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Gates voudrait que le Canada poursuive son engagement

Le Devoir   12 décembre 2008  États-Unis
Le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, de passage hier en Afghanistan pour une visite-surprise, a pressé le Canada à poursuivre son engagement militaire dans le pays au-delà de 2011, date à laquelle les troupes canadiennes doivent se retirer. Il a du même coup prévenu qu'il faut s'attendre à un long combat en sol afghan, où il a promis d'envoyer 12 000 hommes d'ici l'été.

M. Gates a rencontré les dirigeants militaires à l'aérodrome de Kandahar. Ces derniers lui ont exposé les opérations qui se déroulent dans le sud de l'Afghanistan, notamment dans la province de Kandahar, où les soldats canadiens tentent toujours de maîtriser les talibans.

Or le contingent canadien, qui commande les opérations à Kandahar depuis février 2006, doit se retirer d'Afghanistan en 2011. Robert Gates a toutefois indiqué aux journalistes que, toutes proportions gardées, aucun pays n'a travaillé aussi fort que le Canada en Afghanistan et qu'il serait déçu de voir les soldats canadiens quitter le pays. «[Les Canadiens] ont été des partenaires exemplaires pour nous, a-t-il fait valoir. Et tout ce que je peux vous dire, comme c'est le cas depuis longtemps, c'est que plus les soldats canadiens resteront nos partenaires [en Afghanistan], mieux ce sera.»

Le commandant de la Force opérationnelle interarmées en Afghanistan, le brigadier-général canadien Denis Thompson, a répliqué, à sa sortie d'un dîner avec M. Gates, qu'il était évident qu'il restera du travail à faire en Afghanistan au-delà de 2011, mais que la décision relève d'Ottawa, pas des Forces canadiennes. «Du point de vue du Canada, il s'agit d'une décision stratégique. Ces décisions sont prises à Ottawa, pas sur le champ de bataille, a-t-il expliqué. Mais il est clair que la communauté internationale sera engagée ici pour encore plusieurs, plusieurs, plusieurs années.»

Un porte-parole du ministre de la Défense a indiqué que Peter MacKay n'était pas disponible pour commenter l'affaire directement. Le ministre s'est cependant exprimé par voie de communiqué: «Le secrétaire Gates a toujours été reconnaissant du rôle du Canada dans la mission mandatée par l'ONU. Le ministre et le gouvernement ont été très clairs sur le fait que le Parlement a décidé que notre mission se terminera en 2011.»

Les soldats américains prendront éventuellement le commandement des opérations à Kandahar, lorsque leur nombre surpassera celui des soldats canadiens, a souligné le brigadier-général Thompson. «Ils seront éventuellement les commandants. C'est toujours un sujet sensible, mais pour les soldats, c'est plutôt simple: si vous avez le plus grand nombre de soldats, vous commandez», a-t-il expliqué. «Je ne crois pas que nous devrions être surpris que les Américains veuillent commander et je ne pense pas que ce sera une surprise pour Ottawa, parce que c'est tout simplement logique», a ajouté M. Thompson.

Plus de soldats américains

La visite de Robert Gates en Afghanistan survient quelques mois avant l'envoi de troupes américaines en Afghanistan, prévu au début de l'année prochaine. Le président désigné des États-Unis, Barack Obama, avait annoncé, lors de la campagne électorale présidentielle, qu'il prévoyait déployer 20 000 soldats supplémentaires en Afghanistan d'ici les 18 prochains mois.

M. Gates a prévenu hier que quelque 12 000 hommes supplémentaires y seront envoyés d'ici l'été. «Je crois qu'il y a une obligation pour un engagement durable et pour une période assez longue. Combien d'années, combien de soldats, personne ne le sait encore», a-t-il déclaré à Kandahar. «Il s'agit d'un long combat et il durera tant que nous n'aurons pas été victorieux aux côtés du peuple afghan», a-t-il ajouté.

Le secrétaire américain à la Défense s'exprimait après un entretien avec le général américain David McKiernan, commandant les forces internationales en Afghanistan, et des généraux britannique et néerlandais, dont les contingents sont déployés dans le sud du pays. Le général McKiernan a affirmé pour sa part qu'il faudrait encore trois à quatre ans pour amener les forces de sécurité afghanes au point où elles auront moins besoin des soldats étrangers. Ceux-ci sont aujourd'hui 70 000, dont une moitié d'Américains.

