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Le petit programme d'Obama - Affligeant!

Serge Truffaut   12 août 2010  États-Unis
C'est l'histoire de l'arbre qui cache la forêt. L'arbre? Le président Barack Obama vient d'allouer une enveloppe de 26 milliards afin que les municipalités et les États arrêtent de licencier enseignants et fonctionnaires municipaux. La forêt? Après les États, voilà que la liste de municipalités aux prises avec d'énormes problèmes financiers ne cesse de s'allonger. En fait, beaucoup d'entre elles sont en faillite technique.

Prenons Maywood, petite localité située au sud du centre-ville de Los Angeles. Le 1er juillet dernier, elle est devenue la première ville sans employés et sans policiers des États-Unis. N'ayant plus les moyens financiers nécessaires pour assurer la sécurité de ses résidants, elle a sous-traité cette fonction au shérif de Los Angeles. À Hawaii, les conséquences qu'a eues la crise immobilière sur les caisses de l'État ont eu l'effet suivant: la durée de l'année scolaire a été amputée.

De Detroit à San Francisco, en passant par Cleveland et les bourgs du Midwest comme du Sud, on met la hache dans l'éducation. Lorsqu'on n'imite pas Hawaii, on sabre des programmes. Et l'utilitarisme ayant le dessus sur la formation — au sens noble du terme — du citoyen, on se doute que l'enseignement de l'histoire écope particulièrement.

Pour limiter les dégâts, Obama a donc conçu ce programme de 26 milliards que le Congrès a adopté. Mais il s'abstient encore et toujours de mettre un terme aux avantages fiscaux que son prédécesseur a accordés aux 2 % (2 % seulement!) des riches d'entre les riches Américains. Si l'actuel locataire de la Maison-Blanche décidait de rapatrier les sommes inhérentes au cadeau fait par Bush, alors le Trésor américain encaisserait 700 milliards au cours des dix prochaines années. On le répète, 2 % des citoyens vont empocher 700 milliards. On voudrait «tiersmondiser» la première puissance économique du monde qu'on ne s'y prendrait pas autrement.

Ce qu'il y a de navrant dans ce dossier fiscal, c'est qu'il est empreint de bêtise, d'idiotie. Il n'y a pas d'autre mot. On l'a déjà écrit, on va le réécrire. Au milieu des années 90, un économiste de l'Université Warwick, au Royaume-Uni, avait analysé les contrecoups des déductions fiscales que Bush père avait ordonnées. Il avait réalisé que celles-ci étaient en fait des subventions indirectes à l'industrie du luxe.

Car le riche achète Mercedes ou Ferrari plutôt qu'une Ford, des tailleurs Chanel plutôt que Calvin Klein, un grand cru de Bordeaux plutôt qu'un californien, etc. Bref, chaque fois que l'État donne aux riches, il donne en fait, et essentiellement, aux deux géants français du luxe et aux fabricants d'automobiles allemands. C'est aussi idiot qu'affligeant.
 
 
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  • Jean de Cuir
    Abonné
    jeudi 12 août 2010 10h33
    Idioties!
    Je ne suis pas clerc en économie, loin de là. Les avantages fiscaux consenties à 2% de la population américaine écartent du trésor national 700 milliards sur dix ans. Cela signifie 70 milliards par an. Or, Obama vient de mettre 25 milliards pour «sauver» les municipalités. S’ il avait les 70 milliards, que feraient-ils? De toute façon, est-ce que le probl’eme est là? C’est tout un groupe de conseiller qui est mis en question ici; ce sont les américains eux-mêmes qui sont en question; c’est la partisannerie la plus ... qui est en question. S’il y a véritablement une crise nationale, puis mondiale de la marche des économies, comment se fait-il que l’ on piétine sur place. Il me semble que la visée de l’abondance pour l’abondance est littéralement absurde. De même, la consommation pour la consommation. Qu’est-ce qui est consommé et pourquoi? Questions simples, mais que tous ne veulent pas examiner. Nous avons comme terriens tant de ressources, tant de possibilités pour aménager un certain rêve de paradis. Évidemment, nous ne sommes pas à la tâche de penser en commun. Ainsi, nous n’existons pas en commun. Ainsi, il n’y a pas de véritable «humanité», car il n’y a pas de pratiques d’ «humanité» ! Si les américains pensent qu’Obama est un sauveur qui fera des miracles, ils se leurrent, car seuls les américains tous ensemble peuvent peut-être accomplir des «miracles» !

  • France Marcotte
    Abonnée
    jeudi 12 août 2010 11h52
    Une minorité toxique
    Cette minorité de 2% de la population qui accapare à elle toute seule autant d'argent et de ressources, un jour, si on y survit, on la nommera. Cela pourrait ressembler à monarques de la démocratie, dieux du capitalisme ou, juste avant son dernier râle, fossoyeurs de l'humanité.

  • Marc Tremblay
    Inscrit
    jeudi 12 août 2010 18h58
    Cré Oblabla
    Oblabla n'a pas mis fin à ce privilège pour les riches. Il attend le résultat des élections au Congrès à l'automne. Il ne fait rien car il ne mène rien.

    Un mythe : le président des É.U. n'est pas l'homme le plus puissant du monde, mais est à la tête de la nation l;a plus puissante du monde, ce qui est fort différent.


  • Abonné
    jeudi 12 août 2010 22h10
    Au pays du pouvoir partagé !
    Obama ne gouverne pas seul. Il lui faut toujours composer avec le fameux Sénat très puissant, celui donnant aux idéologues Républicains, même lorsqu'ils sont en minorité comme en ce moment, les moyens procéduraux pour garder le pouvoir et donc, afin d'arriver à disons 80

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