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    Débat présidentiel

    Échanges féroces et attaques personnelles entre Clinton et Trump

    <p>Hillary Clinton et Donald Trump ont croisé le fer pendant 90 minutes.</p>
    Photo: Jewel Samad / AFP

    Hillary Clinton et Donald Trump ont croisé le fer pendant 90 minutes.

    Deux candidats aux personnalités et aux approches politiques diamétralement opposées se sont affrontés lundi soir lors du débat présidentiel le plus attendu depuis plusieurs décennies aux États-Unis. Pendant une heure et demie, la démocrate Hillary Clinton et le républicain Donald Trump y sont allés de nombreuses attaques personnelles, s’accusant mutuellement de ne pas avoir le caractère et les qualités nécessaires pour occuper la Maison-Blanche.

     

    « Son attitude cavalière à propos des armes nucléaires est si profondément troublante… Un homme qui peut être provoqué par un gazouillis ne devrait pas avoir le doigt près des codes nucléaires », a déclaré Hillary Clinton lors du premier de trois débats présidentiels, cette fois à l’université Hofstra à Long Island, près de New York. Peu après, Donald Trump lui a rendu la pareille en affirmant que la démocrate « n’a pas le look [présidentiel]. Elle n’a pas l’endurance. Il faut être capable de négocier nos ententes commerciales… Je ne pense pas que Hillary a l’endurance [nécessaire]. »

     

    Le candidat républicain a d’ailleurs martelé à plusieurs reprises ses positions sur le libre-échange, l’un de ses thèmes de prédilection depuis le début de la campagne. Il a tenu responsables les « mauvais » accords de libre-échange signés par Washington de la faible reprise économique aux États-Unis et des « milliers d’emplois qui ont quitté les États-Unis » en direction du « Mexique et de beaucoup d’autres pays ». Répétant un autre de ses mantras, il a cité l’ALENA (dont font partie le Canada et le Mexique) comme « l’un des pires traités de libre-échange des États-Unis, peut-être de l’histoire », en ne manquant pas d’y associer Hillary Clinton, qui était première dame des États-Unis lors de sa signature.

     

    « Nous perdons sur tout », a résumé le milliardaire à propos de plusieurs enjeux, du commerce à la puissance militaire en passant par l’état des infrastructures aux États-Unis, devenues dignes « d’un pays du tiers-monde ».
     

    Déclarations de revenus et courriels

     

    Hillary Clinton est passée à l’offensive en accusant Donald Trump d’avoir quelque chose à cacher en refusant de dévoiler ses déclarations de revenus, comme le veut la convention en campagne présidentielle. « Ce doit être quelque chose de très important, de terrible même, qu’il essaie de cacher », a-t-elle suggéré. Si le magnat de l’immobilier devait « s’approcher de la Maison-Blanche, quels seraient les conflits ? À qui doit-il de l’argent ? » a poursuivi la démocrate.

     

    « Je dévoilerai mes déclarations de revenus — contre l’avis de mes avocats — lorsqu’elle [Clinton] rendra publics les 33 000 courriels effacés », a rétorqué Trump, ramenant sur le tapis l’affaire du serveur privé que Hillary Clinton a utilisé lorsqu’elle était secrétaire d’État.

     

    Donald Trump a ainsi tenté de tirer sur les boulets que traîne Hillary Clinton depuis le débat de la campagne. Selon un récent sondage du New York Times, quelque deux électeurs sur trois estiment qu’elle manque d’honnêteté et un seul électeur sur trois environ juge qu’elle peut être un agent de changement. En plus d’aborder l’enjeu du serveur privé, Trump n’a pas manqué de souligner que Clinton évolue dans la sphère politique depuis plus de 30 ans et que son expérience était « mauvaise ».

     

    Racisme et misogynie

     

    Hillary Clinton, à qui l’électorat noir, hispanique et féminin est largement acquis — lequel doit aller voter en masse le 8 novembre si elle veut remporter la présidentielle —, n’a pas manqué de rappeler les propos jugés racistes et misogynes de son rival républicain. Dans un long échange portant sur la controverse au sujet du lieu de naissance de Barack Obama, Hillary Clinton a affirmé que Trump « a vraiment basé le début de sa carrière politique sur le mensonge raciste que notre premier président noir [Barack Obama] n’était pas un citoyen américain ». Ce n’est que le 16 septembre dernier que Donald Trump a finalement déclaré qu’il croyait que M. Obama était bel et bien né aux États-Unis.

     

    En fin de débat, elle a également rappelé que Trump avait déjà traité des femmes « de porcs, de ploucs et de chiennes ».

     

    « Clinton a montré qu’elle était plus prête à diriger le pays que son rival », estime Julien Tourreille, chercheur à l’Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand à l’UQAM. « Elle n’est pas tombée dans le piège de paraître trop condescendante envers son adversaire [ce qui avait fait perdre des points à Al Gore vis-à-vis de George W. Bush lors du premier débat présidentiel en 2000]. Elle a aussi été habile en exploitant certaines portes ouvertes par Trump sur les femmes et le racisme. »
     

    Qui a gagné le débat? Écoutez l'analyse de Frédérick Gagnon et de Julien Tourreille
     


    De son côté, Donald Trump, posé et calme au départ, a par la suite adopté davantage le comportement impétueux qu’on lui connaît. Il a montré de nombreux signes d’impatience en interrompant à répétition sa rivale et en l’accusant entre autres de proférer des faussetés à son égard. « Le débat était animé, mais moins acrimonieux que ce à quoi on pouvait s’attendre », fait toutefois remarquer M. Tourreille.

     

    Le tempérament du candidat républicain était en effet l’une de ses principales vulnérabilités pour ce premier débat, et Hillary Clinton comptait bien l’exploiter. Quelque deux électeurs sur trois aux États-Unis estiment qu’il n’a pas un comportement approprié pour occuper la Maison-Blanche, selon un récent coup de sonde effectué par le New York Times.

     

    Au coude-à-coude

     

    Le débat avait lieu alors que la course s’est grandement resserrée. Donald Trump a réussi à gruger jour après jour l’avance de plus de 7 points que Mme Clinton détenait début août. En incluant les candidats des tiers partis Gary Johnson et Jill Stein, qui recueillent à eux deux quelque 10 % des intentions de vote, la démocrate ne jouissait plus lundi que d’une avance de 1,5 % sur son rival républicain, selon la moyenne des sondages compilés par le site RealClearPolitics.

     

    Si l’histoire peut servir de guide, il y a relativement peu de gains à faire au détriment de son adversaire lors d’un débat, faisait remarquer dimanche Nate Silver sur le site d’analyse électorale FiveThirtyEight.com. Autrement dit, il y a peu de chances qu’un partisan de Donald Trump change de camp pour aller dans celui de Hillary Clinton et vice-versa. Si gain il y a, celui-ci se fait principalement en allant chercher les indécis et les personnes qui jettent jusqu’ici leur dévolu sur un tiers parti. Or ce groupe est anormalement nombreux cette année, soit 18 % des électeurs, comparativement à entre 5 et 10 % il y a quatre ans.

    <p>Hillary Clinton et Donald Trump ont croisé le fer pendant 90 minutes.</p>
Hillary Clinton a accusé Donald Trump d’avoir quelque chose à cacher en refusant de dévoiler ses déclarations de revenus, comme le veut la convention en campagne présidentielle. Malgré des interruptions, des propos cinglants et des échanges musclés, Donald Trump est apparu plus calme et posé que d’ordinaire












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