après-midi, M. Trump a demandé mi-février au directeur du FBI James Comey, qu’il a limogé avec fracas la semaine dernière, de mettre un terme aux investigations visant Michael Flynn, son ancien conseiller à la sécurité nationale.

     

    Détail accablant : M. Comey a relaté cette conversation dans une note écrite, citée par le quotidien. « C’est quelqu’un de bien. J’espère que vous pourrez laisser tomber », aurait affirmé M. Trump, selon cette note rédigée par le patron du puissant Federal Bureau of Investigation.

    Photo: Evan Vucci Associated Press Donald Trump a lui-même défendu, sur Twitter, son «droit» de partager des informations concernant «le terrorisme et la sécurité aérienne».
     

    La Maison-Blanche a catégoriquement contesté cette version des faits, qui pourrait constituer une possible obstruction à la justice, affirmant que le président n’avait « jamais demandé à M. Comey ou à qui que ce soit d’autre de clore aucune enquête ».

     

    « Ce n’est pas un récit fidèle […] de la conversation entre le président et M. Comey », a indiqué un responsable du gouvernement sous couvert d’anonymat.

     

    Dans un témoignage jeudi devant le Sénat, le directeur par intérim du FBI, Andrew McCabe, avait affirmé qu’il n’y avait eu « aucune tentative » d’entraver l’enquête sur les liens possibles entre des membres de l’équipe Trump et la Russie.

     

    Sans précédent

     

    Les réactions ont fusé au Congrès, où la pression monte depuis quelques jours pour que M. Comey vienne livrer sa version des faits.

     

    Le chef de file de l’opposition démocrate du Sénat, Chuck Schumer, s’est déclaré « secoué » par ces dernières révélations. « C’est un test sans précédent pour le pays. Je le dis à tous mes collègues du Sénat : l’histoire nous regarde », a-t-il lancé sur un ton grave depuis l’hémicycle.

     

    Le républicain Richard Burr, président de la commission sénatoriale du renseignement, s’est montré nettement plus circonspect. « Je pense que le directeur [Comey] nous aurait peut-être informés s’il y avait eu une demande de cette nature », a-t-il affirmé, jugeant qu’il faudrait « plus que des sources anonymes » pour le convaincre.

     

    Avant ces nouvelles révélations du New York Times, la Maison-Blanche s’était employée mardi à contester l’idée selon laquelle M. Trump aurait compromis la sécurité des États-Unis en livrant des informations critiques au chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov.

     

    Selon plusieurs médias américains, Israël aurait fourni ces informations aux États-Unis dans le cadre d’un strict accord de renseignement et ne voulait pas qu’elles soient partagées avec un autre pays.

     

    Ces informations, qui concernent la capacité du groupe État islamique à armer de manière sophistiquée des ordinateurs portables, sont si critiques qu’elles n’ont même pas été partagées au sein de l’alliance des « Five Eyes » (États-Unis, Royaume-Uni, Australie, Canada et Nouvelle-Zélande), selon le Wall Street Journal.

     

    Dépêché pour la seconde fois en deux jours devant la presse, le conseiller à la Sécurité nationale de Donald Trump, le général H. R. McMaster, a défendu les propos échangés avec M. Lavrov la semaine dernière, affirmant qu’« en aucun cas » la conversation du président américain n’avait pu porter atteinte à la sécurité nationale.

     

    Droit de partager

     

    Face au tollé provoqué par ces informations de presse accusant Donald Trump d’avoir pu compromettre une source, le général a encore martelé que « ce dont le président a parlé était approprié dans le cadre de cette conversation ».

     

    Comme la veille, H. R. McMaster, qui a assisté à la fameuse rencontre, n’a pas explicitement démenti que des informations secrètes aient été partagées avec les responsables russes.

     

    Donald Trump a lui-même défendu, sur Twitter, son « droit » de partager des informations concernant « le terrorisme et la sécurité aérienne ». Il a expliqué l’avoir fait « pour des raisons humanitaires » et vouloir « en plus que la Russie renforce nettement sa lutte contre [le groupe] EI et le terrorisme ».

     

    M. Trump entretient des relations exécrables avec ses services de renseignement.

     

    Le sénateur républicain John McCain, ennemi déclaré de la Russie de Vladimir Poutine, a jugé que ces informations « envoient un message inquiétant aux alliés de l’Amérique […] et pourraient les dissuader de partager des renseignements avec nous à l’avenir ».

     

    Les démocrates réclamaient de leur côté la publication de la transcription de la conversation entre MM. Trump et Lavrov.

     

    Pour Leon Panetta, ancien directeur de la CIA, cette nouvelle affaire « entame la crédibilité de la présidence » américaine.













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