1000$ aux ménages américains pour dégripper l'économie
Photo : Agence Reuters
Attendu par les Américains et les observateurs du monde entier, le président élu Barack Obama a dévoilé hier son plan de relance économique. Il a plaidé encore une fois pour une intervention rapide et musclée afin d'éviter que la récession ne s'éternise, mais il est resté très prudent sur les questions de politique internationale lors du discours prononcé à l'université George Mason, à Fairfax, en Virginie.
«Je ne crois pas qu'il soit trop tard pour changer de cap, mais ce sera le cas si nous n'engageons pas une action forte le plus tôt possible», a déclaré celui qui deviendra le chef de la Maison-Blanche le 20 janvier prochain. «Si rien n'est fait, la récession pourrait se prolonger pendant des années. Le taux de chômage pourrait dépasser les 10 %» actuels, a-t-il prévenu.
Il a exhorté le Congrès à travailler «jour et nuit» afin d'adopter rapidement un plan de baisses d'impôt et de dépenses publiques. Obama, qui espère faire adopter son plan d'ici la mi-février, n'en a pas chiffré le coût dans son discours. Il avait précédemment parlé de 775 milliards de dollars. Ce vaste plan «creusera certainement le déficit du budget à court terme», a reconnu le président élu. «Mais il est tout aussi certain que ne pas en faire assez, ou ne rien faire du tout, conduirait à un plus grand déficit d'emplois, de revenus, et de confiance dans notre économie», a-t-il prévenu.
Dans un discours engagé et ferme, il a cité parmi les éléments de son plan une réduction d'impôt de 1000 $ pour 95 % des ménages américains. Cette baisse d'impôt vise à stimuler l'économie et à inciter les familles, craintives, à «se remettre à dépenser». Ce sera «la première étape de la réduction d'impôt à destination des classes moyennes que j'ai promise pendant la campagne électorale et qui sera comprise dans notre prochain budget», a déclaré le président élu.
Dans le cadre des travaux d'infrastructure (rénovation de ponts et de chaussées et d'écoles, généralisation d'Internet à haut débit...) prévus, Barack Obama a promis de doubler la production d'énergies nouvelles en l'espace de trois ans. «Nous moderniserons plus de 75 % des immeubles de l'administration et améliorerons l'efficacité énergétique de deux millions de foyers américains, faisant ainsi économiser des milliards [de dollars] aux consommateurs et aux contribuables», a-t-il précisé. Au Québec, le porte-parole d'Équiterre, Steven Guilbault, a réagi rapidement à ce virage vert au sud de notre frontière en affirmant que «l'administration d'Obama est bien loin d'opposer environnement et économie, comme le fait le gouvernement fédéral canadien».
Déficit record
Un rapport publié mercredi sur les perspectives budgétaires américaines illustre la gravité de la situation et risque de compliquer l'adoption du plan, prévue par les démocrates pour la mi-février. Les dirigeants républicains du Congrès ont accueilli avec prudence le discours du futur président. «Oui, notre économie a besoin d'aide [...], mais combien de dettes allons-nous accumuler pour les générations à venir?», s'est demandé John Boehner, chef de la minorité républicaine à la Chambre des représentants.
Le déficit budgétaire de l'année fiscale 2009, qui prendra fin le 30 septembre, devrait presque tripler, passant à environ 1200 milliards de dollars, selon le Bureau du budget du Congrès. Un déficit de cette importance battrait le précédent record de l'après-guerre établi en 1983. Le Bureau du budget du Congrès n'a en effet pas pris en compte le coût du plan de relance d'Obama.
Obama a promis de tenter de supprimer les dépenses inutiles et d'étudier les moyens de faire face aux coûteux programmes de protection sociale, tels que la sécurité sociale et Medicare. Le président élu s'est aussi engagé à agir rapidement pour revoir le système de régulation de Wall Street et à sévir contre ceux qui ont exploité les failles de ce système, apparente allusion au scandale de fraude pyramidale dont les victimes, clientes du financier Bernard Madoff, auraient perdu au total jusqu'à 50 milliards de dollars.
Nouvelles nominations
Lors du point de presse suivant son discours, Barack Obama a présenté le nouveau président du comité national du Parti démocrate, Tim Kaine, qui succède à Howard Dean. Le président élu a déclaré que le gouverneur de la Virginie partage «sa philosophie progressiste et pragmatique». Il a aussi nommé quatre anciens membres de l'administration Clinton à des postes de haut rang dans le secteur de la défense, notamment l'ancien contrôleur des comptes du Pentagone William Lynn, qui deviendra secrétaire adjoint à la Défense. Ces quatre responsables formeront une équipe de collaborateurs autour du secrétaire à la Défense Robert Gates, qui a accepté de rester à la tête du Pentagone dans la future administration démocrate. Le nouveau contrôleur des comptes du Pentagone sera Robert Hale, ancien secrétaire adjoint à l'Armée de l'air. Les deux autres collaborateurs nommés sont Michele Flournoy et Jeh Johnson.
Pendant ce temps à Washington, la proclamation officielle du 44e président des États-Unis est passée comme lettre à la poste au Congrès américain après le dépouillement du scrutin des grands électeurs. Au cours d'une séance solennelle réunissant représentants et sénateurs dans une Chambre des représentants pleine à craquer, le vice-président actuel des États-Unis, Dick Cheney, a proclamé la victoire du démocrate Barack Obama. Dans le cas d'une victoire claire, il s'agissait d'une formalité, contrairement au sauvetage prochain de l'économie américaine.
