Obama, un Nobel de la paix qui défend «la guerre juste»
Photo : Agence Reuters Chris Helgren
Le président états-unien Barack Obama et sa femme Michelle regardaient la foule, hier, depuis le balcon du Grand Hôtel protégé par une vitre pare-balles, après la cérémonie de remise du prix Nobel de la paix, à Oslo. En recevant son prix, le président a déclaré que les États-Unis doivent respecter des normes morales lorsqu’ils mènent des guerres nécessaires ou justes.?
Oslo — Le président américain, Barack Obama, a accepté hier à Oslo son prix Nobel de la paix avec «une profonde gratitude et une grande humilité» tout en défendant la notion de «guerre juste», neuf jours après sa décision d'envoyer 30 000 soldats supplémentaires en Afghanistan.
Faisant écho à la surprise suscitée par l'annonce de son prix, Barack Obama, qui a fait le voyage à Oslo avec son épouse Michelle, a commencé son discours de 36 minutes en notant que d'autres méritaient peut-être plus cet honneur que lui. «Je suis au début et non à la fin de mon travail sur la scène internationale. Comparé à certains des géants de l'histoire qui ont reçu ce prix [...], mon bilan est modeste», a-t-il admis.
Troisième président américain de l'histoire à recevoir la prestigieuse récompense, Barack Obama a justifié le recours à la force militaire dans certains cas. «Je considère le monde tel qu'il est», a expliqué le chef de la Maison-Blanche.
«Un mouvement non violent n'aurait pas pu arrêter les armées d'Hitler. Des négociations ne peuvent pas convaincre les chefs d'al-Qaïda de déposer les armes, a-t-il poursuivi. Dire que la force est parfois nécessaire n'est pas un appel au cynisme, c'est une reconnaissance de l'histoire.»
«Je soulève cette question parce que dans de nombreux pays règne une profonde ambivalence à l'égard de l'action militaire, quelle qu'en soit la cause, a déclaré M. Obama. Par moments, cela s'associe à une suspicion envers l'Amérique, la seule superpuissance militaire au monde.»
«Pourtant, le monde doit se souvenir que ce ne sont pas uniquement les institutions internationales, pas seulement les traités et les déclarations qui ont apporté la stabilité dans le monde après la Seconde Guerre mondiale, a poursuivi le président Obama. Quelles que soient les erreurs que nous avons commises, les faits sont là: les États-Unis d'Amérique ont contribué à garantir la sécurité du monde pendant plus de 60 ans avec le sang de nos citoyens et la force de nos armes.»
M. Obama a évoqué les circonstances justifiant à ses yeux la guerre: l'autodéfense, l'aide à un pays envahi ou des raisons humanitaires, comme le massacre de civils par son propre gouvernement ou une guerre civile menaçant d'embraser une région entière. «La conviction que la paix est désirable suffit rarement à l'atteindre», a-t-il souligné.
Il a également parlé sans détour du coût humain de la guerre, disant à propos des soldats qu'il a décidé d'envoyer en renfort en Afghanistan: «Certains tueront, certains seront tués.» «La guerre, pour justifiée qu'elle soit, est la promesse d'une tragédie humaine», a-t-il ajouté.
Les États-Unis doivent veiller au respect des normes morales lorsqu'ils mènent des guerres qu'ils estiment nécessaires et justifiées, a estimé Barack Obama.
«Lorsque la force est nécessaire, nous devons, sur un plan moral et stratégique, nous contraindre à respecter certaines règles de conduite, a déclaré le président américain. Et même si nous nous retrouvons face à un adversaire brutal qui ne respecte rien, je pense que les États-Unis d'Amérique doivent continuer à montrer ce qui doit être la norme dans la conduite de la guerre.»
M. Obama a également évoqué des solutions de remplacement à la violence, soulignant l'importance de la diplomatie et des sanctions devant des pays comme l'Iran ou la Corée du Nord, qui défient les demandes internationales sur leurs programmes nucléaires. Ou encore devant des régimes qui bafouent les droits de la personne, par exemple en Birmanie et au Darfour.
Dans son discours, le chef de la Maison-Blanche a évoqué la controverse au sujet de sa récompense et a souligné l'ironie pour le président d'un pays «au milieu de deux guerres» de recevoir ce prix. Récompensé en octobre par le comité Nobel pour son apport à la «diplomatie internationale», M. Obama a également appelé à reconnaître «la dure vérité» selon laquelle les conflits armés ne seront pas éradiqués «de notre vivant».