En attendant et pour faire face à une insurrection qui gagne du terrain, le général avait demandé l'envoi en renfort de quatre brigades américaines et de divers éléments de soutien, pour un total de près de 20 000 hommes. L'envoi d'une brigade, composée de 3500 à 4000 hommes, destinée à sécuriser les provinces autour de Kaboul, a déjà été annoncée. Au-delà de ces renforts, «nous espérons pouvoir envoyer deux autres brigades d'ici la fin du printemps», a indiqué Robert Gates, soit 11 000 à 12 000 soldats américains supplémentaires.

Mais le secrétaire à la Défense a mis en garde contre l'envoi d'un trop grand nombre de soldats dans un pays en proie aux guerres civiles et aux insurrections contre des forces étrangères. «L'histoire des forces étrangères en Afghanistan n'est pas très positive: elles ont été considérées par les Afghans comme des occupants venus dans leur propre intérêt, a indiqué le secrétaire à la Défense. Les Soviétiques n'ont pas pu l'emporter en Afghanistan avec 120 000 hommes alors qu'ils ne se souciaient pas des dommages collatéraux.»

«Placer les Afghans au premier plan est un élément clé, mais il faut aussi deviner à partir de quels effectifs les troupes étrangères sont en trop grand nombre pour être efficaces», a-t-il poursuivi. Il a souligné le consensus autour de l'accélération de la formation de l'armée afghane: «C'est leur pays, leur combat, leur avenir.»

***

Avec l'Agence France-Presse et La Presse canadienne






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  • Serge Charbonneau
    Abonné
    vendredi 12 décembre 2008 06h43
    La bave à la gueule et le portefeuille vide
    « «Gates voudrait que le Canada poursuive son engagement»
    Alors là! C'est toute une surprise!
    Vraiment la nouvelle surprend!
    2011 est encore loin, deux ans en politique, il s'en passe des choses. Les méchants peuvent devenir plus méchants et la terre peut subir des menaces effarantes. Le Canada n'aura alors pas le choix de prendre ses responsabilités!

    Une des stratégies en politique non populaire, c'est de gagner du temps. «Nous le ferons plus tard!» «Kyoto, nous le ferons plus tard!» 2050 tiens!
    L'Afghanistan, «on se retirera plus tard!» Pour l'instant, on envoie "les forces aériennes en Afghanistan"
    http://www.info690.com/
    nouvelle-renfort_aerien_afghanistan_pour-767092-2.html

    Combien ça coûte? Quoi? Ça coûte quelque chose?
    Ah! Tiens, je n'y avais même pas songé!
    C'est la «crise économique», il va falloir se serrer la ceinture les amis!
    Les hôpitaux n'auront plus de subvention, nous devrons les faire «sauver» par les missionnaires du privé. Les routes en mauvais état... le privé!
    L'État n'a plus les moyens, on va privatiser. C'est la crise.
    La guerre? Nos impôts peuvent payer ce besoin essentiel.

    LA GUERRE UN BESOIN ESSENTIEL

    La guerre est un besoin essentiel qui coûte si peu qu'il ne vaut même pas la peine de parler du coût.
    Pourquoi alarmer la population sur le coût?
    L'économie va reprendre et ce n'est pas quelques prêts de plus... prêts obligés dus au déficit annoncé!
    Des peanuts vous dis-je!
    Il y a aussi le coût humain, mais on veut la justice ou pas?
    Il ne faut pas être égoïste au point de vouloir sauver ses enfants! Voyons soyez courageux, vous voyez bien que le monde a besoin de chaire à canon!

    L'armée s'engage à vous fournir le cercueil avec même un magnifique drapeau en prime.
    Pour les plus démunis, le ministère de votre défense peut vous accorder un prêt avantageux pour l'enterrement. Enterrez maintenant, payer plus tard! N'est-ce pas merveilleux!

