Gates voudrait que le Canada poursuive son engagement
Le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, de passage hier en Afghanistan pour une visite-surprise, a pressé le Canada à poursuivre son engagement militaire dans le pays au-delà de 2011, date à laquelle les troupes canadiennes doivent se retirer. Il a du même coup prévenu qu'il faut s'attendre à un long combat en sol afghan, où il a promis d'envoyer 12 000 hommes d'ici l'été.
M. Gates a rencontré les dirigeants militaires à l'aérodrome de Kandahar. Ces derniers lui ont exposé les opérations qui se déroulent dans le sud de l'Afghanistan, notamment dans la province de Kandahar, où les soldats canadiens tentent toujours de maîtriser les talibans.
Or le contingent canadien, qui commande les opérations à Kandahar depuis février 2006, doit se retirer d'Afghanistan en 2011. Robert Gates a toutefois indiqué aux journalistes que, toutes proportions gardées, aucun pays n'a travaillé aussi fort que le Canada en Afghanistan et qu'il serait déçu de voir les soldats canadiens quitter le pays. «[Les Canadiens] ont été des partenaires exemplaires pour nous, a-t-il fait valoir. Et tout ce que je peux vous dire, comme c'est le cas depuis longtemps, c'est que plus les soldats canadiens resteront nos partenaires [en Afghanistan], mieux ce sera.»
Le commandant de la Force opérationnelle interarmées en Afghanistan, le brigadier-général canadien Denis Thompson, a répliqué, à sa sortie d'un dîner avec M. Gates, qu'il était évident qu'il restera du travail à faire en Afghanistan au-delà de 2011, mais que la décision relève d'Ottawa, pas des Forces canadiennes. «Du point de vue du Canada, il s'agit d'une décision stratégique. Ces décisions sont prises à Ottawa, pas sur le champ de bataille, a-t-il expliqué. Mais il est clair que la communauté internationale sera engagée ici pour encore plusieurs, plusieurs, plusieurs années.»
Un porte-parole du ministre de la Défense a indiqué que Peter MacKay n'était pas disponible pour commenter l'affaire directement. Le ministre s'est cependant exprimé par voie de communiqué: «Le secrétaire Gates a toujours été reconnaissant du rôle du Canada dans la mission mandatée par l'ONU. Le ministre et le gouvernement ont été très clairs sur le fait que le Parlement a décidé que notre mission se terminera en 2011.»
Les soldats américains prendront éventuellement le commandement des opérations à Kandahar, lorsque leur nombre surpassera celui des soldats canadiens, a souligné le brigadier-général Thompson. «Ils seront éventuellement les commandants. C'est toujours un sujet sensible, mais pour les soldats, c'est plutôt simple: si vous avez le plus grand nombre de soldats, vous commandez», a-t-il expliqué. «Je ne crois pas que nous devrions être surpris que les Américains veuillent commander et je ne pense pas que ce sera une surprise pour Ottawa, parce que c'est tout simplement logique», a ajouté M. Thompson.
Plus de soldats américains
La visite de Robert Gates en Afghanistan survient quelques mois avant l'envoi de troupes américaines en Afghanistan, prévu au début de l'année prochaine. Le président désigné des États-Unis, Barack Obama, avait annoncé, lors de la campagne électorale présidentielle, qu'il prévoyait déployer 20 000 soldats supplémentaires en Afghanistan d'ici les 18 prochains mois.
M. Gates a prévenu hier que quelque 12 000 hommes supplémentaires y seront envoyés d'ici l'été. «Je crois qu'il y a une obligation pour un engagement durable et pour une période assez longue. Combien d'années, combien de soldats, personne ne le sait encore», a-t-il déclaré à Kandahar. «Il s'agit d'un long combat et il durera tant que nous n'aurons pas été victorieux aux côtés du peuple afghan», a-t-il ajouté.
Le secrétaire américain à la Défense s'exprimait après un entretien avec le général américain David McKiernan, commandant les forces internationales en Afghanistan, et des généraux britannique et néerlandais, dont les contingents sont déployés dans le sud du pays. Le général McKiernan a affirmé pour sa part qu'il faudrait encore trois à quatre ans pour amener les forces de sécurité afghanes au point où elles auront moins besoin des soldats étrangers. Ceux-ci sont aujourd'hui 70 000, dont une moitié d'Américains.
