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Obama tourne la page en Irak

La «mauvaise guerre» prend fin, mais celle d'Afghanistan s'intensifiera

Marco Bélair-Cirino   1 septembre 2010  États-Unis
Photographié par une fenêtre du Bureau ovale de la Maison-Blanche, d’où il a prononcé une allocution solennelle hier soir, le président américain, Barack Obama, a déclaré que la fin des opérations de combat en Irak permettra à Washington d’affecter plus de ressources au conflit afghan.<br />
Photo : Agence Reuters Jim Young
Photographié par une fenêtre du Bureau ovale de la Maison-Blanche, d’où il a prononcé une allocution solennelle hier soir, le président américain, Barack Obama, a déclaré que la fin des opérations de combat en Irak permettra à Washington d’affecter plus de ressources au conflit afghan.
Les troupes américaines ont officiellement achevé leur mission de combat en Irak, a affirmé solennellement hier soir le président des États-Unis, Barack Obama, sept ans et quatre mois après que son prédécesseur, George W. Bush, eut déclaré «mission accomplie», ce qu'a toutefois refusé de faire le chef d'État actuel.

Barack Obama a appelé hier ses compatriotes à «tourner la page» malgré des inquiétudes lancinantes quant à la stabilité politique à Bagdad. «L'opération Liberté en Irak est terminée, et les Irakiens sont désormais responsables de la sécurité de leur pays», a-t-il déclaré depuis le Bureau ovale de la Maison-Blanche, où il s'est adressé à la population américaine pour une deuxième fois depuis son assermentation. «Nous avons retiré près de 100 000 soldats américains d'Irak. Nous avons fermé des centaines de bases ou les avons transférées aux Irakiens. Et nous avons retiré des millions d'équipements [militaires] d'Irak», a-t-il ajouté.

M. Obama a souligné que les Américains ont selon lui payé «un prix énorme» en Irak. Plus de 4400 soldats américains sont morts, alors que 32 000 autres ont été blessés dans ce pays depuis l'invasion de mars 2003, lancée par George W. Bush, afin de renverser le régime de Saddam Hussein, soupçonné, sur la base de renseignements qui se sont révélés faux, de fourbir un arsenal d'armes de destruction massive. Et c'est sans compter les 150 000 à plus d'un million d'Irakiens qui ont perdu la vie durant les sept dernières années.

Le président des États-Unis a d'ailleurs qualifié la guerre en Irak de «mauvaise guerre», de conflit fondé sur une erreur qui a enflammé le sentiment antiaméricain.

D'autres soldats sont susceptibles de mourir en Irak, a-t-il averti, puisque le Pentagone maintiendra jusqu'à 50 000 soldats en Irak afin de soutenir et de former les forces locales. Donc, les derniers soldats américains ne quitteront pas l'Irak avant 12 mois. Néanmoins, le chef d'État a voulu faire de la date du 31 août 2010 un point de repère dans l'un des plus importants chapitres de l'histoire américaine récente. «Mettre fin à cette guerre n'est pas seulement dans l'intérêt de l'Irak, c'est aussi dans notre intérêt. [...] Les États-Unis ont payé le prix fort pour mettre l'avenir de l'Irak entre les mains de son peuple», a-t-il affirmé.

Barack Obama a pressé les dirigeants irakiens à former «rapidement» un gouvernement, et ce, près de six mois après les élections législatives. «Notre mission de combat prend fin, mais pas notre engagement pour l'avenir de l'Irak», a assuré le chef de la Maison-Blanche.

Par ailleurs, M. Obama a rappelé que l'invasion de l'Irak avait «conduit à dépenser de vastes ressources à l'étranger en période de budgets serrés» aux États-Unis, faisant valoir que «notre tâche la plus urgente est aujourd'hui de rétablir notre économie et de remettre au travail les millions d'Américains qui ont perdu leur emploi» du fait de la crise. «Cela doit être notre mission centrale en tant que peuple et ma responsabilité centrale en tant que président», a-t-il promis.

La relance de l'économie «sera difficile», a reconnu le président, à deux mois d'élections à la Chambre des représentants et au Sénat des États-Unis, qui s'annoncent périlleuses pour le Parti démocrate.

Le front afghan

Le retrait des troupes américaines d'Afghanistan s'amorcera pour sa part à l'été 2011, a réaffirmé hier le président des États-Unis, qui a toutefois souligné que le rythme du départ des GI dépendrait de la situation sur le terrain. «En août prochain, nous entamerons une période de transmission des responsabilités en direction des Afghans», a affirmé M. Obama, qui avait annoncé en décembre 2009 un renfort de 30 000 hommes en Afghanistan, suivi d'un début de retrait 18 mois plus tard.

