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42 millions en deux ans pour Mitt Romney

Le candidat républicain paie beaucoup moins d'impôts que les salariés

Agence France-Presse   25 janvier 2012  États-Unis
Mitt Romney<br />
Photo : Agence Reuters Brian Snyder
Mitt Romney
Miami — Le candidat à l'investiture républicaine à la Maison-Blanche Mitt Romney a fini, sous la pression de ses adversaires, par publier hier ses feuilles d'impôts, révélant qu'il paie 15 % de ses revenus au fisc, soit largement moins que la moyenne des salariés américains.

L'ancien gouverneur du Massachusetts, qui a fait fortune à la tête d'un fonds d'investissement, a déclaré des revenus de 21,7 millions de dollars pour 2010 et de 20,9 millions pour 2011, selon les documents publiés sur Internet par le candidat.

Au total pour ces deux années-là, M. Romney a donné 7 millions à des oeuvres de charité — pour l'essentiel à l'Église mormone, dont il est membre — et payé 6,2 millions de dollars d'impôts fédéraux.

Les trois millions de dollars de contributions versées en 2010 représentent un taux d'imposition de 13,9 % et les 3,2 millions de dollars payés l'an dernier un taux de 15,4 %.

M. Romney avait été mis en demeure par ses rivaux de publier sa déclaration d'impôts, comme eux-mêmes l'avaient déjà fait. Mais le candidat fortuné avait tergiversé, une attitude qu'il a fini par abandonner après avoir été battu samedi par son rival Newt Gingrich aux primaires de la Caroline du Sud, une des étapes du long processus visant à désigner à un candidat du parti républicain pour la présidentielle du 6 novembre.

Les prochaines primaires, en Floride, le 31 janvier, s'annoncent compliquées pour M. Romney, considéré jusqu'à présent comme un des grands favoris de la course à l'investiture républicaine, d'autant qu'un nouveau sondage Public Policy Polling a confirmé l'avance prise dans cet État par M. Gingrich, avec 38 % des intentions de vote, soit 5 points de plus que M. Romney.

La fortune de M. Romney —évaluée à 250 millions de dollars — et le fait qu'elle vienne de la gestion d'un fonds d'investissement, Bain Capital, pourraient être considérés comme des handicaps, le pays traversant sa plus grave crise économique depuis les années 1930.

«Je ne vais pas m'excuser pour ma réussite. J'ai travaillé dur pour obtenir ce que j'ai», s'est défendu lundi soir M. Romney lors d'un débat télévisé entre les candidats républicains à Tampa, en Floride. «Je suis fier d'avoir aidé à créer des entreprises qui ont grandi, qui ont embauché et pas seulement des emplois hautement qualifiés dans la finance», a-t-il ajouté, en se disant surpris que les attaques sur sa fortune viennent de son propre camp.

Car elles sont également venues des démocrates. La feuille d'imposition de M. Romney «est un bon exemple de la réforme de la fiscalité dont nous avons besoin», a déclaré hier sur la chaîne NBC un conseiller du président Barack Obama, David Plouffe. «Quand on a un travailleur de la classe moyenne qui paie [proportionnellement] plus d'impôts que ceux qui gagnent 50 ou 60 millions de dollars par an, il faut que ça change», a-t-il ajouté.

Le taux de prélèvement dont s'acquitte M. Romney est certes proche de la moyenne de 15 % qui frappe les revenus du capital, mais bien inférieurs aux 35 % dont s'acquittent au maximum les salariés, faisant dire aux partisans d'une hausse d'impôts qu'il s'agit là d'une injustice à réparer.
 
 
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  • Carole Dionne - Inscrite
    25 janvier 2012 08 h 36
    Et dire...
    Qu'il y a de petits travaillants qui croient au système républicain. Pas croyable. Mais nous avons au Québec de petits travaillant qui croient encore à l'honnêteté de Charest et sa bande de sbires,. On ne peut pas rire des petits travaillants républicains.
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  • armand guindon - Inscrit
    25 janvier 2012 15 h 39
    Don Draper
    Ne trouvez vous pas qu'il ressemble à ce mythique personnage?
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  • MJ - Inscrite
    25 janvier 2012 19 h 10
    Le mythe américain
    Le mythe américain, selon lequel “tout citoyen américain qui y met tous les efforts nécessaires peut devenir millionnaire et même président des Etats-Unis”, repose sur une illusion soigneusement entretenue par la classe économique dominante pour préserver ses privilèges. En ce pays, point de cadeau pour les plus humbles, plutôt du chacun pour soi.

