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Discours sur la marée noire - Obama est décidé à briser la dépendance au pétrole

Claude Lévesque   16 juin 2010  États-Unis
Barack Obama a accusé la pétrolière BP «d’insouciance» lors de son tout premier discours prononcé à partir du Bureau ovale depuis son accession à la présidence des États-Unis.
Photo : Agence Reuters Kevin Lamarque
Barack Obama a accusé la pétrolière BP «d’insouciance» lors de son tout premier discours prononcé à partir du Bureau ovale depuis son accession à la présidence des États-Unis.
Barack Obama a demandé hier aux Américains de rompre avec leur dépendance au pétrole et aux énergies fossiles afin d'éviter que des accidents comme la marée noire qui pollue actuellement le golfe du Mexique ne se reproduisent.

«La tragédie qui se déroule le long de nos côtes nous rappelle puissamment et cruellement que le temps est venu de choisir un avenir où nous utiliserons une énergie propre», a déclaré le président américain dans son premier discours prononcé dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche, un signe de l'importance qu'il accorde au sujet traité.

«Il y a des coûts associés à cette transition et certains croient que nous n'avons pas les moyens de les assumer. Je dis que nous n'avons pas les moyens de ne pas changer la façon dont nous produisons notre énergie» a-t-il plaidé.

«Il y a une approche je n'accepterai pas: c'est l'inaction», a poursuivi le président américain, exhortant implicitement les sénateurs à emboîter le pas à la Chambre des représentants, qui a adopté un projet de loi sur le climat et l'énergie l'année dernière.

Barack Obama tentait aussi, hier, de convaincre des Américains de plus en plus critiques qu'il est capable de gérer la crise environnementale provoquée par l'explosion, le 20 avril, de la plateforme de forage Deepwater Horizon exploitée par la pétrolière BP. (Cette catastrophe a coûté la vie à 11 travailleurs.)

«Soyez assurés que nous combattrons la marée noire avec tous les moyens à notre disposition et aussi longtemps qu'il le faudra», a promis Barack Obama, en prenant soin de répéter que la pétrolière britannique allait payer la note.

M. Obama a admis que les dommages environnementaux continueraient de s'accumuler jusqu'à ce que la fuite de pétrole soit définitivement colmatée. Le gouvernement américain a d'ailleurs indiqué hier que l'écoulement quotidien de brut dans l'océan pourrait atteindre 50 000 barils, alors que les estimations précédentes variaient entre 20 000 et 40 000 barils.

Le président a par ailleurs annoncé hier un «plan de restauration à long terme» des régions touchées par la marée noire.

Barack Obama doit rencontrer aujourd'hui, à la Maison-Blanche, les grands patrons de BP afin de les convaincre d'alimenter un fonds d'indemnisation des sinistrés. Devant les élus du Congrès, hier, la pétrolière britannique a refusé de dire si elle acceptait de garnir un compte sous séquestre qui serait ouvert à cette fin et qui échapperait à son contrôle.

Hier après-midi, le président s'est rendu en Floride, où le littoral a commencé à ressentir les effets de la marée noire. Il y a inspecté la plage de Pensacola, une station balnéaire située dans le nord-ouest de cet État péninsulaire. La veille, il avait fait de même dans le Mississippi et en Alabama. Ce déplacement de trois jours était le quatrième que Barack Obama effectuait dans la région depuis l'accident du 20 avril.

Un sondage ABC-GfK publié hier indique que plus de la moitié des Américains (52 %) désapprouvent la façon dont Barack Obama a géré la crise jusqu'ici. Ce résultat est comparable à ceux qui traduisaient le mécontentement à l'égard de son prédécesseur, George W. Bush, deux mois après le passage de l'ouragan Katrina en Louisiane, à l'automne 2005. La cote de «W» ne s'était jamais relevée par la suite.

Une proportion encore plus importante d'Américains (54 %) ont une opinion négative de la façon dont les bureaucrates ont fait leur travail dans ce dossier. Les sondés dirigent cependant la majeure partie de leur colère contre BP, puisque 85 % d'entre eux désapprouvent l'attitude du géant pétrolier.

