Primaires républicaines - Romney conforte son statut de favori
Le libertaire Ron Paul a obtenu une deuxième place très convoitée, hier, au New Hampshire
Photo : Agence Reuters Jim Bourg
Mitt Romney salue ses partisans après son discours de victoire, à Manchester, à l’issue de la primaire républicaine d’hier au New Hampshire.
Le Devoir au New Hampshire
Manchester — Les partisans de Mitt Romney ont fait résonner par leurs cris de joie et leurs applaudissements le gymnase de la Southern New Hampshire University où leur candidat favori les avait réunis, lorsque Fox News a annoncé sa victoire, quelques minutes après la fermeture des bureaux de vote à 20h, confirmant ainsi ce que les sondages annonçaient depuis plusieurs mois déjà. La deuxième place, qui était la véritable énigme de cette primaire, est quant à elle allée au libertaire Ron Paul.
À 23h45 hier, avec 91 % des bulletins de vote dépouillés, Mitt Romney récoltait 39 % des voix, soit 16 points devant Ron Paul. Il remporte ainsi une deuxième victoire consécutive, après le «caucus» de l'Iowa, ce qui vient consolider son avance dans le long processus d'investiture du Parti républicain.
«Nous avons fait l'histoire!», a clamé Mitt Romney d'entrée de jeu devant ses partisans, avant de lancer rapidement des flèches à Barack Obama. «Aujourd'hui, nous faisons face à un bilan décevant d'un président qui a failli. Les trois dernières années ont vu beaucoup de changements se produire, mais elles n'ont pas offert beaucoup d'espoir.» L'ex-gouverneur du Massachusetts a abordé plusieurs thèmes dignes d'une campagne présidentielle, tentant ainsi de dégager de la force et de l'autorité.
Mitt Romney s'en tire bien, lui qui était embarqué sur une pente descendante dans les derniers jours de campagne, à force d'être la cible d'attaques de plus en plus virulentes de la part de ses adversaires. Le ton avait monté, alors qu'on tentait de dépeindre son passé d'homme d'affaires dans les années 1990 comme celui d'un homme sans scrupules et cupide. Ses paroles controversées exprimées lundi — quoique reprises hors contexte —, voulant qu'il aimait «pouvoir congédier des gens», risquaient également de lui faire mal.
«J'ai voté pour lui dans la primaire républicaine de 2008 et je le suis depuis ce temps-là. Je suis très heureux ce soir, a déclaré au Devoir Paul Yarmo, un républicain convaincu depuis 20 ans. Il a les compétences, un bon programme économique et il est surtout un candidat qui peut être aisément élu. Je crois que c'est sa plus grande qualité pour battre Obama.» À l'instar de Mitt Romney, M. Yarmo est de religion mormone, et ne croit pas que ce soit un handicap politique pour le candidat. «Les Américains ont appris à le connaître au-delà de sa religion. Et il n'aspire pas à être le pasteur en chef, mais bien le commandant en chef. Je vois difficilement maintenant comment la nomination pourrait lui échapper.»
Paul en terre fertile
L'État du New Hampshire, dont la devise est «Vivre libre ou mourir», a été une terre fertile pour le candidat libertaire Ron Paul, qui a terminé en deuxième position avec quelque 23 % des voix. Il s'agit d'un résultat sensiblement au-dessus des 17,5 % que les sondages lui donnaient dans les jours précédant la primaire.
Jon Huntsman, qui avait tout misé sur le New Hampshire, a terminé en troisième place, avec 17 % des voix, ce qui signifie qu'il continuera à faire campagne. L'ex-ambassadeur d'Obama à Pékin et ex-gouverneur de l'Utah avait en effet affirmé qu'il poursuivrait sa campagne s'il parvenait à se hisser au troisième rang.
