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    États-Unis

    Baltimore prend des airs de Ferguson

    La garde nationale a été appelée en renfort pour ramener le calme après les émeutes

    28 avril 2015 00h53 | Fabienne Faur - Agence France-Presse à Baltimore | États-Unis
    Le gouverneur du Maryland a déclaré l'état d'urgence lundi soir à Baltimore pour lui permettre éventuellement d'y déployer la garde nationale.
    Photo: Matt Rourke Associated Press Le gouverneur du Maryland a déclaré l'état d'urgence lundi soir à Baltimore pour lui permettre éventuellement d'y déployer la garde nationale.

    Les autorités du Maryland ont annoncé lundi soir le déploiement massif de la garde nationale et imposé un couvre-feu nocturne pour ramener le calme à Baltimore, théâtre de violences et de pillages qui ont éclaté peu après les obsèques d’un jeune Noir.

    «Trop de gens ont passé des générations à bâtir cette ville pour qu’on la laisse détruire par des voyous», a affirmé la maire de la ville, Stephanie Rawlings-Blake, lors d’une conférence de presse.

    Les violences, circonscrites dans un quartier du nord-ouest de la ville, ont fait 15 blessés parmi les policiers, dont deux ont dû être hospitalisés, et mené à 27 arrestations.

    Un couvre-feu va être instauré chaque nuit à compter de mardi à 22h locales jusqu’à 5h du matin, et ce, pendant une semaine, a également annoncé la maire.

    La garde nationale, qui est une force paramilitaire, va faire l’objet d’un déploiement «massif», a confirmé lors d’une autre conférence de presse la générale de cette force, Linda Singh.

    Un responsable de la police du Maryland a indiqué en outre que l’État avait requis jusqu’à 5500 hommes supplémentaires en renfort.

    État d'urgence

    Le gouverneur du Maryland, Larry Hogan, avait déclaré un peu plus tôt l’état d’urgence «pour restaurer l’ordre» dans cette ville de 620 000 habitants située à une soixantaine de kilomètres de la capitale fédérale.

    Les violences ont éclaté juste après les funérailles d’un jeune Noir, Freddie Gray, décédé après son interpellation musclée par la police.

    Les manifestants «refusent de suivre nos ordres de dispersion», avait expliqué la police sur Twitter, évoquant des individus «très agressifs et violents», munis de «bâtons, de briques, et d’autres armes».

    Les policiers ont été blessés par les projectiles lancés par des jeunes à la sortie de l’école, a expliqué un responsable des forces de l’ordre.

    La ville a décidé de fermer toutes ses écoles mardi, selon une porte-parole, au risque de se retrouver avec de nombreux jeunes désoeuvrés et à nouveau prêts à en découdre.
    Des émeutes similaires avaient éclaté l’été dernier à Ferguson (Missouri, centre), après la mort d’un jeune Noir non armé, tué par un policier blanc.

    Pillages et incendies

    Les manifestants ont jeté des pierres et d’autres objets en direction des forces de l’ordre munies de boucliers anti-émeute. Ils ont brûlé des voitures de police, pillé puis incendié un supermarché.

    Les images d’un violent incendie qui a détruit un centre pour personnes âgées en construction tournaient en boucle sur les chaînes d’information continue mais rien ne permettait lundi soir de lier cet incident aux émeutes.

    Les violences «ne représentent pas la famille Gray, ni les sept derniers jours de manifestations pacifiques, et c’est pour ça qu’on demande à tous ceux qui y participent de rentrer chez eux», a affirmé le pasteur Jamal Bryant, qui présidait quelques heures avant aux obsèques du jeune Freddie Gray.

    Au moment des funérailles, la police de Baltimore avait annoncé avoir reçu une «menace crédible» de gangs locaux qui auraient «noué un partenariat pour "éliminer" des policiers».

    Si le lien n’a pas été établi à ce stade avec les manifestations dans la ville, la police a demandé aux officiers de prendre leurs précautions.

    Freddie Gray est décédé le 19 avril des suites d’une fracture des vertèbres cervicales une semaine après son interpellation à Baltimore, qui compte plusieurs quartiers sensibles.

    Ce décès est le dernier d’une série de bavures policières qui ont ravivé les tensions entre la communauté noire et les forces de l’ordre.

    Une cérémonie 

    La violence à Baltimore lundi soir contrastait avec le calme et la dignité de la cérémonie en hommage à Freddie Gray.

    «C’était un jour sacré dédié aux funérailles. Donc pour nous, sortir de l’inhumation et se retrouver là dedans est absolument inexcusable», a estimé le pasteur Jamal Bryant.

    Quelque 3000 personnes, famille, amis et anonymes, tous Noirs, avaient rendu dans le calme un hommage mêlé de prières et de militantisme au jeune homme, qui reposait dans un cercueil blanc ouvert, entouré de gerbes de fleurs blanches dans l’église baptiste New Shiloh.

    La cérémonie a pris une tournure politique avec l’intervention de l’avocat de la famille, Billy Murphy, très applaudi: «nous sommes ici pour Freddie Gray, mais aussi parce qu’il y a beaucoup de Freddie Gray».

    Le président américain Barack Obama a été informé de la situation par sa nouvelle ministre de la Justice Loretta Lynch, qui venait juste de prêter serment lundi.

    Le militant Jesse Jackson a dénoncé, avant la cérémonie, une «épidémie de meurtres dans le pays». «Nous sommes devenus trop violents, trop plein de haine», a-t-il dit, dénonçant la pauvreté des villes.

    Depuis l’annonce de la mort de Freddie Gray, des manifestations ont lieu quotidiennement à Baltimore. Celle qui a eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche avait déjà dégénéré en violences.

    Plusieurs enquêtes ont été lancées pour élucider les circonstances des blessures de Freddie Gray, sans conclusions. La police de Baltimore a toutefois convenu que le jeune homme aurait dû recevoir une assistance médicale après son arrestation.

    Le gouverneur du Maryland a déclaré l'état d'urgence lundi soir à Baltimore pour lui permettre éventuellement d'y déployer la garde nationale. La police a demandé aux officiers de prendre leurs précautions. Un homme marche tout près d'une voiture de police en feu. La violence à Baltimore lundi soir contrastait avec le calme et la dignité de la cérémonie en hommage à Freddie Gray. Quelques manifestants ont brûlé des voitures de police, pillé puis incendié un supermarché. Un homme lance une brique en direction des policiers. 












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