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Poutine et Obama n'ont pas d'atomes crochus

4 juillet 2009  États-Unis
Moscou — Le premier ministre russe Vladimir Poutine, qualifié d'homme du passé par le président américain Barack Obama à la veille d'un sommet russo-américain, a riposté hier en accusant Washington de vivre dans une logique de blocs.

Le locataire de la Maison-Blanche a ouvert les hostilités en estimant que l'ex-président russe, par ailleurs ancien du KGB, n'avait pas su se défaire des réflexes de la Guerre froide dans ses relations avec Washington.

«Je pense que Poutine a un pied dans la vieille manière de conduire les affaires, et un pied dans la nouvelle», a lancé M.Obama, dans un entretien avec l'agence Associated Press. Le premier ministre doit «comprendre qu'une approche des relations américano-russes datant de la Guerre froide est dépassée», a-t-il ajouté, en insistant sur le fait que le président russe Dmitri Medvedev, lui, «comprenait cela».

Poutine aura sans doute peu apprécié la remarque, lui qui a encore l'habitude d'être traité en chef d'État par nombre de dirigeants étrangers, à l'instar des présidents français Nicolas Sarkozy, chinois Hu Jintao et vénézuélien Hugo Chavez.

Il a d'ailleurs répondu à Obama à la première personne du pluriel, comme pour mieux souligner la force du tandem formé avec son successeur et le rôle primordial qu'il joue encore en Russie.

«Nous ne savons pas faire le grand écart, nous sommes fermement debout sur nos deux jambes et regardons toujours vers l'avenir», a rétorqué l'ancien maître du Kremlin, un petit sourire en coin, selon des images diffusées à la télévision russe.

Poutine et Obama se verront avec leurs conseillers, et non en tête-à-tête, au cours d'un petit déjeuner mardi, au lendemain de la rencontre entre les présidents russe et américain, un sommet censé marquer le redémarrage des relations entre les deux puissances nucléaires.
 
 
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