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Obama bataille pour fermer Guantánamo

Le président doit affronter une majorité au Congrès... et Dick Cheney

21 mai 2009  États-Unis
Washington — Le président américain Barack Obama va tenter aujourd'hui de reprendre le contrôle d'une situation délicate en précisant ses intentions pour Guantanamo et en rassurant dans un grand discours sur sa détermination à rompre avec les pratiques antiterroristes de l'époque Bush.

Son message sera cependant concurrencé par celui, radicalement différent, de l'ancien vice-président Dick Cheney, qui s'exprimera au même moment. M. Cheney a repris du service ces dernières semaines pour défendre avec ardeur les politiques antiterroristes controversées de l'ancien président George W. Bush, dont il passe pour l'un des grands instigateurs; un débat déjà vif risque donc de s'intensifier encore aujourd'hui, au grand dam de M. Obama, qui préfèrerait parler aux Américains de relance économique et de réforme sociale.

M. Obama prendra la parole alors que ses propres amis démocrates au Parlement le mettent en fâcheuse posture en lui refusant les fonds qu'il demande pour tenir la grande promesse de fermer le camp de Guantanamo. Ils sont favorables à cette fermeture mais craignent que des suspects de terrorisme se retrouvent sur le sol américain, en prison ou dans la rue, et veulent savoir précisément comment M. Obama compte s'y prendre, avant de lui accorder les 80 millions de dollars demandés.

«Nous sommes d'accord avec le Congrès pour dire qu'avant [d'accorder] des fonds, on doit lui fournir un plan plus détaillé» de fermeture, a concédé son porte-parole, Robert Gibbs, indiquant que M. Obama devrait dévoiler une bonne partie de ce plan. Pour autant, le président compte toujours fermer Guantanamo d'ici à janvier 2010: «Il n'y a rien de changé à la date fixée» par l'ordre présidentiel, a dit M. Gibbs.

Mais cette querelle n'est que la dernière en date suscitée par les décisions que M. Obama a prises ou doit prendre sur ces questions. Celle de maintenir les tribunaux militaires d'exception, même réformés, pour juger certains suspects de terrorisme a profondément ému les organisations de défense des libertés. M. Obama s'est aussi opposé à la publication de dizaines de photos de sévices que des soldats américains auraient pratiqués sur des détenus en Irak ou en Afghanistan.

À droite

M. Obama est aussi pris à partie par la droite. Signe de la confusion des temps, ses adversaires républicains ont salué le parti pris sur les photos. Mais l'occasion était trop belle de s'en prendre à un président populaire lorsque M. Obama a fait publier des notes secrètes datant de la présidence Bush. Ces notes fournissaient l'argumentaire légal à des méthodes d'interrogatoire dénoncées par leurs détracteurs comme des actes de torture.

Les républicains ont accusé M. Obama de servir la cause des terroristes. Le direc teur de la police fédérale (FBI) a mis hier les élus en garde contre le danger qu'il y aurait à transférer les détenus de Guantánamo aux États-Unis. Et M. Cheney a fait un retour inattendu sur le devant de la scène pour lui reprocher ouvertement de compromettre la sécurité des États-Unis.

Agence France-presse
 
 
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