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    Primaires américaines

    Vers un duel Trump-Clinton?

    Le « super mardi » pourrait générer des avances insurmontables

    Une dernière bataille avant la guerre ? C’est bien probable. Les 12 États qui se prononcent en ce « super mardi » pourraient bien désigner l’identité des deux candidats qui s’affronteront en vue de reprendre les clés de la Maison-Blanche à Barack Obama. Et les astres s’alignent et indiquent un duel de New-Yorkais : Donald Trump et Hillary Clinton.

     

    « Dès mardi soir, ça pourrait bien être terminé », affirme sans ambages Michael Hannahan, professeur de science politique à l’Université du Massachusetts, en parlant du suspense entourant le nom des futurs candidats à la présidence. D’un strict point de vue mathématique, aucun candidat ne pourra crier victoire lorsque tous les votes auront été comptabilisés en fin de soirée. Compte tenu du nombre de délégués cumulés jusqu’ici par les deux meneurs, même récolter les 595 délégués républicains ou les 878 délégués démocrates qui sont en jeu ce mardi ne serait pas suffisant pour remporter l’investiture. (Il faut en obtenir au moins 1237 pour être le vainqueur républicain et 2383 pour devenir le candidat présidentiel démocrate.) Néanmoins, les meneurs Donald Trump et Hillary Clinton pourraient bien tous deux creuser une avance qui sera très difficile à rattraper pour leurs adversaires.

     

    C’est du côté démocrate que l’horizon risque le plus de s’éclaircir, avance Rafael Jacob, chercheur associé à l’Observatoire sur les États-Unis à l’UQAM. « Si Hillary Clinton balaie le Super Tuesday, la campagne de Bernie Sanders [son seul opposant] sera cliniquement morte », explique-t-il. Et du côté républicain, avec Donald Trump qui domine de loin les sondages dans une majorité d’États, l’enjeu principal sera une lutte pour la deuxième place entre Ted Cruz et Marco Rubio. « Une lutte pour assurer sa survie », précise-t-il.

     

    Comme le sort des candidats se décide État par État, voici lesquels surveiller.

     

    Texas. Avec 252 délégués démocrates et 155 républicains, le Texas est de loin l’État qui a le plus de poids électoral ce mardi. Côté démocrate, les sondages y ont toujours donné l’ancienne secrétaire d’État gagnante avec une avance plus que confortable.

     

    Mais pour les républicains, le Lone Star State comporte plus de périls et revêt ainsi une grande importance stratégique, estime Rafael Jacob. « Si Ted Cruz perd dans cet État, c’est fini pour lui. Il ne pourrait survivre à une défaite. » Le candidat le plus conservateur du lot républicain mise en effet beaucoup sur le Texas, qu’il représente au Sénat américain depuis trois ans. Bonne nouvelle pour lui, les derniers sondages compilés par le site realclearpolitics.com le donnent gagnant avec une avance légèrement supérieure à 10 %. Suivent dans l’ordre Donald Trump, puis Marco Rubio. Or avec à peine 20 %, ce dernier pourrait pâtir de la cruelle règle qui exige un seuil minimal de… 20 % pour obtenir sa part proportionnelle de délégués. « Avec 19 % des voix par exemple, Rubio obtiendrait 0 délégué sur 155 », précise Rafael Jacob.

     

    États du Sud (Alabama, Arkansas, Géorgie, Tennessee, Virginie). C’est ce même seuil en vigueur dans plusieurs États — et qui peut osciller entre 15 % à 20 % — qui pourrait mettre en danger Ted Cruz et Marco Rubio. En Géorgie, en Alabama et au Tennessee, notamment, où Donald Trump domine allègrement les sondages et où les seuils sont de 20 %, Cruz et Rubio bataillent ferme pour la deuxième place, avec chacun des intentions de vote qui frôlent dangereusement les 20 %. « Si les voix qu’ils obtiennent tombent en dessous de ce seuil, ils souffriront d’un déficit de délégués très difficile à combler, et rattraper Trump leur sera très ardu, indique M. Jacob. Surtout qu’hormis le Texas, ce sont ces États qui comptent le plus grand nombre de délégués parmi ceux du Super Tuesday. »

     

    Chez les démocrates, Hillary Clinton a ouvert la voie à une victoire dans les États du Sud en remportant haut la main la primaire de la Caroline du Sud samedi dernier, où elle écrasa Bernie Sanders 74 % contre 26 %. Sa popularité auprès des Afro-Américains — elle a obtenu la faveur de 86 % d’entre eux — devrait être la clé de son succès dans les autres États du Sud où ces électeurs sont très nombreux.

     

    Massachusetts. La bataille la plus importante — et la plus serrée — entre Clinton et Sanders aura lieu dans le Massachusetts, affirme Rafael Jacob. Les deux aspirants y sont en effet à égalité dans les sondages. « Si Hillary Clinton l’emporte dans cet État, c’est terminé pour Bernie Sanders, confirme à son tour Michael Hannahan. Ça indiquerait qu’il peut difficilement l’emporter ailleurs. » L’État libéral (lire : à gauche) sur l’échiquier politique américain est voisin du petit Vermont, que représente Sanders au Sénat américain. Signe de son importance stratégique, les deux candidats démocrates ont fait campagne dans l’État de John Kerry et de Mitt Romney à la veille du scrutin, lundi.

     

    Il faut ajouter que Bernie Sanders doit de surcroît compenser la généreuse avance dont jouit Hillary Clinton parmi les « superdélégués ». Propres au camp démocrate, ces apparatchiks du parti, ces élus ou ces anciens élus donnent leur appui au candidat de leur choix. Ils représentent environ 15 % de l’ensemble des délégués et, à ce jour, Clinton a décroché l’appui de 453 de ces « superdélégués », contre seulement 20 pour Sanders.

     

    Enfin, en dépit de la réputation libérale de cet État, Donald Trump y détient l’une de ses plus solides avances dans les intentions de vote en vue du « super mardi ». Mystère ? Pas pour Michael Hannahan, qui rappelle que le milliardaire est peut-être perçu comme raciste et farouchement nationaliste, mais qu’il n’est pas un conservateur pur jus, tel Ted Cruz. « Sur les questions sociales et économiques, il n’est pas dans l’orthodoxie conservatrice, dit-il. Sa position, c’est d’être contre l’establishment. Comme Sanders. »

     

    Rafael Jacob fait d’ailleurs remarquer que Trump trône aussi haut dans les intentions de vote parmi les républicains dans les terres de Sanders, au Vermont.


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