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La réforme fiscale de Barack Obama - Attaque frontale

Serge Truffaut   11 mai 2009  États-Unis
La bataille entre le président Barack Obama et Corporate America s'annonce féroce. De quoi s'agit-il? Au moyen d'un éventail de modifications apportées à la loi sur l'impôt, la Maison-Blanche entend réduire sensiblement la consommation des services proposés par les paradis fiscaux tout en injectant une bonne dose d'éthique. Le combat de Main Street contre Wall Street vient de débuter.

Mettons tout d'abord la table. N'eussent été les centaines de milliards que l'État, le public, a accordés aux établissements financiers sans oublier les nationalisations de Fannie Mae et Freddie Mac, les mastodontes hypothécaires, l'horizon de Wall Street se confondrait avec celui du désert. Citigroup, AIG, Goldman Sachs et consorts auraient sombré corps et biens alors que les courtiers, les vendeurs de subprimes et autres poudres de perlimpinpin pointeraient aux soupes populaires.

Avec la manne portant l'empreinte de l'État, qu'ont fait les patrons de Bank of America ou Wells Fargo? Ils ont comblé les trous, pansé quelques plaies, tout en s'appliquant à ce que les moeurs, et non les politiques, inhérentes à la rémunération demeurent ce qu'elles étaient malgré la crise dont ils sont les responsables. Par exemple, les patrons de Citigroup, banque dont l'action ne valait plus qu'un dollar avant les aides de Washington, veulent que le revenu 2009 du directeur de la division courtage soit égal à celui qu'il a perçu en 2008. Soit... 133 millions!

À Goldman Sachs, on a calculé que si les salaires et les primes du premier trimestre sont maintenus jusqu'au terme du présent exercice financier, le revenu annuel moyen par employé avoisinera les 570 000 $. À cela ajoutons ceci: si Chrysler a été acculé à la faillite ce n'est pas à cause de l'État, même si c'est lui qui a ordonné la mise sous protection du chapitre 11, mais bien à cause des fonds spéculatifs qui, lors des pourparlers avec ce même État, ont étalé une gourmandise sans nom.

À plus d'une reprise, l'administration Obama a prévenu les bonzes des banques, compagnies d'assurances et fonds spéculatifs que s'ils ne faisaient pas preuve de bonne volonté et de bonne foi, alors la

Maison-Blanche n'aurait pas d'autre choix que d'agir sur un front dont elle détient bien des clés: l'impôt. C'est fait. En effet, le pouvoir exécutif vient de présenter une réforme du code fiscal dont l'objectif chiffré est le suivant: récupérer 242 milliards afin de réduire notamment les impôts de la classe moyenne et d'accorder des déductions fiscales aux entreprises qui investissent en recherche et développement.

De tous les angles d'attaque disponibles, on retiendra qu'Obama a choisi de concentrer le tir sur l'utilisation outrancière des paradis fiscaux par les multinationales. Pas moins de 83 des 100 plus grosses entreprises ont des filiales dans les bien nommées îles Caïmans, îles Vierges et autres. Parmi elles, certaines s'avèrent plus gloutonnes que d'autres. En général, il s'agit des banques, de ces sociétés que le public a sauvées. Ainsi, Citigroup a 427 filiales dans les paradis en question. Morgan Stanley? 273, etc.

Grâce à leur maîtrise des coutumes qui ont cours en Suisse et ailleurs, sans oublier leur crasse indifférence pour le bien public, les Citigroup de ce monde ont payé — restons calme — 2,3 % d'impôt sur les bénéfices réalisés en dehors des États-Unis au lieu des 35 % habituels. Lors de la présentation de son plan, Obama a formulé cette phrase qui a d'ailleurs fait le tour du monde: «Il y a un immeuble qui abrite plus de 12 000 entreprises dans les îles Caïmans; soit c'est le plus grand immeuble au monde, soit il s'agit de la plus grande évasion fiscale au monde.» Et d'annoncer dans la foulée que 800 postes seront ouverts à l'Internal Revenue Service pour enquêter sur l'évasion fiscale.

