Al-Qaïda dans la mire d'Obama
Le président américain dévoile sa politique pour l'Afghanistan, qui tiendra aussi compte du Pakistan voisin
Photo : Agence Reuters
Barack Obama était flanqué de la secrétaire d’État, Hillary Clinton, et du secrétaire à la Défense, Robert Gates.
La nouvelle stratégie américaine pour rétablir la paix en Afghanistan inscrit son voisin, le Pakistan, au coeur de la solution. En dévoilant ses intentions hier, le président Obama a également annoncé l'envoi de 4000 soldats supplémentaires en Afghanistan pour former la police et l'armée.
D'entrée de jeu, le président américain a expliqué que l'objectif de Washington dans cette région du monde vise clairement al-Qaïda. «Nous ne sommes pas en Afghanistan pour contrôler le pays ou dicter son avenir, a dit Barack Obama. Les Américains doivent comprendre que nous avons un but clair et précis: déranger, démanteler et détruire al-Qaïda au Pakistan et en Afghanistan, et empêcher leur retour dans l'un ou l'autre de ces pays dans l'avenir.» Barack Obama s'est assuré d'être bien compris. «Cet objectif doit être atteint, a-t-il prévenu. C'est une cause qui ne saurait être plus juste. Et aux terroristes qui s'opposent à nous, mon message est le même: nous vous vaincrons.»
La nouvelle stratégie américaine en Afghanistan, dévoilée hier matin à Washington, repose sur quatre piliers: l'envoi de troupes supplémentaires de combat; l'ajout de soldats pour accélérer la formation de la police et de l'armée afghanes; l'envoi de renforts civils pour aider le développement de l'Afghanistan et du Pakistan; et finalement, une approche régionale de la sécurité qui place le Pakistan au coeur de l'équation pour la première fois.
La situation à la frontière pakistano-afghane est «de plus en plus périlleuse», a dit Barack Obama. C'est dans ces zones tribales du Waziristan, qui échappent à l'autorité d'Islamabad, que les talibans et al-Qaïda organisent les attaques en Afghanistan, s'entraînent et font entrer les armes de l'autre côté de la frontière. C'est aussi de cet endroit qu'al-Qaïda prépare les attentats qui ont lieu un peu partout sur la planète, a soutenu Barack Obama.
Ce sanctuaire des talibans et d'al-Qaïda est l'endroit «le plus dangereux du monde», a dit le président des États-Unis. Et parce que «la violence ne connaît pas de frontière» dans cette région à cheval entre l'Afghanistan et le Pakistan, il faut une stratégie qui englobe les deux pays, a-t-il ajouté.
Les responsables américains, pakistanais et afghans feront le point sur la situation toutes les six à huit semaines. «Le Pakistan a besoin de notre aide pour combattre al-Qaïda, a dit Obama. Mais après des années de résultats mitigés, nous n'allons pas donner un chèque en blanc.»
Il n'est toutefois pas clair encore comment les États-Unis pourront aider le Pakistan à s'imposer dans cette région tribale. D'autres détails pourraient suivre la semaine prochaine, lors de la rencontre internationale sur l'Afghanistan qui aura lieu à La Haye, aux Pays-Bas.
Selon Jocelyn Coulon, directeur du Réseau francophone sur les opérations de paix de l'Université de Montréal, le virage pakistanais des États-Unis aurait dû être fait il y a longtemps. «Ça montre l'échec des États-Unis et de la communauté internationale depuis huit ans. Il était temps!», dit-il.
Mais encore faut-il que le Pakistan, qui a des problèmes de politique intérieure, soit en mesure de collaborer. «Les problèmes du Pakistan ne viennent pas seulement d'al-Qaïda. Il y a des provinces entières qui sont à l'abandon depuis l'indépendance du pays», dit M. Coulon.
Le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Shah Mahmoud Qureshi, a affirmé hier que son pays jouerait «un rôle constructif». «Nous avons coopéré et nous continuerons de coopérer avec l'administration Obama», a-t-il déclaré.
Le président afghan, Hamid Karzaï, a salué lui aussi le plan Obama, qui «rapprochera l'Afghanistan et la communauté internationale du succès».
Au Canada, le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, a accueilli «très favorablement» le plan Obama, soulignant que le Canada avait déjà entrepris un virage vers le développement et la formation des forces de sécurité afghanes.
Plus de civils
Outre l'accent qui sera mis sur la frontière pakistano-afghane, le plan américain prévoit aussi l'envoi de centaines de civils en Afghanistan pour accélérer le développement et la reconstruction du pays.
Il faut des ingénieurs, des spécialistes agricoles, des avocats et ainsi de suite pour aider ces deux pays, a dit le président. «Nos efforts échoueront en Afghanistan et au Pakistan si nous n'investissons pas dans leur avenir.»
En plus de l'aide militaire déjà importante, Washington débloquera 7,5 milliards $US sur cinq ans pour aider au développement du Pakistan, notamment pour reconstruire des routes, des hôpitaux et des écoles, mais aussi pour renforcer la démocratie.
Il faudra toutefois attendre de voir si la société civile répondra à la demande du président, affirme Jocelyn Coulon. «C'est facile d'obliger des soldats à se déployer, mais c'est plus difficile avec des civils. Avec le nombre d'Occidentaux qui sont attaqués en Afghanistan, je ne suis pas certain qu'il va y avoir beaucoup de volontaires.»
L'administration américaine avait déjà annoncé cet hiver l'envoi de 17 000 soldats supplémentaires en Afghanistan pour combattre une insurrection qui prend de l'ampleur.
