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Le non-lieu des indignés

Chassés en pleine nuit par la police de New York, les protestataires d'Occupy Wall Street ont perdu le droit de camper au parc Zuccotti

Catherine Mavrikakis   16 novembre 2011  États-Unis
Des policiers new-yorkais bousculent des membres d’Occupy Wall Street, au cours du raid-surprise qui s’est déroulé hier, au beau milieu de la nuit.<br />
Photo : Agence Reuters Lucas Jackson
Des policiers new-yorkais bousculent des membres d’Occupy Wall Street, au cours du raid-surprise qui s’est déroulé hier, au beau milieu de la nuit.

À retenir

    Née à Chicago en 1961
    Partagée entre le Québec, la France et les États-Unis durant son enfance, Catherine Mavrikakis a choisi Montréal en 1979 pour y étudier la littérature. Désormais professeure en cette matière à l’Université de Montréal, elle a reçu de nombreux prix grâce à son roman Le ciel de Bay City (2008). (photo Marie-Reine Mattera) Dernier livre paru: Les derniers jours de Smokey Nelson (Héliotrope, 2011)

Les indignés new-yorkais ont regagné hier en fin d'après-midi le lieu emblématique du mouvement Occupy Wall Street, le parc Zuccotti, rebaptisé Liberty Square, d'où ils avaient été expulsés la nuit précédente. Mais, pas question d'y dresser un nouveau camp de toile, a tranché la Cour suprême de l'État de New York.

Ils étaient là à s'indigner. Contre le monde. Contre ce qui arrive et surtout ce qui n'arrive pas. Contre l'absence d'espoir, contre l'avenir bien bouché, déjà écrit. En leur défaveur, bien sûr. Ils voulaient changer le cours du roman, rédigé par un Dickens sans talent, dans lequel on ne leur a permis de camper que des personnages miséreux, anéantis dès leur jeunesse.

Sur leur site, ils réclamaient leur humanité, leur futur. Ils s'opposaient au grand pouvoir du monde financier et aux inégalités. Ils étaient là à prendre possession d'un bout de la ville, parce qu'ils avaient la folie de croire que les cités peuvent appartenir à ceux qui y habitent. Ils voulaient un espace civique où ils pourraient exercer leur liberté de se réunir, de dire leur désarroi, de scander leur écoeurement. Leur nombre, ces masses vivantes de corps côte à côte, devait suffire à incarner une nouvelle vision de l'égalité et de la justice sociale.

Au Liberty Square, dont le nom semblait prédire une quelconque victoire, ils se sont installés, il y a presque deux mois, sans trop savoir si cela durerait ni comment cela allait finir. Cela a pourtant fait boule de neige. Depuis le 17 septembre, d'autres se sont mis à occuper Wall Street, de loin, mais très concrètement, en prenant possession de petits morceaux de leur propre territoire urbain. Le 9 octobre dernier, 900 villes à travers le monde étaient occupées à «occuper Wall Street»: Auckland, Sydney, Hong Kong.

Cela devenait gros. Cela ressemblait à quelque chose comme une révolution, une petite ou une grande, où la voix de ceux qui semblent ne pas en avoir allait se faire entendre, en occupant l'espace.

Indignez-vous! C'est ce qu'on nous apprend à l'école, il paraît que c'est un signe d'intelligence, l'indignation. Les temps sont à l'indignation, au printemps arabe, aux espoirs des peuples. On a l'impression que le monde est un tout petit peu meilleur depuis quelques mois. On peut quitter le cynisme qui avait fini par nous aller si bien. Quelque chose renaît. C'est sûrement déraisonnable, puéril... Le monde ne tourne pas grâce à l'espoir et aux idéaux vagues. C'est pas comme ça que l'argent se fait sur la terre. C'est pas comme ça qu'il y a de la vraie politique, de vraies décisions.