«Le rythme de retrait de nos troupes sera déterminé par la situation sur le terrain et notre soutien à l'Afghanistan continuera», a ajouté M. Obama. «Mais qu'on ne s'y trompe pas: cette transition s'engagera, car la perspective d'une guerre sans fin ne servirait pas nos intérêts ni ceux du peuple afghan», a-t-il souligné, au moment où les morts s'additionnent dans les rangs de l'armée américaine comme jamais depuis l'invasion de 2001.

La mise au point de la Maison-Blanche survient alors que le commandant des forces américaines et internationales en Afghanistan, le général David Petraeus, a déclaré, mi-août, qu'il se réservait le droit de juger prématuré un retrait à l'été 2011, ajoutant qu'il «ne considérait pas [cette date] contraignante». Le secrétaire à la Défense, Robert Gates, avait toutefois répété que ce calendrier était fixé dans le marbre.

«Comme en Irak, nos forces resteront sur place pendant une période limitée pour permettre aux Afghans de bâtir leurs capacités [militaires] et d'assurer leur avenir», a répété M. Obama. «Mais comme cela a été le cas en Irak, nous ne pourrons pas faire pour les Afghans ce qu'ils devront faire au bout du compte pour eux-mêmes», a averti le chef de l'État américain, qui a rappelé l'objectif ultime de l'intervention en terre afghane: «vaincre al-Qaïda».

***

D'après l'AFP et AP
 
 
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  • Gabriel RACLE
    Inscrit
    mercredi 1 septembre 2010 06h51
    Des oublis
    Ce qui manque, dans la déclaration du président Obama, bien évidemment, et des commentaires qui l’accompagnent, c’est le nombre exact de victimes civiles causées par l’invasion illégale de l’Irak par G.W. Bush. On donne des chiffres allant de 100 000 morts à 400 000 mors, sans parler des blessés et amputés. Et qu’en est-il de la situation matérielle des populations? Électricité intermittente, eu courante ici ou là, mais distribution erratique, et ainsi de suite.

    Qui va nous donner un bilan exact, réel et précis de toutes les pertes causées par l’intervention de G.W. Bush? On ne saurait l’attendre des États-Unis, bien entendu. Et qui va engager la responsabilité dudit Bush pour tous ces dégâts, ces victimes, ces malheurs, et pour les répercussions à l’extérieur de l’Irak de ce conflit et leurs coûts humains et économiques?

  • Duchêne Denys Mehdi
    Inscrit
    mercredi 1 septembre 2010 07h03
    Le bel emballage d,Obama
    «La guerre en Irak était une mauvaise guerre(...) Pertinent de le rappeler.

    «Notre mission de combat prend fin, mais pas notre engagement pour l'avenir de l'Irak». On s'en doutait. Il n'y pas que des dattes comme richesse de ce pays !!!!

    Maintenant la suite des choses...Elle s'inscrit dans la foulée de cette citation qu'un Prof de science politique de l'Université de Dusseldorf me racontait en 1991 qui avait capté ce bout de conversation au pied de l'ambassade des États-Unis à Berlin alors que des pans du Mur de la ville avait commencé à tomber.

    Un diplomate russe qui s'adresse à un diplomate U.S: «Nous allons vous priver de la pire chose que vous puissiez imaginer. Nous allons vous priver de votre ennemi».

    Il a fallu peu de temps pour les É.U pour s'en chercher un autre. Les É.U sans ennemi c'est contre-nature. Depuis ce temps, 4 interventions militaires en pays musulmans et 3 fiascos : la Somalie, l'Irak et l'Afghanistan. Le 4ième est à venir avec les bruits de bottes entendus au Pakistan. Et ensuite le Yemen, l,Iran ? Ils n'apprendront jamais, complexe militaro-industril oblige !

    «Les États-Unis semblent dicter par la providence pour accabler le monde de misère au nom de la liberté» Jose Marti Poète cubain

  • jean-claude Vincent
    Abonné
    mercredi 1 septembre 2010 07h12
    Saints américains !
    Les États-Unis ont payé le prix fort pour mettre l'avenir de l'Irak entre les mains de son peuple», a-t-il affirmé.

