Les relations Cuba-États-Unis - L'inflexion d'Obama
Si timide soit-elle, la levée de restrictions caractérisant les relations entre Cuba et les États-Unis annonce une modification plus profonde des rapports à moyen terme. Chose certaine, l'inflexion donnée par Barack Obama confirme l'échec de la politique suivie par les présidents américains de John Kennedy à George Bush.
Il y a quelques semaines à peine, le sénateur Richard Lugar, soit le plus expérimenté des républicains en affaires étrangères, un républicain, on le répète, écrivait qu'il serait temps «de reconnaître l'inefficacité de notre politique» à l'endroit de Cuba. Combinant embargo commercial et isolement diplomatique, cette dernière ne s'est en effet jamais traduite par un affaiblissement de Fidel Castro et ses principaux collaborateurs. Au contraire. Toujours est-il que le constat dressé par le plus influent des républicains en ces matières a été perçu par la Maison-Blanche comme un signal favorisant une modification dans la somme des interdits imposés par Washington depuis près de 50 ans.
Première précision, les mesures annoncées s'avèrent au fond un retour à la situation qui prévalait lorsque Bill Clinton présidait le pays. En permettant aux Cubanos-Américains de voyager, d'envoyer des cadeaux et de l'argent aux membres de leurs familles vivant sur l'île, Obama gomme en fait les restrictions arrêtées par Bush. Deuxième précision, le dossier étant propre à aiguiser les réactions les plus vives de la collectivité cubaine de la Floride, l'exécutif a pris soin de choisir un mandarin, un non-élu, pour rendre publique cette nouvelle politique.
Troisième précision, et non des moindres, ce changement a été formulé à quelques jours du sommet des chefs d'État d'Amérique latine qui se tiendra à Trinité-et-Tobago. Et alors? Ces derniers ont fait de la normalisation des liens entre Cuba et les États-Unis une de leurs priorités. Certains dirigeants sud-américains plus que d'autres, car ils espèrent qu'une telle normalisation diminuera quelque peu l'influence d'Hugo Chávez, le président du Venezuela.
Cela étant, la réaction cubaine aux modifications apportées par Obama ne fut pas signée, c'est à retenir, par Raùl Castro mais bien par son frère Fidel, qui s'est d'ailleurs empressé de souligner que tant et aussi longtemps que les États-Unis ne mettront pas un terme à l'embargo, il n'y aura évidemment pas de normalisation. Que la réponse ait été rédigée par Fidel et non Raùl confirme, comme si besoin était, que lorsqu'il s'agit des dossiers les plus importants, les plus délicats, celui-ci conserve la haute main.
Dans cette histoire ou plutôt en ce qui trait aux rapports politiques intra-muros qui ont cours à Cuba, on ne doit pas oublier que lors de sa nomination au poste de calife, Raùl a fait voter une proposition stipulant que sur les questions stratégiques, sociales, économiques et militaires, les députés devaient consulter El Leader Maximo. En clair, les notables du régime ont alloué un droit de veto à Fidel.
Depuis lors, des frictions ont été observées entre les deux frères, entre les deux courants. Autant Raùl milite pour une ouverture économique empruntant aux modèles chinois et vietnamien, autant Fidel affiche son opposition à toute injection de capitalisme en raison des écarts socioéconomiques que ces modèles ont produits. Si la soustraction d'interdits effectuée par Obama annonce un assouplissement, il ne faut pas s'attendre à davantage tant et aussi longtemps que l'horizon cubain sera quelque peu embrumé. L'horizon politique, il va sans dire.
Il y a quelques semaines à peine, le sénateur Richard Lugar, soit le plus expérimenté des républicains en affaires étrangères, un républicain, on le répète, écrivait qu'il serait temps «de reconnaître l'inefficacité de notre politique» à l'endroit de Cuba. Combinant embargo commercial et isolement diplomatique, cette dernière ne s'est en effet jamais traduite par un affaiblissement de Fidel Castro et ses principaux collaborateurs. Au contraire. Toujours est-il que le constat dressé par le plus influent des républicains en ces matières a été perçu par la Maison-Blanche comme un signal favorisant une modification dans la somme des interdits imposés par Washington depuis près de 50 ans.
Première précision, les mesures annoncées s'avèrent au fond un retour à la situation qui prévalait lorsque Bill Clinton présidait le pays. En permettant aux Cubanos-Américains de voyager, d'envoyer des cadeaux et de l'argent aux membres de leurs familles vivant sur l'île, Obama gomme en fait les restrictions arrêtées par Bush. Deuxième précision, le dossier étant propre à aiguiser les réactions les plus vives de la collectivité cubaine de la Floride, l'exécutif a pris soin de choisir un mandarin, un non-élu, pour rendre publique cette nouvelle politique.
Troisième précision, et non des moindres, ce changement a été formulé à quelques jours du sommet des chefs d'État d'Amérique latine qui se tiendra à Trinité-et-Tobago. Et alors? Ces derniers ont fait de la normalisation des liens entre Cuba et les États-Unis une de leurs priorités. Certains dirigeants sud-américains plus que d'autres, car ils espèrent qu'une telle normalisation diminuera quelque peu l'influence d'Hugo Chávez, le président du Venezuela.
Cela étant, la réaction cubaine aux modifications apportées par Obama ne fut pas signée, c'est à retenir, par Raùl Castro mais bien par son frère Fidel, qui s'est d'ailleurs empressé de souligner que tant et aussi longtemps que les États-Unis ne mettront pas un terme à l'embargo, il n'y aura évidemment pas de normalisation. Que la réponse ait été rédigée par Fidel et non Raùl confirme, comme si besoin était, que lorsqu'il s'agit des dossiers les plus importants, les plus délicats, celui-ci conserve la haute main.
Dans cette histoire ou plutôt en ce qui trait aux rapports politiques intra-muros qui ont cours à Cuba, on ne doit pas oublier que lors de sa nomination au poste de calife, Raùl a fait voter une proposition stipulant que sur les questions stratégiques, sociales, économiques et militaires, les députés devaient consulter El Leader Maximo. En clair, les notables du régime ont alloué un droit de veto à Fidel.
Depuis lors, des frictions ont été observées entre les deux frères, entre les deux courants. Autant Raùl milite pour une ouverture économique empruntant aux modèles chinois et vietnamien, autant Fidel affiche son opposition à toute injection de capitalisme en raison des écarts socioéconomiques que ces modèles ont produits. Si la soustraction d'interdits effectuée par Obama annonce un assouplissement, il ne faut pas s'attendre à davantage tant et aussi longtemps que l'horizon cubain sera quelque peu embrumé. L'horizon politique, il va sans dire.
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