Barack Obama n'a pas appelé. Bonne nouvelle!
Photo : Agence Reuters Jim Young
Barack Obama
Mardi, les quotidiens rapportaient a mari usque ad mare (d'un océan à l'autre) que le président Obama avait informé plusieurs dirigeants de l'OTAN de sa nouvelle stratégie concernant l'Afghanistan avant d'en faire l'annonce, mais pas le premier ministre Stephen Harper, qui a dû se contenter d'un appel du vice-président. Certains ont vu dans ce geste un certain snobisme envers le Canada. En fait, il fallait plutôt y voir une bonne nouvelle, car cela signifiait que les États-Unis ne presseraient pas le Canada de prolonger son déploiement en Afghanistan au-delà de 2011.
Il en va tout autrement pour nos alliés européens, qui ont fait l'objet de pressions de la part des Américains selon un rapport publié dans le Los Angeles Times. Le discours du président — dans lequel il a essentiellement adopté le calendrier canadien — signifie que le Canada sera dorénavant épargné par ces mêmes pressions.
Ce faisant, le président Obama a ménagé la fierté nationale des Canadiens en coupant court aux discours voulant que nos soldats veulent échapper au champ de bataille. Ce qui ne veut pas dire que nous ne serons pas aux prises avec une décision difficile à prendre l'an prochain. Même si le président a déclaré que les troupes américaines commenceraient à quitter l'Afghanistan en juillet 2011, le succès de sa stratégie n'est pas certain et il n'a d'ailleurs pas spécifié de date précise concernant la fin du retrait.
Malheureusement, cela ne signifie pas non plus que la bataille sera désormais plus facile pour les troupes canadiennes. En fait, avec l'augmentation des troupes américaines à Kandahar, les combats pourraient devenir beaucoup plus importants et les pertes canadiennes, beaucoup plus élevées.
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Maintenant que l'Afghanistan n'est plus un irritant potentiel dans nos relations avec les États-Unis, l'approche préconisée par M. Harper à propos de la réglementation nord-américaine du carbone devient beaucoup plus réaliste.
Le premier ministre a aligné la position du Canada sur celle des États-Unis, notamment pour des raisons politiques. D'abord, il y a le fait que Barack Obama est encore très populaire au Canada. Plus important encore, de solides raisons économiques justifient cette politique alors que les États-Unis restent, de loin, notre partenaire commercial le plus important. Le Canada évite ainsi la menace des tarifs douaniers américains et, du coup, celle des tarifs européens. Quelqu'un peut-il imaginer sérieusement que l'UE appliquerait des sanctions commerciales contre les États-Unis? En outre, compte tenu de la décision de l'administration Clinton de ne pas soumettre le protocole de Kyoto au Sénat pour le ratifier, il apparaît judicieux d'attendre de voir si les choses vont évoluer différemment cette fois. Et il serait tout aussi judicieux d'exiger que la Chine et l'Inde soient incluses dans cette réflexion, étant donné qu'il est inconcevable que le Sénat ratifie un accord international sans qu'elles y soient.
Franchement, même si le président Nicolas Sarkozy pousse le président Obama à revenir à Copenhague pour participer aux deux derniers jours de la réunion, il est difficile d'imaginer comment le Sénat américain pourrait ratifier un accord qui soit acceptable aux yeux de la communauté internationale avant 2012. La loi sur la santé est la priorité de M. Obama au Sénat, sans parler du financement de la guerre en Afghanistan. Son niveau de popularité a chuté la semaine dernière sous la barre des 50 %. Le taux de chômage a quant à lui atteint les deux chiffres, pour grimper à un niveau inégalé en 26 ans.
