New York salue l'arrivée d'Obama - Le coeur de Harlem bat la chamade pour Obama
New York — Harlem, coeur de l'Amérique noire, battait la chamade hier. Le long de la 125e Rue, aussi baptisée boulevard Martin Luther King, soufflait le vent de changement tant annoncé pendant la campagne présidentielle américaine, changement auquel peu n'osaient croire. Une effervescence rarement égalée balayait ce quartier dont les résidants versent habituellement dans le cynisme, convaincus que les préoccupations de Washington sont bien loin des leurs.
Plus maintenant. Partout, des bribes du discours de Barack Obama s'échappaient des restaurants, des échoppes de barbiers, des commerces et d'autres lieux de rassemblement où avaient lieu les nombreuses viewing parties, ces projections festives de la cérémonie d'investiture présidentielle.
«La communauté noire se sentait ignorée par le gouvernement, particulièrement par la dernière administration et son mépris de la population de la Nouvelle-Orléans», s'est exclamée Denise Brown, enseignante à la retraite. «Maintenant, nous sommes le gouvernement!» a-t-elle ajouté avant de souhaiter une joyeuse inauguration à quelques passants arborant le visage du futur président sur leur chandail.
La 7e
Au coin de la 7e Avenue, des milliers de personnes avaient bravé le froid pour assister à distance à la cérémonie, diffusée sur des écrans géants. Deux soeurs, Caren et Norma Daley, étaient parmi les premières à faire le pied de grue. C'est avec émotion que la plus vieille, âgée de 43 ans, a sorti de sa poche une photo de leur mère, avant d'expliquer: «Ma mère a connu la ségrégation. Elle était de la génération qu'on a refoulée à la section réservée aux Noirs, à l'arrière de l'autobus. Elle est morte il y a trois ans du cancer, et elle aurait tellement voulu voir ce jour arriver.»
Pour sa part, Nastasia Johnston, 16 ans, est venue du Queens, la circonscription voisine. «Je veux pouvoir dire à mes enfants et à mes petits-enfants que j'étais ici, à Harlem, pour ce jour historique», a-t-elle lancé en remontant la fermeture éclair du manteau de son petit frère, Georges, 10 ans.
En plus des éternels bâtonnets d'encens et des flacons d'onguent à base de beurre de karité, les stands des vendeurs ambulants regorgeaient de bannières à l'effigie du 44e président des États-Unis, de macarons portant l'inscription «Nous avons créé l'Histoire» ou «Yes we did», en écho au fameux «Yes we can» de la campagne électorale.
Au théâtre Apollo
À l'illustre théâtre Apollo, un écran géant était tendu au-dessus des planches foulées par les grands de la culture noire américaine — Billie Holiday, Stevie Wonder, James Brown, etc. Une foule bigarrée, représentative de toutes les ethnies, attendait avec impatience l'allocution retransmise en direct de Barack Obama, applaudissant à tout rompre quand le futur président est apparu, mais huant et sifflant à la vue occasionnelle du président ou du vice-président sortant.
L'atmosphère était parfois grave et solennelle. Certains pouvaient être aperçus en train de hocher la tête et de s'essuyer les yeux, comme ce placier de 82 ans à la barbe poivre et sel. «C'est l'un des plus beaux jours de ma vie», a-t-il laissé tomber à la fin du discours inaugural, alors qu'une joyeuse clameur s'emparait de la foule, en ovation debout pendant quelques minutes, scandant «Yes we can! Yes we can!».
À quelques pâtés de maisons de là, au coin du boulevard Malcolm X, une foule s'était entassée dans un désordre joyeux chez Silvia's, la reine du soulfood, pour boire du champagne et célébrer le début d'une nouvelle ère. Bryan Clayton était là, avec sa fille de douze ans. «Je n'ai jamais même osé rêver devenir président des États-Unis, expliquait-il, mais je tiens à ce que ma fille sache que c'est possible, qu'elle pourra devenir ce qu'elle veut lorsqu'elle sera adulte.»
Collaboratrice spéciale
Plus maintenant. Partout, des bribes du discours de Barack Obama s'échappaient des restaurants, des échoppes de barbiers, des commerces et d'autres lieux de rassemblement où avaient lieu les nombreuses viewing parties, ces projections festives de la cérémonie d'investiture présidentielle.
«La communauté noire se sentait ignorée par le gouvernement, particulièrement par la dernière administration et son mépris de la population de la Nouvelle-Orléans», s'est exclamée Denise Brown, enseignante à la retraite. «Maintenant, nous sommes le gouvernement!» a-t-elle ajouté avant de souhaiter une joyeuse inauguration à quelques passants arborant le visage du futur président sur leur chandail.
La 7e
Au coin de la 7e Avenue, des milliers de personnes avaient bravé le froid pour assister à distance à la cérémonie, diffusée sur des écrans géants. Deux soeurs, Caren et Norma Daley, étaient parmi les premières à faire le pied de grue. C'est avec émotion que la plus vieille, âgée de 43 ans, a sorti de sa poche une photo de leur mère, avant d'expliquer: «Ma mère a connu la ségrégation. Elle était de la génération qu'on a refoulée à la section réservée aux Noirs, à l'arrière de l'autobus. Elle est morte il y a trois ans du cancer, et elle aurait tellement voulu voir ce jour arriver.»
Pour sa part, Nastasia Johnston, 16 ans, est venue du Queens, la circonscription voisine. «Je veux pouvoir dire à mes enfants et à mes petits-enfants que j'étais ici, à Harlem, pour ce jour historique», a-t-elle lancé en remontant la fermeture éclair du manteau de son petit frère, Georges, 10 ans.
En plus des éternels bâtonnets d'encens et des flacons d'onguent à base de beurre de karité, les stands des vendeurs ambulants regorgeaient de bannières à l'effigie du 44e président des États-Unis, de macarons portant l'inscription «Nous avons créé l'Histoire» ou «Yes we did», en écho au fameux «Yes we can» de la campagne électorale.
Au théâtre Apollo
À l'illustre théâtre Apollo, un écran géant était tendu au-dessus des planches foulées par les grands de la culture noire américaine — Billie Holiday, Stevie Wonder, James Brown, etc. Une foule bigarrée, représentative de toutes les ethnies, attendait avec impatience l'allocution retransmise en direct de Barack Obama, applaudissant à tout rompre quand le futur président est apparu, mais huant et sifflant à la vue occasionnelle du président ou du vice-président sortant.
L'atmosphère était parfois grave et solennelle. Certains pouvaient être aperçus en train de hocher la tête et de s'essuyer les yeux, comme ce placier de 82 ans à la barbe poivre et sel. «C'est l'un des plus beaux jours de ma vie», a-t-il laissé tomber à la fin du discours inaugural, alors qu'une joyeuse clameur s'emparait de la foule, en ovation debout pendant quelques minutes, scandant «Yes we can! Yes we can!».
À quelques pâtés de maisons de là, au coin du boulevard Malcolm X, une foule s'était entassée dans un désordre joyeux chez Silvia's, la reine du soulfood, pour boire du champagne et célébrer le début d'une nouvelle ère. Bryan Clayton était là, avec sa fille de douze ans. «Je n'ai jamais même osé rêver devenir président des États-Unis, expliquait-il, mais je tiens à ce que ma fille sache que c'est possible, qu'elle pourra devenir ce qu'elle veut lorsqu'elle sera adulte.»
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