L'opinion publique n'était pourtant pas complètement contre eux. Un New-Yorkais favorable au mouvement avouait aux journalistes que, oui, il appuyait la manifestation, mais il ne voulait pas de révolution, ni de désoeuvrement organisé... que tout cela n'était pas bon pour le pays, pour l'économie... Certes, mais qui sait où les idéaux peuvent mener? Il y a eu quand même quelques exemples de changement, de bonne transformation grâce au peuple sur cette planète, non?

L'anniversaire n'aura pas lieu

Ils allaient célébrer un petit anniversaire. Le 17 novembre, cela aurait fait deux mois. Deux mois qu'ils étaient là avec leurs tentes, leurs sacs de couchage. Ils se disaient bien que cela pouvait arriver. Le 14 novembre, à Oakland, la police avait déjà fait le coup. On avait évoqué la sécurité publique, la salubrité des lieux, les risques d'incendie... Les manifestants avaient même monté des cuisines de fortune. Il y avait eu trois décès. Cela devenait le chaos...

Dans la nuit du 14 au 15 novembre, des centaines de policiers leur ont demandé d'évacuer les lieux. Rapidement. Ce n'est pas bête de faire cela la nuit, vers une heure du matin. Il fallait y penser. Et le maire de New York, Michael Bloomberg, était là pour y penser. Dans la nuit, ils seraient sûrement moins vifs... Les journalistes seraient moins présents. Cela ferait certes moins d'histoire...

Le premier amendement de la Constitution américaine permet certes à chaque New-Yorkais de s'exprimer librement, mais il ne donne à personne le droit de dormir dans un parc ou de prendre possession d'un parc en excluant les autres citoyens.

Les policiers, dans leur droit, ont commencé à déloger les protestataires. Quelques manifestants se sont attachés à des arbres, pour être là un peu plus longtemps. Il n'y aurait pas eu de violence. Les manifestants ont décidé de ne pas s'opposer de façon brutale. Les policiers ont quand même arrêté 200 personnes. Certains manifestants ont dénoncé l'utilisation abusive de la force par les policiers. Les policiers ont démantelé les tentes, lancé beaucoup de choses à la poubelle et se sont servi du poivre de Cayenne. Le parc a été encerclé et les journalistes ont été interdits sur les lieux. Liberty Square a donc été immédiatement nettoyé. De grands jets d'eau bien puissants ont vite balayé les allées du parc et l'Histoire qui s'était mise à reprendre sa marche, sa danse folle. Tout sera bientôt très propre.

Hier matin, les manifestants ont obtenu une injonction pour pouvoir retourner sur les lieux. Mais les policiers leur refusent l'accès au parc. On a annoncé aux manifestants qu'ils pourraient bientôt retourner dans un Liberty Square tout propre, mais sans leur campement.

Hier en fin d'après-midi, un juge de la Cour suprême de l'État de New York a confirmé cette interdiction de camper dans Liberty Square. Si les manifestants sont retournés en chantant dans le parc, ils ne pourront plus y planter leur tente.

«Les manifestants auront, a dit le maire Bloomberg, à occuper l'espace avec la force de leurs arguments.» «Vous ne pouvez évincer une idée pour laquelle le temps de naître est venu», ont répondu les manifestants sur leur site. C'est là pour le moment qu'ils continuent vraiment à s'indigner. Parce qu'on les menace d'expulsion partout dans le monde.

À Toronto, au parc St. James, on distribue des avis d'évacuation, mais un juge a accordé hier une injonction aux indignés leur permettant de poursuivre leur occupation jusqu'à ce que la cour se penche sur les avis d'expulsion. À Halifax, à London, à Saskatoon, on a déjà nettoyé les villes dans les derniers jours. La Ville de Londres, elle, va devant les tribunaux pour avoir le droit de déblayer le parvis de la cathédrale Saint-Paul, qui avait fermé ses portes aux visiteurs, ce qui ne s'était jamais vu depuis la Seconde Guerre mondiale...
Des policiers new-yorkais bousculent des membres d’Occupy Wall Street, au cours du raid-surprise qui s’est déroulé hier, au beau milieu de la nuit.<br />
Le maire de New York, Michael R. Bloomberg, a tenu une conférence de presse, hier, pour expliquer le raid de la police contre les indignés.<br />
 
