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Bush ne veut pas être jugé trop vite

Amélie Daoust-Boisvert   13 janvier 2009  États-Unis
George W. Bush a tenu hier à Washington la dernière conférence de presse de sa présidence. S’il a admis avoir quelques regrets, il n’a reconnu aucune grande erreur.
Photo : Agence Reuters
George W. Bush a tenu hier à Washington la dernière conférence de presse de sa présidence. S’il a admis avoir quelques regrets, il n’a reconnu aucune grande erreur.
Le président George W. Bush a eu 47 minutes pour revenir sur huit ans d'une présidence mouvementée, hier, à Washington. À huit jours de la cérémonie d'investiture de son successeur, il a profité de l'ultime conférence de presse de sa présidence pour défendre avec vigueur ses décisions ayant pour but de «défendre la nation». Il estime que seule l'histoire pourra le juger.

S'il a exprimé certains regrets, certaines déceptions, le 43e président des États-Unis a surtout souligné qu'avant la crise économique, «la plus grave menace à laquelle [Barack Obama] sera confronté, ainsi que les présidents après lui, est un attentat sur notre sol. J'aimerais pouvoir dire que ce n'est pas le cas, mais il existe toujours un ennemi qui voudrait faire du mal aux Américains. Ce sera une menace majeure». Il a réitéré ses avertissements contre l'«axe du mal», visant plus précisément l'Iran et la Corée du Nord. «La Corée du Nord est toujours un problème, et l'Iran est toujours dangereux», a-t-il déclaré.

Plusieurs fois, il a souhaité «le meilleur» à Barack Obama, mais il l'a aussi prévenu qu'il allait au-devant de «critiques et de déceptions, comme lui».

Devant les journalistes, George W. Bush a semblé incapable d'admettre des erreurs significatives. Le moment le plus intense s'est présenté à l'instant de défendre son bilan de la guerre contre le terrorisme. «Tous ces débats se tairont s'il y a une nouvelle attaque sur le sol américain», a-t-il dit. Aux critiques qui l'accusent d'avoir porté atteinte à l'autorité morale des États-Unis dans le monde, il a tout simplement répondu: «Je ne suis absolument pas d'accord.» L'équipe d'Obama donne priorité à la restauration de l'image des États-Unis sur la scène internationale.

Cependant, il a reconnu pour la première fois son erreur d'avoir crié victoire dans la guerre en Irak, en 2003, sur le pont d'un porte-avions portant une bannière proclamant «mission accomplie». Certains aspects de sa rhétorique, qualifiée de «diplomatie de cow-boy» par plusieurs, étaient d'autres faux pas, a-t-il concédé. Finalement, il a évoqué le fait que sa décision d'entreprendre une réforme de la sécurité sociale s'était produite à un moment inopportun et que l'immigration aurait dû recevoir la priorité.

Sur la gestion de l'ouragan Katrina à La Nouvelle-Orléans en 2005, Bush a dit s'être longuement interrogé après coup: «Aurais-je pu faire autrement, comme faire atterrir Air Force One?» Non, selon lui, car sa protection sur place aurait détourné les forces de l'ordre de la gestion de la crise.

«Il y a eu des déceptions», a souligné le président. Le scandale des mauvais traitements à la prison américaine d'Abou Ghraïb en Irak en fut une «énorme», tout comme l'absence d'armes de destruction massive dans le pays. «Je ne sais pas si vous appelez ça des erreurs ou pas, mais ce sont des choses qui, disons, ne se sont pas passées comme prévu», a-t-il dit aux journalistes dont plusieurs l'ont suivi pendant les huit dernières années.

«Oui» à Obama pour l'économie

Avant de se retirer, George W. Bush a accédé à la demande de Barack Obama de débloquer la deuxième moitié du plan Tarp (Troubled Asset Relief Program), soit 350 milliards de dollars, afin qu'il puisse réagir en cas d'aggravation de la situation du système financier américain.

