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Les relations Cuba-États-Unis - L'inflexion d'Obama

Serge Truffaut   15 avril 2009  États-Unis
Si timide soit-elle, la levée de restrictions caractérisant les relations entre Cuba et les États-Unis annonce une modification plus profonde des rapports à moyen terme. Chose certaine, l'inflexion donnée par Barack Obama confirme l'échec de la politique suivie par les présidents américains de John Kennedy à George Bush.

Il y a quelques semaines à peine, le sénateur Richard Lugar, soit le plus expérimenté des républicains en affaires étrangères, un républicain, on le répète, écrivait qu'il serait temps «de reconnaître l'inefficacité de notre politique» à l'endroit de Cuba. Combinant embargo commercial et isolement diplomatique, cette dernière ne s'est en effet jamais traduite par un affaiblissement de Fidel Castro et ses principaux collaborateurs. Au contraire. Toujours est-il que le constat dressé par le plus influent des républicains en ces matières a été perçu par la Maison-Blanche comme un signal favorisant une modification dans la somme des interdits imposés par Washington depuis près de 50 ans.

Première précision, les mesures annoncées s'avèrent au fond un retour à la situation qui prévalait lorsque Bill Clinton présidait le pays. En permettant aux Cubanos-Américains de voyager, d'envoyer des cadeaux et de l'argent aux membres de leurs familles vivant sur l'île, Obama gomme en fait les restrictions arrêtées par Bush. Deuxième précision, le dossier étant propre à aiguiser les réactions les plus vives de la collectivité cubaine de la Floride, l'exécutif a pris soin de choisir un mandarin, un non-élu, pour rendre publique cette nouvelle politique.

Troisième précision, et non des moindres, ce changement a été formulé à quelques jours du sommet des chefs d'État d'Amérique latine qui se tiendra à Trinité-et-Tobago. Et alors? Ces derniers ont fait de la normalisation des liens entre Cuba et les États-Unis une de leurs priorités. Certains dirigeants sud-américains plus que d'autres, car ils espèrent qu'une telle normalisation diminuera quelque peu l'influence d'Hugo Chávez, le président du Venezuela.

Cela étant, la réaction cubaine aux modifications apportées par Obama ne fut pas signée, c'est à retenir, par Raùl Castro mais bien par son frère Fidel, qui s'est d'ailleurs empressé de souligner que tant et aussi longtemps que les États-Unis ne mettront pas un terme à l'embargo, il n'y aura évidemment pas de normalisation. Que la réponse ait été rédigée par Fidel et non Raùl confirme, comme si besoin était, que lorsqu'il s'agit des dossiers les plus importants, les plus délicats, celui-ci conserve la haute main.

Dans cette histoire ou plutôt en ce qui trait aux rapports politiques intra-muros qui ont cours à Cuba, on ne doit pas oublier que lors de sa nomination au poste de calife, Raùl a fait voter une proposition stipulant que sur les questions stratégiques, sociales, économiques et militaires, les députés devaient consulter El Leader Maximo. En clair, les notables du régime ont alloué un droit de veto à Fidel.

Depuis lors, des frictions ont été observées entre les deux frères, entre les deux courants. Autant Raùl milite pour une ouverture économique empruntant aux modèles chinois et vietnamien, autant Fidel affiche son opposition à toute injection de capitalisme en raison des écarts socioéconomiques que ces modèles ont produits. Si la soustraction d'interdits effectuée par Obama annonce un assouplissement, il ne faut pas s'attendre à davantage tant et aussi longtemps que l'horizon cubain sera quelque peu embrumé. L'horizon politique, il va sans dire.
 
 
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  • Serge Charbonneau
    Abonné
    mercredi 15 avril 2009 04h59
    Un petit pas dans la bonne direction
    Obama, bien qu'on minimise le pas qu'il a fait faire aux ÉU vers Cuba, a tout de même fait un bon pas.

    Nous sommes revenus à Clinton, semble-t-il, peut-être se rendra-t-on à Carter et finalement, peut-être que ces enfantillages impériaux vont être, pas à pas, abolis.

    Bien sûr, il ne faut pas rêver en couleur, mais si maintenant les ÉU écoutent, ils doivent entendre ce que tous les pays d'Amérique latine disent et ce que la quasi-unanimité de l'ONU dit: cet injuste embargo économique et politique doit être levé.

    Cuba évalue à 93 milliards de dollars le coût infligé à son économie par le «plus vieil embargo du monde».