On s'en doute, la réponse de Wall Street fut un écho à leur arrogance inouïe avec son habituelle litanie de lieux communs. Pour la énième fois, on nous a ressorti la vieille antienne qu'il fallait donner des dizaines de millions de salaires aux cadres afin des les conserver. Quand on pense au nombre de courtiers et autres qui ont été licenciés ces derniers mois, aux milliers d'employés de Lehman Brothers, mettons que la demande pour des postes excède de loin l'offre. Mettons que les personnes expérimentées, ce n'est pas ce qui manque.

Au fond, lorsque l'on s'attarde à l'attitude des pontifes de Wall Street, lorsque l'on pose la loupe de la rationalité sur leur comportement, une seule réponse est possible: les vrais révolutionnaires, ce sont eux. Tendance Trotsky, le théoricien de la révolution permanente. Donc du chaos.






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  • Serge Charbonneau
    Abonné
    lundi 11 mai 2009 05h08
    Obama est-il honnête ou hypocrite ?
    « «Il y a un immeuble qui abrite plus de 12 000 entreprises dans les îles Caïmans; soit c'est le plus grand immeuble au monde, soit il s'agit de la plus grande évasion fiscale au monde.»
    Barack Obama


    Qu'est-ce qui est plus dangereux ?
    S'attaquer à Wall Street ou s'attaquer aux méthodes d'interrogatoire de Cheney et des sbires de l'ombre ?

    Qu'est-ce qui est plus dangereux ?
    S'attaquer aux papes à la tête des transnationales qui contrôlent et exploitent le monde ou s'attaquer aux mensonges de l'administration Bush ?


    Difficile à dire.

    En tout cas, brasser cette merde, ce n'est pas vraiment une façon de se faire des amis « bien placés » !

    Cheney qui est occupé à écrire ses mémoires qui vont possiblement s'intituler:
    « Comment tirer sur ses amis et interroger les gens »,
    pense-t-il à un chapitre supplémentaire pouvant s'intituler: « Comment j'ai débarrassé mes amis d'un maudit président ne se mêlant pas de ses affaires (et se mêlant des nôtres!) ».


    Obama est chanceux d'avoir une cote de popularité élevée.
    Cela suffira-t-il à le protéger d'un virus mortel?
    Sa farce disant que son ex-rivale, Hilary, est maintenant sa plus proche collaboratrice avec qui il a des liens de plus en plus étroits, à tel point que lorsque Hilary est revenue du «Mexique» (grippeux porcin), la première chose qu'elle a faite c'est de l'embrasser fortement tout en lui disant « Le Mexique est fantastique pourquoi n'irais-tu pas y faire un tour ? ». Obama aura-t-il le sort de César ?

    Ce Obama.
    On ne sait pas comment le prendre.
    Est-il un juste ou juste un bel hypocrite?
    Est-il en train de changer l'immoralité qui prévalait depuis des lustres à Washington ou s'il ne fait qu'habillement mousser sa popularité ?

    Son budget militaire n'a pas diminué.
    Son apport pour graisser les grosses poches qui pleurent de difficultés (sic) a été notable, rapide et habilement orchestré. Donnant de l'argent aux exploiteurs tout en les grondant (salaire limité à un pauvre 500 000 $ US annuel) et en leur disant d'être plus "discrets".