Il a appelé ses partenaires internationaux à l'aider à «parvenir au monde qui devrait être». S'il s'est réservé le droit d'agir unilatéralement pour défendre les États-Unis, le président américain s'est également déclaré convaincu que le respect du droit international renforce les pays qui s'y plient. Même confrontés à un adversaire qui ne respecte aucune règle, les États-Unis doivent rester la référence en matière de respect du droit dans la conduite de la guerre, a-t-il affirmé.
En attribuant le prix à Barack Obama, moins d'un an après son élection, le comité Nobel avait cité son appel en faveur d'un monde sans armes nucléaires, sa volonté d'engager davantage les États-Unis dans la lutte contre le réchauffement, ou encore son soutien aux Nations unies et à la diplomatie multilatérale.
Près de 10 000 manifestants pacifistes ont défilé hier soir à Oslo, quelques heures après la remise du prix Nobel de la paix au président américain.
Plus de 6000 personnes ont manifesté contre les armes nucléaires, pacifiquement et à la lumière de torches, jusqu'aux abords de l'hôtel où M. Obama était descendu, selon la police et les organisateurs.
M. Obama a salué la foule pendant plusieurs minutes en compagnie de son épouse Michelle du balcon de sa chambre.
«Non aux armes nucléaires!», pouvait-on notamment lire sur les banderoles brandies par les manifestants.
Quelque 3000 autres personnes ont manifesté à l'appel de l'ONG Norwegian Peace Initiative pour réclamer notamment la fin de la guerre en Afghanistan et des colonies de peuplement israéliennes, a-t-on constaté.
La police a évoqué un total de 12 000 à 15 000 manifestants dans la ville.
L'influent secrétaire du comité Nobel Geir Lundestad a estimé qu'il était «tout à fait acceptable» de la part du lauréat de justifier le recours à la guerre tout en recevant le prix Nobel de la paix. «Il a osé soulever des questions difficiles en mettant le doigt sur l'équilibre très délicat entre guerre et paix et pourquoi, dans certaines circonstances, on ne peut pas échapper à la guerre», a dit M. Lundestad à l'Agence France-Presse.
Le président américain ne devait rester qu'environ 24 heures à Oslo. La Maison-Blanche a annoncé qu'il verserait la somme de 1,4 million de dollars qui accompagne son prix à des oeuvres de bienfaisance.
Faisant écho à la surprise suscitée par l'annonce de son prix, Barack Obama, qui a fait le voyage à Oslo avec son épouse Michelle, a commencé son discours de 36 minutes en notant que d'autres méritaient peut-être plus cet honneur que lui. «Je suis au début et non à la fin de mon travail sur la scène internationale. Comparé à certains des géants de l'histoire qui ont reçu ce prix [...], mon bilan est modeste», a-t-il admis.
Troisième président américain de l'histoire à recevoir la prestigieuse récompense, Barack Obama a justifié le recours à la force militaire dans certains cas. «Je considère le monde tel qu'il est», a expliqué le chef de la Maison-Blanche.
«Un mouvement non violent n'aurait pas pu arrêter les armées d'Hitler. Des négociations ne peuvent pas convaincre les chefs d'al-Qaïda de déposer les armes, a-t-il poursuivi. Dire que la force est parfois nécessaire n'est pas un appel au cynisme, c'est une reconnaissance de l'histoire.»
«Je soulève cette question parce que dans de nombreux pays règne une profonde ambivalence à l'égard de l'action militaire, quelle qu'en soit la cause, a déclaré M. Obama. Par moments, cela s'associe à une suspicion envers l'Amérique, la seule superpuissance militaire au monde.»
«Pourtant, le monde doit se souvenir que ce ne sont pas uniquement les institutions internationales, pas seulement les traités et les déclarations qui ont apporté la stabilité dans le monde après la Seconde Guerre mondiale, a poursuivi le président Obama. Quelles que soient les erreurs que nous avons commises, les faits sont là: les États-Unis d'Amérique ont contribué à garantir la sécurité du monde pendant plus de 60 ans avec le sang de nos citoyens et la force de nos armes.»
