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Élections américaines - Le rebond d’Obama

18 octobre 2012 | Serge Truffaut | États-Unis

Au terme du premier débat qui avait opposé Mitt Romney à Barack Obama, ce dernier avait donné l’impression d’avoir été le président absent, au profit, évident et énorme, du champion des républicains. Lors du deuxième combat, le démocrate fut le contraire de ce qu’il avait été il y a une quinzaine. Avec, dans un recoin de son esprit, le nom de quelques États charnières.


Parmi les étrangetés, voire les paradoxes, qui ont singularisé la prestation du locataire de la Maison-Blanche, on a retenu d’abord et avant tout celle-ci : il a amorcé et conclu son combat en évoquant deux arguments massue que ses supporteurs avaient espéré entendre rappeler lors du combat antérieur. Lesquels ? Un, Romney avait manifesté sa ferme opposition au prêt financier alloué par Obama à l’industrie automobile pour lui éviter le naufrage annoncé. Deux, devant un parterre rassemblant à huis clos de gros bailleurs de fonds de sa campagne, le champion des républicains avait rabaissé près de la moitié des Américains au statut de club de paresseux.


Ainsi, après un duel marqué au coin de la monotonie, il y a deux semaines, Obama a multiplié avec constance des saillies verbales dans le but de mettre au jour le vrai visage de Romney. Mais encore ? Le démocrate s’est appliqué à souligner que le profil politique de son adversaire était bien celui observé lors des primaires, soit celui d’un homme beaucoup plus à droite qu’il ne le laisse transparaître. À preuve, Obama est allé jusqu’à souligner que Bush était passablement plus modéré que l’actuel candidat républicain en s’appuyant sur ses positions sur les fronts de la santé et de l’immigration. Fait à noter, Obama a pris un soin méticuleux à souligner que le conseiller du républicain en matière d’immigration était l’auteur d’une loi si scélérate que la Cour suprême l’avait jugée nulle et non avenue.


Comme il fallait s’y attendre, au vu des récentes offensives républicaines, il a évidemment été question de l’attentat commis contre le consulat américain situé en Libye. Bizarrement, Romney s’est emberlificoté dans les fleurs du tapis en affirmant que le président avait tardé à qualifier cet acte de terroriste alors qu’il l’avait décrit ainsi le lendemain de l’attentat en question, ainsi que l’a certifié l’animatrice de la soirée. Mais de là à estimer que le républicain avait commis une gaffe énorme… Est-ce qu’un électorat beaucoup plus préoccupé par les problèmes intérieurs va changer d’opinion à cause de l’« erreur » libyenne de Romney ? Pas sûr.


Cela étant, il n’est pas aussi évident, nous semble-t-il, que Romney a perdu autant de points qu’on l’avance ici et là. En répétant avec fermeté que le bilan du président sortant sur le flanc du chômage laisse entrevoir peu de changement advenant sa réélection, le républicain a probablement préservé une portion du capital acquis à la faveur de sa victoire d’il y a une quinzaine.


Le débat achevé, Romney s’est empressé de prendre la direction de la Virginie pendant que le démocrate prenait celle de l’Ohio, « État-baromètre » ou swing state, et de l’Iowa, « État-charnière » ou swing state d’un autre type. À cet égard, il faut préciser deux fois plutôt qu’une que pour l’emporter, Romney doit rafler une forte majorité de ces fameux swing states. En effet, selon les calculs du New York Times, Obama a besoin de seulement 33 autres grands électeurs - on lui en crédite 237 - pour retourner à la Maison-Blanche, alors que Romney doit en récolter 79 autres - on lui en accorde 191 pour l’instant. Bref, la suite s’annonce très brutale.

 
 
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