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    Santé - Le Sénat accepte de débattre de la réforme Obama

    23 novembre 2009 |Marco Bélair-Cirino | États-Unis
    Le leader de la majorité démocrate au Sénat, Harry Reid, s’adressant à la presse en présence des sénateurs démocrates Tom Harkin et Christopher Dodd au sujet du lancement du débat sur la réforme de santé.
    Photo: Agence Reuters Joshua Roberts Le leader de la majorité démocrate au Sénat, Harry Reid, s’adressant à la presse en présence des sénateurs démocrates Tom Harkin et Christopher Dodd au sujet du lancement du débat sur la réforme de santé.
    Le projet de réforme du système de santé cher au président des États-Unis, Barack Obama, a franchi samedi soir un obstacle de taille au Sénat, où les 60 élus démocrates ont décidé lors d'un vote de procédure qu'un débat serait lancé.

    Ce débat commencera le 30 novembre, après la relâche de la fête de Thanksgiving, et durera sans doute jusqu'à la période des Fêtes.

    La Chambre des représentants, elle, a déjà adopté son propre projet de loi le 7 novembre, et, si le Sénat fait de même, les deux chambres devront s'accorder en janvier sur un texte commun, fruit de la fusion des deux projets, avant que Barack Obama ne puisse signer la version définitive. Le chef de l'État ne pourrait ainsi pas signer la loi réformant le système de santé avant la fin de cette année, comme il l'espérait.

    Le porte-parole de la Maison blanche, Robert Gibbs, a déclaré que Barack Obama était très satisfait du résultat du vote et qu'il attendait «avec impatience un débat en profondeur et fructueux». Les enjeux sont élevés pour le président, dont la cote de popularité est passée, dans deux sondages, sous la barre des 50 %.

    Pour ce premier test au Sénat du projet de réforme, les démocrates ont ainsi tous apporté leur soutien à la motion décidant d'un débat, tandis que 39 républicains ont voté contre. Un sénateur républicain, George Voinovich, n'a pas pris part au vote. «Le débat relatif à la réforme de la santé est maintenant officiellement en cours sur le texte de 2074 pages», a déclaré le chef de la minorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell. Et celui-ci de faire remarquer que pratiquement tous les projets de loi qui franchissent ce premier obstacle — le vote sur un débat — étaient adoptés in fine.

    Au Sénat, les démocrates avaient absolument besoin de rallier 60 voix au minimum, sur un total de 100, car sinon, les républicains auraient pu se livrer à des man¶uvres d'obstruction.

    Ils n'avaient donc aucune marge d'erreur, les républicains étant unis dans leur opposition à ce projet de réforme. La défection d'un seul élu démocrate aurait pu porter un coup d'arrêt à la réforme phare du chef de la Maison-Blanche.

    Les deux démocrates «centristes», Blanche Lincoln (Arkansas) et Mary Landrieu (Louisiane), qui ont soutenu la motion sur le débat ne se sont cependant pas pour autant engagées à voter en faveur du projet de loi s'il ne subit pas entre-temps d'importantes modifications.

    Les républicains s'efforceront de prolonger la bataille contre la réforme jusqu'à l'année prochaine en espérant que la perspective des élections de mi-mandat de novembre 2010 convaincra les démocrates élus dans des États conservateurs à battre le projet de réforme. Mary Landrieu et Blanche Lincoln, ainsi que Ben Nelson (Nebraska), pourraient faire les frais d'un vote favorable à la réforme lors de celles-ci où la totalité de la Chambre des représentants et le tiers du Sénat seront renouvelés.

    Barack Obama a fait de ce chantier sa priorité sur le plan intérieur. Il veut étendre la couverture maladie à la plus large partie possible des 46 millions d'Américains qui en sont actuellement privés et mettre un terme à certaines pratiques des compagnies d'assurance, comme le refus d'assurer certaines catégories à risque de la population.

    Les républicains dénoncent un projet coûteux et refusent que le gouvernement fédéral empiète sur une assurance maladie gérée par le secteur privé. La minorité républicaine au Sénat américain a d'ailleurs réaffirmé avec force hier sa volonté de faire échec au projet démocrate de réforme du système de couverture médicale. «Le projet de loi va faire exploser les coûts et empirer la situation», a déclaré Mitch McDonnell sur CNN.

    Avant d'être adopté, ce plan dévoilé par le Sénat, qui permettrait d'apporter une couverture maladie à environ 31 millions d'Américains qui n'en disposent pas actuellement, va devoir relever des défis de taille.

    Le chef de la majorité démocrate au Sénat, Harry Reid, aura fort à faire pour concilier les points de vue divergents au sein de son groupe sur des points comme le remboursement des avortements, l'option publique prévue par la réforme et les efforts de réduction des coûts.

    Harry Reid et des émissaires de la Maison-Blanche ont par ailleurs tendu la main aux sénatrices républicaines de l'État du Maine, Susan M. Collins et Olympia J. Snow, qualifiées de modérées, afin qu'elles fassent connaître «leurs idées et leurs inquiétudes». «J'ai décidé de voter contre cette déclaration, mais je souhaite toujours ardemment voter en faveur d'un projet de loi et c'est pourquoi je continue à avoir des discussions. Je m'accroche toujours à l'idée qu'il est possible pour certains d'entre nous de nous regrouper et de réécrire le projet de loi afin qu'il bénéficie d'un soutien plus important», a affirmé Mme Collins.

    L'adoption de cette réforme signifierait le plus profond changement pour le système de santé des États-Unis depuis la création en 1965 de Medicare, le système d'assurance maladie destiné aux personnes âgées, géré par le gouvernement.

    D'un coût annuel de 2500 milliards de dollars, le système de santé représente 16 % du PIB des États-Unis, un poids sans équivalent au sein des pays de l'OCDE pour un résultat peu satisfaisant: dans un classement établi en 2000 par l'Organisation mondiale de la santé, les États-Unis n'arrivaient qu'au 37e rang.

    ***

    Avec Reuters, l'AFP et The New York Times












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