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La capitale américaine rêve d'un avenir branché

17 janvier 2009  États-Unis
Washington — Barack Obama incarne l'espoir pour des millions d'Américains, mais pour ses voisins immédiats, à Washington, le futur président pourrait aussi redynamiser une ville un brin endormie par rapport aux métropoles branchées de New York ou de San Francisco.

La capitale est habituée au changement: «Tous les quatre ans, Washington a la possibilité de prendre un nouveau souffle et de repartir de zéro», observe l'historien Robert Watson.

Barack Obama, qui a fait campagne en promettant le changement, pourrait «donner un nouvel élan» à la capitale, prévoit M. Watson, directeur des études américaines à l'université Lynn (Floride).

L'historien voit dans l'ascension d'Obama et l'arrivée au pouvoir de John F. Kennedy de nombreux points communs. «JFK» avait apporté en 1961 «une atmosphère de fête joyeuse» à la capitale, rappelle-t-il.

De même que la vie mondaine était négligée à Washington quand Kennedy est entré à la Maison-Blanche, Obama prend les rênes du pays après que George W. Bush, couché tous les soirs à 21h30, a contribué à assoupir la capitale.

Les Washingtoniens, qui ont voté à 93 % pour Obama, attendent du nouveau président qu'il revitalise la capitale. Le futur chef d'État, chéri des médias et des «bobos», pourrait servir d'aimant aux stars hollywoodiennes qui n'ont jamais vraiment été attirées par la ville.

«Non seulement Obama va revigorer le pays, mais il va aussi revigorer la capitale», espère Rich Homann, serveur dans un restaurant coréen dans le quartier branché de Dupont Circle. Ses «idées progressistes devraient attirer les meilleurs, les plus brillants et les plus branchés du pays», ajoute-t-il. Six jours après son arrivée dans la capitale, le futur président mangeait au milieu de ses nouveaux voisins au Ben's Chili Bowl, un restaurant emblématique «tenu par des Noirs depuis 1958», comme le révèle le menu.

Un habitué, Earl Jenkins, 60 ans, espère qu'Obama aura un impact décisif sur la communauté noire, qui représente 56 % de la population de la ville de 600 000 habitants (six millions avec la banlieue). Les habitants de Washington sont en phase avec «son message d'espoir pour un avenir meilleur», assure M. Jenkins, avant d'ajouter qu'il pourrait bien y avoir aussi «un changement des mentalités».

Ben's Chili Bowl se trouve dans l'historique U Street, théâtre d'émeutes après l'assassinat de Martin Luther King en 1968. Le secteur est rattrapé par le phénomène d'embourgeoisement en provenance des quartiers voisins d'Adams Morgan et de Dupont Circle.

L'embourgeoisement de Washington, qui «dure depuis des années» selon Javier Rivas, propriétaire du café Modern Times, a pour conséquence que «de plus en plus de gens doivent quitter leur logement», si bien que la communauté noire est repoussée en périphérie.

M. Rivas déplore que, dans une ville en perpétuel changement du fait des allées et venues des équipes gouvernementales, l'attention des autorités se porte sur «ceux qui viennent puis s'en vont et non pas sur ceux qui habitent vraiment là».

Washington est la ville des États-Unis «qui détient les records en matière d'incarcération, de crimes violents, d'abandon scolaire et de tous les autres maux caractéristiques d'une grande ville», selon M. Watson. Mais Barack Obama, avec son modèle de réussite, a le potentiel d'être «une force d'entraînement» pour les familles pauvres de la capitale en ce qui concerne la «présence à l'école, la lutte contre les comportements perturbateurs et même pour remonter le moral des enseignants», prévoit l'historien.
 
 
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