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    Trump est «déçu» et «un peu surpris» de son échec sur «Obamacare»

    Les républicains obligés de faire marche arrière sur leur réforme de l’assurance maladie

    25 mars 2017 |Philippe Orfali | États-Unis
    En vertu du «Trumpcare», près de 24 millions de personnes auraient perdu leur couverture médicale d’ici dix ans.
    Photo: Charles Rex Arbogast Associated Press En vertu du «Trumpcare», près de 24 millions de personnes auraient perdu leur couverture médicale d’ici dix ans.

    Coincés entre un ultimatum du président Trump et la menace bien réelle de mutinerie de la part des franges conservatrices et progressistes de leur caucus, les leaders républicains au Congrès ont retiré vendredi le projet de loi qui aurait démantelé le régime Obamacare, peu de temps avant que celui-ci soit soumis à un vote à la Chambre des représentants.

     

    Une fois de plus, l’administration essuie un revers humiliant concernant l’une de ses principales promesses électorales, une promesse qu’avaient pourtant formulée il y a sept ans déjà les élus républicains du Congrès, au moment de la création de l’Obamacare, cette assurance universelle qui offre à quelque 50 millions d’Américains une couverture santé minimale.

     

    Il s’agit d’une deuxième défaite personnelle de taille pour Donald Trump, après la suspension par la justice américaine de ses décrets visant à fermer les frontières aux réfugiés et aux ressortissants de plusieurs pays du Moyen-Orient.

     

    Le vote reporté, puis annulé

     

    « On va vivre avec l’Obamacare pour un certain temps encore », a concédé le président de la Chambre des représentants des États-Unis, après s’être rendu à la Maison-Blanche pour annoncer à M. Trump l’échec des négociations avec les membres de son caucus.

     

    Ce vote devait à l’origine être tenu jeudi, puis il avait été reporté au lendemain avant d’être carrément annulé, à quelques minutes de l’heure prévue.

    Photo: Pablo Martinez Monsivais Associated Press Donald Trump
     

    Il était moins dommageable pour le parti de retirer le projet de loi que de le voir soumis au vote, ce qui aurait exposé au grand jour les divisions entre les diverses factions républicaines, ont estimé les apparatchiks républicains dans leurs échanges avec M. Trump et son principal stratège, Stephen Bannon.

     

    M. Trump s’était personnellement entretenu avec plus d’une centaine de parlementaires pour tenter de dénouer l’impasse, en vain.

     

    Une réforme allant trop loin… ou pas assez

     

    Sur 237 élus républicains, un peu moins d’une quarantaine s’était opposés au texte, s’ajoutant aux 193 démocrates de l’opposition.

     

    En vertu du « Trumpcare », près de 24 millions de personnes auraient perdu leur couverture médicale d’ici dix ans et les assureurs n’auraient plus eu à offrir dans leur régime certains services essentiels comme les urgences et les soins de grossesse.

     

    Les républicains les plus centristes avaient jugé cette suggestion inacceptable, tandis qu’à l’autre extrême, les membres du « Freedom Caucus », d’inspiration libertarienne, estimaient qu’il s’agissait d’une version édulcorée de l’Obamacare.

     

    Trump accuse le coup

     

    En fin de compte, le risque de faire les frais de la colère des électeurs lors des élections de mi-mandat de 2018 aura penché davantage dans la balance que les menaces du président Trump pour nombre d’élus républicains au congrès. Le président estimait, pour sa part, que les parlementaires n’oseraient pas le défier sur ce qui constitue l’un des piliers de sa plateforme électorale.

     

    Le président a accusé le coup vendredi lors d’une allocution télévisée tenue depuis le Bureau ovale, visiblement touché par cet affront, mais gardant un ton posé.

     

    « Nous étions tout près », a déclaré M. Trump.

     

    « Je suis déçu […] je suis un peu surpris pour être honnête, a avoué le président. Nous étions tout près, cela s’est joué à très peu de choses. C’était une très, très bonne loi. »

     

    « Je ne vais pas dire du mal de qui que ce soit au sein du parti », a-t-il ajouté, affirmant que Paul Ryan conserve toute sa confiance.

     

    M. Trump n’a pas précisé comment il souhaitait maintenant s’y prendre pour faire adopter sa réforme de la santé, mais il a laissé entendre qu’il pourrait maintenant se concentrer sur celle de la fiscalité, une autre promesse de campagne. « Nous allons probablement nous tourner désormais vers la réforme fiscale que nous aurions pu faire plus tôt. »













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