Avec Reuters et l'Agence France-Presse
«Je ne crois pas qu'il soit trop tard pour changer de cap, mais ce sera le cas si nous n'engageons pas une action forte le plus tôt possible», a déclaré celui qui deviendra le chef de la Maison-Blanche le 20 janvier prochain. «Si rien n'est fait, la récession pourrait se prolonger pendant des années. Le taux de chômage pourrait dépasser les 10 %» actuels, a-t-il prévenu.
Il a exhorté le Congrès à travailler «jour et nuit» afin d'adopter rapidement un plan de baisses d'impôt et de dépenses publiques. Obama, qui espère faire adopter son plan d'ici la mi-février, n'en a pas chiffré le coût dans son discours. Il avait précédemment parlé de 775 milliards de dollars. Ce vaste plan «creusera certainement le déficit du budget à court terme», a reconnu le président élu. «Mais il est tout aussi certain que ne pas en faire assez, ou ne rien faire du tout, conduirait à un plus grand déficit d'emplois, de revenus, et de confiance dans notre économie», a-t-il prévenu.
Dans un discours engagé et ferme, il a cité parmi les éléments de son plan une réduction d'impôt de 1000 $ pour 95 % des ménages américains. Cette baisse d'impôt vise à stimuler l'économie et à inciter les familles, craintives, à «se remettre à dépenser». Ce sera «la première étape de la réduction d'impôt à destination des classes moyennes que j'ai promise pendant la campagne électorale et qui sera comprise dans notre prochain budget», a déclaré le président élu.
Dans le cadre des travaux d'infrastructure (rénovation de ponts et de chaussées et d'écoles, généralisation d'Internet à haut débit...) prévus, Barack Obama a promis de doubler la production d'énergies nouvelles en l'espace de trois ans. «Nous moderniserons plus de 75 % des immeubles de l'administration et améliorerons l'efficacité énergétique de deux millions de foyers américains, faisant ainsi économiser des milliards [de dollars] aux consommateurs et aux contribuables», a-t-il précisé. Au Québec, le porte-parole d'Équiterre, Steven Guilbault, a réagi rapidement à ce virage vert au sud de notre frontière en affirmant que «l'administration d'Obama est bien loin d'opposer environnement et économie, comme le fait le gouvernement fédéral canadien».
Déficit record
Un rapport publié mercredi sur les perspectives budgétaires américaines illustre la gravité de la situation et risque de compliquer l'adoption du plan, prévue par les démocrates pour la mi-février. Les dirigeants républicains du Congrès ont accueilli avec prudence le discours du futur président. «Oui, notre économie a besoin d'aide [...], mais combien de dettes allons-nous accumuler pour les générations à venir?», s'est demandé John Boehner, chef de la minorité républicaine à la Chambre des représentants.
Le déficit budgétaire de l'année fiscale 2009, qui prendra fin le 30 septembre, devrait presque tripler, passant à environ 1200 milliards de dollars, selon le Bureau du budget du Congrès. Un déficit de cette importance battrait le précédent record de l'après-guerre établi en 1983. Le Bureau du budget du Congrès n'a en effet pas pris en compte le coût du plan de relance d'Obama.
Obama a promis de tenter de supprimer les dépenses inutiles et d'étudier les moyens de faire face aux coûteux programmes de protection sociale, tels que la sécurité sociale et Medicare. Le président élu s'est aussi engagé à agir rapidement pour revoir le système de régulation de Wall Street et à sévir contre ceux qui ont exploité les failles de ce système, apparente allusion au scandale de fraude pyramidale dont les victimes, clientes du financier Bernard Madoff, auraient perdu au total jusqu'à 50 milliards de dollars.
Nouvelles nominations
Lors du point de presse suivant son discours, Barack Obama a présenté le nouveau président du comité national du Parti démocrate, Tim Kaine, qui succède à Howard Dean. Le président élu a déclaré que le gouverneur de la Virginie partage «sa philosophie progressiste et pragmatique». Il a aussi nommé quatre anciens membres de l'administration Clinton à des postes de haut rang dans le secteur de la défense, notamment l'ancien contrôleur des comptes du Pentagone William Lynn, qui deviendra secrétaire adjoint à la Défense. Ces quatre responsables formeront une équipe de collaborateurs autour du secrétaire à la Défense Robert Gates, qui a accepté de rester à la tête du Pentagone dans la future administration démocrate. Le nouveau contrôleur des comptes du Pentagone sera Robert Hale, ancien secrétaire adjoint à l'Armée de l'air. Les deux autres collaborateurs nommés sont Michele Flournoy et Jeh Johnson.
Pendant ce temps à Washington, la proclamation officielle du 44e président des États-Unis est passée comme lettre à la poste au Congrès américain après le dépouillement du scrutin des grands électeurs. Au cours d'une séance solennelle réunissant représentants et sénateurs dans une Chambre des représentants pleine à craquer, le vice-président actuel des États-Unis, Dick Cheney, a proclamé la victoire du démocrate Barack Obama. Dans le cas d'une victoire claire, il s'agissait d'une formalité, contrairement au sauvetage prochain de l'économie américaine.
Avec Reuters et l'Agence France-Presse
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