    Il n'est pas inutile de rappeler que pour la 17e fois, eh oui! Depuis 1992, 17 années consécutives, les pays réunis à l'ONU ont voté majoritairement et depuis quelques années ils votent quasi unanimement pour la levée de cet injuste et stupide embargo.

    En octobre dernier sur 190 pays présents lors du vote, 185 ont voté pour la «Nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier imposé à Cuba par les États-Unis d'Amérique». 3 ont voté contre, soit : États-Unis, Israël et Palau.
    2 se sont abstenus : les îles Marshall et la Micronésie.

    Si les ÉU écoutent, ils doivent entendre ces 185 voix qui leur disent de cesser leur petite crise impériale et d'enfin laisser vivre cette île qui aimerait bien un jour s'en sortir.

    On ne peut qu'admirer la force de Cuba. Même avec la disparition de l'URSS, ce petit pays isolé a survécu. On a beau diaboliser Castro et traiter tous les Cubains et Cubaines d'animaux communistes, ce peuple est resté en très grande partie derrière son libérateur et a maintenu sa revolución pendant 50 ans.

    L'été dernier, j'ai passé un mois à La Havane, parmi les Cubains, non pas dans un centre touristique, mais dans un centre médical (le CIREN). J'y ai séjourné en tant qu'aide et interprète pour une amie gravement atteinte de sclérose en plaques.
    J'en ai profité pour discuter amplement de politique avec ces gens. Bien sûr ils et elles ne nient pas les difficultés qu'ils ont, mais ils et elles sont reconnaissant-es à Fidel Castro et à Ernesto Guevara de les avoir libéré de la dictature Batista et de la domination US.

    Des gens pauvres, vivants sans aucune commodité, mais instruits et en santé. Une chose m'a frappé: contrairement à bien des pays en Amérique latine, le taux de criminalité à Cuba est remarquablement bas. C'est le seul pays d'Amérique latine que j'ai visité en me sentant en parfaite sécurité. De plus, la corruption que l'on rencontre partout avec les autorités de ces pays latinos (police, armée, douane) est nulle.

    Un pays latino sans corruption, on a l'impression de rêver !
    La corruption est l'outil de l'oligarchie et des intérêts étrangers.
    Tous les pays d'Amérique latine ont été soumis avec ces sbires et ces fonctionnaires dont on graisse la patte pour garder la population en contrôle.
    Cuba a su se préserver de cette corruption qui fait rapidement tache d'huile. Pensons à l'Afghanistan, à l'Irak.


    Ce petit pas important que vient de faire Obama est-il le début d'une promenade pour rencontrer le Sud? C'est à souhaiter.
    C'est peut-être un premier pas.
    Il faut toujours un premier pas pour se rendre vers un but.

    Ce geste d'ouverture, ce n'est pas uniquement vers Cuba qu'il se fait, mais c'est aussi et surtout vers toute l'Amérique latine, même vers la bête noire de Washington.

    Les brillants analystes adorent scénariser:
    «Certains dirigeants sud-américains plus que d'autres, car ils espèrent qu'une telle normalisation diminuera quelque peu l'influence d'Hugo Chávez, le président du Venezuela.»
    On a l'impression de lire un scénario proposé à Hollywood!

    15 présidents de la région ont visité Castro la dernière année. Même Sarkozy en février dernier a envoyé "un émissaire spécial" à Cuba. Jack Lang ce député socialiste du Pas-de-Calais.
    On disait qu'il était "porteur d'un message du président" Sarkozy.
    Raúl s'est empressé de lancer une invitation au président français.
    http://www.leparisien.fr/politique/sarkozy-invite-

    Non, malgré le stupide et injuste embargo US, Cuba n'est plus une île isolée.
    Bien qu'officiellement Cuba ne soit pas au programme de Trinidad, il est fort probable que les participants profitent de l'occasion pour continuer à faire pression sur Washington. Et le nouveau locataire de la Maison Blanche, souvent imprévisible et surprenant, pourrait peut-être faire un coup d'éclat.
    Je suis bien conscient que je rêve un peu en couleur, mais bon... pourquoi pas?

    Pour alimenter votre réflexion concernant Cuba, je vous invite à lire Léo-Paul Lauzon, la bête noire de l'économie néolibérale. Il nous rapporte un article de Business Week décrivant la reprise de l'économie cubaine.

