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    États-Unis

    Donald Trump tire à boulets rouges sur les médias

    «Le niveau de malhonnêteté est hors de contrôle», affirme le président

    17 février 2017 | Philippe Orfali Avec l’Agence France-Presse et Associated Press | États-Unis
    L’échange acrimonieux entre Donald Trump et les journalistes a duré plus de 75 minutes.
    Photo: Andrew Harnik Associated Press L’échange acrimonieux entre Donald Trump et les journalistes a duré plus de 75 minutes.

    Les vives tensions entre Donald Trump et les grands médias américains ont atteint jeudi des sommets inégalés : après avoir convoqué une conférence de presse afin de clarifier la nature des relations de son gouvernement avec la Russie, le président a plutôt entrepris de tailler en pièces les principaux quotidiens et chaînes d’informations, sa bête noire depuis la campagne électorale.

     

    Jamais, pourtant, Donald Trump n’avait-il critiqué aussi vertement la presse américaine que lors de l’incident de jeudi, et ce, même s’il avait déjà qualifié la chaîne CNN de réseau de « fausses nouvelles ». « Le niveau de malhonnêteté [des médias] est hors de contrôle », a lancé le président, multipliant les attaques contre le quatrième pouvoir tout au long d’un échange acrimonieux qui a duré plus d’une heure et quart.

     

    « La plupart des médias à Washington, New York et Los Angeles ne parlent pas pour le peuple, mais pour les intérêts particuliers et pour ceux qui profitent d’un système cassé de manière très, très évidente », a insisté M. Trump, qui a concentré ses attaques sur ses cibles favorites : le New York Times — à l’origine de fuites, cette semaine, sur les liens étroits entre son gouvernement et le Kremlin — et CNN.

     

    « Il y a tellement de colère et de haine » sur les ondes de la chaîne câblée, a jugé Donald Trump. « Je ne la regarde plus. »

     

    Inexactitudes

     

    En réponse à ces affirmations, certains journalistes ont relevé les nombreuses inexactitudes dans les déclarations du président. L’un d’eux a par exemple rappelé à Donald Trump que son affirmation selon laquelle il est le président élu avec la plus vaste majorité était fausse, puisque Barack Obama et George Bush père ont remporté davantage de votes au collège électoral.

     

    « Je ne sais pas. C’est ce qu’on m’a dit », a répondu plus d’une fois le milliardaire.

     

    Il a affirmé à maintes reprises vouloir s’exprimer directement au public, sans un filtre médiatique. « Je suis ici encore une fois pour faire passer mon message directement au peuple » américain, a dit le président, ajoutant que s’il le voulait il serait « un très bon reporter ».

     

    S’il a indigné la communauté journalistique américaine et de nombreux politiciens de toutes allégeances, le ton très accusateur du milliardaire a toutefois séduit la frange conservatrice. « Trump se paye la presse »,s’est régalé le Drudge Report, un site Web d’information très populaire chez les conservateurs. « J’attendais depuis 40 ans qu’un président fasse ce que Trump a fait aux médias aujourd’hui », a affirmé un auditeur dans l’émission radio de Joe Walsh, un animateur très à droite.

     

    La Russie, à nouveau

     

    La conférence de presse avait été convoquée pour que M. Trump puisse démentir de vive voix toute collusion avec la Russie pendant la campagne électorale. La veille, le New York Times avait révélé des échanges « fréquents » entre l’entourage de M. Trump et de hauts responsables russes pendant les mois précédant l’élection, pendant lesquels les renseignements russes sont accusés d’avoir piraté les comptes informatiques de proches d’Hillary Clinton.

     

    « Non, non, personne de ma connaissance », a-t-il déclaré à cet égard. « Je n’ai rien à voir avec la Russie. À ma connaissance, aucune des personnes qui m’entourent non plus », a ajouté le président.

     

    « Toute l’histoire de la Russie est une ruse, a estimé M. Trump, en déplaçant le débat sur les fuites de renseignements. Vous pouvez dire ce que vous voulez sur la Russie, ce sont de fausses informations fabriquées pour compenser la défaite des démocrates, et la presse joue le jeu », a-t-il dit après avoir annoncé le déclenchement d’une enquête sur « ces fuites criminelles ».

     

    Le milliardaire a aussi refusé de dévoiler sa stratégie concernant tout éventuel rapprochement avec Moscou, laissant entendre que tout réchauffement devrait servir d’abord les intérêts américains. 

    Robert Harward ne sera pas conseiller

    Par ailleurs, un ancien amiral dont le nom était cité pour devenir le conseiller à la sécurité nationale du président américain Donald Trump a décliné le poste, ont annoncé jeudi en soirée des médias américains. Le refus de Robert Harward laisse vacant le poste de conseiller à la sécurité après la démission lundi de Michael Flynn, mis en cause pour des contacts inappropriés avec la Russie alors que le président Barack Obama était encore en fonction. Dans une déclaration lue sur CNN, M. Harward affirme avoir refusé ce poste car il «ne pouvait pas s’engager». «Cette fonction requiert d’être disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 et de bien le faire. Je ne pouvais pas actuellement m’y engager», a-t-il déclaré. 













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