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États-Unis - Isaac vole la vedette à Mitt Romney

28 août 2012 | Agence France-Presse | États-Unis

Ni flonflons ni ballons pour cause de tempête : les républicains ont ouvert lundi leur convention nationale à Tampa, puis l’ont immédiatement suspendue, en raison de la tempête Isaac qui menace la côte de Louisiane.


Le sacre de leur candidat à la présidentielle, Mitt Romney, a été reporté de 24 heures et le scénario soigneusement écrit pour ce qui devait être quatre jours de célébrations, hâtivement réorganisé sur trois jours.


Le président du parti, Reince Priebus, a formellement ouvert la convention devant un parterre clairsemé, puis l’a ajournée moins de deux minutes plus tard. Six coups de marteau, un petit hommage à Neil Armstrong, une prière, une courte vidéo à la gloire de Mitt Romney et c’en était fini pour la journée.


Lundi, les premiers mots de Mitt Romney, qui finalisait son discours d’acceptation dans le New Hampshire, loin de la moiteur de Tampa, n’ont pu être que sur Isaac.


« Nos pensées vont aux gens qui sont sur le parcours de la tempête et nous espérons qu’ils ne subiront pas de dégâts majeurs », a-t-il déclaré.


À Tampa, l’un de ses collaborateurs, Russ Schriefer, a insisté sur le fait que le programme de mardi, mercredi et jeudi était maintenu. « La plupart des délégués [plus de 4000 étaient attendus] sont là. Nous surveillons la tempête et regardons où elle va », a-t-il ajouté.


Mais Isaac a clairement volé la vedette aux républicains. La plupart des écrans de télévision, dans l’immense centre de convention où se tient la grand-messe républicaine, suivaient en continu le parcours da la tempête, qui remonte le golfe du Mexique et pourrait se transformer en ouragan et menacer la Louisiane, sept ans après le drame de Katrina.


« Plus les conditions météorologiques se dégradent et plus il sera difficile pour Romney de faire passer son message », commentait une analyste, Diane J. Heith, de l’université St. Johns à New York.

 

Une image à changer


La convention avait été minutieusement préparée pour essayer de transformer l’image de Mitt Romney.


Même si les Américains pensent qu’il serait plus à même de redresser l’économie, ils n’arrivent pas à aimer cet ex-homme d’affaires de 65 ans multi-millionnaire, ex-gouverneur du Massachusetts, perçu comme distant et élitiste.


Un sondage ABC/Washington Post publié lundi montre les deux hommes au coude à coude (47 % pour Romney, 46 % pour Obama). 46 % des Américains pensent que Romney pourra faire redémarrer l’économie (contre 42 % pour Obama). Mais 58 % pensent que Romney favoriserait les plus riches s’il était élu.


Le message de la convention, traditionnellement un des temps forts de la campagne présidentielle, a donc été soigneusement calibré.


Il faut marteler que Barack Obama a échoué (« Nous pouvons faire mieux », est l’un des slogans), convaincre que Mitt Romney est l’homme qui saura redresser l’économie, le souci numéro un des Américains, et réussir à rendre aimable leur candidat, au sens plein du terme.


Témoignages et vidéos devraient converger dans un grand élan patriotique pour en dresser un portrait idéal, insistant sur l’homme privé, autant que sur l’homme d’affaires avisé.


Sa femme, Ann Romney, doit prendre la parole mardi soir. Ses cinq fils seront présents. « Les gens auront la chance de voir qu’il est un homme qui aime sa famille, c’est un grand dirigeant, qui a beaucoup de grandes idées pour le pays », a déclaré son fils Matt sur ABC.


Jadis perçu comme un modéré pragmatique, Mitt Romney a ces derniers mois considérablement durci son discours et attaqué M. Obama sans relâche. Il a choisi un colistier ultraconservateur de 42 ans, le représentant du Wisconsin, Paul Ryan, confirmant son virage à droite.


Le programme de gouvernement des républicains, qui sera approuvé mardi, promet d’être solidement conservateur, le parti étant dominé par son aile droite.


Des milliers de manifestants étaient attendus à Tampa. Lundi, ils n’ont été que 200 à braver la pluie pour protester contre le programme des républicains en matière d’immigration, d’économie, de santé ou d’avortement.

 
 
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