    « La vigoureuse croissance économique de Cuba »
    Léo-Paul Lauzon

    http://archives.lautjournal.info/autjourarchives.a


    Serge Charbonneau
    Québec

  • Serge Manzhos
    Inscrit
    mercredi 15 avril 2009 05h08
    "l'échec de la politique ...", vraiment?
    On est vite à proclamer l'échec d'une politique américaine, surtout quand l'on préfère des choix de société différents de ceux des américains. Regardez les statistiques, les photos, parlez aux cubains - le pays est a genoux, son poids est nul en dépit de sa position stratégique. Le long isolement forcé par les Etats-Unis a fait son travail car aux temps modernes il n'est pas possible de prospérer sans commerce florissante quand on est si petit. La politique américaine a été un succès, pas un fiasco.
    Le changement annoncé d'attitude américaine en est la suite logique ; cette histoire suit son cours et commence a tirer a sa fin. Les vieux et marasmatiques vont mourir, la vie changera sur l'ile.

  • Brun Bernard
    Inscrit
    mercredi 15 avril 2009 06h59
    Ouvrir les prisons.
    Pour bien connaître Cuba parce que j'y ai eu de larges relations pour mes recherches en sociologie, on peut dire que le peuple cubain restera bloqué encore un certain temps pour cause de non volonté démocratique des dirigeants de l'île. Obama peut un peu mais pas tout. C'est écrit dans la constitution américaine qu'il faut demander l'accord du Congrès pour lever l'embargo. Il faudrait aussi que ce régime ouvre les portes de ses prisons et commencent à penser au peuple pour lequel il s'exprime. Le peuple cubain est un des derniers peuples à être enfermé dans un régime totalitaire qui n'a pas encore franchi le pas vers un autre totalitarisme plus subtil et plus puissant puisqu'inédit dans la culture occidentale, le marché.. Comment justifier un régime totalitaire, qui le pourrait? Voir revenir les riches propriétaires cubains qui vivent aux States, sera comme une véritable gifle faire encore à ce peuple continuant à souffrir. Castro comme dinosaure stalinien à la cubano comme le mojito avec de la menthe n'a rien compris à son pays ni à son peuple. Dommage Obama va aider à ce respect, un peu mais pas tout. Le reste de l'Amérique latine se lève pour le marché non la liberté qui elle est devenue une notion très décriée dans notre troisième millénaire. C'est triste que ce ne soit pas « le principe de réalité » qui compte seulement la liberté du « principe du plaisir ». Povre cubano.

  • oscar Fortin
    Abonné
    mercredi 15 avril 2009 07h44
    Le blocus économique contre Cuba
    Il est pertinent de rappeler que depuis plus de 15 ans,sinon plus, l'Assemblée générale des Nations Unies condamne, année après année, à 97% de ses membres (192 pays) ce Blocus qui va à l'encontre du Droit international. C'est donc beaucoup plus qu'une simple demande d'un petit groupe de pays latino-américains. Dans ce cas, nous pouvons parler d'une demande insistante de la "Communauté internationale". S'il y a le Venezuela, il y a également le Chili dont la Présidente, au terme de sa visite à Moscou, s'est associé le Président russe pour demander la levée de ce "blocus". Une enquête publiée hier dans les journaux américains faisait ressortir que 70% des américains seraient d'accord pour mettre un terme à ce blocus. Il est vrai que le lobby des cubains de Miami est très fort, mais aucunement majoritaire. En ce sens on peut se demander dans quel sens devrait aller la décision d'Obama pour être vraiment être démocratique et respectueuse du droit international.

  • Jean-Pierre Audet
    Abonné
    mercredi 15 avril 2009 09h01
    Fidel ou Raùl ?
    Si M. Truffaut est bien renseigné, « lorsqu'il s'agit des dossiers les plus importants, les plus délicats, celui-ci (Fidel) conserve la haute main. » Fidel reste donc fidèle (!), après tant d'années, à ses convictions de révolutionnaire avec Che Guevara, contre le sinistre Batista ! S'il avait conservé sa santé, cet homme représenterait à lui seul la résistance de David contre Goliath, et ce durant tant de décennies. Il faut le faire. Je lui lève mon chapeau. Avec lui disparaîtra la seule enclave véritablement socialiste dans un monde pourri jusqu'à l'os par les excès évidents d'un capitalisme devenu incontrôlable et qui s'écroule sous le poids de ses propres excès. Il y a bien Hugo Chavez au Venezuela. Mais je ne suis pas certain qu'il ait la même intégrité profonde que Fidel l'unique.