    La dernière crise bancaire de 2008 qui a mis sur le pavé des millions d’Américains illustre bien que, parmi ces personnes ou ces familles, la pauvreté a plutôt succédé à un illusoire et temporaire bien-être. D’autres sont devenus des nomades itinérants, faute de retrouver un emploi. Des enfants, le ventre vide, incapables d’assister à leurs cours, ont été pris en charge par l’assistance publique. Ou bien ils ont vécu comme des itinérants, migrant ici et là avec leurs parents, campant dans des parcs publics, puis interdits de séjour, ont dû décamper et trouver de nouveaux lieux où s’établir temporairement. Une mobilité forcée...

    Qu’est-il advenu de ces Américains délogés de leurs maisons et ayant perdu leurs emplois, quatre ans plus tard?
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  • MJ - Inscrite
    25 janvier 2012 19 h 13
    Le mythe américain
    Les Etats-Unis sont l’un des pays les plus inégalitaires parmi les “démocraties” occidentales. Les impôts aux USA sont moins élevés qu’ici; en revanche, les programmes sociaux sont déficients et peu généreux. Par exemple, un régime universel d’assurance-maladie défrayé entièrement par l’Etat et financé par les impôts de ses citoyens n’a jamais réussi à y voir le jour, malgré les tentatives de quelques démocrates dont feu l’ex-sénateur Edward Kennedy. Même Obama n’a pu, en raison d’un blocage au Congrès par les Républicains, apporter une réforme plus substantielle au système de santé. Ces soins de santé ne sont accessibles que dans la mesure où l’individu adhère à une assurance privée (très coûteuse), ce qui est loin d’être à la portée de tous. Les plus riches, par le biais de leurs “représentants” Républicains, bloquent toute tentative par le président Obama d’une meilleure répartition de la richesse, qui serait possible grâce à une réforme du régime fiscal qui devrait être progressif, en taxant davantage les plus riches, ce qui permettrait notamment de débloquer des fonds pour des programmes sociaux parrainés par l’Etat.
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  • MJ - Inscrite
    25 janvier 2012 19 h 27
    Le mythe américain
    Une liste non exhaustive des maux qui ont frappé les USA: la délocalisation à l’étranger des lieux de production de biens et de services, la déréglementation de l’Etat dans les domaines bancaire et financier, la spéculation sur des titres boursiers toxiques endossés, entre autres, par des banques privées, la débâcle bancaire et financière de 2008, le renflouement des banques par l’Etat, la conséquence étant un déficit accru de l’Etat l'obligeant à restreindre ses dépenses budgétaires, un régime fiscal régressif inapproprié, une évasion fiscale par les multinationales et les plus riches contribuables (paradis fiscaux, paiement de dividendes sur leurs actions (taux d’imposition plus faible que sur le paiement d’un salaire), réalisation de gains en capital sur des ventes d'ations (taux d’imposition avantageux), détention d'options d’achat d’actions selon un momentum favorable, etc.). Bref, les plus riches disposent de tout un arsenal de privilèges réduisant d'autant leurs impôts, et auxquels ils ne sont pas prêts à renoncer.
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  • MJ - Inscrite
    25 janvier 2012 19 h 28
    Le mythe américain (suite et fin)
    C’est lorsque des écarts extrêmes se sont creusés entre riches et pauvres qu’il est alors plus difficile pour le président Obama et son parti démocrate de redresser la situation, compte tenu que les Républicains forment la majorité au Congrès (à la Chambre des Représentants seulement, si je ne m'abuse). En outre, quelle est la réelle marge de manoeuvre du président Obama, compte tenu de son entourage (ses conseillers) et de la division interne au sein du parti démocrate sur l’opportunité d’apporter des correctifs au régime fiscal et autres mesures susceptibles de venir en aide notamment aux sans-emplois, aux petits salariés, et aux PME. Bref, beaucoup d'efforts à demander aux plus riches pour relancer l'emploi et rendre leur dignité à tous ceux qui sont les plus affectés par la crise. Il y aurait tant à dire sur d'autres défis à relever chez l'Oncle Sam (une plus grande accessibilité aux études universitaires, de la formation en entreprise, un meilleur contrôle par l'Etat sur les activités des pétrolières pour enrayer d'autres accidents écologiques tels celui de BP, affectant l'environnement et la santé, etc.).
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