Scandale Madoff - Au suivant!
L'année financière se termine comme elle a commencé, par un scandale énorme, un scandale à tiroirs. Bernard Madoff, c'est de lui qu'il s'agit, a dilapidé 50 milliards en exploitant la cupidité ainsi que la bêtise d'une quantité impressionnante, donc très inquiétante, de patrons d'établissements financiers pourtant réputés être... réputés!
Des années durant, le sexagénaire Madoff a fait illusion en usant, pour son compte évidemment, d'une technique d'escroquerie dite chaîne de Ponzi, du nom d'un malfrat qui fit main basse, il y a un siècle environ, sur les économies de riches américains de la Nouvelle-Angleterre. Fait à noter, il avait auparavant passé trois ans en prison de ce côté-ci de la frontière pour exploitation de la crédulité économique des immigrants italiens montréalais.
Souvent baptisée vente pyramidale, la chaîne de Ponzi consiste à allouer les rendements promis aux premiers ou anciens investisseurs à même les sommes soutirées aux nouveaux investisseurs. Dans le cas qui nous occupe, Madoff garantissait un rendement annule de 11 %. Mais à la différence de Ponzi, il comptait parmi ses clients des banques commerciales, des banques d'affaires, des fonds d'investissement et autres gros acteurs institutionnels de la circulation de capitaux en plus, évidemment, d'individus. Bref, Madof a exploité sur tous les fronts.
Pour bien saisir la portée de l'offensive menée par Madoff, il faut souligner en gras l'identité des établissements que l'escroc a roulé dans la farine, soit les espagnoles Santander et BBVA, les britanniques HSBC et Royal Bank of Scotland, que le gouvernement vient de sauver de la faillite, les françaises BNP Paribas, Axa, Société générale et Natixis, qui l'a échappé belle plus tôt cette année grâce aux pouvoirs publics, l'italienne UniCredit, sans oublier des suisses, des japonaises, des coréennes.
Ainsi donc, les artistes de l'ingénierie financière formés dans les meilleures universités du monde, les architectes de modèles mathématiques que seule une formation de physicien permet de suivre n'y ont vu que du feu. Si on comprend bien, ces derniers ont accordé à Madoff les millions que leur avaient confié les plus riches de leurs clients sans effectuer d'examen de routine, sans étudier le degré de risque que proposait le véhicule financier «vendu» par Madoff? Si tel est le cas, alors l'histoire de Wall Street, avec son cortège de subprime, credit default swap et autres, est vraiment une histoire de bruit et de fureur racontée par un idiot et co-signé par le dieu Cupidité.
De la même manière que l'on a insisté sur les noms des institutions bernées par un délinquant assez malin pour avoir touillé à la sauce informatique un mécanisme frauduleux vieux d'un siècle, on tient à insister ou plus exactement à répéter une autre histoire. Celle de Nick Leeson, le tombeur de la Baring qui était alors la plus prestigieuse des banques britanniques.
La légende dont il est le héros a ceci de captivant qu'elle présente plus d'un point commun avec celle de Madoff. Comme lui, il cultivait l'opacité, le vague. Il était expert en louvoiements. Mais en fait, si on évoque encore une fois cette faillite, c'est parce qu'elle s'est produite en... 1995. Autrement dit, on insiste, il y a 13 ans de cela. Et alors? Des parlementaires anglais ont étudié le dossier. Des parlementaires qui mettaient en garde contre la vague de dé-réglementation déjà en vogue parce que porteuse des pires catastrophes financières.
Au cours des 14 derniers mois, on a écopé des subprimes et autres oripeaux économiques camouflés derrière un paravent de chiffres construit à l'aune de l'avidité la plus aiguisée, on a hérité des credit default swap et de leur cohorte de méfaits conçus par les esprits présentés comme les meilleurs de notre temps parce que totalement insensibles à tout ce qui ne ressemble pas à un billet de banque, aujourd'hui on est confronté à la plus grosses escroquerie financière, et tout cela à cause de quoi? Parce que de bons vendeurs ont convaincu une ribambelle de politiciens que la fin de l'histoire, le bonheur intemporel, passait par le laisser-faire généralisé. Bref, les autorités d'ici et de là comme de là-bas ont soldé le bien public, ont bradé le général pour le bénéfice du particulier.