Hier, le président a annoncé le déploiement de 4000 autres militaires, cette fois pour accélérer la formation de l'armée et de la police afghane. L'objectif est d'avoir une force de police de 82 000 hommes d'ici 2011. Environ la moitié du chemin a été fait. Dans le cas de l'armée afghane, on veut faire passer les effectifs de 80 000 à 134 000 soldats, d'ici 2011.
D'entrée de jeu, le président américain a expliqué que l'objectif de Washington dans cette région du monde vise clairement al-Qaïda. «Nous ne sommes pas en Afghanistan pour contrôler le pays ou dicter son avenir, a dit Barack Obama. Les Américains doivent comprendre que nous avons un but clair et précis: déranger, démanteler et détruire al-Qaïda au Pakistan et en Afghanistan, et empêcher leur retour dans l'un ou l'autre de ces pays dans l'avenir.» Barack Obama s'est assuré d'être bien compris. «Cet objectif doit être atteint, a-t-il prévenu. C'est une cause qui ne saurait être plus juste. Et aux terroristes qui s'opposent à nous, mon message est le même: nous vous vaincrons.»
La nouvelle stratégie américaine en Afghanistan, dévoilée hier matin à Washington, repose sur quatre piliers: l'envoi de troupes supplémentaires de combat; l'ajout de soldats pour accélérer la formation de la police et de l'armée afghanes; l'envoi de renforts civils pour aider le développement de l'Afghanistan et du Pakistan; et finalement, une approche régionale de la sécurité qui place le Pakistan au coeur de l'équation pour la première fois.
La situation à la frontière pakistano-afghane est «de plus en plus périlleuse», a dit Barack Obama. C'est dans ces zones tribales du Waziristan, qui échappent à l'autorité d'Islamabad, que les talibans et al-Qaïda organisent les attaques en Afghanistan, s'entraînent et font entrer les armes de l'autre côté de la frontière. C'est aussi de cet endroit qu'al-Qaïda prépare les attentats qui ont lieu un peu partout sur la planète, a soutenu Barack Obama.
Ce sanctuaire des talibans et d'al-Qaïda est l'endroit «le plus dangereux du monde», a dit le président des États-Unis. Et parce que «la violence ne connaît pas de frontière» dans cette région à cheval entre l'Afghanistan et le Pakistan, il faut une stratégie qui englobe les deux pays, a-t-il ajouté.
Les responsables américains, pakistanais et afghans feront le point sur la situation toutes les six à huit semaines. «Le Pakistan a besoin de notre aide pour combattre al-Qaïda, a dit Obama. Mais après des années de résultats mitigés, nous n'allons pas donner un chèque en blanc.»
Il n'est toutefois pas clair encore comment les États-Unis pourront aider le Pakistan à s'imposer dans cette région tribale. D'autres détails pourraient suivre la semaine prochaine, lors de la rencontre internationale sur l'Afghanistan qui aura lieu à La Haye, aux Pays-Bas.
Selon Jocelyn Coulon, directeur du Réseau francophone sur les opérations de paix de l'Université de Montréal, le virage pakistanais des États-Unis aurait dû être fait il y a longtemps. «Ça montre l'échec des États-Unis et de la communauté internationale depuis huit ans. Il était temps!», dit-il.
Mais encore faut-il que le Pakistan, qui a des problèmes de politique intérieure, soit en mesure de collaborer. «Les problèmes du Pakistan ne viennent pas seulement d'al-Qaïda. Il y a des provinces entières qui sont à l'abandon depuis l'indépendance du pays», dit M. Coulon.
Le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Shah Mahmoud Qureshi, a affirmé hier que son pays jouerait «un rôle constructif». «Nous avons coopéré et nous continuerons de coopérer avec l'administration Obama», a-t-il déclaré.
Le président afghan, Hamid Karzaï, a salué lui aussi le plan Obama, qui «rapprochera l'Afghanistan et la communauté internationale du succès».
Au Canada, le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, a accueilli «très favorablement» le plan Obama, soulignant que le Canada avait déjà entrepris un virage vers le développement et la formation des forces de sécurité afghanes.
Plus de civils
Outre l'accent qui sera mis sur la frontière pakistano-afghane, le plan américain prévoit aussi l'envoi de centaines de civils en Afghanistan pour accélérer le développement et la reconstruction du pays.
Il faut des ingénieurs, des spécialistes agricoles, des avocats et ainsi de suite pour aider ces deux pays, a dit le président. «Nos efforts échoueront en Afghanistan et au Pakistan si nous n'investissons pas dans leur avenir.»
En plus de l'aide militaire déjà importante, Washington débloquera 7,5 milliards $US sur cinq ans pour aider au développement du Pakistan, notamment pour reconstruire des routes, des hôpitaux et des écoles, mais aussi pour renforcer la démocratie.
Il faudra toutefois attendre de voir si la société civile répondra à la demande du président, affirme Jocelyn Coulon. «C'est facile d'obliger des soldats à se déployer, mais c'est plus difficile avec des civils. Avec le nombre d'Occidentaux qui sont attaqués en Afghanistan, je ne suis pas certain qu'il va y avoir beaucoup de volontaires.»
L'administration américaine avait déjà annoncé cet hiver l'envoi de 17 000 soldats supplémentaires en Afghanistan pour combattre une insurrection qui prend de l'ampleur.
Hier, le président a annoncé le déploiement de 4000 autres militaires, cette fois pour accélérer la formation de l'armée et de la police afghane. L'objectif est d'avoir une force de police de 82 000 hommes d'ici 2011. Environ la moitié du chemin a été fait. Dans le cas de l'armée afghane, on veut faire passer les effectifs de 80 000 à 134 000 soldats, d'ici 2011.
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