Obama entame son premier sommet nord-américain
10 août 2009
États-Unis
Photo : Agence France-Presse
Le président des États-Unis, Barack Obama, et son homologue mexicain, Felipe Calderon, hier, à Guadalajara, au Mexique.
Guadalajara — Le président mexicain, Felipe Calderon, a accueilli hier le président américain, Barack Obama, et le premier ministre canadien, Stephen Harper, à Guadalajara, au Mexique. La relance économique, la grippe A, les changements climatiques et la situation au Honduras figurent à l'horaire de ce sommet de moins de deux jours des leaders nord-américains.
M. Obama a évoqué des signes de reprise économique aux États-Unis, basés sur des chiffres du chômage permettant d'espérer que le pire de la récession est passé. Pour ses deux voisins, l'effet d'entraînement serait direct, de la même façon que l'importance de leurs liens économiques et commerciaux avec Washington les avait précipités dans la crise née aux États-Unis fin 2008.
Les présidents Barack Obama et Felipe Calderon ont convenu hier d'intensifier la collaboration frontalière américano-mexicaine. Cette collaboration accrue vise à rendre la frontière plus sûre pour faire face au crime organisé dont les méfaits s'exercent «des deux côtés», et à «moderniser» son organisation pour «faciliter les échanges commerciaux», ont déclaré MM. Obama et Calderon lors de leur premier entretien bilatéral dans le cadre du sommet. M. Calderon a souligné la «nécessité» de résoudre le différend frontalier sur la circulation des camions mexicains, où des mesures américaines de restriction ont entraîné en retour des représailles douanières de Mexico.
Manifestations
L'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) qui lie les trois partenaires depuis 15 ans est sur la sellette, et des manifestants en ont demandé la renégociation hier matin à Guadalajara, à quelques heures du sommet. Environ 400 personnes défilaient là où se tient le sommet de l'ALENA hier, pour protester contre les effets négatifs du libre-échange et les inégalités touchant les Mexicains travaillant aux États-Unis.
Les rues de Guadalajara, dans le centre-ouest du Mexique, étaient placées sous haute surveillance. De nombreux policiers, lourdement armés et équipés, retenaient les manifestants à l'écart du centre où se déroule la réunion trilatérale.
Plusieurs groupes de manifestants mexicains, américains et canadiens ont annoncé qu'ils tiendraient, de leur côté, un sommet alternatif, pour discuter des «15 ans d'échecs économiques de l'ALENA», créé en 1994: mise à l'écart des petits fermiers mexicains, stimulation de l'immigration vers les États-Unis et délocalisation des emplois américains.
Les protestataires réclament aussi aux États-Unis de réformer leur politique d'immigration et de régler leur dû aux Mexicains qui ont travaillé pendant la Seconde Guerre mondiale. Ils veulent également que les retraités mexicains, qui ont travaillé aux États-Unis, reçoivent une pension américaine.
La manifestation s'est déroulée sans incident, dans une ville où plus de 2000 policiers et militaires ont été mobilisés pour assurer la sécurité du sommet.
Ordre du jour
Mexico et Washington ont à régler un contentieux commercialo-douanier: Mexico a répondu par des taxes sur des produits américains à la limitation du droit des transporteurs routiers mexicains à travailler aux États-Unis.
Mexico et Ottawa s'entretiendront également sur l'épineuse question des visas imposés aux Mexicains voulant entrer au Canada depuis le mois dernier.
Le trafic de drogue, préoccupation majeure pour Mexico et Washington, le devient aussi pour le Canada, où les cartels mexicains ont commencé à s'installer. Le Canada a annoncé peu avant le sommet qu'il allait accroître son aide au Mexique en ce domaine, dans le cadre d'un programme régional qui atteindra «jusqu'à 15 millions de dollars par an». Ottawa formera également des policiers mexicains.
Mexico compte sur M. Obama pour confirmer son aide dans le cadre de l'Initiative de Merida, plan antidrogue américain prévoyant une aide de 1,4 milliard de dollars au Mexique en trois ans. Le Mexique demande aussi un durcissement des contrôles sur le trafic d'armes en provenance des États-Unis.
Au Mexique, malgré le déploiement de 36 000 militaires et policiers, les violences liées au trafic de drogue ont fait 10 000 morts depuis 2008, selon les chiffres du gouvernement et des médias.
On compte aussi sur M. Obama dans l'espoir d'un dénouement de la crise au Honduras, où le président Manuel Zelaya a été chassé le 28 juin dans un coup d'État par Roberto Micheletti, chef du gouvernement de facto installé depuis à Tegucigalpa.
M. Obama soutient que M. Zelaya est «le président légitime». Mais selon le président déchu et ses alliés de la gauche latino-américaine, à commencer par le président vénézuélien, Hugo Chávez, le coup d'État a été encouragé par des «faucons» proches de l'ancienne administration américaine.