M. Obama a évoqué les circonstances justifiant à ses yeux la guerre: l'autodéfense, l'aide à un pays envahi ou des raisons humanitaires, comme le massacre de civils par son propre gouvernement ou une guerre civile menaçant d'embraser une région entière. «La conviction que la paix est désirable suffit rarement à l'atteindre», a-t-il souligné.
Il a également parlé sans détour du coût humain de la guerre, disant à propos des soldats qu'il a décidé d'envoyer en renfort en Afghanistan: «Certains tueront, certains seront tués.» «La guerre, pour justifiée qu'elle soit, est la promesse d'une tragédie humaine», a-t-il ajouté.
Les États-Unis doivent veiller au respect des normes morales lorsqu'ils mènent des guerres qu'ils estiment nécessaires et justifiées, a estimé Barack Obama.
«Lorsque la force est nécessaire, nous devons, sur un plan moral et stratégique, nous contraindre à respecter certaines règles de conduite, a déclaré le président américain. Et même si nous nous retrouvons face à un adversaire brutal qui ne respecte rien, je pense que les États-Unis d'Amérique doivent continuer à montrer ce qui doit être la norme dans la conduite de la guerre.»
M. Obama a également évoqué des solutions de remplacement à la violence, soulignant l'importance de la diplomatie et des sanctions devant des pays comme l'Iran ou la Corée du Nord, qui défient les demandes internationales sur leurs programmes nucléaires. Ou encore devant des régimes qui bafouent les droits de la personne, par exemple en Birmanie et au Darfour.
Dans son discours, le chef de la Maison-Blanche a évoqué la controverse au sujet de sa récompense et a souligné l'ironie pour le président d'un pays «au milieu de deux guerres» de recevoir ce prix. Récompensé en octobre par le comité Nobel pour son apport à la «diplomatie internationale», M. Obama a également appelé à reconnaître «la dure vérité» selon laquelle les conflits armés ne seront pas éradiqués «de notre vivant».
Il a appelé ses partenaires internationaux à l'aider à «parvenir au monde qui devrait être». S'il s'est réservé le droit d'agir unilatéralement pour défendre les États-Unis, le président américain s'est également déclaré convaincu que le respect du droit international renforce les pays qui s'y plient. Même confrontés à un adversaire qui ne respecte aucune règle, les États-Unis doivent rester la référence en matière de respect du droit dans la conduite de la guerre, a-t-il affirmé.
En attribuant le prix à Barack Obama, moins d'un an après son élection, le comité Nobel avait cité son appel en faveur d'un monde sans armes nucléaires, sa volonté d'engager davantage les États-Unis dans la lutte contre le réchauffement, ou encore son soutien aux Nations unies et à la diplomatie multilatérale.
Près de 10 000 manifestants pacifistes ont défilé hier soir à Oslo, quelques heures après la remise du prix Nobel de la paix au président américain.
Plus de 6000 personnes ont manifesté contre les armes nucléaires, pacifiquement et à la lumière de torches, jusqu'aux abords de l'hôtel où M. Obama était descendu, selon la police et les organisateurs.
M. Obama a salué la foule pendant plusieurs minutes en compagnie de son épouse Michelle du balcon de sa chambre.
«Non aux armes nucléaires!», pouvait-on notamment lire sur les banderoles brandies par les manifestants.
Quelque 3000 autres personnes ont manifesté à l'appel de l'ONG Norwegian Peace Initiative pour réclamer notamment la fin de la guerre en Afghanistan et des colonies de peuplement israéliennes, a-t-on constaté.
La police a évoqué un total de 12 000 à 15 000 manifestants dans la ville.
L'influent secrétaire du comité Nobel Geir Lundestad a estimé qu'il était «tout à fait acceptable» de la part du lauréat de justifier le recours à la guerre tout en recevant le prix Nobel de la paix. «Il a osé soulever des questions difficiles en mettant le doigt sur l'équilibre très délicat entre guerre et paix et pourquoi, dans certaines circonstances, on ne peut pas échapper à la guerre», a dit M. Lundestad à l'Agence France-Presse.
Le président américain ne devait rester qu'environ 24 heures à Oslo. La Maison-Blanche a annoncé qu'il verserait la somme de 1,4 million de dollars qui accompagne son prix à des oeuvres de bienfaisance.
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