 
 
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  • Pierre Cossette - Inscrit
    16 novembre 2011 01 h 50
    La marmite ...
    vous aurez beau nantis et possédants mettre le couvercle sur la marmite, vous ne pourrez pas museler le peuple. Vous en avez eu de premiers avertissements, lorsque vous avez envahi contre la volonté du monde l'Irak où vous n'avez pas trouvé d'armes de destruction massive, lorsque vous avez sauvé les géants de l'automobile et les banques moribondes en sabrant dans les retraites, lorsque vous mettez un temps fou à protéger les profiteurs du système (lire collusionneux, lobbyistes, fraudeurs à grande échelle). Cela vous a mené à des indignations meurtrières du monde arabe et nous en avons été témoins. Depuis l'Égypte où nous avons suivi au jour le jour leur magnifique révolution vous nous avez coupé l'image vous ne désirez pas de récidive, et surtout pas dans nos pays démocratiques. Vous vivez sur du temps emprunté et vous passerez un jour ou l'autre à la caisse. Nous voulons un monde de partage, de coopération et de joie de vivre et nous l'obtiendrons. Votre richesse répugnante achève.
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  • Sanzalure Sanzalure - Inscrit
    16 novembre 2011 04 h 38
    Pourquoi parler au passé ?
    Il ne faut pas parler de ce mouvement au passé, il ne fait que commencer !

    Si ce n'est pas dans les parcs, ce sera ailleurs.

    L'an prochain, ça va être plus intense, dans 5 ans plus intense encore, dans 10 ans encore plus. Ce mouvement d'indignation, il n'arrêtera pas tant que les vieux fous qui s'accrochent au pouvoir continueront d'abuser de la situation.

    Serge Grenier
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  • Pierre Schneider - Abonné
    16 novembre 2011 06 h 13
    Grève massive de la faim ?
    Comme il sera désormais impossible pour les Indignés de passer l'hiver sous la tente à se les geler, je leur suggère, question d'efficacité et afin que ne meure pas leu cause, de se trouver un grand local et d'y entreprendre une grève de la faim sérieuse et déterminée.
    À la Ghandi...
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  • celljack - Inscrit
    16 novembre 2011 08 h 11
    Implication politique
    L'union de tous ces gens se fait autour de l'indignation.

    La cause commune: on veut voir du changement.

    Oui mais quel changement? Les indignés organisent alors une assemblée générale, une démocratie directe. On réinvente la politique depuis sa forme la plus primitive. Et à quoi aboutit-on?

    La démocratie directe comporte plusieurs failles. Il faut consacrer énormément de temps à écouter tout le monde, sans exception, pour être équitable. Ensuite le consensus, pas toujours évident, surtout que les "sympathisants" qui ne peuvent pas être physiquement présent perdent leur voix.

    On conclut après 2 mois d'Occupation que la démocratie est en constant changement, qu'aucune conclusion ne pourra être déterminée "pour de bon".

    L'Occupation est un symbole de résistance, cri de mobilisation. Ceci pourra être fait de d'autres manières. Les indignés restent indignés. La démocratie directe, elle, devrait continuer indéfiniment, évoluer, s'améliorer et s'étendre.

    Ultimement, lorsqu'une démocratie participative efficace aura été mise sur pied, elle pourra effectivement rivaliser avec le système politique en place.
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  • asclepios - Inscrit
    16 novembre 2011 08 h 19
    En français, «indigné» est un adjectif.
    Ce matin, j'ai honte de la presse. À l'instar des bouddhistes, je considère que la colère est un poison de l'esprit. Chaque fois qu'un journaliste, un chroniqueur ou un éditorialiste décrit des occupants du Square Victoria comme «les indignés», il contribue à la marginalisation du mouvement.

