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    États-Unis

    «Yes we can. Yes we did. Yes we can.»

    Barack Obama conclut son deuxième mandat comme il avait entrepris le premier, avec des mots d’espoir et de confiance

    11 janvier 2017 | Marie-Michèle Sioui - Avec l’Agence France-Presse | États-Unis
    Ému, le président américain Barack Obama a essuyé une larme durant le discours d’adieu qu’il a livré à Chicago.
    Photo: Rex Arbogast associated Press Ému, le président américain Barack Obama a essuyé une larme durant le discours d’adieu qu’il a livré à Chicago.

    Pour son discours d’adieu, le président sortant des États-Unis, Barack Obama, est rentré à la maison. À Chicago mardi soir il a livré un message qui reprenait les thèmes qui lui ont été chers dès son entrée en politique.

     

    Son allocution a pris des airs de retour aux sources, faisant la part belle aux grands principes de la démocratie, à l’importance de l’engagement citoyen et, surtout, à l’optimisme.

     

    Les meilleurs moments du dernier discours de Barack Obama

     
     

    « Oui, notre progrès a été inégal. Le travail de la démocratie a toujours été difficile. Il a toujours été litigieux. Il a parfois été sanglant. [...] Mais l’histoire de l’Amérique a été celle d’un mouvement vers l’avant », a déclaré Barack Obama à la foule réunie à la place McCormick.

     

    « Hello Chicago ! C’est bon d’être à la maison », ont ainsi été les mots qui ont lancé le discours d’adieu du 44e président des États-Unis, accueilli chaleureusement par des partisans qui avaient parfois donné 5000 $ à des revendeurs afin de mettre la main sur des billets — initialement gratuits.

    Photo: Rex Arbogast Associated Press Barack et Michelle Obama enlacés après le discours d’adieu du président.
     

    Le choix de la ville n’était pas anodin. Barack Obama a été le premier président à livrer un discours d’adieu hors de Washington, a remarqué Elisabeth Vallet, de la Chaire Raoul-Dandurand.

     

    Aussi, c’est dans cette ville de l’Illinois que Barack Obama avait pris la parole, le 5 novembre 2008, quand il était devenu le premier président noir des États-Unis. « Si jamais quelqu’un doute encore que l’Amérique est un endroit où tout est possible […] la réponse lui est donnée ce soir », avait-il alors lancé devant des dizaines de milliers de personnes rassemblées à Grant Park. Au bord du lac Michigan, et malgré le froid, les partisans du nouveau président démocrate avaient tenu à se présenter, leurs affiches « Yes We Can » dans les mains.

     

    Mardi soir, il a utilisé les mêmes mots pour dire au revoir à ses partisans : « Yes we can. Yes we did. Yes we can. »« Oui, nous le pouvons. Oui, nous l’avons fait », a-t-il lancé à la foule pour conclure son allocution. Dans son annonce qui a duré une heure, il a insisté sur le pouvoir citoyen. « Nous, le peuple, lui donnons un sens », a-t-il dit à propos de la Constitution américaine. « Si vous en avez assez de vous obstiner avec des étrangers sur Internet, essayez donc de leur parler dans la vraie vie ! » a-t-il aussi lancé, en encourageant les Américains à « attacher leurs chaussures » et à s’impliquer, en politique ou autrement. Parce qu’ils le peuvent.

     

    « C’est un individu très optimiste, confiant à l’égard du système, des valeurs américaines », a rappelé Frédérick Gagnon, de la Chaire Raoul-Dandurand. « Il a pris le contre-pied de Donald Trump, qui brosse un portrait très négatif [des États-Unis]. Il dit qu’on avance toujours. »


    Sa collègue Elisabeth Vallet a ajouté : « Il veut envoyer un message d’espoir, boucler la boucle avec le Yes We Can de 2008, montrer que son héritage est plus reluisant que l’élection ne le laisse croire. » Et il a raison, à son avis, puisque les États-Unis sont sortis de la crise économique qui les affligeait quand Barack Obama est arrivé au pouvoir.

     

    Cela, le président sortant l’a noté. Au nombre de ses réalisations, il a notamment cité les relations renouvelées avec Cuba, l’abandon du programme nucléaire de l’Iran, la légalisation du mariage gai et l’élimination d’Oussama ben Laden. « Ça a été l’honneur de ma vie de servir pour vous », a-t-il attesté.

     

    Attaques contre Trump

     

    Sur une note moins positive, Barack Obama a affirmé que la vision post-raciale de l’Amérique qui avait été envisagée au lendemain de son élection ne s’était pas réalisée. « Cette vision, malgré ses bonnes intentions, n’a jamais été réaliste. La race est encore une force qui divise notre société », a-t-il déclaré.

     

    Dans une référence voilée à son successeur, Donald Trump, le démocrate a insisté sur l’importance d’intégrer les immigrants à la société. « Si nous n’investissons pas dans les enfants des immigrants parce qu’ils ne nous ressemblent pas, nous minons l’avenir de nos propres enfants, parce que ces enfants représenteront une partie de plus en plus importante de la main-d’oeuvre américaine », a-t-il plaidé.

     

    Nier le changement climatique, c’est « trahir les générations futures », a aussi affirmé Barack Obama. Dans une autre référence à ses adversaires et successeurs, il a promis d’appuyer publiquement un nouveau système de santé, si celui-ci est « manifestement meilleur que le nôtre ».

     

    Et la suite ?

     

    À son retour à Washington, dans la nuit de mardi à mercredi, Barack Obama n’aura plus que dix jours à la Maison-Blanche. Le président américain a déjà annoncé qu’il vivra encore quelques années à Washington, afin de permettre à sa plus jeune fille, Sasha, de terminer ses études secondaires. Et ensuite ? « Il va sûrement écrire ses mémoires », a avancé prudemment Frédérick Gagnon. Pour le reste, il imagine bien le 44e président des États-Unis faire profil bas, à l’image de George W. Bush. À un journaliste du magazine américain The Atlantic, « les proches d’Obama semblaient dire qu’il ne ressentirait pas nécessairement le besoin d’être visible, de se faire entendre », a rappelé le chercheur. Quand même, le Parti démocrate pourrait faire appel à lui. « Ce qu’on a constaté cette année, c’est qu’il y a peut-être plus de grosses pointures, de relève, du côté républicain », a-t-il affirmé, en rappelant que le parti de l’éléphant a présenté 17 candidats. Et puis Barack Obama est un père présent, aimant, qui pourrait profiter de ses nouveaux temps libres pour passer du temps avec sa famille, a suggéré Frédérick Gagnon. Autrement, « peut-être qu’il achètera une équipe de basketball ! » a-t-il aussi lancé en riant.













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