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    Libre opinion - New York: les cinq leçons du maire Bloomberg

    20 septembre 2013 |Loïc Blancquaert - Responsable du développement durable à la Représentation permanente de l’Organisation internationale de la Francophonie auprès des Nations unies | États-Unis

    Au moment où le 108e maire de New York s’apprête à passer le flambeau après trois mandats et 12 ans au pouvoir, voici un aperçu non exhaustif de quelques leçons à tirer du règne de ce magnat des affaires devenu politicien. À l’aube des élections municipales québécoises, certains y verront sans doute des thèmes connexes aux débats qui nous animent de ce côté-ci de la frontière.

     

    Gérer intelligemment l’offre et la demande en matière de transport

     

    Après avoir vu sa tentative d’émuler Londres ou Stockholm en instaurant une zone de péage au centre-ville échouer, Michael Bloomberg a décidé d’augmenter les tarifs des principaux tunnels et ponts de l’agglomération de manière substantielle, ceux-ci passant de 8 à 12 $ (le prix atteindra 15 $ pour un aller-retour en 2015). Ensuite, le maire mena une action sans précédent de piétonnisation en aménageant de nombreuses places urbaines là où passaient auparavant des voitures. On articula de plus un réseau cyclable de qualité avec 500 kilomètres de voies dédiées et des trottoirs élargis. Plus récemment, la Ville s’est dotée d’un système de vélos en libre-service, le Citi Bike.

     

    Résultat ? Le trafic routier a diminué de 3,9 % depuis 2003 et la fréquentation du transport en commun a augmenté de 9,5 %. Ces tendances sont encore plus prononcées sur l’île de Manhattan. Une fois les infrastructures adéquates mises en place, les citoyens ont suivi le mouvement et ont massivement adopté le mode de transport à deux roues, comme en témoignent les statistiques de la Ville, qui attestent que le nombre de vélos a augmenté de 260 % depuis 2000. Quant au Citi Bike, c’est un grand succès, avec plus de 2,5 millions de déplacements et 8,8 millions de kilomètres parcourus depuis le début de l’été.

     

    Réduction du trafic routier et densification urbaine doivent aller de pair

     

    Parallèlement à cette réussite, le maire Bloomberg a mené une politique agressive pour favoriser les grands développements immobiliers, tout en insistant pour qu’on réserve aussi une place au logement abordable. En effet, c’est près de 30 % du territoire de la ville qui a été rezoné afin de faciliter la construction de tours à logements, redonnant ainsi vie à des quartiers entiers. En densifiant la ville, on réduit non seulement le besoin des citoyens de recourir à l’auto, mais on s’assure aussi de maintenir la vitalité économique des commerces qui sont parfois de féroces opposants aux mesures de réduction du trafic. D’ailleurs, Bill de Blasio, le favori dans l’actuelle course à la mairie, a promis de poursuivre la politique de Bloomberg dans ce domaine.

     

    Une ville résolument tournée vers l’eau

     

    Des efforts constants ont été menés afin de favoriser l’accès à l’eau en embellissant les bords de mer et les quais en y aménageant de nouveaux parcs, des terrains de soccer et de volleyball, des scènes de spectacle, des skateparks et même un terrain d’exercice de golf ! New York est une ville résolument tournée vers l’eau et cela se vit au quotidien ; on peut manger sur l’un des bateaux-restaurants au Chealsea Piers, regarder un film en plein air au Brooklyn Bridge Park, boire une bière au Beekman Beer Garden ou faire un tour de kayak gratuit à la hauteur de la 57e rue (un des secrets les mieux gardés de la Grosse Pomme). Montréal, une ville qui a été historiquement fondée en raison de sa place stratégique parmi le réseau fluvial nord-américain, gagnerait à développer son accès aux berges. De plus, avec les épisodes de canicule qui se multiplient, les Montréalais pourraient apprendre des New-Yorkais que l’air est toujours plus frais au bord de l’eau.

     

    Le maire Bloomberg s’est fait servir une fin de non-recevoir par la justice américaine concernant sa controversée mesure du Stop-and-Frisk. Cette mesure permet à un policier d’arrêter, de questionner et de fouiller un individu s’il possède des soupçons raisonnables de croire que celui-ci est lié à des activités criminelles. Une juge fédérale a récemment rendu un jugement imposant une réforme de cette mesure en affirmant qu’elle violait les droits des minorités visibles. La Ville de New York a fait appel du jugement.

     

    Prévenir plutôt que guérir

     

    Désirant améliorer la santé de ses concitoyens, le maire Bloomberg a forcé les chaînes de restauration à indiquer le nombre de calories sur leurs produits et à bannir les gras trans. Plus récemment, il imposa une interdiction aux restaurants de servir des boissons sucrées dans des contenants de plus de 473 ml. Dans un jugement rendu en juillet dernier, la Cour d’appel de l’État de New York maintient que cette interdiction est inconstitutionnelle et que le maire Bloomberg a outrepassé son autorité. À la suite de cette déconfiture judiciaire, le maire Bloomberg a toutefois poursuivi son combat contre l’obésité et est revenu à la charge en adoptant une loi afin de favoriser l’utilisation de l’escalier dans les nouveaux bâtiments. Les New-Yorkais ont une espérance de vie de trois ans supérieure à la moyenne nationale.

     
     
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