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La famille Obama s'installe à Washington... dans un hôtel

Le Devoir   5 janvier 2009  États-Unis
Barack Obama saluant un membre d’équipage, hier, à Chicago,  peu avant le décollage à destination de Washington.
Photo : Agence Reuters
Barack Obama saluant un membre d’équipage, hier, à Chicago, peu avant le décollage à destination de Washington.
Alors que la nouvelle famille présidentielle s'est installée hier à Washington, Barack Obama va s'atteler immédiatement à boucler son plan de relance de l'économie américaine, que les démocrates espèrent faire adopter au Congrès peu après l'investiture présidentielle du 20 janvier prochain.

M. Obama, son épouse, Michelle, et leurs deux filles, Sasha, 7 ans, et Malia, 10 ans, qui rentrent de deux semaines de vacances à Hawaii, doivent s'installer temporairement au prestigieux hôtel Hay-Adams. La nouvelle famille présidentielle devra se contenter de l'établissement avec vue sur la Maison-Blanche, laquelle vue est par ailleurs bloquée par les gradins dressés pour la cérémonie d'investiture. Les Obama auraient préféré s'installer à la Blair House, résidence réservée aux invités de marque de l'administration américaine située face à la Maison-Blanche, privilège qui leur a été refusé. La demeure serait occupée jusqu'au 15 janvier. Le refus a fait sourciller de nombreux observateurs, alors que la presse se demande quel est cet hôte qui est plus important que le président élu.

Le Hay-Adams est tout de même l'un des hôtels les plus prestigieux de Washington, dont la légende veut qu'il soit hanté. Ouvert en 1928, le palace est situé à quelques dizaines de mètres de la Maison-Blanche, au coeur de la capitale américaine.

Le Hay-Adams doit son nom à d'illustres personnages ayant habité sur le site actuel de l'hôtel: John Hay, assistant personnel du président Abraham Lincoln puis secrétaire d'État, et Henry Adams, écrivain et descendant des présidents américains John Adams et John Quincy Adams.

Selon une légende bien établie à Washington, l'hôtel est hanté par la femme d'Henry Adams, Marian «Clover» Adams, qui, souffrant de dépression, s'est suicidée en 1885. Le triste fantôme rendrait régulièrement visite au luxueux établissement tous les mois de décembre, autour de la date anniversaire de son décès.

Un dispositif de police a été mis en place autour de l'établissement, cerné par des barrières métalliques, et la rue a été interdite à la circulation. Le personnel de l'hôtel a indiqué que des mesures de sécurité spéciales seraient en vigueur pendant toute la durée du séjour de la famille Obama, sans plus de précisions.

Un retour à l'imparfait

Ce retour à Washington s'effectue dans un climat politique troublé par l'annonce-surprise du retrait de Bill Richardson, le secrétaire au Commerce désigné, qui constitue un premier faux pas pour M. Obama dans une période de transition jusqu'ici gérée sans accroc (voir texte en page B 3).

Dès aujourd'hui, le président élu se rendra au Capitole pour tenter de déterminer avec les dirigeants parlementaires les modalités de son plan de relance, chiffré hier entre 775 et 1000 milliards de dollars par le chef de la majorité démocrate à la Chambre des représentants, Steny Hoyer. Selon lui, le plan de relance devrait être adopté au plus tôt début février, soit immédiatement après l'arrivée du nouveau président à la tête du pays. «Nous voulons vraiment voir le plan passer devant la Chambre des représentants avant la fin du mois [de janvier], avant de l'envoyer au Sénat puis au président», a-t-il déclaré sur Fox News.

Le temps presse, a prévenu samedi dernier M. Obama lors de son allocution hebdomadaire à la radio. Il a averti que «les économistes de toutes les orientations politiques sont d'accord pour estimer que si nous n'agissons pas rapidement et avec audace, nous pourrions assister à une récession encore plus grave susceptible de déboucher sur un doublement du taux de chômage».

Selon lui, «l'objectif numéro un» du plan sera de créer trois millions d'emplois, dont 80 % dans le secteur privé. Il contiendra des «allégements fiscaux directs pour 95 % des travailleurs américains».

***

Avec l'Agence France Presse






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