Le dilemme Obama
Louie Gohmert, un élu du Texas à la Chambre des représentants, est présent dans tous les médias depuis quelque temps. Il a lancé une bombe que beaucoup d'Américains prennent au sérieux: des organisations terroristes islamistes envoient des jeunes femmes enceintes aux États-Unis pour qu'elles y accouchent de bébés qui obtiendront automatiquement la nationalité américaine. Dans vingt ans, entraînés et endoctrinés, ils reviendront aux États-Unis pour constituer une cinquième colonne de terroristes sanguinaires.
Une commentatrice d'extrême droite, Laura Ingraham, vient de publier un livre malhonnêtement assassin sur le président Obama. Obama's Diary trône depuis le début de juillet en tête de liste des meilleures ventes.
Un sondage du réseau CNN révélait la semaine dernière que 25 % des Américains croient fermement que le président a trafiqué son acte de naissance pour dissimuler sa naissance à l'étranger.
La Floride s'apprête à imiter l'Arizona en adoptant une loi qui donne à la police et aux juges de nouveaux pouvoirs pour lutter contre l'immigration illégale. Les juges pourront imposer des peines plus lourdes aux immigrants illégaux qu'aux citoyens américains.
La semaine dernière, un sondage indiquait que, pour la première fois depuis son élection, une majorité d'Américains désapprouvait la politique du président, soit 50 %, contre 45 % en sa faveur. Et voilà que s'annonce la saison des ouragans politiques, celle de tous les excès, les élections de mi-mandat pour lesquelles les républicains ont choisi leur tactique pendant que les démocrates ne savent plus trop où ils sont.
Les républicains ont choisi leur camp très rapidement après l'élection d'Obama. Ayant perdu la majorité de leurs éléments modérés lors des élections, ils se sont installés solidement à droite, déterminés à prouver que le président noir ne partage pas les valeurs fondamentales du pays. Ils ont encore radicalisé leur discours pour ne pas être débordés, en matière de conservatisme et d'obscurantisme, par le Tea Party, ce mouvement populiste qui nage de manière suspecte entre racisme insidieux et chasse aux sorcières à la McCarthy.
Les lignes de front se sont dessinées durant le débat sur la réforme de la santé, qui fut l'un des plus acrimonieux qu'ait connus le Congrès américain depuis des années. Pour contrer les accusations de socialisme et même de communisme qui fusaient de toutes parts, les démocrates et le président ont choisi de tenter d'amadouer. Ils ont dilué la réforme, abandonné l'idée d'une option publique, joué l'approche bipartisane, tout cela sans résultat, sinon que la réforme est tellement mal comprise par les Américains qu'une majorité s'y oppose. Abasourdis, décontenancés et désorientés par le racisme latent mais mal dissimulé des forces conservatrices, par les accusations de socialisme, les démocrates ont choisi de rassurer, d'apaiser. Le programme du changement a été relégué aux oubliettes au profit de celui de la compétence et de la modération. Assis entre deux chaises, voulant faire plaisir à tous, le président et son parti déplaisent à gauche et chez les indépendants, et ne parviennent pas à séduire à droite.
Les républicains, comme des charognards, sentent la bête blessée. Ils ne vont pas modérer leurs attaques démagogiques, même si le président a choisi de maintenir dans son budget les réductions d'impôt de Bush pour les plus riches, reniant ainsi sa promesse de la campagne électorale. Cela prive l'État d'une somme de 70 milliards de dollars par année que se répartit 2 % de la population. Les démocrates craignent la peur que les républicains ont su inventer en tablant sur l'ignorance politique d'une grande partie de la population.
Dans les États du Sud, ce n'est plus BP qui paie le prix de la catastrophe écologique, c'est le gouvernement fédéral (donc Obama) qui pâtit des décisions d'organismes de régulation peuplés par Bush de complices qui acquiescent aux demandes des grandes pétrolières. Dans les États industriels, lourdement atteints par la crise, c'est encore la popularité d'Obama qui en prend un coup, même si le plan de relance qui a coûté si cher a été adopté par Bush et a essentiellement servi à dédouaner les grandes institutions financières. Malgré le succès relatif de la relance de l'industrie automobile par l'administration Obama, le chômage à 10 % lui plombe les ailes.
Les démocrates, comme des poules écervelées, courent dans toutes les directions pendant que les républicains avancent sur l'ennemi comme une formation de blindés crachant le feu et la mitraille. De plus en plus d'élus démocrates faisant face à l'échéance de novembre demandent au président de ne pas venir dans leur circonscription, et celui-ci ne semble pas avoir choisi entre l'attaque et le repli.
La politique américaine est une forme de gangue gluante dont il n'est pas facile de s'extraire. Obama l'avait fait en 2008 en créant cette coalition arc-en-ciel de jeunes déçus de la politique traditionnelle, de minorités et d'électeurs indépendants en proposant audacieusement le courage du changement. Depuis, il vacille. Saura-t-il recréer cette alliance avant novembre? Pour le moment, rien ne l'indique, ce qui augure mal pour les deux années qu'il lui reste à gouverner, alors qu'il devra faire face à une majorité républicaine à la Chambre et à une minorité de blocage au Sénat.