    Le Courrier international le 7 mai titrait:
    « Barack Obama a oublié les droits de l'homme »
    http://www.courrierinternational.com/article/2009/05/07/barack-obama-a-oublie-les-droits-de-l-homme

    « Soucieux de tirer un trait sur la politique menée par Bush, le nouveau gouvernement a relégué au second plan les questions relatives au respect de la démocratie dans le monde. »

    Le C.I. fait-il une farce avec la réalité que l'administration Bush se foutait totalement des droits de l'homme (et surtout de la femme) et que maintenant Obama a décidé d'oublier ce prétexte pour justifier ses actes immoraux ?
    Est-ce une partie du texte du discours humoristique qu'a fait Barack Obama à ce dîner rigolo de l'Association des correspondants de la Maison Blanche ?

    http://www.ledevoir.com/2009/05/11/249825.html?fe=6826&fp=216249&fr=147886

    Mais non, il semble que le Courrier international joue à être sérieux et dit:
    « L'administration Obama rechigne à soutenir ouvertement les droits de l'homme et la démocratie et privilégie une approche plus subtile...»

    On dit que les "éternels" défenseurs des droits de «l'homme» accusent le président de chercher à renouer avec ses alliés et surtout à tendre la main à ses ennemis (comme à Chávez et à Castro, sans doute et même à l'Iran, le grand démon qui a du pétrole) en faisant passer les droits de l'homme au second plan.

    L'administration Bush était nettement plus respectueuse des droits de l'homme. On n'a qu'à penser à cette grande amitié avec l'Arabie Saoudite à qui il a vendu pour des milliards d'armements et qui est un généreux producteur de pétrole rentable pour tous.
    L'Arabie n'est qu'un exemple du respect des droits de l'homme (et surtout pas celui de la femme) grâce à la Charia divine et "respectable". On peut aussi penser aux prisons de la CIA et à l'hôtel cinq étoiles ou septième ciel qu'étaient Guantánamo ou Abou Ghraïb. Sans parler du respect des droits de l'homme (et non de la femme et de l'enfant) en Irak ou en Afghanistan.
    Ou encore du respect fantastique des droits de «l'homme» à Gaza!

    Les grands défenseurs des droits de l'homme sont révoltés à l'idée que Obama pense alléger les sanctions contre le Myanmar et le Soudan.
    Il est clair, selon eux, qu'en faisant crever les populations déjà sous la botte de dirigeants douteux, on les "aide" (sic). Comme au Zimbabwe où on a laissé le choléra se répandre et tuer des milliers de pauvres gens pour importuner ce Mugabe qui refuse de laisser les prédateurs économiques développer (sic) son pays. Un pays qui a acquis son affranchissement si douloureusement.
    Obama parle de cesser de se mêler de ce qui ne le regarde pas et les «défenseurs» (sic) des droits humains «s'élèvent» !

    Le fameux « Freedom House », une organisation dite de "promotion de la démocratie" !
    Il est évident que ces organismes ne servent pas vraiment à promouvoir la "démocratie" ni les "droits humains". Ces organisations baignant dans la piscine du "bien absolu", servent à promouvoir l'impérialisme et à justifier les pires ingérences et les pires pressions pour contraindre les régimes et les dirigeants récalcitrants à ne pas entraver la bonne marche de l'empire.
    Si les Mugabe, Khadafi, Zuma, Chávez, Morales, Castro, Kim Jong-Il, Than Shwe (Birmanie), Poutine et tous ceux qui ne marchent pas comme ils «devraient», ne faisaient pas obstacle à l'exploitation de leur richesse, les droits humains seraient rapidement oubliés.

    Pensons au livre Noir Canada de Alain Deneault... combien d'organismes des droits de «l'homme» sont venus prêter main-forte à cet auteur enquêteur de droits humains?
    Combien d'organismes des droits de «l'homme» ont pris la relève et ont dénoncé haut et fort cette volonté de Barrick Gold d'étouffer l'affaire et de continuer à honteusement exploiter.

    Combien de défenseurs de droits humains ont appuyé les indigènes de l'Équateur contre l'exploitation des minières canadiennes ?

    Ah! Les droits Zumains et la "Démocratie"... c'est bien utile!
    Monsieur Bush et toute son administration du «bien» nous l'ont rappelé combien de fois ?