    Du latin «indignatio», l'indignation est un sentiment de colère que soulève une action qui heurte la conscience morale, le sentiment de la justice. Pour Gide, l'indignation est le revers de l'amour. L'indignation fait penser à la révolte, au scandale. [Petit Robert 1991]

    Pourtant, les occupants ne sont pas dominés par la colère. La presse s'est laissée berner en acceptant de focaliser son attention les paroles et gestes de ceux qui dénoncer ce qui est indigne au détriment des objets bien réels de l'indignation.

    Faire décamper les occupants, il faut le dire, sert uniquement à protéger les conduites indignes qu'ils dénoncent. En les marginalisant, les grands de ce monde se donnent du temps pour réfléchir et tenter d'apporter des ajustements à un système qui ne mérite pas la confiance de la population.

    Quelles sont les raisons avancées dans la presse pour réclamer la fin de l'occupation? Certains reprochent aux occupants de ne pas avoir de revendications claires. Certains leur prêtent des intentions malfaisantes. Certains pensent avoir compris les critiques des occupants et veulent qu'on leur laisse la paix.

    Pour moi, les mouvements d'occupation sont les derniers lieux ou peuvent se rencontrer les gens qui veulent redonner leur dignité aux êtres humains et qui sont prêts à le déclarer à la face du monde.

    François Genest
    http://atenacite.blogspot.com
    @FGenest
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  • Martin Gauthier - Inscrit
    16 novembre 2011 08 h 46
    Un mouvement non-violent
    Alors, quand on questionne, quand on pose des gestes symboliques pour faire avancer ce que l'on nomme "notre société", et bien ça prend du temps, ça prend de l'énergie et bien du courage.
    Sontefficaces à long terme les changements qui prennent le temps de s'installer. Et ce n'est que des mouvements non-violents qui permettent d'y arriver. Prendre de plein front l'injustice de ma société ne ferait que déployer encore plus d'injustice. Celles et ceux qui parasitent actuellement l'organisation de la société, la financiarisation de cette dernière, ont les moyens de tuer dans l'oeuf toute action qui ne serait pas symbolique, qui serait violente.
    Ma société s'améliore qu'à partir de celles et ceux qui la questionnent et non par celles et ceux qui en tirent des avantages au détriment de tout le monde, les parasites.

    Être humain ou être marchandise?
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  • Jean-Guy Nadeau - Abonné
    16 novembre 2011 08 h 47
    Comme en Syrie!
    Comme en Syrie! " Le parc a été encerclé et les journalistes ont été interdits sur les lieux. "
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  • Jean-Guy Nadeau - Abonné
    16 novembre 2011 08 h 50
    Pour les autorités rien ne vaut une place vide.
    Merci de ce beau texte. Il traduit en mots la poésie de ces occupations de places dites publiques. Occupations de lieux qui ne sont considérés que de transit. Et pourtant, ce ne sont pas des rues ni des avenues, mais bien des places. Pour les autorités rien ne vaut une place vide. Vive le vide, facile à gérer, qui ne réclame rien, qui ne s'indigne de rien. Mais quand c'est la vie, quand c'est l'avenir qui paraît vide, on doit rendre hommage à ceux qui se réunissent et amènent la vie sur les places.
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  • Jean-Guy Nadeau - Abonné
    16 novembre 2011 09 h 05
    @ asclepios: indigné est aussi un participe passé
    Indigner est aussi un verbe et un participe passé. S'il y a des indignés, c'est qu'il y a des comportements, des structures, des personnes qui les ont indignés.
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  • André Michaud - Inscrit
    16 novembre 2011 09 h 36
    Museler, vraiment?
    Les citoyens peuvent protester CHAQUE JOUR et TOUTE LA JOURNÉE!!! Ils ne sont absolument pas muselés. Seulement obligé d'aller dormir dans un lit confortable chez-eux....quel crime!

