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    Surveillance - Obama promet des réformes au nom de la transparence

    10 août 2013 |Le Devoir | États-Unis
    Barack Obama a dit vendredi comprendre «les inquiétudes de ceux qui craignent qu’il puisse y avoir des abus».
    Photo: Agence France-Presse (photo) Barack Obama a dit vendredi comprendre «les inquiétudes de ceux qui craignent qu’il puisse y avoir des abus».

    Washington rouvre ses ambassades

     

    Washington — Le département d’État américain a annoncé vendredi que 18 des 19 ambassades et consulats des États-Unis situés au Moyen-Orient et en Afrique qui avaient été fermés en raison d’une menace terroriste seront rouverts dimanche ou lundi.

     

    Des responsables ont précisé que l’ambassade américaine à Sanaa, au Yémen, demeurerait fermée.

     

    La déclaration publiée vendredi ne fournit pas de raison pour expliquer la reprise des activités normales dans les 18 missions diplomatiques.

     

    Les 19 installations étaient fermées depuis dimanche dernier. La plupart des employés américains de l’ambassade au Yémen ont reçu l’ordre de quitter le pays mardi à cause de nouveaux renseignements liés à la menace terroriste.

     

    Un message concernant un attentat d’envergure intercepté alors qu’il circulait entre des responsables d’Al-Qaïda est à l’origine de la fermeture des ambassades et consulats.

     

    Une autre menace a mené jeudi à la fermeture du consulat américain à Lahore, au Pakistan. Cette mission reste fermée.
     

    Associated Press

    Washington — Le président américain Barack Obama a promis vendredi des réformes dans la surveillance des communications au nom de la « transparence » et de la «confiance», mais a démenti tout abus, après la polémique déclenchée par les révélations d’Edward Snowden.

    Consacrant une grande partie d’une conférence de presse aux programmes de l’agence de sécurité nationale (NSA) mis en lumière par les révélations de M. Snowden, un ancien consultant réfugié en Russie, M. Obama a dit sa volonté de « travailler avec le Congrès pour mettre en place des réformes appropriées » de la disposition du Patriot Act, qui chapeaute ces opérations.
     
    Le Patriot Act est un ensemble de lois sécuritaires adoptées peu après les attentats du 11-Septembre. L’un de ses articles a été utilisé par le gouvernement pour justifier la collecte des métadonnées téléphoniques (durée des appels, numéros appelés) par la NSA, puissante agence chargée des interceptions électroniques.
     
    Promettant une « nouvelle ère » dans le renseignement avec « davantage de supervision, davantage de transparence et de garde-fous », M. Obama a dit comprendre « les inquiétudes de ceux qui craignent qu’il puisse y avoir des abus », mais il a assuré que les États-Unis ne souhaitaient pas espionner « les citoyens ordinaires ».
     
    Le programme de collecte des métadonnées, dénoncé par M. Snowden début juin, est « un outil important dans nos efforts pour prévenir les complots terroristes », a toutefois rappelé M. Obama, qui, interrogé sur le jeune consultant, a estimé qu’il n’était pas « un patriote ».
     
    Ce programme a été établi par l’article 215 du Patriot Act, adopté dans les semaines qui ont suivi le 11-Septembre. Il arrive à expiration en 2015, mais depuis les révélations de Snowden, plusieurs parlementaires ont menacé de ne pas le renouveler.
     
    Le quotidien britannique The Guardian a par ailleurs révélé fin juillet l’existence d’un autre programme de surveillance Internet baptisé XKeyscore, permettant de surveiller en temps réel l’activité Internet d’une personne sans connaître un identifiant « fort » de la cible, son adresse courriel par exemple.
     
    Mesures envisagées
     
    Parmi les mesures envisagées, le président américain a évoqué le renforcement de la supervision par la Cour de surveillance du renseignement étranger (la FISC), un tribunal secret de 11 juges qui autorise la NSA à réclamer auprès des opérateurs téléphoniques et Internet les données de leurs clients.
     
    Jusqu’à maintenant, les juges tranchaient sur des requêtes du gouvernement sans contradiction. Le président a dit qu’il envisageait d’instaurer une « voix indépendante » dans le dialogue avec la Cour pour assurer l’équilibre entre sécurité et vie privée.
     
