États-Unis - Kerry fait de l’humour en entrant au département d’État
Devant des centaines de fonctionnaires réunis dans le grand hall de ce gigantesque ministère qui emploie 70 000 personnes, M. Kerry s’est gardé de tout discours de politique générale et a préféré faire de l’humour sur ses prédécesseurs, Hillary Clinton et Condoleezza Rice, et livrer des anecdotes sur son enfance à Berlin.
Le 68e secrétaire d’État n’a quasiment rien dit de ses priorités, mais il avait déjà exposé sa feuille de route lors de son audition de confirmation devant le Sénat le 24 janvier : tenter de résoudre le casse-tête du nucléaire iranien, essayer de relancer le processus de paix entre Israël et les Palestiniens, resserrer les liens avec la Chine et lutter contre les changements climatiques. La guerre en Syrie, l’antiterrorisme en Afrique du Nord et au Sahel ou la Corée du Nord figurent aussi en bonne place sur le bureau du nouveau ministre.
« Tout ce que je ferai sera centré sur la sécurité et la sûreté » des 275 représentations américaines dans le monde, a assuré M. Kerry, le département d’État étant traumatisé par l’attaque armée contre son consulat à Benghazi (Libye) le 11 septembre, qui a coûté la vie à son ambassadeur et à trois autres agents américains.
Signe que le Proche-Orient sera l’une de ses priorités, M. Kerry a téléphoné ce week-end au président israélien, Shimon Peres, au premier ministre Benjamin Nétanyahou et au président palestinien, Mahmoud Abbas, a annoncé dimanche la porte-parole du département d’État, Victoria Nuland. M. Kerry a fait part de son intention de rencontrer rapidement M. Abbas pour discuter du processus de paix bloqué depuis septembre 2010, selon un porte-parole du président palestinien.
Jouant sur un registre personnel, M. Kerry a brandi devant ses nouveaux employés son premier passeport diplomatique reçu lorsqu’il était enfant et avait traversé l’Atlantique en 1954 jusqu’au Havre, pour aller vivre en famille à Berlin, en pleine Guerre froide.
« Faire du vélo dans Berlin était mon passe-temps, ma passion et […] grâce à mon passeport je passais dans le secteur Est, le secteur russe, qui me frappait par sa dureté et sa désolation », a raconté cet homme de 69 ans, qui demeure sensibilisé aux relations transatlantiques.
Faisant plusieurs traits d’humour, il s’est ensuite interrogé en riant : « Un homme peut-il diriger le département d’État ? », après les empreintes laissées par les hyperactives Hillary Clinton et Condoleezza Rice, qui ont sillonné la planète ces huit dernières années pour défendre les valeurs et les intérêts des États-Unis.