    Si ils vont en Iran ou en Syrie , ils verront ce que c'est d'être vraiment muselé...
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  • Gerard44 - Inscrit
    16 novembre 2011 10 h 28
    Citoyenneté contagieuse à 99%
    Dans un petit café de Montréal, deux douzaines de citoyens et citoyennes sont venus prendre des nouvelles du mouvement des indignés d’Occupons Montréal, de leurs revendications et de cette nouvelle manière d’être citoyen qui émerge partout. Leurs revendications concernent tous les aspects de la vie en société, surtout l’appauvrissement qui se généralise, car tout se tient. Un participant disait : «il faut mettre fin à la dictature de l’argent et partager réellement les richesses et rétablir une vraie démocratie». Plus on partage nos informations, nos situations de vie et nos analyses, plus on comprend ce qui se passe et comment on nous exploite et nous aliène. Nous devons retrouver confiance en nous.

    Nous avons parlé du printemps arabe, de résistance à la consommation et à la technologie, d’action non violente, d’éducation, de souci de performance dès la maternelle, du besoin de cohérence dans nos vies, des média qui nous distraient plutôt que de parler des vraies questions qui concernent nos vies en société. On a évoqué la lutte des étudiants, l’économie solidaire et les coopératives, le Plan Nord et la situation des Premières nations. Des citoyens qui ont pris le temps de s’arrêter et de réfléchir ensemble pour voir clair et résister. D’autres quartiers s’y préparent. Génial!

    Le mouvement d'occupation a déjà fait des petits et réveillé bien des consciences alentour. Ce que n'ont pas réussi à faire nos gouvernements et les grandes corporations. Ils ont surtout fait décrocher les citoyens, les noyant dans le cynisme. La Déclaration de «Occupy New-York» est claire et pleine de bon sens. Elle rejoint le fameux discours au Sénat du sénateur du Vermont, Bernie Sanders en décembre 2010. Les indignés ne vont pas régler tous les problèmes magiquement. Ils sonnent le réveil de la responsabilité citoyenne et de la confiance en soi.
    Gérard Laverdure
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  • Dominique Châteauvert - Abonnée
    16 novembre 2011 10 h 54
    Merci pour cette phrase
    "Nous voulons un monde de partage, de coopération et de joie de vivre et nous l'obtiendrons. Votre richesse répugnante achève.".
    Pierre Cossette

    Les dés étaient pipés. C'étaient des châteaux de sable et on les voient s'écrouler. Une économie ne peut rouler indéfiniment en broyant des gens.
    Quand les lubies des grands argentiers seront du passé, ils ne perdront que leur superflu et d'autres pourront manger à leur faim. Lors de la réorganisation du système économique qui s'ensuivra, nous aurons l'occasion de manifester collectivement un esprit de partage et de justice plus élaboré.

    Quand on vit une catastrophe quelconque, exemple: un carambolage en pleine tempête, on s'aperçoit qu'un système social peut changer très vite. L'entraide s'organise, des gens collaborent, des inconnus deviennent des confidents, des riches paient le repas de désargentés, le pusher du village seconde le policier, une salle de bal préparée pour une fête devient un refuge.

