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La folie afghane d'Obama

John R. MacArthur   12 janvier 2009  États-Unis
Cela peut paraître bizarre, mais lorsque j'ai appris que les États-Unis allaient doubler leurs troupes en Afghanistan, mes sympathies sont allées à Paris, au Québec et aux familles de soldats francophones, plutôt qu'à celles de mon propre pays. Au fond, je plains ces pauvres gens qui n'ont sûrement pas choisi de voir périr leurs proches sur le sol meurtrier de Kandahar et de Kaboul dans cette dernière folie américaine.
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  • Serge Charbonneau
    Abonné
    lundi 12 janvier 2009 05h22
    Pourquoi a-t-on dû attendre cette chronique si longtemps ?
    Tiens, enfin un chroniqueur qui commente avec émotion les tueries qui se font en Afghanistan.
    Il était temps.
    Depuis le temps qu'on nous parle du rôle important du Canada, que le Canada ne doit pas se défiler, ne doit pas perdre la face, que les Afghans comptent sur nous, que nous occupons pour la démocratie, la liberté des Afghanes et pour les droits humains des enfants et... et...
    Ouf!
    Voilà un chroniqueur qui dit: « je plains ces pauvres gens qui n'ont sûrement pas choisi de voir périr leurs proches sur le sol meurtrier de Kandahar et de Kaboul dans cette dernière folie américaine. »

    Ce que ça peut faire, tout de même, dans les médias, un simple changement de président US.
    Combien de fois a-t-on pu lire, de la part d'un chroniqueur officiel, un chroniqueur qui a fait des études, qui a un CV, des diplômes en communication, une réputation et tout le gréement qui rend autoriser à dire aux gens moins qualifiés: «cette folie américaine.» ???
    Pas souvent, vraiment pas souvent, je ne m'en souviens même pas.

    Ça fait du bien à lire, je vais le reciter: « ces pauvres gens qui n'ont sûrement pas choisi de voir périr leurs proches sur le sol meurtrier de Kandahar et de Kaboul dans cette dernière folie américaine. »

    Il ne faut pas jouer la grande surprise d'apprendre que Obama va envoyer des troupes en Afghanistan. C'est bizarre qu'on ait un chroniqueur soudainement attristé de la chose. Je me souviens que depuis le début de l'occupation et surtout depuis que ça ne va pas très bien, depuis que ceux qu'on nomme les Talibans reprennent possession de leur pays, on parle que pour gagner cette guerre sainte, il faut envoyer d'énormes régiments supplémentaires. De nos grands stratèges militaires canadiens aux grands stratèges US, c'est l'unanimité depuis des lustres, il faut plus de chair à canon si on veut les mater.

    Une tuerie à l'horizon, un carnage. Ça fait du bien de lire que c'est de la folie.

    Obama devrait faire rentrer toutes ses troupes dans leur foyer, mais... il n'est pas magicien et les intérêts, ceux qui font la grosse piastre avec les massacres, sont toujours bien présents. Le lobby guerre, ne disparaît pas comme par magie à l'arrivée d'un sauveur, aussi charismatique soit-il.
    Le seul point apparemment, je dis bien apparemment positif, c'est que l'occupation de l'Irak sera moins intense. Après l'installation de leur mini ville forteresses "bunker", l'armée US se retire des rues. On se contentera de manipuler les marionnettes qu'on mettra en place. Avec un peu d'argent, on peut facilement corrompre suffisamment d'Irakiens pour qu'il fasse marcher au pas ceux qui sont un peu trop nationalistes.

    Obama a décidé d'occuper militairement un seul pays, l'Afghanistan.
    C'est tout de même bien que des soldats se retirent d'Irak, ça fait toujours cela de pris. La pression du côté irakien devrait diminuer et les tensions terroristes en provenance de cette région devraient réduire.

    Occuper un seul pays, c'est tout de même mieux que d'en occuper deux.
    Il faut voir le bon côté des choses et ne pas transformer cette bonne nouvelle comme si elle était une calamité non annoncée.

    Il y a longtemps que plusieurs commentateurs non qualifiés disent:
    «les États-Unis n'ont pas encore appris que toute forme d'intervention militaire dans des guerres civiles tend à aggraver la situation plutôt qu'à l'améliorer.»
    Ou, en d'autres mots, on ne réglera jamais rien par les armes.

