La Cour suprême épargne Obama - Énorme victoire
Par une faible majorité (5 contre 4), la Cour a estimé valide la proposition centrale de la réforme Obama qui prévoit d’imposer une pénalité aux personnes qui ne veulent pas contracter une assurance. Dans une argumentation écrite, c’est à noter, par le juge en chef John Roberts, réputé appartenir au clan des conservateurs, il est stipulé que la pénalité en question peut être « raisonnablement caractérisée comme un impôt ».
On le devine, la décision prise par les magistrats à cet égard a particulièrement ulcéré les élus républicains ainsi que leur candidat à la présidentielle, Mitt Romney. Pour ces derniers, prévoir une pénalité revient à obliger un citoyen à poser un geste, ce qui nie le principe sacré du droit individuel. De fait, ils entendent passer à l’attaque aussi promptement qu’amplement.
En effet, pas plus tard que le 11 juillet prochain, les républicains entendent soumettre la décision de la Cour suprême au vote des élus de la Chambre des représentants. Il va sans dire que, comme ils ont la majorité, ils parviendront à leurs fins, dont la portée sera symbolique, cela ils le savent, car ils sont minoritaires au Sénat. En fait, le but recherché par les représentants républicains est tout simplement le suivant : galvaniser les opposants à Obama en général et les membres du Tea Party en particulier. On se souviendra que ce dernier est né en grande partie de la fureur de Sarah Palin au cours des semaines postérieures à la divulgation du projet d’Obama.
Histoire de ne pas être en reste, Romney s’est empressé de marteler qu’advenant sa victoire lors de la présidentielle, sa première décision sera d’abroger la réforme Obama. Ce faisant, le champion des républicains prend un risque qui n’est en rien minime. Car il s’est mis d’ores et déjà dans l’obligation de cultiver la rancoeur des adversaires d’Obama en la matière, et notamment du bruyant Tea Party. Ce faisant, le fanatisme de celui-ci risque fort de favoriser la convergence des votes des fameux électeurs indépendants vers Obama. D’autant que…
D’autant que ce dernier n’a pas gagné sur toute la ligne. Ainsi, une majorité de magistrats, également très faible (5 contre 4), a invalidé l’article du projet qui prévoyait l’extension, en ce qui concerne la couverture, de Medicaid. La Cour estime que le Congrès, en menaçant les États qui refuseraient de se soumettre à l’extension en question, a outrepassé ses pouvoirs. Ce faisant, elle a donné amplement matière à satisfaction aux 26 gouverneurs qui avaient déposé une plainte, avec d’autres, contre le projet Obama. Signe particulier de ces gouverneurs ? Ils sont tous républicains.
Sur d’autres fronts, sur l’essentiel, Obama a gagné, sur d’autres il a perdu. En promettant de renverser l’architecture d’un édifice qu’Obama a dessiné, c’est à retenir, en faisant bien des compromis, Romney fait un pari qui pourrait s’avérer dangereux. C’est bien simple, lui, le plus modéré des principaux candidats à l’investiture républicaine, risque de passer pour un fanatique aux yeux d’un électorat obsédé aujourd’hui par autre chose que la santé, soit évidemment l’économie et plus précisément le chômage.
Cela étant, la décision de la Cour vient mettre un terme à un mois de revers pour Obama. Mieux, elle sauve en grande partie son mandat.