Il est tout de même sidérant, pour rester poli, que le scandale Madoff ait éclaté en 2008. Soit 13 années après celui de Leeson avec, entre ces deux dates, les crises asiatique, russe, thaïlandaise, mexicaine et autres, toutes conséquentes de l'observation maniaque comme absolue d'un même mantra: «La cupidité, c'est bien.»
Des années durant, le sexagénaire Madoff a fait illusion en usant, pour son compte évidemment, d'une technique d'escroquerie dite chaîne de Ponzi, du nom d'un malfrat qui fit main basse, il y a un siècle environ, sur les économies de riches américains de la Nouvelle-Angleterre. Fait à noter, il avait auparavant passé trois ans en prison de ce côté-ci de la frontière pour exploitation de la crédulité économique des immigrants italiens montréalais.
Souvent baptisée vente pyramidale, la chaîne de Ponzi consiste à allouer les rendements promis aux premiers ou anciens investisseurs à même les sommes soutirées aux nouveaux investisseurs. Dans le cas qui nous occupe, Madoff garantissait un rendement annule de 11 %. Mais à la différence de Ponzi, il comptait parmi ses clients des banques commerciales, des banques d'affaires, des fonds d'investissement et autres gros acteurs institutionnels de la circulation de capitaux en plus, évidemment, d'individus. Bref, Madof a exploité sur tous les fronts.
Pour bien saisir la portée de l'offensive menée par Madoff, il faut souligner en gras l'identité des établissements que l'escroc a roulé dans la farine, soit les espagnoles Santander et BBVA, les britanniques HSBC et Royal Bank of Scotland, que le gouvernement vient de sauver de la faillite, les françaises BNP Paribas, Axa, Société générale et Natixis, qui l'a échappé belle plus tôt cette année grâce aux pouvoirs publics, l'italienne UniCredit, sans oublier des suisses, des japonaises, des coréennes.
Ainsi donc, les artistes de l'ingénierie financière formés dans les meilleures universités du monde, les architectes de modèles mathématiques que seule une formation de physicien permet de suivre n'y ont vu que du feu. Si on comprend bien, ces derniers ont accordé à Madoff les millions que leur avaient confié les plus riches de leurs clients sans effectuer d'examen de routine, sans étudier le degré de risque que proposait le véhicule financier «vendu» par Madoff? Si tel est le cas, alors l'histoire de Wall Street, avec son cortège de subprime, credit default swap et autres, est vraiment une histoire de bruit et de fureur racontée par un idiot et co-signé par le dieu Cupidité.
De la même manière que l'on a insisté sur les noms des institutions bernées par un délinquant assez malin pour avoir touillé à la sauce informatique un mécanisme frauduleux vieux d'un siècle, on tient à insister ou plus exactement à répéter une autre histoire. Celle de Nick Leeson, le tombeur de la Baring qui était alors la plus prestigieuse des banques britanniques.
La légende dont il est le héros a ceci de captivant qu'elle présente plus d'un point commun avec celle de Madoff. Comme lui, il cultivait l'opacité, le vague. Il était expert en louvoiements. Mais en fait, si on évoque encore une fois cette faillite, c'est parce qu'elle s'est produite en... 1995. Autrement dit, on insiste, il y a 13 ans de cela. Et alors? Des parlementaires anglais ont étudié le dossier. Des parlementaires qui mettaient en garde contre la vague de dé-réglementation déjà en vogue parce que porteuse des pires catastrophes financières.
Au cours des 14 derniers mois, on a écopé des subprimes et autres oripeaux économiques camouflés derrière un paravent de chiffres construit à l'aune de l'avidité la plus aiguisée, on a hérité des credit default swap et de leur cohorte de méfaits conçus par les esprits présentés comme les meilleurs de notre temps parce que totalement insensibles à tout ce qui ne ressemble pas à un billet de banque, aujourd'hui on est confronté à la plus grosses escroquerie financière, et tout cela à cause de quoi? Parce que de bons vendeurs ont convaincu une ribambelle de politiciens que la fin de l'histoire, le bonheur intemporel, passait par le laisser-faire généralisé. Bref, les autorités d'ici et de là comme de là-bas ont soldé le bien public, ont bradé le général pour le bénéfice du particulier.
Il est tout de même sidérant, pour rester poli, que le scandale Madoff ait éclaté en 2008. Soit 13 années après celui de Leeson avec, entre ces deux dates, les crises asiatique, russe, thaïlandaise, mexicaine et autres, toutes conséquentes de l'observation maniaque comme absolue d'un même mantra: «La cupidité, c'est bien.»
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