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    Obama fera ses adieux présidentiels

    Tradition oblige, le président américain sortant s’adresse aujourd’hui une dernière fois au peuple américain

    10 janvier 2017 |Jean-François Nadeau | États-Unis
    Les gens ont fait la file pendans plusieurs heures afin d’obtenir un laisser-passer pour le discours d’adieux du président Barack Obama.
    Photo: Scott Olson Agence France-Presse Les gens ont fait la file pendans plusieurs heures afin d’obtenir un laisser-passer pour le discours d’adieux du président Barack Obama.

    Le président Obama livre aujourd’hui son dernier grand discours, les traditionnels adieux à la nation. Ces discours d’adieu appartiennent à une longue tradition américaine, que cette transition difficile pourrait tout de même bousculer.

     

    Depuis 1796, ce moment constitue « une grande tradition », comme le rappelait déjà Ronald Reagan au moment de livrer son discours en 1989. Barack Obama livrera le sien ce soir à Chicago.

     

    Pareil discours n’a pas souvent été livré en public par des présidents sortants. Mais le président Obama, orateur hors norme, apprécie les bains de foule et le caractère parfois improvisé que force ce type d’expérience. Il prendra donc la parole à Chicago devant un auditoire auquel des billets ont été distribués gratuitement samedi matin, selon le principe du premier arrivé, premier servi.

     

    Très tôt samedi, la file pour obtenir ces places était considérable, comme s’il s’agissait en fait d’un concert populaire. La foule était telle que, dès 7 h du matin, les policiers prévenaient ceux qui continuaient d’arriver qu’ils attendraient en vain d’obtenir une place, vu le nombre de sièges limités.

     

    Le président Obama parlera depuis le McCormick Place, le plus grand centre de congrès du pays. La salle de théâtre de ce complexe compte un peu plus de 4200 places. Flairant la bonne affaire, les revendeurs illégaux n’ont pas tardé à entrer en scène. Le Chicago Tribune indique que des billets pour cette dernière prestation officielle du président Obama sont proposés à 5000 $ chacun.

     

    Protocole

     

    Si les Obama apparaissent singuliers dans la lignée des familles présidentielles, ils se sont toujours montrés très à cheval sur le principe du respect le plus strict des traditions protocolaires et sur le sérieux qu’il convient d’accorder à la livraison des discours officiels. Il ne devrait donc pas en être autrement pour cet ultime discours du président sortant.

     

    Le dernier discours du président américain constitue un exercice obligé, une longue tradition qui obéit à des codes qui puisent aux origines d’un exercice inauguré par les adieux publics de George Washington en septembre 1796. Il s’agit d’ordinaire d’une suite de considérations sur le bilan général du président, de remerciements pour ses proches collaborateurs et de marques de confiance obligées à l’égard du successeur.

     

    Ces discours d’adieu rappellent aussi d’ordinaire les fondements solides de la démocratie américaine afin de faciliter la transition, tout en défendant poliment mais énergiquement un bilan envisagé comme une direction à poursuivre.

     

    Le 11 janvier 1989, dans son dernier discours, Ronald Reagan rappelait qu’« il y a une grande tradition d’avertissements dans les adieux présidentiels ». Chacun y va en effet de recommandations appuyées par l’expression d’un bilan personnel magnifié.

     

    Mais il ne s’est guère trouvé jusqu’ici, dans la longue suite des successions présidentielles, des tensions de fond aussi perceptibles que celles qui marquent ce passage difficile à l’ère Trump. Les circonstances propres à cette transition hors norme vont faire en sorte que le discours du président Obama sera à tout le moins plus scruté que jamais.

     

    Tradition

     

    Reste que les discours d’adieu sont d’ordinaire sans histoire et très polis. Qui se souvient du dernier discours officiel livré par George W. Bush, le 16 janvier 2009 ? Bush fils y rappelait avec beaucoup d’élégance que « dans cinq jours », à la date d’entrée en fonction de Barack Obama, « le monde sera témoin de la vitalité de la démocratie américaine ». Le président sortant ajoutait que c’était une tradition aux fondements du pays que « la présidence soit relayée à un successeur choisi par vous, le peuple américain ». De son successeur, George W. Bush ajoutait même ceci : « Debout sur les marches du Capitole se tiendra un homme dont l’histoire reflète la promesse tenace de notre terre. Il s’agit d’un moment d’espoir et de fierté pour notre nation. »

     

    Bill Clinton avait pour sa part ouvert la porte de la Maison-Blanche à son successeur à l’occasion d’un dernier discours prononcé le 18 janvier 2001. Clinton y insistait beaucoup sur l’importance des efforts qu’il avait accomplis pour réduire la taille du gouvernement et mener la chasse aux déficits, insistant pour dire qu’il s’agissait de la bonne voie à suivre. Clinton terminait tout de même avec une formule rassembleuse usuelle : sa famille et lui se joignaient à tous les Américains pour offrir leurs meilleurs voeux au nouveau président « pour mener la marche de la liberté dans ce nouveau siècle ».

     

    En 1796, dans son texte considéré comme fondateur, le général Washington concluait sa présidence en indiquant pour sa part que « l’amour de la liberté est si profondément gravé dans vos coeurs qu’aucune recommandation de ma part n’est nécessaire pour fortifier en vous ce penchant ». Il en fera tout de même pendant plusieurs pages !













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