    La justice n'a pas de prix mes amis et les talibans vous guettent.
    Al Qaïda est à nos portes, dans nos aéroports, partout!
    Voyez les messages que nous offre le réseau US SITE!
    En vérité, en vérité je vous le dis!
    Les méchants sont là!
    Il faut faire quelque chose (comme m'avait dit un de mes amis qui voulait me convaincre au lendemain des attaques du 11 septembre 2001 que la guerre qu'on voulait faire en Afghanistan devait être faite. Il me disait, avec un air totalement perdu, traumatisé, sous le choc (comme le monde entier) et en état de panique, il me disait les yeux bien grands: «Il (les US) faut qu'ils fassent quelque chose!»
    Eh! Bien oui! Ils ont fait quelque chose, huit ans de tuerie quotidienne et ce n'est pas fini.
    Comme nous dit Gates, le coeur réjoui: «il faut s'attendre à un long combat en sol afghan».

    La stratégie est de gagner du temps tout en poursuivant les politiques impopulaires. Le complément à la stratégie du temps, c'est la stratégie médiatique de façonnage de l'opinion. «Ça va être dur!» «Ça va être long!»
    On prépare les gens, comme ça, ils ne seront pas trop surpris et on pourra encore gagner du temps.
    « Il faut être COURAGEUX, mes amis » « Courage nous vaincrons!»

    Nous vaincrons quoi?
    Qu'est-ce que le monde?
    Qu'est-ce que la dignité humaine?
    Qu'est-ce que les droits humains?
    Avons-nous tous les mêmes droits? Comme le stipule la charte!

    « Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde. »

    Article premier
    « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. »

    Article 3
    « Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne. »

    Article 5
    « Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. »

    Article 9
    « Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé. »

    http://www.un.org/french/aboutun/dudh.htm


    Il est évident que nous ne sommes pas en Afghanistan pour défendre les droits humains!
    C'est la guerre au terrorisme! Nous dit-on!
    Il faut faire quelque chose! Il faut qu'ils fassent quelque chose comme disait mon ami!

    Huit ans de tuerie.
    Des milliards en bombes, des millions de vies fauchées.
    Des morts et du sang. De la dévastation et de la misère.
    Après huit ans, comment se porte le terrorisme?

    À qui profite le terrorisme?
    Qu'est-ce donc, au fait, que le terrorisme?

    Une petite cassette d'Al Qaïda, avec ça?
    Une gracieuseté de l'agence états-unienne SITE.
    Vous voulez avoir peur, écoutez SITE. Vous aurez un nouveau message à chaque moment où votre peur s'estompera un peu trop.

    Finalement, le passage de Gates dans le bunker d'occupation de Kandahar sert en premier à fouetter les troupes (après nos trois morts "canadiens") et à faire un coup de propagande médiatique.
    Les courageux efforts du bien qui lutte éperdument contre le mal.

    Après une telle opération, nous avons tous envie de sortir notre drapeau étoilé et de crier:
    « SUPPORT THE TROOPS »
    « KILL THEM ALL ! »
    La bave à la gueule et le portefeuille vide.


    Serge Charbonneau
    Québec »

  • Guy Fafard
    Inscrit
    vendredi 12 décembre 2008 17h53
    À un certain moment il faut tirer une ligne.
    « Il y a des extrémistes qui se foutent éperdument de l'Occident. Ils n'ont rien à cirer de la vie de leurs propres concitoyens; ce ne sont que des barbares obsédés par une religion criminelle. "Crois ou meurs" est leur leitmotiv.

    Avec ça, il n'y a rien à faire; d'autant plus que ces vandales veulent nous envahir pour nous inculquer leur principes néfastes. »

  • Simon Garneau
    Abonné
    vendredi 12 décembre 2008 18h17
    Trois ans
    « Fin 2011, c'est dans 3 ans, on ne peut pas dire que l'optimiste règne chez les Américains.
    Félicitations M. Serge Charbonneau pour votre texte, on ne peut rien ajouter de plus.
    Simon Garneau
    Québec »

  • Serge Charbonneau
    Abonné
    samedi 13 décembre 2008 10h33
    Devons-nous poursuivre les massacres en Afghanistan?
    « Devrions-nous rester en Afghanistan?

    Il existe sur la planète une multitude d'endroits où l'injustice sévit.
    Il existe sur la planète une multitude d'endroits où la démocratie, les droits humains et l'égalité des sexes n'existent pas.
    Il y a une multitude d'endroits où la misère est un affront à la dignité humaine.

    Pourquoi sommes-nous en Afghanistan?
    C'est la première question à laquelle nous devons répondre sérieusement.