Le président élu a précisé que son administration mettrait l'accent sur l'aide à apporter aux ménages frappés par les saisies immobilières et sur les petites entreprises, contrastant avec l'usage qu'avait fait l'administration Bush du premier volet du plan. Les fonds avaient servi à recapitaliser les banques mises à mal par la crise du crédit, afin qu'elles puissent recommencer à prêter.

Le Congrès, qui doit entériner cette demande, dispose de 15 jours pour rendre sa décision.

George W. Bush, dont le deuxième et dernier mandant se terminera le 20 janvier prochain, fera jeudi soir ses adieux à ses compatriotes lors d'une allocution télévisée. Il prendra la parole pendant 10 à 15 minutes devant un auditoire à la Maison-Blanche, a précisé sa porte-parole, Dana Perino. «Ce ne sera pas un chant du cygne pour l'administration Bush, même si ce dernier défendra son bilan [...]», a expliqué Perino. «Le président sortant ne cherchera pas à revivre des batailles qui appartiennent désormais au passé. Ce sera une intervention réfléchie, qui se projette dans l'avenir et dans laquelle il tirera les leçons du passé et énoncera ses idées sur l'avenir.»

Que fera-t-il le premier jour de sa nouvelle vie? «Je pense que je ferai du café à [ma femme] Laura et que je le lui apporterai», a-t-il confié aux journalistes. Mais il ne peut envisager l'oisiveté. «Je ne peux pas m'imaginer en chemise hawaïenne, assis sur une plage, a dit le président, surtout depuis que j'ai cessé de boire», faisant pour une rare fois référence à son alcoolisme passé.

Avec Reuters et l'Agence France-Presse






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  • Michel Lebel
    Inscrit
    mardi 13 janvier 2009 06h03
    Des capacités limitées
    « L'histoire le jugera certes, mais je ne pense pas me tromper en affirmant que ce président ne fut pas à la hauteur des très graves problèmes rencontrés. Ses capacités étaient trop limitées pour de si grands défis. En d'autres termes, l'envergure n'était pas là. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    mardi 13 janvier 2009 07h01
    Cave, malhonnête, pollueur et meurtrier
    « Il a duré 8 ans quand même. Ça donne une idée sur le niveau intellectuel et moral de ses électeurs. »

  • Jacques Mercier
    Inscrit
    mardi 13 janvier 2009 07h42
    Nous, on a encore Harper...
    « Nous avons élu Harper deux fois. Ce qui fait que l'électorat canadien ne se situe pas tellement loin de celui des états-uniens, à la différence qu'eux ont délogé les républicains. Nous, on conserve les conservateur plutôt que les mettre en conserve. »

  • André Michaud
    Inscrit
    mardi 13 janvier 2009 08h10
    Bilan: Minable!
    « Un des pires président des USA.

    Sa guerre contre l'Irak basée sur de mensonges, alors que son pays était attaqué par l'Afghanistan fut une décision irresponsable et sanglante...

    Sa dérèglementation des milieux financiers a entrainé la crise majeure actuelle...en plus d'une dette jamais égalée..

    Guantanamo est une honte pour un pays basé sur les droits aux individus... »

  • Gabriel RACLE
    Inscrit
    mardi 13 janvier 2009 09h01
    Juge et partie
    « Il est bien difficile d'être soi-même juge et partie et nul n'attendait de G.W. Bush qu'il porte un jugement objectif sur ses activités concernant tant sa politique intérieure que sa politique extérieure. Le meilleur jugement est pour l'instant celui de la population des États-Unis qui en fait le président le plus mal aimé - ou le plus détesté - de l'histoire de ce pays.

    Il faudrait l'évaluer en se posant la question : Qu'a-t-il fait de bien pour son pays et pour l'ensemble de l'humanité? La réponse semble être bien mince en regard de la longue et lourde liste de ses erreurs, des erreurs de jugement, du non-respect du droit international, des dizaines de milliers de morts qu'il a sur la conscience part une invasion illégale de l'Irak, de sa non-intervention positive dans la satiation palestino-israélienne, si ce n'est vers la fin de son mandat, trop tard, de la crise financière et économique née aux États-Unis, etc. etc.