D'après ce même sondage, le taux de satisfaction général (tous enjeux confondus) à l'égard de Barack Obama demeure inchangé, à 50 %.

Depuis deux mois, la Maison-Blanche a été maintes fois critiquée pour avoir réagi trop lentement à la crise environnementale dans le golfe du Mexique, mais si on en croit les sondages, une bonne partie des Américains réservaient leur jugement jusqu'à tout récemment.

***

Avec l'Associated Press
 
 
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  • Duchêne Denys Mehdi
    Inscrit
    mercredi 16 juin 2010 06h35
    Et pendant ce temps au Nigéria...
    Le Nigéria fait parler de lui depuis une semaine, mais ce n'est pas pour des questions de fuites de pétrole, mais de foot. Le pays est présent à la Coupe du monde. Mais manifestement absent dans les médias lorsqu'il temps de nous mettre au parfum des désastres causés par le consortium anglo-hollandais, Un «corporate bum» de la pire espèce.

    L'ONU affirme, selon le Figaro, que 6,800 fuites ont eu lieu entre 1976 et 2001 causant le déversement de 3 millions de tonnes de pétrole. Selon Jacques Viers Président de la Commission Entreprises chez Amnestie Internationale, «cela équivaut à un Exxon Valdez par année depuis 50 ans».

    Pendant tout ce temps, les Nigérians du Delta du Niger n'ont rien vu des 600 milliards qu'a rapporté le brut au cours de ce demi-siècle. Et ils se lavent, cuisinent avec de l'eau polluée depuis deux générations. Leurs terre agricoles sont détruites. La plupart des sites touchés par les marées noires exploités par Shell n'a subi aucune opération de dépollution. Toujours selon Jacques Viers, «le manque d'entretien des installations serait à l'origine des fuites». Mais ici on a parle peu, cela se passe sur un continent oublié, sauf lorsqu'il y a une coupe du monde de foot....

  • France Marcotte
    Abonnée
    mercredi 16 juin 2010 08h10
    Dégoter l'énergie propre ou utiliser proprement l'énergie?
    On a beau jeu maintenant de faire porter tout le blâme pour la catastrophe du golfe du Mexique sur les seules épaules de BP: la compagnie a une sale gueule et elle fait un très bon exutoire pour la colère populaire. Mais on nous a démontré déjà que cette tragédie a aussi de sérieuses causes politiques, que ce soit par le laxisme des organismes gouvernementaux de surveillance que le desserrement des règles pour l'obtention de la permission de forer à qui mieux mieux. Obama me déçoit de tenter de se sortir du pétrin en adoptant un discours racoleur: briser la dépendance au pétrole alors que la question la plus urgente, réaliste et responsable concerne l'attitude envers les énergies que nous utilisons déjà. Trouver du neuf, la belle affaire, cela ne fera pas d'un cowboy un gentleman et quelle que soit l'énergie que l'on utilise, il faudra bien qu'on apprenne tôt ou tard les bonnes manières.

  • Guy Massicotte
    Inscrit
    mercredi 16 juin 2010 09h02
    Armée verte
    Au tout début de cette catastrophe, M. Obama a déclaré que les coûts impliqués seraient facturés à la compagnie fautive.
    Une suggestion du nord: il y a quelques années, notre armée canadienne a été mandatée pour ramasser des branches d'arbres lors du verglas. L'armée des États-Unis ne peut-elle pas se métamorphoser momentanément en armée verte et être dépêchée illico lors d'un événement de ce genre. Ne peut-elle pas défendre son pays face à une attaque, même involontaire.
    Les changements climatiques nous réservent plusieurs surprises. J'aimerais bien commencer à croire que nous nous y préparons.