  • Simon Chamberland
    Inscrit
    mercredi 15 avril 2009 19h50
    M. Bernard risque gros
    M. Brun Bernard, vous risquez gros à ne pas louanger Cuba, Castro et la Révolution.

    Pour les fidèles admirateurs de Castro et du sadique boucher de la Cabaña, Ernesto Guevara, celui que habite les fantasmes des héritières de la gauche caviar, le monde est divisé en 2 : les bons et les méchants, les méchants étant les Américains (encore plus s'ils sont républicains), les capitalistes ou les rationnels.

    Ne tentez pas de discuter, ils savent qu'ils ont raison : parler à un Cubain leur a tout appris, nonobstant que ce Cubain ne risquera jamais de critiquer le régime.

  • Claude L'Heureux
    Abonné
    mercredi 15 avril 2009 22h11
    Quels changements ?
    Je souhaite la fin de l'embargo mais pas la fin du régime visionnaire, oui, visionnaire que tout l'occident a intérêt à étudier en ces temps de catastrophes capitalistes. Je partage les opinions de messieurs Audet et Grenier et souhaite que Cuba, contrairement à tous les autres États dit libres (libertés aus oligarques de piller nos ressources et nos impôts), continu, dis-je, à défendre les intérêts du peuple. Ici l'on jugule les opposants au développement sauvage, là on réprime les opposants au bien de la majorité Cubaine. Si la fin de l'embargo ne permet pas l'amélioration des conditions de vie des cubains alors là je me poserai des questions.

    Claude L'Heureux, Québec

  • Brun Bernard
    Inscrit
    jeudi 16 avril 2009 09h52
    M Simon Chamberland, l'ignorance est un crime.
    Merci. Je connais fort bien ce pays et ses universitaires comme les pauvres « obreros y peones tambien». J'ai trouvé remarquable le film sur le Buena Vista de Wenders car il parlait de Cuba d'une manière si précise mais en coin. Comme dans la langue cubaine habituée à dire l'essentiel en dehors du cadre sémantique normal. Tout régime totalitaire a sa nouvelle langue, Cuba n'est pas en reste. Encore faut-il bien maitriser l'espagnol pour le comprendre.

    Il est vrai qu'en Occident il y a une tendance à voir la vie comme un western de Sergio Leone, Le bon la brute et le truand. Cuba est un régime totalitaire qui a tué ses poètes, ses penseurs, ses intellectuels et a fait taire depuis plus de 40 ans toute possibilité de créer un avenir. Comment peut-on légitimer ce régime? On dit qu'il n'y a pas de corruption. C'est fou de dire une chose pareille.

    M Charbonneau a écrit : « contrairement à bien des pays en Amérique latine, le taux de criminalité à Cuba est remarquablement bas. C'est le seul pays d'Amérique latine que j'ai visité en me sentant en parfaite sécurité. De plus, la corruption que l'on rencontre partout avec les autorités de ces pays latinos (police, armée, douane) est nulle. »

    C'est absolument délirant car en Espagne sous Franco, c'était la même chose. Pourtant le régime fasciste n'était pas communiste. C'était très calme malgré la pauvreté dans les pays de l'Est aussi. La police n'est pas seulement en uniforme, c'est votre frère aussi, vos amis (voyez Milan Kundera ou Hrabal chez les tchèques). On ne comprend rien à ces régimes si on n'a pas connaissance basique des règles totalitaires communistes ou fascistes. Sous Franco, une femme n'était pas violée et il n'y avait pas de drogues dans la rue. Maintenant, allez à Madrid ou Barcelone, vous y verrez la liberté s'exprimer ou si vous ne voulez pas voyager, voyez les films d'Almodovar. Ceux qui font apologie de ce régime prouvent qu'ils ne le connaissent pas du tout.