À 23h45 hier soir, Newt Gingrich (10 %) et Rick Santorum (9 %) se disputaient encore la quatrième place. Un maigre résultat pour Gingrich, qui avait fait campagne intensément dans cet État, alors que Santorum n'y plaçait que bien peu d'espoir.
Rick Perry, enfin, qui a été presque absent au New Hampshire, a arraché 1 % du vote.
Pour cette primaire, les délégués républicains du New Hamsphire qui se rendront à la convention républicaine en août pour choisir le candidat républicain qui affrontera Barack Obama, sont distribués proportionnellement entre les candidats ayant amassé au moins 10 % des voix.
Rien n'est réglé
Les yeux se tournent maintenant vers la Caroline du Sud, où les candidats républicains feront campagne jusqu'au 21 janvier, date de la primaire de cet État. Tous les candidats en lice (Romney, Paul, Huntsman, Gingrich, Santorum et Perry) y ont des activités partisanes prévues dès aujourd'hui.
Bien que les partisans de Romney disent sentir que la victoire est maintenant à portée de main, la course s'annonce plus longue et plus difficile que ce qu'ils veulent bien croire, estime Julien Tourreille, directeur adjoint de l'Observatoire sur les États-Unis à l'UQÀM, venu observer la campagne républicaine dans le «Granite State». «Romney n'est toujours pas à l'abri des attaques qu'il a subies ces derniers jours. Et avec sa seconde place, Ron Paul se retrouvera sûrement dans la même situation que Rick Santorum après le caucus de l'Iowa, [alors qu'il avait surgi des bas-fonds avec une solide deuxième place]: il aura du momentum et de l'attention médiatique qui devraient lui permettre de poursuivre la course. Cela dit, le plus dur sera de concrétiser cet élan et l'appui de ses fervents partisans en Caroline du Sud.»
Quant à Jon Huntsman, son avenir est sans issue, assure M. Tourreille. «Les 17 % de voix qu'il vient d'amasser sont bien peu, quand on sait qu'il a concentré tous ses efforts au New Hampshire. Son défi est maintenant de mettre en place une organisation solide en Caroline du Sud, où il aura beaucoup de difficulté du fait de la sociologie plus conservatrice de l'électorat républicain de cet État.»
Manchester — Les partisans de Mitt Romney ont fait résonner par leurs cris de joie et leurs applaudissements le gymnase de la Southern New Hampshire University où leur candidat favori les avait réunis, lorsque Fox News a annoncé sa victoire, quelques minutes après la fermeture des bureaux de vote à 20h, confirmant ainsi ce que les sondages annonçaient depuis plusieurs mois déjà. La deuxième place, qui était la véritable énigme de cette primaire, est quant à elle allée au libertaire Ron Paul.
À 23h45 hier, avec 91 % des bulletins de vote dépouillés, Mitt Romney récoltait 39 % des voix, soit 16 points devant Ron Paul. Il remporte ainsi une deuxième victoire consécutive, après le «caucus» de l'Iowa, ce qui vient consolider son avance dans le long processus d'investiture du Parti républicain.
«Nous avons fait l'histoire!», a clamé Mitt Romney d'entrée de jeu devant ses partisans, avant de lancer rapidement des flèches à Barack Obama. «Aujourd'hui, nous faisons face à un bilan décevant d'un président qui a failli. Les trois dernières années ont vu beaucoup de changements se produire, mais elles n'ont pas offert beaucoup d'espoir.» L'ex-gouverneur du Massachusetts a abordé plusieurs thèmes dignes d'une campagne présidentielle, tentant ainsi de dégager de la force et de l'autorité.
Mitt Romney s'en tire bien, lui qui était embarqué sur une pente descendante dans les derniers jours de campagne, à force d'être la cible d'attaques de plus en plus virulentes de la part de ses adversaires. Le ton avait monté, alors qu'on tentait de dépeindre son passé d'homme d'affaires dans les années 1990 comme celui d'un homme sans scrupules et cupide. Ses paroles controversées exprimées lundi — quoique reprises hors contexte —, voulant qu'il aimait «pouvoir congédier des gens», risquaient également de lui faire mal.
