Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous

    Obama à Pékin - La relation symbiotique entre la Chine et les États-Unis

    Le gouvernement américain veut entretenir une relation pragmatique avec le géant asiatique

    17 novembre 2009 |Libération | États-Unis
    Le président Barack Obama a rencontré hier des étudiants à Shanghai
    Photo: Agence Reuters Jim Young Le président Barack Obama a rencontré hier des étudiants à Shanghai
    Bien que forts débonnaires et conciliants, les échanges organisés hier à Shanghai entre Barack Obama et quelques dizaines d'étudiants chinois choisis par les autorités n'ont pas été, comme prévu, retransmis par la télévision officielle. Seule une chaîne locale l'a diffusé, avec un décalage minuté devant permettre à la censure d'intervenir si besoin était. George W. Bush et Bill Clinton avant lui, avaient exigé et obtenu lors que leurs visites en Chine, une retransmission en direct de ce désormais traditionnel échange de questions et réponses entre un président américain en visite officielle et un panel d'étudiants triés sur le volet.

    Il en est allé différemment pour Obama, car pour le Parti communiste au pouvoir, c'était sans doute prendre trop de risques. Le nouveau président n'avait-il pas fustigé, dans son discours d'inauguration du 20 janvier dernier à Washington «ceux qui s'accrochent au pouvoir en réduisant la dissidence au silence»? Le département chinois de la propagande du PCC (qui avait à l'époque pris soin de censurer justement cette partie de son discours) n'a pourtant rien à craindre du président désormais confronté à l'exercice réel du pouvoir.

    Conscient d'un changement des rapports de force de son pays en crise économique avec une Chine qui détient aujourd'hui autour de mille milliards de dollars de dette américaine, Obama est bien décidé à éluder les questions qui fâchent en faisant assaut d'amabilités. Pour ne pas froisser ses hôtes chinois, il a refusé le mois dernier une entrevue au Dalaï Lama — pourtant comme lui Prix Nobel de la paix — et s'est gardé de parler du Tibet lors de sa rencontre avec les étudiants lundi à Shanghaï.

    Intrigués

    Le manque de punch d'Obama n'a pas manqué d'intriguer «Initiative Chine», un groupe de 400 «citoyens chinois» militant pour une transition démocratique pacifique en Chine. Cette association, basée à Boston, se déclare «profondément inquiète de l'apparente incongruité» entre les discours d'Obama et l'inaction de son administration sur la question des droits de la personne.

    Le dissident Yang Zili, qui vient d'être libéré après avoir passé huit ans en prison, vient de prendre le risque d'y retourner en appelant Obama à l'aider à libérer les centaines, voire les milliers, de prisonniers politiques chinois. Obama répondra-t-il à cet appel? On ne le saura pas car, a expliqué Jeffrey Bader, le principal conseiller d'Obama sur l'Asie, cité par le Wall Street journal, le président américain va «évoquer l'aspect des droits de l'homme directement avec le président chinois» Hu Jintao, en privé donc.

    L'économie d'abord

    «Nous envisageons d'aborder la liberté d'expression, l'accès à l'information, la liberté de religion, l'état de droit, et certainement le Tibet», a musardé Jeffrey Bader. Mais il a également souligné que les droits de la personne ne sont pas une priorité en regard de questions telles que l'économie, le changement climatique, l'énergie, la Corée du Nord, l'Iran, l'Afghanistan et le Pakistan, entre autres. Une «realpolitik» qui confirme l'approche réaliste de la secrétaire d'État Hillary Clinton. Celle-ci avait expliqué froidement, lors de son premier voyage à Pékin en début d'année, qu'il fallait certes «que les États-Unis continuent de faire pression» sur les droits de l'homme, mais «sans toutefois interférer avec la crise économique mondiale, la crise du changement climatique et la crise sécuritaire». [...]

    Le mot d'ordre de l'administration dans ses rapports avec le géant chinois, expliquent des officiels américains, est la «coopération pragmatique». Celle-ci serait rendue indispensable par la quasi-symbiose entre les économies des deux pays. La Chine est aussi considérée comme un partenaire indispensable par Washington pour convaincre la Corée du Nord — si tant est qu'il est possible de le faire — de renoncer à l'arme nucléaire. Washington a aussi besoin de Pékin pour dissuader l'Iran, un allié de la Chine, d'avancer son programme nucléaire militaire. Toutes ces questions doivent être abordées par le président américain et son homologue chinois Hu Jintao dès demain à Pékin.












    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.