La grippe porcine s'imposera elle aussi à l'ordre du jour, avec la perspective d'une nouvelle offensive en fin d'année. Le Mexique en a été le foyer mondial en avril-mai, avec à ce jour 149 morts, mais les États-Unis comptent le plus grand nombre de décès au monde, 353, pour 64 au Canada.
M. Obama a évoqué des signes de reprise économique aux États-Unis, basés sur des chiffres du chômage permettant d'espérer que le pire de la récession est passé. Pour ses deux voisins, l'effet d'entraînement serait direct, de la même façon que l'importance de leurs liens économiques et commerciaux avec Washington les avait précipités dans la crise née aux États-Unis fin 2008.
Les présidents Barack Obama et Felipe Calderon ont convenu hier d'intensifier la collaboration frontalière américano-mexicaine. Cette collaboration accrue vise à rendre la frontière plus sûre pour faire face au crime organisé dont les méfaits s'exercent «des deux côtés», et à «moderniser» son organisation pour «faciliter les échanges commerciaux», ont déclaré MM. Obama et Calderon lors de leur premier entretien bilatéral dans le cadre du sommet. M. Calderon a souligné la «nécessité» de résoudre le différend frontalier sur la circulation des camions mexicains, où des mesures américaines de restriction ont entraîné en retour des représailles douanières de Mexico.
Manifestations
L'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) qui lie les trois partenaires depuis 15 ans est sur la sellette, et des manifestants en ont demandé la renégociation hier matin à Guadalajara, à quelques heures du sommet. Environ 400 personnes défilaient là où se tient le sommet de l'ALENA hier, pour protester contre les effets négatifs du libre-échange et les inégalités touchant les Mexicains travaillant aux États-Unis.
Les rues de Guadalajara, dans le centre-ouest du Mexique, étaient placées sous haute surveillance. De nombreux policiers, lourdement armés et équipés, retenaient les manifestants à l'écart du centre où se déroule la réunion trilatérale.
Plusieurs groupes de manifestants mexicains, américains et canadiens ont annoncé qu'ils tiendraient, de leur côté, un sommet alternatif, pour discuter des «15 ans d'échecs économiques de l'ALENA», créé en 1994: mise à l'écart des petits fermiers mexicains, stimulation de l'immigration vers les États-Unis et délocalisation des emplois américains.
Les protestataires réclament aussi aux États-Unis de réformer leur politique d'immigration et de régler leur dû aux Mexicains qui ont travaillé pendant la Seconde Guerre mondiale. Ils veulent également que les retraités mexicains, qui ont travaillé aux États-Unis, reçoivent une pension américaine.
La manifestation s'est déroulée sans incident, dans une ville où plus de 2000 policiers et militaires ont été mobilisés pour assurer la sécurité du sommet.
Ordre du jour
Mexico et Washington ont à régler un contentieux commercialo-douanier: Mexico a répondu par des taxes sur des produits américains à la limitation du droit des transporteurs routiers mexicains à travailler aux États-Unis.
Mexico et Ottawa s'entretiendront également sur l'épineuse question des visas imposés aux Mexicains voulant entrer au Canada depuis le mois dernier.
Le trafic de drogue, préoccupation majeure pour Mexico et Washington, le devient aussi pour le Canada, où les cartels mexicains ont commencé à s'installer. Le Canada a annoncé peu avant le sommet qu'il allait accroître son aide au Mexique en ce domaine, dans le cadre d'un programme régional qui atteindra «jusqu'à 15 millions de dollars par an». Ottawa formera également des policiers mexicains.
Mexico compte sur M. Obama pour confirmer son aide dans le cadre de l'Initiative de Merida, plan antidrogue américain prévoyant une aide de 1,4 milliard de dollars au Mexique en trois ans. Le Mexique demande aussi un durcissement des contrôles sur le trafic d'armes en provenance des États-Unis.
Au Mexique, malgré le déploiement de 36 000 militaires et policiers, les violences liées au trafic de drogue ont fait 10 000 morts depuis 2008, selon les chiffres du gouvernement et des médias.
On compte aussi sur M. Obama dans l'espoir d'un dénouement de la crise au Honduras, où le président Manuel Zelaya a été chassé le 28 juin dans un coup d'État par Roberto Micheletti, chef du gouvernement de facto installé depuis à Tegucigalpa.
M. Obama soutient que M. Zelaya est «le président légitime». Mais selon le président déchu et ses alliés de la gauche latino-américaine, à commencer par le président vénézuélien, Hugo Chávez, le coup d'État a été encouragé par des «faucons» proches de l'ancienne administration américaine.
La grippe porcine s'imposera elle aussi à l'ordre du jour, avec la perspective d'une nouvelle offensive en fin d'année. Le Mexique en a été le foyer mondial en avril-mai, avec à ce jour 149 morts, mais les États-Unis comptent le plus grand nombre de décès au monde, 353, pour 64 au Canada.
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