Une commentatrice d'extrême droite, Laura Ingraham, vient de publier un livre malhonnêtement assassin sur le président Obama. Obama's Diary trône depuis le début de juillet en tête de liste des meilleures ventes.
Un sondage du réseau CNN révélait la semaine dernière que 25 % des Américains croient fermement que le président a trafiqué son acte de naissance pour dissimuler sa naissance à l'étranger.
La Floride s'apprête à imiter l'Arizona en adoptant une loi qui donne à la police et aux juges de nouveaux pouvoirs pour lutter contre l'immigration illégale. Les juges pourront imposer des peines plus lourdes aux immigrants illégaux qu'aux citoyens américains.
La semaine dernière, un sondage indiquait que, pour la première fois depuis son élection, une majorité d'Américains désapprouvait la politique du président, soit 50 %, contre 45 % en sa faveur. Et voilà que s'annonce la saison des ouragans politiques, celle de tous les excès, les élections de mi-mandat pour lesquelles les républicains ont choisi leur tactique pendant que les démocrates ne savent plus trop où ils sont.
Les républicains ont choisi leur camp très rapidement après l'élection d'Obama. Ayant perdu la majorité de leurs éléments modérés lors des élections, ils se sont installés solidement à droite, déterminés à prouver que le président noir ne partage pas les valeurs fondamentales du pays. Ils ont encore radicalisé leur discours pour ne pas être débordés, en matière de conservatisme et d'obscurantisme, par le Tea Party, ce mouvement populiste qui nage de manière suspecte entre racisme insidieux et chasse aux sorcières à la McCarthy.
Les lignes de front se sont dessinées durant le débat sur la réforme de la santé, qui fut l'un des plus acrimonieux qu'ait connus le Congrès américain depuis des années. Pour contrer les accusations de socialisme et même de communisme qui fusaient de toutes parts, les démocrates et le président ont choisi de tenter d'amadouer. Ils ont dilué la réforme, abandonné l'idée d'une option publique, joué l'approche bipartisane, tout cela sans résultat, sinon que la réforme est tellement mal comprise par les Américains qu'une majorité s'y oppose. Abasourdis, décontenancés et désorientés par le racisme latent mais mal dissimulé des forces conservatrices, par les accusations de socialisme, les démocrates ont choisi de rassurer, d'apaiser. Le programme du changement a été relégué aux oubliettes au profit de celui de la compétence et de la modération. Assis entre deux chaises, voulant faire plaisir à tous, le président et son parti déplaisent à gauche et chez les indépendants, et ne parviennent pas à séduire à droite.
Les républicains, comme des charognards, sentent la bête blessée. Ils ne vont pas modérer leurs attaques démagogiques, même si le président a choisi de maintenir dans son budget les réductions d'impôt de Bush pour les plus riches, reniant ainsi sa promesse de la campagne électorale. Cela prive l'État d'une somme de 70 milliards de dollars par année que se répartit 2 % de la population. Les démocrates craignent la peur que les républicains ont su inventer en tablant sur l'ignorance politique d'une grande partie de la population.
Dans les États du Sud, ce n'est plus BP qui paie le prix de la catastrophe écologique, c'est le gouvernement fédéral (donc Obama) qui pâtit des décisions d'organismes de régulation peuplés par Bush de complices qui acquiescent aux demandes des grandes pétrolières. Dans les États industriels, lourdement atteints par la crise, c'est encore la popularité d'Obama qui en prend un coup, même si le plan de relance qui a coûté si cher a été adopté par Bush et a essentiellement servi à dédouaner les grandes institutions financières. Malgré le succès relatif de la relance de l'industrie automobile par l'administration Obama, le chômage à 10 % lui plombe les ailes.
Les démocrates, comme des poules écervelées, courent dans toutes les directions pendant que les républicains avancent sur l'ennemi comme une formation de blindés crachant le feu et la mitraille. De plus en plus d'élus démocrates faisant face à l'échéance de novembre demandent au président de ne pas venir dans leur circonscription, et celui-ci ne semble pas avoir choisi entre l'attaque et le repli.
La politique américaine est une forme de gangue gluante dont il n'est pas facile de s'extraire. Obama l'avait fait en 2008 en créant cette coalition arc-en-ciel de jeunes déçus de la politique traditionnelle, de minorités et d'électeurs indépendants en proposant audacieusement le courage du changement. Depuis, il vacille. Saura-t-il recréer cette alliance avant novembre? Pour le moment, rien ne l'indique, ce qui augure mal pour les deux années qu'il lui reste à gouverner, alors qu'il devra faire face à une majorité républicaine à la Chambre et à une minorité de blocage au Sénat.
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