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Le monde célèbre l'investiture d'Obama

Du Kenya à l'Afghanistan ou l'Europe, l'arrivée du nouveau président à la Maison-Blanche a été soulignée

21 janvier 2009  États-Unis
Photo : Agence Reuters
Kogelo — Des festivités ont eu lieu hier à travers le monde pour l'investiture de Barack Obama, de Kogelo, le village kényan du père du nouveau président, à la base américaine de Camp Phoenix, en Afghanistan, en passant par Berlin ou Madrid.

À Kogelo, village natal du père défunt de Barack Obama, plus de 3000 personnes ont célébré l'événement en chantant et en dansant.

Les yeux rivés sur un des deux écrans géants flanqués de banderoles qui proclamaient «Félicitations, notre fils, notre espoir», Josephine Awuor, 30 ans, a déclaré que l'élection de M. Obama à la tête de la première puissance mondiale avait changé sa vie.

De nombreux Kényans avaient afflué de toute la région du lac Victoria, dans l'ouest du Kenya, revêtus de leurs plus beaux habits. Des festivités se déroulaient depuis déjà quatre jours à Kogelo, rebaptisé «capitale locale du monde», et devaient s'achever tard dans la nuit.

Des touristes étrangers s'étaient joints aux festivités. «C'est un jour très, très spécial pour moi», déclarait Clyde Partin, 64 ans, un retraité de l'Ohio. «J'assiste à l'Histoire, ici même à Kogelo. Dieu m'a béni d'être ici.»

L'investiture, diffusée par les chaînes de télévision kényanes, a donné lieu à de multiples initiatives, notamment à Nairobi, où était programmée une comédie musicale sur la vie d'Obama. Quelque 2000 personnes, réunies devant un écran géant à l'université de Nairobi, ont crié leur joie lors de la prestation de serment. Les discothèques n'étaient pas en reste: certaines organisaient leur «nuit de l'investiture».

À Berlin, des milliers d'Allemands et d'Américains ont assisté à une fête organisée par Democrats Abroad, association des militants du Parti démocrate américain à l'étranger.

Dorothea Kieffel, une secrétaire de direction allemande âgée de 46 ans, a déclaré espérer qu'Obama ferait revivre les valeurs américaines qu'elle admire. «Sous Bush, toute la foi que nous avions en l'Amérique a été piétinée et trahie, mais ce soir je me sens de nouveau pleine d'espoir»,

a-t-elle dit.

À Madrid, près de 650 personnes se sont rassemblées dans un grand hôtel pour suivre l'investiture, et des dizaines d'autres qui ne pouvaient pénétrer dans la salle ont écouté son discours à l'entrée.

Chaque fois que Barack Obama apparaissait, les participants applaudissaient à tout rompre. Lorsqu'il est officiellement devenu président, la foule s'est mise à hurler, à applaudir et à agiter des drapeaux américains. Les plus jeunes s'embrassaient ou levaient le poing en l'air en signe de victoire.

«Je suis venu assister à ce moment historique», a déclaré Sebastian Ingram, un Africain-Américain de 44 ans originaire de l'Alabama et résidant en Espagne depuis deux ans.

Des rassemblements ont aussi eu lieu dans plusieurs villes de France. Quelque 200 personnes se sont réunies à la mairie d'Argenteuil, dans la banlieue de Paris, pour assister à la retransmission sur écran géant de l'investiture, saluée par une salve d'applaudissements et des cris de joie. Certains ont même fondu en larmes. Un «Obama Day» avec débats, pop corn, hot dogs et écrans géants a eu lieu à Schiltigheim, en Alsace, où 200 personnes ont fêté l'événement.

À Camp Phoenix, base militaire des environs de Kaboul, les soldats américains ont salué par des acclamations et des applaudissements

l'investiture de leur nouveau commandant

en chef.

«C'est un moment de fierté pour nous», a déclaré le général Steven Huber, commandant de la base. «Voir un homme noir devenir commandant en chef... Certains pensaient que cela n'arriverait jamais», a dit le sergent Mike Byrd, lui-même afro-américain. «Maintenant, c'est arrivé et cela apporte beaucoup de joie, le début de l'espoir.» Des retransmissions étaient aussi organisées dans d'autres bases américaines en Afghanistan.

En Irak également, l'émotion était grande parmi les militaires américains. À Camp Liberty, une base proche de Bagdad, ils étaient des centaines, massés dans le réfectoire, à regarder la cérémonie.

Shawn et Carla Bruce se tenaient la main et des larmes coulaient sur les joues de ce couple africain-américain, tous deux sergents en Irak. «J'ai consacré toute ma vie à mon pays que j'adore, et là, je suis tellement heureux de voir un Africain-Américain devenir président des États-Unis», a déclaré Shawn Bruce.

Toujours en Irak, des descendants d'esclaves africains, les «révoltés noirs» du port de Bassorah, dans le sud, ont distribué gâteaux et bonbons pour fêter l'investiture de Barack Obama.

«Des larmes de bonheur coulent des yeux des Noirs d'Irak», a déclaré Jalal Diab, 43 ans, descendant des esclaves originaires de l'Afrique de l'est qui se révoltèrent au 9e siècle contre le pouvoir des Abbassides.
 
 
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