    Dans le plateau de la balance de son jugement, ses erreurs, ses responsabilités et ses fautes risquent de peser beaucoup plus lourd que ses contributions positives à l'histoire nationale et internationale. La grande manifestation du 4 novembre devant la Maison Blache poussait une clameur qui en dit long : Bon débarras.! »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    mardi 13 janvier 2009 10h12
    @ M. Augustin Réhel
    « Vous écrivez : «Et les Canadiens devraient lui être redevables également de ce fait, car plusieurs villes canadiennes, dont Montréal, étaient dans le colimateur des terroristes.»

    Comme d'habitude, vous voyez les affaires à l'envers. Si le Canada a été dans le colimateur des terroristes, ça devait être après les attaques du Canada qui a voué son âme à W. Bush, pas avant. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    mardi 13 janvier 2009 10h54
    @ M. Jacques Mercier
    « Je désire vouis rappeler, que les Québécois ont voté à 80 % contre Harper. C'est pourquoi il est minoritaire. Bravo Québec ! »

  • Fernand Trudel
    Abonné
    mardi 13 janvier 2009 11h54
    Quelle différence y a t'il entre Harper et Obama?
    « Malgré les messages biaisés des séparatistes qui veulent la destruction du Canada trop démocratique à leurs yeux, ils démonisent "ad nauséam Bush" et Harper. C'est si facile...

    Mais le sauveur Obama est arrivé et enfin Bush sera répudié.

    Alors il leur reste Harper comme tête de turc. Pourtant les récentes positions d'Obama et de Harper se ressemblemt de plus en plus. Déjà Harper a même parlé d'une approche continentale du dossier environnemental. Oui tout un revirement. oas tellement si on analyse sérieusement...

    Harper a toujours pensé que lorsque l'on est voisin des États-Unis leader mondial qui n'a pas signé Kyoto, le Canada peut faire des efforts surhumains, ils seront annuler par un géant voisin. Ca devient du gaspillage de fonds publics et une hystérie collective et cul-de-sac encouragé par des écolos pas très bon gestionnaires et subventionnés. En sage gestionnaire, il est prêt à emboiter le pas à condition que les principaux pollueurs et les pays émergents comme la Chine, l'Inde et le Brésil emboitent aussi le pas. Ce n'est pas juste 35 pays sur 196 pays existants qui doivent faire un effort, c'est tout le monde ou rien...

    Dans le dossier de la crise économique que nous vivons, Obama veut baisser les impôts pour permettre aux citoyens d'améliorer leur pouvoir d'achat, investir dans des infrastructures publiques et faciliter le crédit tout en le contrôlant de meilleure façon.

    Or Harper arrive avec le même plan. Alors continuerons nous de démoniser Harper et l'accoler à Bush encore ? Quelle différence y a t'il maintenant entre Harper et Obama ? »

  • Brun Bernard
    Inscrit
    mardi 13 janvier 2009 12h12
    Bush et un boucher.
    « Bush s'est toujours caché lors des actions belliqueuses de son pays. Il aimait jouer et boire. Pour un guerrier, faut le faire (Il a fait son armée dans la Garde nationale aérienne au Texas en 1968 en devenant pilote d'un F-102(une trottinette pour enfant au dire des pilotes aguerris), chargé de la défense aérienne du sud du pays et du golfe du Mexique. Il aurait pu aller au Viêt-Nam jusqu'en 1975. Pour un guerrier de la bouteille, c'est un bon score. ). C'est le pire résultat jamais vu aux USA. Indigence intellectuelle et morale, il commence à être fasciné par Obama. Bush a mis le monde sens dessus-dessous en ruinant son pays. Une calamité historique dont TOUS les observateurs et connaisseurs de ce pays (dont moi) ont fini par le reconnaître. Comment peut-on faire l'apologie de ce petit bonhomme insalubre? »