«J'ai voté pour lui dans la primaire républicaine de 2008 et je le suis depuis ce temps-là. Je suis très heureux ce soir, a déclaré au Devoir Paul Yarmo, un républicain convaincu depuis 20 ans. Il a les compétences, un bon programme économique et il est surtout un candidat qui peut être aisément élu. Je crois que c'est sa plus grande qualité pour battre Obama.» À l'instar de Mitt Romney, M. Yarmo est de religion mormone, et ne croit pas que ce soit un handicap politique pour le candidat. «Les Américains ont appris à le connaître au-delà de sa religion. Et il n'aspire pas à être le pasteur en chef, mais bien le commandant en chef. Je vois difficilement maintenant comment la nomination pourrait lui échapper.»
Paul en terre fertile
L'État du New Hampshire, dont la devise est «Vivre libre ou mourir», a été une terre fertile pour le candidat libertaire Ron Paul, qui a terminé en deuxième position avec quelque 23 % des voix. Il s'agit d'un résultat sensiblement au-dessus des 17,5 % que les sondages lui donnaient dans les jours précédant la primaire.
Jon Huntsman, qui avait tout misé sur le New Hampshire, a terminé en troisième place, avec 17 % des voix, ce qui signifie qu'il continuera à faire campagne. L'ex-ambassadeur d'Obama à Pékin et ex-gouverneur de l'Utah avait en effet affirmé qu'il poursuivrait sa campagne s'il parvenait à se hisser au troisième rang.
À 23h45 hier soir, Newt Gingrich (10 %) et Rick Santorum (9 %) se disputaient encore la quatrième place. Un maigre résultat pour Gingrich, qui avait fait campagne intensément dans cet État, alors que Santorum n'y plaçait que bien peu d'espoir.
Rick Perry, enfin, qui a été presque absent au New Hampshire, a arraché 1 % du vote.
Pour cette primaire, les délégués républicains du New Hamsphire qui se rendront à la convention républicaine en août pour choisir le candidat républicain qui affrontera Barack Obama, sont distribués proportionnellement entre les candidats ayant amassé au moins 10 % des voix.
Rien n'est réglé
Les yeux se tournent maintenant vers la Caroline du Sud, où les candidats républicains feront campagne jusqu'au 21 janvier, date de la primaire de cet État. Tous les candidats en lice (Romney, Paul, Huntsman, Gingrich, Santorum et Perry) y ont des activités partisanes prévues dès aujourd'hui.
Bien que les partisans de Romney disent sentir que la victoire est maintenant à portée de main, la course s'annonce plus longue et plus difficile que ce qu'ils veulent bien croire, estime Julien Tourreille, directeur adjoint de l'Observatoire sur les États-Unis à l'UQÀM, venu observer la campagne républicaine dans le «Granite State». «Romney n'est toujours pas à l'abri des attaques qu'il a subies ces derniers jours. Et avec sa seconde place, Ron Paul se retrouvera sûrement dans la même situation que Rick Santorum après le caucus de l'Iowa, [alors qu'il avait surgi des bas-fonds avec une solide deuxième place]: il aura du momentum et de l'attention médiatique qui devraient lui permettre de poursuivre la course. Cela dit, le plus dur sera de concrétiser cet élan et l'appui de ses fervents partisans en Caroline du Sud.»
Quant à Jon Huntsman, son avenir est sans issue, assure M. Tourreille. «Les 17 % de voix qu'il vient d'amasser sont bien peu, quand on sait qu'il a concentré tous ses efforts au New Hampshire. Son défi est maintenant de mettre en place une organisation solide en Caroline du Sud, où il aura beaucoup de difficulté du fait de la sociologie plus conservatrice de l'électorat républicain de cet État.»
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