À Washington - Un moment inspirant et inspiré
Deux millions de personnes ont envahi la capitale
Photo : Agence Reuters
La population de Washington a plus que triplé hier pour l’assermentation de Barack Obama.
Washington — La capitale des États-Unis n'avait jamais vu autant de monde pour assister à l'investiture d'un président, ni autant de mesures de sécurité pour le protéger.
Environ deux millions de personnes venues des quatre coins des États-Unis et de l'étranger ont envahi hier cette ville de 600 000 habitants pour participer à l'investiture de Barack Obama, premier locataire à la peau noire de la Maison-Blanche, un édifice construit notamment par des esclaves.
La foule avait commencé à arriver dans la capitale bien avant l'aube. En autocar, en métro ou à pied, car le centre-ville était interdit aux voitures particulières. Les cérémonies d'investiture étaient entourées de mesures de sécurité sans précédent, étant donné la foule record attendue et les menaces de mort qui ont ponctué la vie de Barack Obama depuis le jour de février 2007 au cours duquel il s'était déclaré candidat à la Maison-Blanche.
Le périmètre de sécurité, constitué de barrières et de points de contrôle policier, s'étendait sur plusieurs kilomètres au sol et dans les airs puisque des hélicoptères patrouillaient l'espace aérien et surveillaient la foule. Des effectifs de sécurité de plus de 40 000 personnes étaient déployés, parmi lesquels 20 000 policiers, 10 000 gardes nationaux, 7500 soldats ainsi que des tireurs d'élite qui avaient pris position sur les toits des bâtiments situés le long du parcours du convoi de Barack Obama.
Une foule bigarrée, mais en grande partie composée de jeunes de toutes les races et de Noirs de tous âges, brandissait des drapeaux américains et des pancartes. On pouvait lire sur leurs visages leur joie devant l'accession au pouvoir de Barack Obama et leurs espoirs pour sa présidence.
«Mission accomplie!», lançait un t-shirt qu'ornait une photo de Barack et Michelle Obama. Un clin d'oeil à la bannière malheureuse tendue sur le porte-avion où George Bush proclama «la fin des opérations de combats en Irak» en 2003. «Obama, sors-nous de l'Irak!», disait une banderole qu'une jeune femme agitait avant l'apparition de Barack Obama sur le perron ouest du Capitole.
C'est depuis ce perron, devant la magnifique perspective du Mall, l'esplanade de Washington qui va du Capitole au monument à la mémoire de Lincoln en passant par la Maison-Blanche, et face à l'extraordinaire foule rassemblée malgré un froid glacial, que Barack Obama prêta serment, à midi comme prévu par la Constitution des États-Unis, avant de prononcer son discours d'investiture.
«Ce fut un moment passionnant et inspirant que j'attendais depuis longtemps, plus que huit ans en fait, car le pays, même avant l'administration Bush, avait besoin d'une nouvelle direction, plus constructive et fondée sur la réalité», indiqua au Devoir Catherine Stearns, une fonctionnaire blanche à laquelle une amie avait donné deux des tickets très convoités qui donnaient accès aux 28 000 sièges installés aux abords du perron du Capitole. «J'ai ressenti beaucoup de joie authentique dans la foule et le potentiel d'un pays plus uni», ajouta Catherine Stearns.
La plupart des spectateurs ne purent pas approcher du lieu où Barack Obama se trouvait, mais ils regardèrent les cérémonies sur les 20 écrans géants plantés sur le Mall. Beaucoup d'autres durent être refoulés par la police qui, dès huit heures du matin, avait jugé que l'esplanade avait atteint sa capacité maximale.
Ainsi refoulé, Earl Edwards, un employé noir venu de Virginie, se contenta de rester à l'angle de l'avenue de Pennsylvanie et de la 9e Rue, sur le parcours du défilé présidentiel qui suivit l'investiture, et d'écouter le discours de Barack Obama sur un petit poste de radio acheté pour l'occasion.
«Je suis très ému, c'est un moment très, très puissant», confia au Devoir Earl Edwards, accompagné de sa femme, de sa fille et de sa belle-soeur. «Né en 1956, j'ai vu, quand j'étais petit, les manifestations pour les droits civiques des Noirs en 1963 et après, et je n'aurais jamais cru que je pourrais assister un jour à l'avènement d'un président noir», expliqua M. Edwards. «Je regrette que ma mère, qui vit à New York, n'ait pas pu venir, car elle aurait été très fière», ajouta-t-il.
La persévérance d'Earl Edwards fut récompensée. C'est en effet une fois arrivés à son niveau sur l'avenue que Barack Obama et son épouse ont sorti de leur limousine pour finir leur défilé à pied et saluer la foule. «Ils sont sortis de la Cadillac juste devant nous, c'est vraiment fantastique!», s'est exclamé M. Edwards.