    D'accord, c'est un évènement bref, isolé dans le temps, mais il démontre qu'il existe un pouvoir de cohésion sociale puissant, dont nous pourrions tirer partie lors de l'élaboration d'un système de répartition plus juste de la richesse.
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  • Jacques Anar - Inscrit
    16 novembre 2011 11 h 15
    Excellent article. Merci.
    Cet article se démarque de ce que nous avons habituellement à nous mettre sous les yeux.
    C'est un sujet hors du commun traité comme tel, d'une façon littéraire et avec un talent impressionnant.
    Je ne puis que me réjouir de la qualité du texte livré de belle façon tout en étant très instructif. Grand merci!
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  • Christian Feuillette - Abonné
    16 novembre 2011 12 h 52
    Se mobiliser pour Occupons Montréal!
    Le mouvement des indignés a tout à fait sa place à Montréal, n'en déplaise au myope ministre Raymond Bachand, qui n'arrive pas à saisir la dimension du phénomène. Espérons que ces courageux jeunes (et moins jeunes) gens qui occupent le square Victoria pourront continuer, par leur présence au coeur même du secteur financier de la métropole, à diriger les projecteurs sur le cancer qui nous ronge: la rapacité d'un petit nombre de mafieux qui cherchent à préserver leurs privilèges et à continuer de s'enrichir en appauvrissant le commun des mortels. À nous de chercher tous ensemble le remède, qui se situe vers d'autres valeurs. À nous aussi de nous mobiliser pour protéger ce lieu de réflexion au cas où une intervention des autorités viendrait le menacer.
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  • Roland Berger - Abonné
    16 novembre 2011 14 h 44
    Les juges aussi
    La plupart des cours de justice nord-américaines donne raison aux autorités contre les protestataires. Bien sûr. Les juges aussi sont dépendants du système capitaliste actuel. Ils le protègent pour se protéger. Comme les policiers.
    Roland Berger
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  • Pierre Bellefeuille - Inscrit
    16 novembre 2011 19 h 03
    Oui, Monsieur Cossette!
    Je vous seconde, Monsieur Cossette!

    On a trouvé certains politiciens pour dénigrer le mouvement Occupons Montréal, parce que soi-disant on aurait observé en sein du groupe des itinérants et des malades mentaux. C’est tout un critère ça! Vraiment, l’ostracisme ne saurait se porter mieux! C’est désolant de tenir de tels propos.

    Des itinérants, des gens à la rue, on en compte 30 000 au Québec. On évalue entre 150 000 et 300 000 itinérants au Canada. S’il fallait qu’ils se regroupent tous au sein du mouvement Occupons…! Les pouvoirs en place savent qu’ils sont assis sur une marmite bouillante, laquelle s’est créée pendant les 30 dernières années où plus de 100 crises financières se sont produites, forçant chaque fois les privatisations, réduction des dépenses publiques et la dérégulation. La classe moyenne et les plus pauvres ont subi chaque fois les vagues de licenciements, etc.

    Le système de libre marché a déraillé, mais les gens étant à la tête de ce système s’accrochent aveuglément à leurs idéaux pré fabriqués et faux. Ils ont le pouvoir de leur côté, les armées, les banques et les gouvernements qu’ils auxquels il font un chantage odieux.

    La grogne est généralisée à l’échelle de la planète, et si les gens ne peuvent plus être vus, ni entendus par rapport à leur désespoir, alors ceux forçant la fin du mouvement Occupy devront faire face probablement à des guerres civiles, et ce, si rien n’est fait pour réguler le système.

    La crise qui n’en finit plus, parce que des spéculateurs-ogres de la finance déstabilisent les économies globales, grossit inévitablement les rangs des plus démunis.

    http://www.parl.gc.ca/Content/LOP/researchpublicat
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  • Louis16 - Inscrit
    16 novembre 2011 19 h 07
    Pas dans ma cour
    Bonjour,