    Tous ceux qui planifient des coups d'État en Amérique latine (Venezuela, Bolivie, Équateur, Cuba) parlent de "Démocratie".
    Il est temps de remettre les choses en place et il est temps de dénoncer la façon qu'ont certains à dénaturer les termes, les mots et les valeurs.

    Obama est-il honnête ou hypocrite ?

    S'il lui arrive un "accident", nous serons fixés.



    Serge Charbonneau
    Québec »

  • Marc M. Davignon
    Abonné
    lundi 11 mai 2009 10h10
    Est-ce vrai.
    « Nous sommes rendus à ce point blessé que nous ne pouvons plus croire que quelqu'un peut agir pour le bien commun!

    C'est vraiment rendu critique et pathétique. »

  • Pierre François Gagnon
    Inscrit
    lundi 11 mai 2009 11h45
    Tendance Trotsky, dites-vous?
    « «Tendance Trotsky, le théoricien de la révolution permanente. Donc du chaos.»

    Oui, les vrais CONTRE-RÉVOLUTIONNAIRES d'extrême droite, ce sont eux, tous ces psychopates de Wall street qu'il va falloir faire chuter et vite de leur piédestal multimilliardaire.

    Mais de grâce, n'allez pas les comparer un peu trop vite avec Trotsky qui était en fait un vrai révolutionnaire du Bien commun si pur et si dur qu'il s'est fait assassiné par les imposteurs qui ont coulé la révolution russe, trahi l'héritage de Lénine!

    Lisez bien ceci, il s'est opposé à ce boucher de Staline, ce génocidaire notoire: «S'étant opposé à Staline et à la bureaucratisation du régime, ce dernier le fait chasser du gouvernement (1924) et du Parti (1927), puis l'exile en Asie centrale avant de le bannir d'URSS (1929) et de le faire traquer et assassiner par le NKVD.» Réf.: http://fr.wikipedia.org/wiki/Trotsky »

  • Gilbert Scantland
    Abonné
    lundi 11 mai 2009 11h48
    Prendre l'argent là où il est
    « Oui, prendre l'argent là où il est, c'est-à-dire dans les paradis fiscaux, et non dans les poches de vous et moi. Voilà à quoi devraient s'employer tous les gouvernements de la terre et ce, depuis fort longtemps. Mais je suppose que personne ne crie encore assez fort sauf les milliardaires intéressés. Notre confort est-il encore trop grand ? »

  • Serge Beauchemin
    Abonné
    lundi 11 mai 2009 14h25
    Faut-il qu'Obama soit assassiné...?
    « Faut-il qu'Obama soit assassiné pour qu'on puisse croire qu'il fut honnête? »

  • Alain Lecompte
    Inscrit
    lundi 11 mai 2009 18h33
    Enfin un homme rationel!
    « Comment améliorer les USA? En réduisant à sa plus simple expression ce qui ne vas, et prendre une action direct. Voilà ce que fait Obama! La crasse spectaculaire des milliers financiers qui se donnent des bonus pour déficits (!) à de quoi vomir. À quand un 1er minsitre québecois interdisant TOUT bonus aux cadres et dirigenants, et leur rappellant que leur haut salaire..c'est ÇA leurs bonus! »

  • Serge Manzhos
    Inscrit
    mardi 12 mai 2009 01h46
    boumerang
    « l'evasion fiscale existe parce que l'imposition est modulee par l'Etat selon l'aire d'activit'e, la geographie, l'appartenance a des groupes sociales et meme raciales (e.g. autochtones)
    cette modulation est le resultat de la politique de redistribution mise en place par la meme sorte de gens qui maintenant nous ecrivent ces diatribes »

  • rodolphe bourgeoys
    Inscrit
    mardi 12 mai 2009 05h08
    @Beauchemin
    « et bien, de votre remarque on peut déduire qu'Obama vivra !!! »

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