    «Notre mission de combat prend fin, mais pas notre engagement pour l'avenir de l'Irak»,

    «Mais comme cela a été le cas en Irak, nous ne pourrons pas faire pour les Afghans ce qu'ils devront faire au bout du compte pour eux-mêmes»,

    *************

    Il faut quand même avoir "un front de beu" comme on dit chez nous pour débiter de pareilles sornettes à la face du monde quand on détruit entièrement les infrastructures de pays,qu'on fait des centaines de milliers de victimes civiles pour s'asurer le contrôle des richesse naturelles des pays victimes de notre rapacité et faire tourner le moteur du complexe militaro-industriel américain.

  • ysengrimus
    Inscrit
    mercredi 1 septembre 2010 07h28
    Un Trillion...
    “On a dépensé un Trillion dans nos guerres” (Obama dixit – mais il précise pas trop lesquelles exactement). En numération US, un Trillion, c’est un million de millions (dix à la puissance douze). C’est du blé ça les tits copains, foutu en l’air dans de l’improductif pur et absorbé sans ristourne sociale aucune par la portion la moins scrupuleuse et la plus rapace du secteur privé… La WWII chiffrée en dollars constants, je me demande bien ce que cela donnerait, tiens, pour un résultat autrement historique… Il se détériore ouvertement, le rapport qualité/prix des guéguerres pour lobbys bellicistes…

    http://ysengrimus.wordpress.com/2008/06/30/qu&rsqu

    C’est cher payé en titi pour péter des gueules aléatoirement avec au final un résultat fort indécis.
    Paul Laurendeau

  • Yvon Bureau
    Abonné
    mercredi 1 septembre 2010 08h42
    Déboulonner GW Bush
    Qui aura le courage de produire une énorme statut à GW Bush, la placer sur un haut socle, afin que le peuple américain et autres puissent la déboulonner, en compagnie des médias internationaux ?

    Cette guerre a fait honte à notre humanité, a collé une tache sur le drapeau de notre espèce humaine.

    Pendant ce temps, GWB , «en paix» avec son Dieu et en union avec ses pétroleux, vit paisiblement dans son ranch...

    Radio-Canada nous a invités à satiété cet été à regarder La 2e Guerre mondiale en COULEURS

    Puisse-t-il nous présenter celle d'Irak en DOULEURS.

  • Duchêne Denys Mehdi
    Inscrit
    mercredi 1 septembre 2010 09h24
    @ Y.Bureau
    C,est Apocalypse présenté à TV5, réalisation Franco-Suisse que vous auriez dû voir ce printemps plutôt que la série de R.C beaucoup moins objective et truffées de raccourcis.

  • Marc Tremblay
    Inscrit
    mercredi 1 septembre 2010 10h03
    Le silence d'Obama
    L'oubli que je redoutais : l'intervention étatsunienne éventuelle contre l'Iran.

    Si Oblabla voulait rassurer son peuple, disons qu'il a manqué son coup.

    En effet, le peuple étatsunien est excédé de ces guerres d'invasion qui coûtent des milliers de vie (chez les G.I. ), des centaines de milliards et qui ne profitent qu'au complexe militaro-industriel.

    Si Oblabla avait dit qu'aucune invasion ne se pointe à l'horizon et qu'en ce sens l'Iran ne sera pas attaqué, cela aurait vraiment été rassurant.

    Sauf, que l'État hébreu a ordonné aux É.U. d'attaquer les installations énergétiques nucléaires iraniennes. Bien qu'Israël ignore si l'Iran veut se doter de l'arme nucléaire, il a déjà admis que l'Iran n'utiliserait jamais l'atome pour l'attaquer. Mais sa machine de guerre doit rouler, comme celle des É.U.

    C'est pourquoi Israël a averti les É.U. d'attaquer l'Iran s'ils ne veulent pas que nous le fassions, a affirmé un dirigeant israélien.

    Mais l'Iran ( 72 millions d'habitants, l'armée la plus puissante de la région, une économie florissante malgré l'embargo, un pays uni contre l'étranger,etc.) ne sera pas une proie facile comme l'Irak et l'Afghanistan.

    Si les É.U. attaquent l'Iran, il y aura une réaction extrêmement violente qui incendiera tout le Moyen-Orient et risquera de nous entraîner dans la troisième guerre mondiale.

  • Gravelon
    Inscrit
    mercredi 1 septembre 2010 13h20
    Tourner la page?
    Mais qui va payer pour les crimes commis contre les irakiens? Agression illégale, massacre de civiles (ou ce qu'on appelle dommages collatéraux). effets des radiations émanant des bombes enrichie à l'uranium sur les femmes et les foetus, destruction d'un des patrimoines les plus importants de l'humanité, destrcution du tissu social, fuite et déplacement de milliers d'êtres humains, et la liste pourra continuer indéfninment. Tourner la page à quoi?

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