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Le discours sur l'état de l'Union - Le durcissement

Serge Truffaut   29 janvier 2010  États-Unis
Lors de son exposé sur l'état de l'Union, Barack Obama s'est montré combatif, volontaire, parfois menaçant. En fait, dix jours après la défaite encaissée lors de la sénatoriale du Massachusetts, Obama a prononcé le premier discours de campagne en vue des législatives de novembre prochain. Son mantra? L'économie.

De la victoire obtenue par les républicains la semaine dernière, Obama et son entourage ont tiré un enseignement. La désaffection qui habite un nombre grandissant de citoyens américains s'explique par le manque d'activisme qui a distingué la première année de son mandat en matière d'économie. Beaucoup lui reprochent d'avoir dépensé trop de temps et d'énergie à sa réforme de la santé aux dépens de la création d'emplois. Quoi d'autre? Son manque de fermeté à l'égard de ces banques qui, un an après avoir été secourues par l'État, se sont gavées de primes.

Fort de ce constat, le chef de l'exécutif a donc annoncé que la lutte contre le chômage serait sa priorité, suivie de la mise au pas des mastodontes financiers de Wall Street. Par exemple, on retient que les PME qui engageront du personnel bénéficieront d'une déduction fiscale. Mais on retient surtout qu'il a averti les membres du Congrès que s'ils ne confectionnent pas une loi disciplinant les activités des établissements financiers, il userait de son droit de veto.

Il est allé jusqu'à tracer une ligne entre les lobbys, ceux des Bank of America et autres, des républicains qui bloquent toute initiative, des démocrates qui ne pensent qu'à leur réélection et le peuple américain qui lui attend de ces élus qu'ils travaillent à l'amélioration de leur sort. En un mot, la classe politique du pays dans son ensemble présente «un déficit de crédibilité» qui doit évidemment être combattu si on veut éviter la voie menant à terme à l'ingouvernabilité.

À ce propos, on retiendra que seulement trois républicains ont voté pour la loi de stimulation de l'économie présentée lors du premier trimestre afin de sortir justement le pays d'une crise provoquée en grande partie par les huit années de laisser-faire de l'administration Bush. Aucun n'a voté pour une réforme de la santé inévitable, obligatoire, le système actuel étant inefficace et très onéreux.

À dix mois des élections de mi-mandat, Obama a repris les accents, la tonalité, les mots qui lui avaient fait gagner la présidentielle. Il faut donc s'attendre à ce qu'il combatte plus frontalement les républicains, ou plutôt à ce qu'il abandonne ce souci consensuel qui a miné la poursuite de certains dossiers lors de la première année. Si cette inflexion dévoilée avant-hier se confirme dans les faits, alors peut-être que les indépendants qui l'ont propulsé à la Maison-Blanche le soutiendront à nouveau.

Cela étant, on notera que dans son discours, anormalement long pour un discours sur l'état de l'Union, il a peu traité de politique internationale alors que les États-Unis sont aux prises avec deux guerres, que les relations avec la Chine se sont tendues récemment, que les négociations entre Israël et les Palestiniens sont au point mort, que le régime iranien se durcit, etc. Tout occupé à ce que les démocrates ne perdent pas la majorité dont ils disposent dans les deux chambres, il ne serait pas étonnant que le président Obama néglige passablement la scène internationale tout au long de l'année.
 
 
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  • Jean de Cuir
    Abonné
    vendredi 29 janvier 2010 13h45
    Obama et justice
    Tr'es bon commentaire. J' ai écouté le discours et lu et vu certaines r/actions, notamment sur le réseau PBS aux E.U. Si je me souviens bien, faute d' une analyse serrée, j' ai perçu une colère sourde; impression peut-être. D`autre part,Il a fait appel aux idéaux inscrits dans l’ histoire des E.U., ainsi qu’ à la nature même de ce qu’est la citoyenneté et l’État. Il a ainsi mis au défi les représentants des citoyens de travailler pour le bien commun et non seulement pour leur réélection, et donc de faire des propositions concrètes plutôt que de simplement s’opposer. Il a fait appel à ce que doit être de véritable débat en laissant entendre qu’il y a possibilité de s’élever vers une rationalité commune. Il y avait dans ce discours une recherche de solutions concrètes aux problèmes de l’ heure mêlées à l’énoncé de valeurs fondamentales, à la conscience d’un sens historique et un appel au patriotisme. La grande politique internationale, c’est de faire en sorte que les E.U. redeviennent un chef de file en innovation, dans la production et de restaurer la représentativité des E.U quant aux valeurs premières de la démocratie.
    J’ aurais aimé que soit mis en question, au moins en principe, les présences américaines, militaires surtout à travers le monde --les bases disséminées partout. Il n’ est pas certain que les moyens de la réforme de l’éducation, à part ce qui a été proposé sur les collèges, soien très populaires. Il se fie trop à celui qui est responsable de ce secteur --beaucoup de critiques à son endroit.


  • Abonné
    vendredi 29 janvier 2010 20h24
    Vas-y Obama !!
    Il m'apparaît très important qu'Obama réussisse à reverser la vapeur injustifiée contre lui. Puisque les américains en très grand nombre sont des bébés qui se regardent le nombril, il faut donc qu'Obama s'ajuste pour les amener ainsi à arrêter de brailler.

    L'humanité, quelle misère !!

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