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Convention républicaine - Romney fustige le legs d'Obama

Tampa, Floride — Mitt Romney livrait jeudi soir le discours le plus important de sa carrière politique, alors qu’il acceptait la nomination de son parti pour la présidentielle lors de la soirée de clôture de la convention républicaine, et c’est du bilan de Barack Obama qu’il a fait sa carte maîtresse. Une carte qui jouait sur le contraste entre l’espoir soulevé par l’actuel président lors de sa campagne électorale en 2008, et la «déception» et la «division» auxquelles a mené cette promesse.

«J’aurais souhaité que le président Obama réussisse, car je veux que l’Amérique réussisse. Mais ses promesses ont fait place à la déception et à la division», a-t-il déclaré.
 
Le candidat républicain s’est permis de railler l’idéalisme excessif de l’occupant du bureau ovale en affirmant, au grand plaisir de la foule: «[il] a promis de freiner la hausse du niveau des mers et de soigner la planète. Ma promesse est de vous aider, vous et votre famille.»
 
L’ancien gouverneur du Massachusetts en a profité pour faire un appel aux électeurs indépendants et aux démocrates déçus en déclarant que «vous savez que quelque chose ne va pas avec le genre de travail qu’il [Barack Obama] a fait en tant que président lorsque le meilleur sentiment que vous avez eu était le jour où vous avez voté pour lui».
 
Parmi les enjeux abordés, la part du lion est revenue à l’économie, enjeu central de la campagne républicaine. «Ce dont le pays a besoin aujourd’hui n’est ni profond ni compliqué, a-t-il dit. Ça ne prend pas une commission spéciale pour nous dire ce dont l’Amérique a besoin. Ce dont l’Amérique a besoin, ce sont des emplois. De beaucoup d’emplois.» Mitt Romney a ainsi promis de créer 12 millions d’emplois.

Plus humain

Le candidat républicain a également tenté d’envoyer aux Américains une image plus intime de lui-même en parlant de l’«amour inconditionnel» reçu par ses parents et qu’il tente de transmettre à ses enfants, et de la petite entreprise qu’il a bâtie et qui a «grandi pour devenir une histoire à succès américaine».
 
Humaniser Mitt Romney était l’un des objectifs principaux de la convention, une tâche qui avait jusque-là surtout incombé à sa femme, Ann Romney, qui a livré son discours mardi soir. Le dernier sondage Gallup indique que Romney ne paraît sympathique qu’auprès de 31 % des Américains, alors qu’Obama jouit d’une cote de 54 %.
 
Une série de proches et d’admirateurs sont d’ailleurs montés sur scène pour vanter les vertus personnelles et professionnelles de Romney: des membres de son église mormone, des associés de chez Bain Capital — dont la gestion a été sévèrement critiquée par le camp Obama —, le président de la société de distribution Staples — Bureau en gros, au Québec — et des athlètes olympiques (pour son leadership dans l’organisation des Jeux de 2002 à Salt Lake City).
 
Mitt Romney a été présenté par le jeune sénateur républicain issu de la communauté cubaine, Marco Rubio, de la Floride. Le parti républicain, beaucoup moins populaire que les démocrates auprès de l’électorat hispanique, cherche à percer dans cette tranche de plus en plus importante de l’électorat américain. Un hommage a d’ailleurs été rendu aux élus hispaniques et l’un des fils de Mitt Romney, Craig, a livré une partie importante de son discours en espagnol.
 
D’autres bonzes et étoiles montantes du parti républicain ont pris le devant la scène au cours de la soirée, dont Jeb Bush, ancien gouverneur de la Floride et frère de George W. Bush pressenti pour être un éventuel candidat à la présidence, et Newt Gingrich, ancien président de la chambre des représentants et candidat déchu lors des primaires.
 
Étrange Eastwood

Invité-surprise confirmé le jour même, Clint Eastwood a pu jouir des applaudissements les plus nourris de la foule après ceux pour Romney, malgré sa performance décousue, sa mise en scène bancale — il s’adressait parfois à une chaise vide à côté de lui — et ses messages parfois contraires aux thèmes chers aux républicains, dont le retrait de la guerre en Afghanistan.
 
Le cinéaste a vertement critiqué Obama pour ne pas avoir tenu ses promesses. «Ce pays est à nous, pas aux politiciens: ce sont les employés, a-t-il déclaré, soulevant la foule. Et lorsqu’une personne ne fait pas le travail, il faut la laisser partir.»
 
Selon les commentaires recueillis par Le Devoir quelques heures avant son arrivée, le passage de l’«homme sans nom» à la convention ne faisait pas l’unanimité. Mais des militants du candidat libertaire déchu lors des primaires, Ron Paul, semblaient apprécier: «Philosophiquement, Clint est un libertaire, explique Charles Mellon, un délégué du Nouveau-Mexique. Alors ça va pour moi. C’est un vrai républicain. Mais je ne suis pas sûr que les conservateurs sociaux [qui sont notamment contre l’avortement et le mariage gai] sont très contents…»
 
 
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