    Ça fait du bien de le lire.
    Ça fait du bien de voir soudainement surgir dans les médias ce regard critique.
    Sous Monsieur le Président Bush, on était moins réprobateur, on semblait considérer que cette marche vers le bien était d'une grandeur d'âme qui interdisait toute remise en question.

    «...la chasse à al-Qaïda en Afghanistan dans les tribus en conflit sera totalement inutile. ... la continuité avec la politique bushienne »
    Eh! Oui, la continuité de la politique bushienne !
    Cependant ce qui change radicalement c'est l'approche médiatique. Obama n'a pas encore mis les mains sur le gouvernail qu'on dénonce ses agissements inhumains.
    Monsieur le Président Bush a fait tuer un million de pauvres gens au Moyen-Orient et je ne me souviens pas qu'en huit années de massacres on ait été aussi catégorique sur l'atrocité de cette hécatombe injustifiée.

    Ce que ça peut faire un changement de Président!

    « voilà qu'Obama a retourné sa veste et s'est adressé à des penseurs ultraconventionnels, voire d'une agressivité orthodoxe et d'une croyance presque naïve en l'efficacité de l'armée et de la marine américaine. »
    On s'accommodait allègrement de Monsieur le Président Bush, quoi qu'il fasse, quoi qu'il dise, peu importe les budgets militaires qu'il demandait ou les troupes qu'il envoyait, mais Obama n'a pas encore levé le petit doigt qu'il a déjà retourné sa veste.
    Je croyais que plusieurs disaient qu'il fallait demeurer en Afghanistan à tout jamais, parce que c'est là que l'arbre du mal pousse et que si on ne s'en occupe pas, le mal va envahir le monde. Le courageux Monsieur le Président Bush avait raison tandis que Obama n'a pas le courage de retirer les troupes et retourne sa veste pour poursuivre le massacre.

    M. MacArthur dit:
    « on dirait qu'Obama se moque carrément de la gauche antiguerre. »
    C'est drôle, moi je m'y attendais qu'il ne retirerait pas les troupes d'Afghanistan. D'ailleurs, j'ai presque l'impression de l'avoir entendu dire que ce serait ainsi. Je crois l'avoir entendu dire qu'il retirerait les troupes d'Irak pour se concentrer en Afghanistan.
    Je ne suis pas surpris du tout. Je ne suis pas outré. Je ne m'attendais pas que la paix arrive sur terre avec la venue de cet homme de bonne volonté.
    J'étais bien conscient que ce sauveur ne ferait pas de miracles. Mais, je garde espoir qu'il n'empire pas les choses. J'ai même espoir qu'il fasse peu à peu diminuer les tensions mondiales. Mais, chose sûre, ce n'est pas d'un claquement de doigts qu'on peut changer le monde, un monde manipulé par un empire.
    M. MacArthur dit:
    « il faudrait être aveugle pour se convaincre que la mission «humanitaire» menée par l'OTAN au nom du Conseil de sécurité est sincèrement destinée à quoi que ce soit d'autre qu'à une guerre offensive contre les talibans et leur ancien hôte, Oussama ben Laden, aujourd'hui probablement caché dans les régions sauvages du Pakistan, ou peut-être même flânant en costume sur les grands boulevards de Paris. »
    En d'autres mots, si je comprends bien, il faut être cave de penser que le massacre en Afghanistan est pour pogner Ben Laden ou pour aider «humanitairement» les Afghans et les Afghanes qui sont toujours en burka.

    «on peut être certain que les 2500 soldats de l'armée canadienne actuellement à Kandahar ne sont pas vus comme des «peacekeepers» par les nombreuses victimes civiles de bombardements américains et britanniques, aujourd'hui estimés à plus de 6000 morts depuis l'invasion américaine en 2001.»
    Il a fallu l'arrivée de Obama pour qu'enfin un chroniqueur dise cela!
    Ça fait du bien à lire.

    «La complaisance officielle de l'ONU pour les opérations «antiterroristes» de l'OTAN soulagera peut-être la conscience du peuple canadien, mais cela n'excuse pas la perte d'un enfant ou d'une mère de famille, les corps déchirés par des bombes à fragmentation.»

    Pourquoi donc pendant la période glorieuse de Monsieur le Président Bush, nous n'avons pas eu la chance de lire de telles dénonciations si claires et explicites??

    Ça fait du bien à lire.