  • loiselet
    Abonné
    mardi 13 janvier 2009 15h02
    L'apologie d'un tueur par lui-même
    « Avant que les journalistes ne publient l'apologie de Bush par lui-même, on aurait dû pendre ce criminel de guerre haut et court, comme il le faisait si bien, gouverneur du Texas, en obtenant le championnat des mises à mort dans ses prisons.
    Combien de gens , soldats et civils, ont perdu la vie à cause de ses calculs en faveur des pétrolières?
    Plusieurs des assasins qu'il avait fait exécuter avaient commis des crimes moins graves que les siens. Mais il s'agissaient de pauvres, sans influence et sans pouvoir.

    Les dictateurs et les tueurs par procuration genre W.Bush meurent tous de leur belle mort, sans inquiétude. Les mensonges, la tromperie et le crime bien maquillés profitent toujours aux gens bien entourés. Les innocents crèvent sous les balles.
    Ici comme partout, ce sont les puissants et les croches qui gagnent. La tromperie par des gens informés n'est jamais une erreur. Bush avait fait fermer la gueule à tous ceux qui proclamaient la vérité autour de lui, y compris la CIA, faut le faire! Plus coupable que cela, on devient du salami.

    Comme toujours, en effet,les dés sont truqués.
    S'il n'y a pas de justice après la mort, ce mot devrait être banni des littératures. »

  • denis legault
    Inscrit
    mardi 13 janvier 2009 16h16
    Bush
    « Les critiques sur Bush me laissent songeur. Je me demande si le malaise ne vient pas des problèmes auxquels il s'est attaqué ou de l'homme lui-même. Pour ma part j'aurais préféré qu'Alcaida n'existe pas, que ces gens là ne croient pas que tous les moyens sont bons pour résister. J'aurais aussi préféré que l'expansion économique américaine basée sur le déficit de la balance de paiements dure éternellement. Mais voilà, ça ne se passe pas comme ça et pour régler le problème, il faut accepter de se salir les mains. »

  • Claude Archambault
    Inscrit
    mardi 13 janvier 2009 18h27
    @ M. Bousquet
    « et si cela en dit gros sur le quotient intellectuel des électeurs américains, qu'est ce que le fait de voter dit sur le quotient intellectuel des Québécois?? une bande de cave innocent??? »

  • André Doré
    Abonné
    mardi 13 janvier 2009 19h54
    @ M. Augustin Réhel re: Mission accomplie, monsieur le président
    « Vous êtes incroyable, M. Réhel...
    Je lis tous vos commentaires... incluant ceux qui tentent de justifier les comportement terroristes d'Israël à l'endroit des palestiniens, qui selon vos propos, n'ont pas droit - EUX - de se défendre... et je me demande si vous êtes "réel"...
    J'ai l'impression que vous essayez de faire la preuve de quelque chose par l'absurde... ou de provoquer des réactions... Est-ce que je me trompe?
    Si je me trompe et que vous êtes "réel"... je vous dirai que pour quelqu'un de déconnecté... vous gagnez le 1er prix!
    Jamais personne ne pourra vous déloger... soyez-en certain... »

  • Jean Clenche
    Inscrit
    mardi 13 janvier 2009 21h36
    histoire et autocritique
    « S'en remettre à l'histoire, c'est une façon bien médiocre d'éviter de s'autocritiquer aujourd'hui.
    Considérons la source. »

  • Brun Bernard
    Inscrit
    mercredi 14 janvier 2009 07h19
    Bush et Patton...
    « ...au mois Patton lisait et écrivait des poèmes pas Bush qui a du mal a frôler un livre dont il ne croit que ce n'est que la Bible sur une petite table de nuit. Quelle étrange comparaison???? »

  • Brun Bernard
    Inscrit
    mercredi 14 janvier 2009 10h34
    les yeux noirs.
    « Ce n'est pas grave d'être aveugle. Le principal c'est de bien voir. »

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