  • Jacques Morissette
    Abonné
    mercredi 16 juin 2010 09h14
    Pas seulement demander au peuple, mais...
    Mais subventionné ceux qui veulent en finir avec le pétrole quand c'est possible. Si ça allait dans ce sens, ce malheureux désastre ferait faire un grand pas vers des énergies douces. Obama médiatise l'évènement, pas sûr que les républicains auraient fait la même choses s'ils avaient été au pouvoir?

    Il y a une contradiction dans son geste qui pourrait couler Obama. D'un côté, il médiatise l'évènement pour sensibiliser la population, mais de l'autre, les républicains le laissent faire en faisant le vœu politique qu'il coule de lui-même. Je trouverais cela très malheureux. Je l'aime bien ce cher Obama.

  • Jacques Morissette
    Abonné
    mercredi 16 juin 2010 10h03
    BP a été négligeante.
    J'ai lu quelque part que les pétrolières sont tenues de creuser un deuxième puits parallèle au premier, pour garder le contrôle face à de semblable événement. BP ne l'ont pas creusé ce deuxième puits. BP ne fait pas exception par rapport aux autres pétrolières. Il flaire l''odeur de l'argent du pétrole, au point de leur faire oublier toutes les règles essentielles de sécurité.

    En effet, malgré des protocoles rigoureux qui cherchent à les y contraindre, elles sont presque toutes négligentes de ne pas vouloir faire ce deuxième puits, au cas où il y aurait un problème. C'est ainsi au Canada comme aux États-Unis. Les gouvernements font des pressions sur les pétrolières, tandis qu'elles cherchent par tous les moyens d'éviter les coûts supplémentaire d'un deuxième puits.

  • Jean-Serge Baribeau
    Abonné
    mercredi 16 juin 2010 10h55
    Ces États-Uniens éminemment paradoxaux
    Les États-Unis sont l'un des grands sanctuaires de l'entreprise privée et de la «free enterprise».

    Traditionnellement de très nombreux États-Uniens se sont profondément méfiés de l'État central et des interventions étatiques.

    Alors nous sommes confrontés à une réelle contradiction. Une très grande entreprise privée (BP) est responsable d'une gigantesque catastrophe écologique, sociale et économique. Et que se passe-t-il? De très nombreux citoyens états-uniens blâment le gouvernement central et le président Obama.

    Si de nombreux États-Uniens quittaient le territoire confortable des clichés éculés et du «dream» irréaliste, ils admettraient que nombreux sont leurs concitoyens qui, profondément, espèrent voir leur pays se tourner vers une sorte de «socialisme» ou de «social-démocratie».

    J'espère voir de mon vivant le jour où les États-Uniens vont enfin se regarder dans un miroir et constater que l'entreprise privée n'est pas un absolu ou une sorte d'entité divine et bienveillante.

    Cela venant d'être dit et écrit, je pense que Barack Obama manque de vigueur et de leadership, ce qui est tragique et décevant. En effet les Républicains attendent qu'Obama se coule lui même, ce qui leur permettrait de reprendre le pouvoir tant convoité par une droite crapuleuse et irresponsable.

    JSB, sociologue des médias

  • Bobinette
    Inscrit
    mercredi 16 juin 2010 11h32
    Les Américains
    s'ils sont déçus de la façon dont M. Obama a géré la crise, le sont parce qu'ils réagissent comme des enfants qui croient que le président n'a qu'à claquer des doigts pour tout régler. Or, il n'en est rien, et ce n'est pas la volonté, mais les technologies qui font défaut pour endiguer la fuite. Les pétrolières, âpres au gain, ont développé des technologies pour forer à ces profondeurs sans se soucier de mettre en place les mécanismes de protection (puit secondaire) que certains au congrès américain réclamaient pourtant.

  • Marc Tremblay
    Inscrit
    samedi 26 juin 2010 23h28
    Obama le visionnaire

    Le pétrole est probablement l'énergie la plus sale qui existe. Obama a raison de proposer de réduire notre dépendance au pétrole. Je pense aussi que l'exploitation des sables bitumineux de l'Alberta est une erreur.

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