Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous

    Trump se déchaîne contre l’élite «corrompue»

    Michelle Obama fait une sortie en règle contre le candidat républicain

    14 octobre 2016 |Marco Fortier | États-Unis
    À moins d’un mois du scrutin présidentiel, Donald Trump fait face à quatre nouvelles allégations de gestes à caractère sexuel envers des femmes.
    Photo: Evan Vucci Associated Press À moins d’un mois du scrutin présidentiel, Donald Trump fait face à quatre nouvelles allégations de gestes à caractère sexuel envers des femmes.

    Donald Trump a nié jeudi avec véhémence de nouvelles allégations d’agressions contre des femmes, qu’il attribue à un vaste complot de l’élite « corrompue » et organisée en « cartel » à Washington.

     

    Critiqué sévèrement par Michelle Obama, le candidat républicain s’est dit victime d’une « attaque concertée et vicieuse » du camp Clinton et des médias soumis à ce qu’il appelle le « cartel gouvernemental corrompu ».

    « Ces allégations vicieuses de conduite inappropriée envers les femmes sont totalement et absolument fausses », a lancé Donald Trump au cours d’un long discours enflammé à West Palm Beach en Floride. Il a menacé de poursuivre le New York Times en diffamation pour ses reportages sur ses victimes alléguées. Le vénérable quotidien a répliqué qu’il accepterait volontiers de « permettre à un tribunal de détromper » le candidat républicain.

     

    Sans afficher le moindre remords, Trump a aussi dénoncé le ministère de la Justice, le procureur général des États-Unis et le directeur du FBI, tous associés à une élite corrompue qu’il faut remplacer par un gouvernement du « peuple ». Des centaines de partisans ont applaudi le discours du candidat républicain.

     

    Le milliardaire, décrit une fois de plus comme le « tripoteur en chef » des États-Unis, a été l’objet d’une dénonciation en règle de Michelle Obama. La voix étranglée par l’émotion, la première dame a dénoncé les nouvelles « attaques contre la décence humaine » attribuées à Donald Trump.

     

    « J’ai été secouée au plus profond de moi-même [par les témoignages de victimes de Trump], a lancé Michelle Obama dans un discours à Manchester au New Hampshire. Ce sentiment de peur, trop de femmes l’ont ressenti. Personne ne mérite d’être traité de la sorte. »

     

    Des femmes agressées

     

    À moins d’un mois du scrutin présidentiel, le porte-étendard républicain fait face à quatre nouvelles allégations de gestes à caractère sexuel envers des femmes. Le New York Times et d’autres médias ont rapporté les témoignages de femmes qui disent avoir été bousculées, touchées ou embrassées sans leur consentement.

     

    Une ex-journaliste du magazine People, devenue scénariste, a raconté avoir été plaquée contre un mur et embrassée de force par Donald Trump au manoir du milliardaire en Floride. Natasha Stoynoff s’était rendue chez les Trump en 2005 pour un reportage sur le « bonheur » du couple après un an de mariage. Restée seule un bref moment avec le magnat de l’immobilier, elle écrit qu’il l’a agressée subitement pendant que Melania Trump, enceinte, se trouvait dans une autre pièce.

     

    Le New York Times et le Palm Beach Post ont rapporté les témoignages d’autres femmes qui disent avoir été empoignées, touchées aux seins ou à l’entrejambe et embrassées de force par Donald Trump au fil des ans. Jessica Leeds, une femme d’affaires de 74 ans, dit avoir été agressée par Trump durant un vol en première classe, au début des années 1980. Ils étaient assis côte à côte et ne se connaissaient pas, selon elle.

     

    Rachel Crooks, elle, était une réceptionniste de 22 ans au sein d’une entreprise établie dans la Trump Tower à Manhattan, toujours en 2005. Elle affirme que Trump l’a empoignée et embrassée de force lors d’une rencontre impromptue près d’un ascenseur.

     

    Mindy McGillivray a raconté sa mésaventure avec Donald Trump survenue en janvier 2003 à Mar-a-Lago, en Floride, où se trouve le manoir du milliardaire. La jeune femme dit avoir senti une pression sur ses fesses alors qu’elle travaillait en tant qu’aide-photographe durant un spectacle de Ray Charles. Quand elle s’est retournée, elle a vu Donald Trump qui se tenait derrière elle.

     

    Ces femmes ont raconté ces moments traumatisants à leurs proches, mais n’ont pas osé porter plainte contre Trump par crainte de représailles. Elles disent avoir décidé de parler de leur agression après la diffusion d’une vidéo de 2005, vendredi dernier, où Trump se vante d’avoir agressé des femmes en toute impunité. Durant le débat de dimanche dernier, l’aspirant président des États-Unis a demandé qu’on le juge sur ses actions, et non sur ses paroles : cette vidéo montrait une simple « discussion de vestiaire », a-t-il dit.

     

    « Dans mon cas, ce n’étaient pas que des paroles, c’étaient bel et bien des gestes. Et je veux que tout le monde sache, M. Trump, que je n’y ai jamais consenti », écrit Natasha Stoynoff.

     

    Nuisance à son parti

     

    Cette série de dénonciations à caractère sexuel a réduit à néant les chances de victoire de Donald Trump, estime Rafaël Jacob, chercheur associé à la Chaire Raoul-Dandurand de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). « J’ai dit il y a quelques jours qu’il ne peut pas se relever. Par contre, Trump continue de nuire à son parti, qui défend sa majorité au Congrès », dit-il.

    Valls appuie Clinton, Trudeau refuse de se prononcer Le premier ministre français a été invité à se prononcer sur l’élection américaine et la candidature du républicain Donald Trump. Alors que la plupart des politiciens étrangers évitent généralement de répondre au motif qu’ils n’ont pas à s’immiscer dans la politique interne d’un autre pays et qu’ils doivent laisser le peuple choisir, Manuel Valls a répondu franchement.
     
    « C’est au peuple américain de décider », a commencé par dire M. Valls. Puis, il a rappelé qu’en France, il ne se trouvait que Marine Le Pen pour appuyer Donald Trump. « Alors comme dirigeant politique français, je souhaite évidemment qu’Hillary Clinton soit élue présidente. Pour une garantie de sérieux, d’efficacité et surtout, il ne faut pas que les États-Unis, qui sont une immense nation, partent à l’aventure avec ce personnage. »
     
    Après avoir répété que ce sont les Américains qui décideront, M. Valls a conclu en disant : « Obama a été un président élu par le monde. Trump est rejeté par le monde. »
     
    Justin Trudeau, lui, refuse encore de se prononcer sur M. Trump. « J’ai dit à plusieurs reprises que je vais travailler avec la personne que le peuple américain élira comme président, quelle qu’elle soit. » Il a dit que son travail de premier ministre consistait à protéger « les intérêts et les emplois canadiens » dans cette relation Canada–États-Unis qui va au-delà de la personnalité des leaders respectifs des deux pays.
     
    « C’est ma responsabilité. Mais je crois par ailleurs avoir été très, très clair dans mon approche en tant que féministe, à savoir que je me suis toujours tenu debout sur les questions de harcèlement sexuel et de violence contre les femmes et je ne crois pas que j’ai besoin de commenter davantage à ce moment. »
    Hélène Buzzetti














    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.