    «Il y a chez le président Sarkozy un désir, parfois vaniteux, de se présenter sur la scène internationale comme un allié égal aux États-Unis.»
    Non, mais, va-t-on remettre à leur place tous ces pompeux qui débordent de leurs frontières pour faire la leçon à tous et chacun?
    Ça fait du bien à lire.

    Et ça c'est vrai que De Villepin n'avait rien à se reprocher. Je me souviens de son discours à l'ONU en 2003. Magistral ! D'ailleurs, les applaudissements reçus étaient mérités. Il était le seul digne représentant à dire les choses si clairement et à dénoncer la mascarade des armes de destruction massive et le carnage à l'horizon.
    Félicitations Dominique de Villepin.

    Il est étrange de lire:
    «Villepin et son patron, Jacques Chirac, ont restauré une bonne partie de la dignité française (abîmée par la collaboration durant la Seconde Guerre mondiale) lorsqu'ils se sont opposés à l'attaque désastreuse et cruelle de l'Amérique contre Saddam Hussein. Les 4,7 millions de réfugiés irakiens, ainsi que les 90 000 civils morts, témoignent de la sagesse de l'ancien gouvernement français.»
    En 2003, incroyable, on disait que la France faisait de l'obstruction à l'ONU. On disait que la vieille Europe paralysait l'ONU et que la vieille Europe minait la crédibilité de l'ONU. C'était la dignité de l'ONU que la vieille Europe tentait de sauvegarder, et ce, sans l'appui des médias,. Ce fut peine perdue. Les faucons US ont enclenché le massacre et les médias ont applaudi le mensonge des ADM.

    Monsieur le Président Bush allait «éliminer un méchant qui avait à sa disposition des ADM» (sic). Des centaines de milliers de concitoyens du méchant ont aussi été éliminés. Les précieux trésors de la Mésopotamie ont aussi été détruits, mais les puits de pétrole ont tous été saufs.
    Les médias nous ont fait comprendre toute la bienveillance de Monsieur le Président Bush.

    Au moment où Monsieur le président Bush a fait la demande officielle aux membres de l'OTAN d'envahir l'Afghanistan, n'aurait-ce pas été le bon moment de dire non? Eh bien, oui. S'ils l'avaient pu, les 14 000 soldats de l'Armée rouge qui sont morts dans la guerre contre les talibans (formé par les US), ainsi que les centaines de milliers d'Afghans tués dans le feu croisé, y ajouteraient leur voix.

    Il n'est jamais trop tard pour dénoncer les atrocités, mais parfois, je ne comprends pas pourquoi il a fallu attendre si longtemps. Deux longs mandats d'un tyran.
    Pourquoi?

    Pourquoi a-t-on dû attendre cette chronique pendant sept ans?


    Serge Charbonneau
    Québec

  • Robert Carrier
    Abonné
    lundi 12 janvier 2009 12h05
    Obama, un "va-t-en-guerre"? Drôle, non?
    Cela a été souligné en maintes reprises dans les media: Obama veut aller en guerre en Afghanistan et augmenter l'effort de guerre des États-Unis dans ce pays. On joue à la chaise musicale avec les soldats de l'armée américaine.
    Et pourtant on (les media toujours) veut garder dans l'opinion publique une image d'Obama plus idyllique, proche des gens, attentif aux population opprimées, décidé à agir pour changer un certain ordre des choses,... Mais comme l'article de ce Monsieur MacArthur le montre bien, il semble que Obama ne voit pas bien ce qu'est une "guerre réelle", et particulièrement ce qu'est cette guerre dans un tel pays où les Talibans n'ont cure des volontés de démocratie à l'occidentale, où les musulmans ont des valeurs qui s'opposent farouchement aux nôtres, où Al-Quaïda et les tribus afghanes mènent des luttes qui ne peuvent prendre fin parce que notre violence et ses conséquences (des bombardements aveugles qui tuent des civils avant tout) ne font qu'augmenter leur désir de vengeance. Et il faut bien comprendre qu'ils n'ont rien à perdre dans ces guerres.
    La politique américaine sous Obama, en ce qui concerne l'engagement miliaire international, ne va donc pas changer quoi que ce soit aux orientations actuelles prises sous l'administration Bush. C'est dommage, nous avions tous rêvé d'autre chose sous Obama.
    Évidemment je ne suis pas un Américain, et il doit y avoir quelque chose d'essentiel que je ne saisis pas dans ce peuple. Pourtant, comme le souligne Monsieur Charbonneau, cette chronique est éclairante et elle vient d'un Américain.

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