Pour la prochaine année, la préoccupation de son administration sera sans doute de réduire le taux de chômage de manière à contenir les grandes pertes que son parti devra enregistrer lors des élections de mi-parcours, en 2010. Ceci fait, l'ensemble de l'administration Obama pourra ensuite concentrer son énergie à la réélection du président, en 2012. Le moment ne sera alors guère propice pour s'attaquer à un défi énorme comme le dossier des changements climatiques, qui divise les troupes d'Obama et sur lequel les républicains sont impatients de passer à l'attaque.
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nspector@globeandmail.ca
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Norman Spector est chroniqueur au Globe and Mail
Il en va tout autrement pour nos alliés européens, qui ont fait l'objet de pressions de la part des Américains selon un rapport publié dans le Los Angeles Times. Le discours du président — dans lequel il a essentiellement adopté le calendrier canadien — signifie que le Canada sera dorénavant épargné par ces mêmes pressions.
Ce faisant, le président Obama a ménagé la fierté nationale des Canadiens en coupant court aux discours voulant que nos soldats veulent échapper au champ de bataille. Ce qui ne veut pas dire que nous ne serons pas aux prises avec une décision difficile à prendre l'an prochain. Même si le président a déclaré que les troupes américaines commenceraient à quitter l'Afghanistan en juillet 2011, le succès de sa stratégie n'est pas certain et il n'a d'ailleurs pas spécifié de date précise concernant la fin du retrait.
Malheureusement, cela ne signifie pas non plus que la bataille sera désormais plus facile pour les troupes canadiennes. En fait, avec l'augmentation des troupes américaines à Kandahar, les combats pourraient devenir beaucoup plus importants et les pertes canadiennes, beaucoup plus élevées.
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Maintenant que l'Afghanistan n'est plus un irritant potentiel dans nos relations avec les États-Unis, l'approche préconisée par M. Harper à propos de la réglementation nord-américaine du carbone devient beaucoup plus réaliste.
Le premier ministre a aligné la position du Canada sur celle des États-Unis, notamment pour des raisons politiques. D'abord, il y a le fait que Barack Obama est encore très populaire au Canada. Plus important encore, de solides raisons économiques justifient cette politique alors que les États-Unis restent, de loin, notre partenaire commercial le plus important. Le Canada évite ainsi la menace des tarifs douaniers américains et, du coup, celle des tarifs européens. Quelqu'un peut-il imaginer sérieusement que l'UE appliquerait des sanctions commerciales contre les États-Unis? En outre, compte tenu de la décision de l'administration Clinton de ne pas soumettre le protocole de Kyoto au Sénat pour le ratifier, il apparaît judicieux d'attendre de voir si les choses vont évoluer différemment cette fois. Et il serait tout aussi judicieux d'exiger que la Chine et l'Inde soient incluses dans cette réflexion, étant donné qu'il est inconcevable que le Sénat ratifie un accord international sans qu'elles y soient.
Franchement, même si le président Nicolas Sarkozy pousse le président Obama à revenir à Copenhague pour participer aux deux derniers jours de la réunion, il est difficile d'imaginer comment le Sénat américain pourrait ratifier un accord qui soit acceptable aux yeux de la communauté internationale avant 2012. La loi sur la santé est la priorité de M. Obama au Sénat, sans parler du financement de la guerre en Afghanistan. Son niveau de popularité a chuté la semaine dernière sous la barre des 50 %. Le taux de chômage a quant à lui atteint les deux chiffres, pour grimper à un niveau inégalé en 26 ans.
Pour la prochaine année, la préoccupation de son administration sera sans doute de réduire le taux de chômage de manière à contenir les grandes pertes que son parti devra enregistrer lors des élections de mi-parcours, en 2010. Ceci fait, l'ensemble de l'administration Obama pourra ensuite concentrer son énergie à la réélection du président, en 2012. Le moment ne sera alors guère propice pour s'attaquer à un défi énorme comme le dossier des changements climatiques, qui divise les troupes d'Obama et sur lequel les républicains sont impatients de passer à l'attaque.
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Norman Spector est chroniqueur au Globe and Mail
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