    Autre mesure, la divulgation « d’autant d’informations que possible sur ces programmes » de surveillance, a énuméré M. Obama.
     
    « Nous avons déjà déclassifié un nombre d’informations à propos de la NSA sans précédent. Mais nous pouvons aller plus loin », a-t-il expliqué, évoquant notamment la base légale du programme de collecte des métadonnées. Le département de la Justice a d’ailleurs publié dans la foulée un tel document.
     
    Enfin, la NSA nommera un responsable de la vie privée et des libertés publiques tandis qu’un site Internet « servira de plate-forme à davantage de transparence » sur « ce que font et ne font pas » les agences de renseignement, a annoncé le président.
     
    « Quant aux autres dans le monde, je veux encore une fois rappeler que l’Amérique n’est pas intéressée par l’espionnage des gens ordinaires », a-t-il plaidé.
     
    « Toutes ces mesures sont destinées à faire en sorte que les Américains puissent avoir confiance dans le fait que nous respectons nos intérêts et nos valeurs » tout en menant des opérations de renseignement, a encore dit le président.
     
    L’association de défense des libertés sur Internet CDT a salué la « première étape cruciale vers un dialogue démocratique nécessaire de longue date » franchie par M. Obama, tout en appelant le Congrès à agir sans tarder « pour mettre fin à la collecte en masse des données téléphoniques des Américains ».
     
    Les adversaires républicains de M. Obama au Congrès l’ont en retour exhorté à ne pas perdre de vue la mission première du renseignement. « La transparence est importante, mais la Maison-Blanche doit dire que la réforme ne compromettra pas l’intégrité » des programmes de surveillance, a expliqué Brendan Buck, porte-parole du président de la Chambre des représentants John Boehner.
     
    La révélation du programme de surveillance d’Internet, baptisé PRISM, a ulcéré de nombreux pays alliés des États-Unis, notamment l’Allemagne.
     
    M. Obama, qui s’est entretenu jeudi avec des dirigeants d’entreprises de télécommunications et d’Internet à la Maison-Blanche, a également décidé de créer un groupe d’experts pour passer en revue les opérations de surveillance de son pays. Il leur commandera un rapport d’ici la fin de l’année, selon un haut responsable de la Maison-Blanche.
     
    Rhétorique antiaméricaine
     
    La rhétorique antiaméricaine est en hausse en Russie depuis le retour au Kremlin de Vladimir Poutine, a d’autre part accusé vendredi Obama, à qui le chef de la diplomatie russe a répondu que les deux pays n’étaient « pas en guerre froide ».
     
    Le président Obama a toutefois assuré lors de sa conférence de presse qu’il n’avait « pas de mauvaises relations » avec le président Poutine.
     
    Le président américain, qui a annulé un sommet avec son homologue russe prévu début septembre, a en revanche écarté l’idée d’un boycottage des Jeux olympiques d’hiver de Sotchi, en Russie, en 2014, estimant qu’un tel geste serait « inapproprié ».
     
    Le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, a également assuré depuis l’ambassade de Russie à Washington qu’il n’y avait « pas de guerre froide » avec les États-Unis, une expression employée mardi par M. Obama.
     
    Il a affirmé aussi que l’affaire Snowden ne pesait pas sur la relation des deux pays.
     
    « Il est clair que l’on ne peut pas s’attendre à une guerre froide » entre Washington et Moscou, a déclaré M. Lavrov, via un traducteur, ajoutant que le « dossier Snowden n’affecte pas les grandes lignes de la relation ». Lors d’un face à face « 2+2 » vendredi à Washington entre les secrétaires d’État et à la Défense, John Kerry et Chuck Hagel, et leurs homologues russes Sergueï Lavrov et Sergueï Choïgou, les deux pays ont fait valoir leurs intérêts communs sur la scène internationale, tels le désarmement ou la non-prolifération, plutôt que leurs contentieux et leurs relations glaciales après l’affaire Snowden et le sommet Obama-Poutine annulé.
     
    « L’humeur générale était très positive, ce qui inspire l’optimisme », a dit M. Lavrov après la réunion « 2+2 ».
     
    « Nous ne devrions pas voir la moindre aggravation », a assuré le Russe, parlant d’une « relation normale » entre les deux puissances.


    D'après l'Agence France-Presse

     

     
     
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