    Au lendemain de la Révolution cubaine on ferma l'important journal Lunes de Revolución. Des gays mis en prison; Le dramaturge Virgilio Piñera jeté en prison pour homosexualité en 1961 et sera censuré par la suite; le merveilleux et magnifique Reinaldo Arenas (1943-1990) fut également persécuté puis interné dans un camp de travail pour cause d'homosexualité mais aussi de libre pensée. Je l'avais rencontré à NYC en 1987. En 1971, le poète Heberto Padilla arrêté aussi et emprisonné par la Sécurité de l'État en se livrant sous la contrainte à son autocritique publiquement. María Elena Cruz Varela fut obligée d'avaler ses poèmes en présence de sa fille puis fut emprisonnée pendant deux ans (1991-1993). Elle signa en 1991 avec un groupe d'intellectuels, la « Lettre des dix » réclamant le rétablissement des libertés démocratiques à Cuba. Après avoir passé deux ans en prison, elle a été obligée de partir en exil, comme les autres signataires. Cuba no libre, disait-on dans ces temps qui n'ont guère changés jusqu'à aujourd'hui. Toujours sous Castro. On le voit avec la passation des pouvoirs pour le frère de Castro. Une dynastie comme les aiment les latinos. L'ignorance, c'est très dangereux. C'est la même chose pour ces imbéciles qui croient qu'Obama et Hitler c'est la même chose ou ces jeunes en France qui font des concerts en l'honneur de la race blanche supérieure et pour l'anniversaire d'Hitler. L'ignorance est dangereuse. Merci.

  • Serge Charbonneau
    Abonné
    jeudi 16 avril 2009 16h36
    Monsieur Brun dit
    Monsieur Brun dit:
    «Cuba est un régime totalitaire qui a tué ses poètes»


    OLVIDO

    Soltó el arco de tu olvido
    una bandada de flechas.
    Eran viejas frases hechas,
    mas qué certeras han sido.

    Todas a clavarse han ido
    en el centro de mi pecho.

    Quedó el orgullo deshecho,
    luego vino el arrebato,
    y aquel fuego en tu retrato,
    y aquel fantasma en el lecho.



    SILUETA

    Orillabas el camino
    reclamando algún abrazo
    y se fue apretando un lazo
    en las curvas del destino.

    Fue tu canto un peregrino
    ruiseñor de amarga quena.
    Y al zozobrar en la arena
    regateada por el mundo,
    se fue moldeando - profundo -
    la sueta de tu pena.

    Deux poèmes d'un poète épargné par le démoniaque Castro.
    Jesús Fuentes Guerra en plus d'être poète est ce que l'on peut appeler un "intellectuel".
    Il m'a offert son livre lors de notre chaleureuse rencontre à La Havane.
    Il a 58 ans, il est philosophe, poète, essayiste et professeur d'allemand.
    Il vit à Cienfuego, le village où il y a une raffinerie remise sur pied avec le concours de la bête noire de Washington.

    Il semble qu'il existe deux mondes.
    Celui que j'ai vu et celui que Monsieur Brun nous décrit.

    Monsieur Brun qui a fait des études poussées et sérieuses en sociologie à Cuba.
    Monsieur Brun qui est chercheur et professeur à l'université.
    On dit que Monsieur Brun est même consultant auprès de l'ONU.
    Monsieur Brun parle couramment l'espagnol, il nous le démontre et sa culture est considérable.
    Il a connu le régime de Franco et sa crédibilité ne peut guère être mise en doute.
    Il a un CV solide et sérieux Monsieur Brun.

    Il a sans doute raison lorsqu'il nous décrit Cuba.
    J'ai probablement tort.
    Peu importe, il n'y a qu'une seule réalité.

    Tout ce que je peux dire c'est que le régime totalitaire de Cuba n'a pas réussi à tuer tous les poètes, penseurs et intellectuels. Le régime n'a pas réussi à faire taire tous ces Cubains et ces Cubaines même en 50 ans de dictature sanguinaire. J'ai eu l'impression que l'avenir était toujours possible à Cuba.

    Définitivement, il existe deux mondes distincts dans l'esprit des gens. Pour un groupe c'est celui de Monsieur Brun, celui des Cubains de Miami.
    Pour d'autres, les choses sont plus nuancées.

    Monsieur Brun aime avant tout avoir raison. Je lui dis, si cela peut le soulager, qu'il peut considérer que j'ai tort. Je n'ai aucun problème à lui donner raison, je sais bien qu'il n'y a qu'une seule réalité et j'invite tout le monde à bien la scruter.

    La réalité est toujours plus forte que les opinions et en général, avec le temps, c'est elle qui a le dernier mot.

    Vous avez bien raison Monsieur Brun l'ignorance est désastreuse et peut avoir des conséquences criminelles.


    Serge Charbonneau
    Québec

    P.S.: Sûrement pas aussi bien que vous Monsieur Brun, mais je me débrouille un peu en espagnol.

  • Serge Charbonneau
    Abonné
    jeudi 16 avril 2009 16h39
    Coordonnées du livre de M. Fuentes Guerra
    Las antiguas criaturas
    del paisaje

    Ediciones Mecenas

    Cienfuegos, Cuba 2007

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