    Il ne faut pas tomber aveuglément dans le simplisme.


    Il faut être conscient que la technique de déshumaniser l'adversaire est simple et efficace.
    Cette déshumanisation est effectuée quotidiennement à travers les médias qui offrent un moyen de diffusion phénoménal à la propagande.

    Pour nous, occidentaux, les gens "normaux", pensants et réfléchis, n'existent tout simplement pas en Afghanistan. Ni en Iran, ni en Chine, ni partout où l'on souhaite prendre possession du pays, de ses ressources naturelles jusqu'à sa situation géopolitique et militaire. Tout ce que l'on voit de l'Iran ce sont ces barbes et ces tuniques qui représentent l'intégrisme inflexible. On ne se doute pas qu'il existe des gens instruits, des jeunes universitaires érudits et ouverts sur le monde, on ne se doute pas qu'il y ait des gens d'affaires, des professionnels, bref, des gens "normaux".
    Voir le reportage de Sara Yalda, une Iranienne française.
    http://www.france24.com/france24Public/fr/dossiers/20070723-iran-dossier-special-reportage-alexandra-renard-fabien-thelma.php

    http://video.google.ca/videosearch?hl=fr&q=%22Une%20jeunesse%20tiraill%C3%A9e%22&um=1&ie=UTF-8&sa=N&tab=wv#

    La déshumanisation, il faut en être conscient. Nous avons beau avoir une autre culture, avoir une autre instruction, ne pas avoir les mêmes richesses, nous avons tous un sens de la justice, de la fierté, de l'amour. Nous avons tous des familles et des amis avec lesquels on vit, on partage et on rit.


    Qu'a-t-on fait en Afghanistan, depuis huit longues années?

    Huit ans, ce n'est pas rien.
    On constate que l'Afghanistan n'a pas avancé. On constate que la misère a même augmenté.
    Le droit des femmes est aussi pire.
    Les droits humains n'ont pas évolué.
    On condamne à mort des journalistes qui osent faire réfléchir.
    La corruption a progressé.
    Le narcotrafic a augmenté.

    Il est facile de mettre le blâme sur les talibans. D'ailleurs, on appelle «taliban» tous ceux qui sont résistants.
    Il faut se souvenir que pendant aux trois ans après avoir été vaincus, les talibans n'étaient à peu près pas actifs. Qu'a-t-on fait pour la population pendant ces trois années de calme?
    Rien.
    L'électricité n'a pas été rétablie, l'eau courante non plus, les services sanitaires non plus.

    Depuis deux ans, la population, en bien des endroits, souhaite le retour de leurs anciens bourreaux!
    Que fait-on en Afghanistan?
    Pourquoi occupe-t-on l'Afghanistan?

    Certains disent: "il faut être fier de nos soldats qui défendent notre pays".
    Qui défendent notre pays ?????
    Notre pays a été attaqué?

    Nos soldats ne défendent absolument pas notre pays, ils défendent un impérialisme mondial.

    Dans son commentaire,
    http://www.ledevoir.com/2008/12/12/commentaires/0812121753874.html
    M. Fafard dit:
    « Il y a des extrémistes qui se foutent éperdument de l'Occident. Ils n'ont rien à cirer de la vie de leurs propres concitoyens; ce ne sont que des barbares obsédés par une religion criminelle. ...
    Avec ça, il n'y a rien à faire; ces vandales veulent nous envahir pour nous inculquer leurs principes néfastes. »

    Nous avons ici, le reflet éloquent de cette technique de la déshumanisation. En l'assaisonnant de la peur, on obtient un citoyen appuyant totalement "l'effort de guerre" de son pays sauveur.
    C'est d'un simplisme élémentaire, mais d'une efficacité fulgurante. Une des armes de l'impérialisme est l'aiguillage de l'opinion. L'arme médiatique est terrible.

    « Les faits ne pénètrent pas dans le monde où habitent les croyances. » Paul Valéry

    Il faut s'accrocher aux faits et mettre de côté nos croyances et les opinions qu'on nous impose.

    Il faut regarder l'Afghanistan en face. Tout comme le monde entier.
    Il faut s'accrocher aux faits.
    C'est pourquoi nous avons un besoin immense de vrais journalistes.


    Serge Charbonneau
    Québec »

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