Collaboration spéciale
Environ deux millions de personnes venues des quatre coins des États-Unis et de l'étranger ont envahi hier cette ville de 600 000 habitants pour participer à l'investiture de Barack Obama, premier locataire à la peau noire de la Maison-Blanche, un édifice construit notamment par des esclaves.
La foule avait commencé à arriver dans la capitale bien avant l'aube. En autocar, en métro ou à pied, car le centre-ville était interdit aux voitures particulières. Les cérémonies d'investiture étaient entourées de mesures de sécurité sans précédent, étant donné la foule record attendue et les menaces de mort qui ont ponctué la vie de Barack Obama depuis le jour de février 2007 au cours duquel il s'était déclaré candidat à la Maison-Blanche.
Le périmètre de sécurité, constitué de barrières et de points de contrôle policier, s'étendait sur plusieurs kilomètres au sol et dans les airs puisque des hélicoptères patrouillaient l'espace aérien et surveillaient la foule. Des effectifs de sécurité de plus de 40 000 personnes étaient déployés, parmi lesquels 20 000 policiers, 10 000 gardes nationaux, 7500 soldats ainsi que des tireurs d'élite qui avaient pris position sur les toits des bâtiments situés le long du parcours du convoi de Barack Obama.
Une foule bigarrée, mais en grande partie composée de jeunes de toutes les races et de Noirs de tous âges, brandissait des drapeaux américains et des pancartes. On pouvait lire sur leurs visages leur joie devant l'accession au pouvoir de Barack Obama et leurs espoirs pour sa présidence.
«Mission accomplie!», lançait un t-shirt qu'ornait une photo de Barack et Michelle Obama. Un clin d'oeil à la bannière malheureuse tendue sur le porte-avion où George Bush proclama «la fin des opérations de combats en Irak» en 2003. «Obama, sors-nous de l'Irak!», disait une banderole qu'une jeune femme agitait avant l'apparition de Barack Obama sur le perron ouest du Capitole.
C'est depuis ce perron, devant la magnifique perspective du Mall, l'esplanade de Washington qui va du Capitole au monument à la mémoire de Lincoln en passant par la Maison-Blanche, et face à l'extraordinaire foule rassemblée malgré un froid glacial, que Barack Obama prêta serment, à midi comme prévu par la Constitution des États-Unis, avant de prononcer son discours d'investiture.
«Ce fut un moment passionnant et inspirant que j'attendais depuis longtemps, plus que huit ans en fait, car le pays, même avant l'administration Bush, avait besoin d'une nouvelle direction, plus constructive et fondée sur la réalité», indiqua au Devoir Catherine Stearns, une fonctionnaire blanche à laquelle une amie avait donné deux des tickets très convoités qui donnaient accès aux 28 000 sièges installés aux abords du perron du Capitole. «J'ai ressenti beaucoup de joie authentique dans la foule et le potentiel d'un pays plus uni», ajouta Catherine Stearns.
La plupart des spectateurs ne purent pas approcher du lieu où Barack Obama se trouvait, mais ils regardèrent les cérémonies sur les 20 écrans géants plantés sur le Mall. Beaucoup d'autres durent être refoulés par la police qui, dès huit heures du matin, avait jugé que l'esplanade avait atteint sa capacité maximale.
Ainsi refoulé, Earl Edwards, un employé noir venu de Virginie, se contenta de rester à l'angle de l'avenue de Pennsylvanie et de la 9e Rue, sur le parcours du défilé présidentiel qui suivit l'investiture, et d'écouter le discours de Barack Obama sur un petit poste de radio acheté pour l'occasion.
«Je suis très ému, c'est un moment très, très puissant», confia au Devoir Earl Edwards, accompagné de sa femme, de sa fille et de sa belle-soeur. «Né en 1956, j'ai vu, quand j'étais petit, les manifestations pour les droits civiques des Noirs en 1963 et après, et je n'aurais jamais cru que je pourrais assister un jour à l'avènement d'un président noir», expliqua M. Edwards. «Je regrette que ma mère, qui vit à New York, n'ait pas pu venir, car elle aurait été très fière», ajouta-t-il.
La persévérance d'Earl Edwards fut récompensée. C'est en effet une fois arrivés à son niveau sur l'avenue que Barack Obama et son épouse ont sorti de leur limousine pour finir leur défilé à pied et saluer la foule. «Ils sont sortis de la Cadillac juste devant nous, c'est vraiment fantastique!», s'est exclamé M. Edwards.
Collaboration spéciale
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