    Comme au G8, l'élite financière ne voualit pas être dérangée. Comme dans le cas présent, c'est elle qui a freiné la démarche. Je pense que ce n'est que partie remise.
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  • Eve - Inscrite
    16 novembre 2011 20 h 56
    Merci mme Mavrikakis
    Beau texte inspiré mais pourquoi déjà cette nostalgie ? Je ne crois pas que ce soit un feu de paille. À Montréal, clairement la patience et la persévérance se sont installées. Alors pourquoi pas ailleurs ? Un début de prise de conscience et de prise de pouvoir collectives s’est amorcé. Les pouvoirs privés qui organisent ces évictions vont créer l’effet inverse : cela va donner plus de pouvoir au mouvement public. Le but est de reprendre notre dignité bafouée par certains élus politiques et non élus de la haute finance et de remettre au centre de la discussion le bien commun et les engagements quotidiens pour y arriver. À travers ces pouvoirs privés, ce sont ces personnes et les organisations qu’elles défendent qui sont naïves, bien plus que les Occupants. Comment peuvent-elles imaginer que cela va tomber en enlevant les lieux publics de concertation ?
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  • Moteur - Inscrit
    17 novembre 2011 02 h 22
    Recherche propositions réalistes!
    C'est certain que régler un problème de mal de tête par la décapitation n'est pas la solution idéale même si c'est très efficace! C'est a peine plus exagéré que l'impression que j'ai quand je lis les revendications des indignés! C'est un chaos encore pire que ce qu'ils dénoncent!

    Je sais qu'il y a un bug! Je sais aussi que le bug est dans les deux sens et non uniquement sur les dirigeants..Toute action est toujours une réaction à une autre. Nier cette réalité est aussi un aveuglement!

    Je pense aussi que le DDOS humain est une option valable mais il faut un objectif. Milles voix qui disent milles choses finissent par s'annuler si ça ne dépasse pas ce stade.

    L'industrie culturelle est le meilleur indice pour évaluer le niveau de difficulté pour conscientiser les gens. A première vue, je peux juste dire que c'est très épais en majorité!

    Moi j'en ai rien à foutre de leur macramé démocratique! Dans tout ce que j'ai lu, j'en ai retenu une ou deux propositions intéressantes comme les abris fiscaux et une taxe sur les transactions. Peut-être d'autres sont meilleures mais il faut faire un choix.

    Juste un changement notable dans des évidences comme ces exemples, donnerait une crédibilité au mouvement.

    C'est certain que je ne donnerais jamais le pouvoir à du monde qui font du camping et qui semblent ignorer que l'être vivant en a rien à foutre des lois et de l'humanisme et que c'est pire quand on ajoute le libre arbitre et l'inévitable gradation dans tout!

    Juste remplacer le mot injustice par déséquilibre, serait pas mal plus réaliste pour décrire le problème.
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  • Ronald CAZEAU - Inscrit
    17 novembre 2011 05 h 59
    Il était temps de se révolter contre la misère
    Dans un monde dépuis plus de deux siècle, les riches dépense sans compté, en regardant l'écart entre les grands patons et un simple salrié, c'est alucinant.
    Je ne fais pas partie des indigné mais, le mouvement à un sens, malgré je ne suis pas pour la violence. j'appuierai pas la violence, entre autre je dirai aux indignés tenez ferme.
    Tout ceux qui revolte contre quelques chose, sont innés d'un caractère : de ne pas accepter n'importe quoi.
    Mr CAZEAU Ronald
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  • Christophe Nadeau - Inscrit
    17 novembre 2011 17 h 58
    Nul n'est plus esclave que celui qui se croit libre sans l'être. -Goethe
    "Ne doutez jamais du fait qu'un petit groupe d'individus conscients et engagés puisse changer le monde. C'est même la seule chose qui se soit jamais produite."
    - Margaret Mead
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  • Malartic - Inscrit
    22 novembre 2011 10 h 17
    Le message a été passé
    Le mouvement a passé son message: Wall Street et ses barons de la finances qui ont utilisés tous les moyens pour contourner les règles des transactions et investissements financier, devraient avoir compris. Les futurs gouvernements feraient bien d'en tenir compte et prendre des mesures pour s'assurer que ces "profiteurs", pour ne pas dire "fraudeurs", sont maintenues en laisse. J"ai noté que le président a fait rappellé aux banquiers qui s'allouent des bonus en plus de le salaires en millions $, jouent avec le feu et l'indécence.
    Le message devrait avoir été compris, levez le camp, "libérez" le parc.
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