Le discours sur l'état de l'Union - Le durcissement
Lors de son exposé sur l'état de l'Union, Barack Obama s'est montré combatif, volontaire, parfois menaçant. En fait, dix jours après la défaite encaissée lors de la sénatoriale du Massachusetts, Obama a prononcé le premier discours de campagne en vue des législatives de novembre prochain. Son mantra? L'économie.
De la victoire obtenue par les républicains la semaine dernière, Obama et son entourage ont tiré un enseignement. La désaffection qui habite un nombre grandissant de citoyens américains s'explique par le manque d'activisme qui a distingué la première année de son mandat en matière d'économie. Beaucoup lui reprochent d'avoir dépensé trop de temps et d'énergie à sa réforme de la santé aux dépens de la création d'emplois. Quoi d'autre? Son manque de fermeté à l'égard de ces banques qui, un an après avoir été secourues par l'État, se sont gavées de primes.
Fort de ce constat, le chef de l'exécutif a donc annoncé que la lutte contre le chômage serait sa priorité, suivie de la mise au pas des mastodontes financiers de Wall Street. Par exemple, on retient que les PME qui engageront du personnel bénéficieront d'une déduction fiscale. Mais on retient surtout qu'il a averti les membres du Congrès que s'ils ne confectionnent pas une loi disciplinant les activités des établissements financiers, il userait de son droit de veto.
Il est allé jusqu'à tracer une ligne entre les lobbys, ceux des Bank of America et autres, des républicains qui bloquent toute initiative, des démocrates qui ne pensent qu'à leur réélection et le peuple américain qui lui attend de ces élus qu'ils travaillent à l'amélioration de leur sort. En un mot, la classe politique du pays dans son ensemble présente «un déficit de crédibilité» qui doit évidemment être combattu si on veut éviter la voie menant à terme à l'ingouvernabilité.
À ce propos, on retiendra que seulement trois républicains ont voté pour la loi de stimulation de l'économie présentée lors du premier trimestre afin de sortir justement le pays d'une crise provoquée en grande partie par les huit années de laisser-faire de l'administration Bush. Aucun n'a voté pour une réforme de la santé inévitable, obligatoire, le système actuel étant inefficace et très onéreux.
À dix mois des élections de mi-mandat, Obama a repris les accents, la tonalité, les mots qui lui avaient fait gagner la présidentielle. Il faut donc s'attendre à ce qu'il combatte plus frontalement les républicains, ou plutôt à ce qu'il abandonne ce souci consensuel qui a miné la poursuite de certains dossiers lors de la première année. Si cette inflexion dévoilée avant-hier se confirme dans les faits, alors peut-être que les indépendants qui l'ont propulsé à la Maison-Blanche le soutiendront à nouveau.
Cela étant, on notera que dans son discours, anormalement long pour un discours sur l'état de l'Union, il a peu traité de politique internationale alors que les États-Unis sont aux prises avec deux guerres, que les relations avec la Chine se sont tendues récemment, que les négociations entre Israël et les Palestiniens sont au point mort, que le régime iranien se durcit, etc. Tout occupé à ce que les démocrates ne perdent pas la majorité dont ils disposent dans les deux chambres, il ne serait pas étonnant que le président Obama néglige passablement la scène internationale tout au long de l'année.
De la victoire obtenue par les républicains la semaine dernière, Obama et son entourage ont tiré un enseignement. La désaffection qui habite un nombre grandissant de citoyens américains s'explique par le manque d'activisme qui a distingué la première année de son mandat en matière d'économie. Beaucoup lui reprochent d'avoir dépensé trop de temps et d'énergie à sa réforme de la santé aux dépens de la création d'emplois. Quoi d'autre? Son manque de fermeté à l'égard de ces banques qui, un an après avoir été secourues par l'État, se sont gavées de primes.
Fort de ce constat, le chef de l'exécutif a donc annoncé que la lutte contre le chômage serait sa priorité, suivie de la mise au pas des mastodontes financiers de Wall Street. Par exemple, on retient que les PME qui engageront du personnel bénéficieront d'une déduction fiscale. Mais on retient surtout qu'il a averti les membres du Congrès que s'ils ne confectionnent pas une loi disciplinant les activités des établissements financiers, il userait de son droit de veto.
Il est allé jusqu'à tracer une ligne entre les lobbys, ceux des Bank of America et autres, des républicains qui bloquent toute initiative, des démocrates qui ne pensent qu'à leur réélection et le peuple américain qui lui attend de ces élus qu'ils travaillent à l'amélioration de leur sort. En un mot, la classe politique du pays dans son ensemble présente «un déficit de crédibilité» qui doit évidemment être combattu si on veut éviter la voie menant à terme à l'ingouvernabilité.
À ce propos, on retiendra que seulement trois républicains ont voté pour la loi de stimulation de l'économie présentée lors du premier trimestre afin de sortir justement le pays d'une crise provoquée en grande partie par les huit années de laisser-faire de l'administration Bush. Aucun n'a voté pour une réforme de la santé inévitable, obligatoire, le système actuel étant inefficace et très onéreux.
À dix mois des élections de mi-mandat, Obama a repris les accents, la tonalité, les mots qui lui avaient fait gagner la présidentielle. Il faut donc s'attendre à ce qu'il combatte plus frontalement les républicains, ou plutôt à ce qu'il abandonne ce souci consensuel qui a miné la poursuite de certains dossiers lors de la première année. Si cette inflexion dévoilée avant-hier se confirme dans les faits, alors peut-être que les indépendants qui l'ont propulsé à la Maison-Blanche le soutiendront à nouveau.
Cela étant, on notera que dans son discours, anormalement long pour un discours sur l'état de l'Union, il a peu traité de politique internationale alors que les États-Unis sont aux prises avec deux guerres, que les relations avec la Chine se sont tendues récemment, que les négociations entre Israël et les Palestiniens sont au point mort, que le régime iranien se durcit, etc. Tout occupé à ce que les démocrates ne perdent pas la majorité dont ils disposent dans les deux chambres, il ne serait pas étonnant que le président Obama néglige passablement la scène internationale tout au long de l'année.
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