États-Unis - Le républicain Todd Akin s’excuse pour ses propos sur le viol
Le représentant ultraconservateur du Missouri, Todd Akin, apparaît dans un clip de 30 secondes où il lance, le regard sombre à la caméra : « Le viol est un acte abominable […] J’ai utilisé les mauvais mots de la mauvaise façon et, pour cela, je présente mes excuses ».
L’élu avait déclaré dimanche sur la chaîne locale KTVI : « De ce que j’entends de la bouche des docteurs, la grossesse après un viol est très rare. […] S’il s’agit d’un véritable viol, le corps de la femme essaie par tous les moyens de bloquer tout ça. » Des déclarations qui ont scandalisé la classe politique, chez les démocrates comme chez les républicains, ces derniers le poussant désormais à se retirer de la course sénatoriale du 6 novembre.
En parallèle de l’élection présidentielle, un tiers du Sénat américain doit être renouvelé à cette date, tout comme la totalité des élus de la Chambre des représentants. Actuellement membre de la commission des sciences de la Chambre, Todd Akin vise à intégrer le Sénat et espère ravir le siège de l’actuelle sénatrice démocrate du Missouri, Claire McCaskill, candidate à sa réélection.
Selon les règles en vigueur dans l’État du Missouri, il avait jusqu’à mardi soir pour annoncer s’il renonçait à sa candidature.
« Compassion »
Essayant au contraire de sauver sa candidature, qui était jusqu’alors soutenue par le Parti républicain, Todd Akin insiste, dans le clip diffusé mardi : « En tant que père de deux filles, je réclame la justice pour les prédateurs ; mon coeur est plein de compassion pour les victimes d’agressions sexuelles et je prie pour elles. »
« Le fait est que le viol peut conduire une femme à être enceinte. La vérité est que le viol fait de nombreuses victimes. […] L’erreur que j’ai commise était dans les mots, pas dans le coeur, et je demande pardon », ajoute encore l’élu connu pour son opposition farouche à l’avortement, y compris en cas de viol, une position également défendue par les organisations chrétiennes ultraconservatrices.
Soucieux des retombées pour sa propre campagne, le candidat républicain à la Maison-Blanche, Mitt Romney, avait estimé que ces déclarations étaient « insultantes, impardonnables et franchement, fausses ». Dès dimanche, il avait d’ailleurs pris ses distances avec ces propos, tout comme son colistier, nouvellement désigné, Paul Ryan.
L’un des hauts responsables du parti, Reince Priebus, a également lancé que ces remarques étaient « biologiquement stupides » et que si c’était lui, il se retirerait tout simplement de la course sénatoriale.
La déclaration initiale du représentant du Missouri a remis en lumière la question de l’avortement, sujet permanent de conflit aux États-Unis, exacerbé par les enjeux électoraux de la présidentielle.
Saisissant la balle au bond, le président démocrate sortant, Barack Obama, a fait un point de presse surprise à la Maison-Blanche lundi, jugeant que « l’opinion exprimée par M. Akin est choquante. Un viol est un viol. »
Selon une étude de 1996 réalisée par le journal américain de gynécologie et d’obstétrique, environ 32 000 grossesses chaque année aux États-Unis sont le résultat d’un viol.