En attendant et pour faire face à une insurrection qui gagne du terrain, le général avait demandé l'envoi en renfort de quatre brigades américaines et de divers éléments de soutien, pour un total de près de 20 000 hommes. L'envoi d'une brigade, composée de 3500 à 4000 hommes, destinée à sécuriser les provinces autour de Kaboul, a déjà été annoncée. Au-delà de ces renforts, «nous espérons pouvoir envoyer deux autres brigades d'ici la fin du printemps», a indiqué Robert Gates, soit 11 000 à 12 000 soldats américains supplémentaires.
Mais le secrétaire à la Défense a mis en garde contre l'envoi d'un trop grand nombre de soldats dans un pays en proie aux guerres civiles et aux insurrections contre des forces étrangères. «L'histoire des forces étrangères en Afghanistan n'est pas très positive: elles ont été considérées par les Afghans comme des occupants venus dans leur propre intérêt, a indiqué le secrétaire à la Défense. Les Soviétiques n'ont pas pu l'emporter en Afghanistan avec 120 000 hommes alors qu'ils ne se souciaient pas des dommages collatéraux.»
«Placer les Afghans au premier plan est un élément clé, mais il faut aussi deviner à partir de quels effectifs les troupes étrangères sont en trop grand nombre pour être efficaces», a-t-il poursuivi. Il a souligné le consensus autour de l'accélération de la formation de l'armée afghane: «C'est leur pays, leur combat, leur avenir.»
***
Avec l'Agence France-Presse et La Presse canadienne
M. Gates a rencontré les dirigeants militaires à l'aérodrome de Kandahar. Ces derniers lui ont exposé les opérations qui se déroulent dans le sud de l'Afghanistan, notamment dans la province de Kandahar, où les soldats canadiens tentent toujours de maîtriser les talibans.
Or le contingent canadien, qui commande les opérations à Kandahar depuis février 2006, doit se retirer d'Afghanistan en 2011. Robert Gates a toutefois indiqué aux journalistes que, toutes proportions gardées, aucun pays n'a travaillé aussi fort que le Canada en Afghanistan et qu'il serait déçu de voir les soldats canadiens quitter le pays. «[Les Canadiens] ont été des partenaires exemplaires pour nous, a-t-il fait valoir. Et tout ce que je peux vous dire, comme c'est le cas depuis longtemps, c'est que plus les soldats canadiens resteront nos partenaires [en Afghanistan], mieux ce sera.»
Le commandant de la Force opérationnelle interarmées en Afghanistan, le brigadier-général canadien Denis Thompson, a répliqué, à sa sortie d'un dîner avec M. Gates, qu'il était évident qu'il restera du travail à faire en Afghanistan au-delà de 2011, mais que la décision relève d'Ottawa, pas des Forces canadiennes. «Du point de vue du Canada, il s'agit d'une décision stratégique. Ces décisions sont prises à Ottawa, pas sur le champ de bataille, a-t-il expliqué. Mais il est clair que la communauté internationale sera engagée ici pour encore plusieurs, plusieurs, plusieurs années.»
Un porte-parole du ministre de la Défense a indiqué que Peter MacKay n'était pas disponible pour commenter l'affaire directement. Le ministre s'est cependant exprimé par voie de communiqué: «Le secrétaire Gates a toujours été reconnaissant du rôle du Canada dans la mission mandatée par l'ONU. Le ministre et le gouvernement ont été très clairs sur le fait que le Parlement a décidé que notre mission se terminera en 2011.»
Les soldats américains prendront éventuellement le commandement des opérations à Kandahar, lorsque leur nombre surpassera celui des soldats canadiens, a souligné le brigadier-général Thompson. «Ils seront éventuellement les commandants. C'est toujours un sujet sensible, mais pour les soldats, c'est plutôt simple: si vous avez le plus grand nombre de soldats, vous commandez», a-t-il expliqué. «Je ne crois pas que nous devrions être surpris que les Américains veuillent commander et je ne pense pas que ce sera une surprise pour Ottawa, parce que c'est tout simplement logique», a ajouté M. Thompson.
Plus de soldats américains
La visite de Robert Gates en Afghanistan survient quelques mois avant l'envoi de troupes américaines en Afghanistan, prévu au début de l'année prochaine. Le président désigné des États-Unis, Barack Obama, avait annoncé, lors de la campagne électorale présidentielle, qu'il prévoyait déployer 20 000 soldats supplémentaires en Afghanistan d'ici les 18 prochains mois.
M. Gates a prévenu hier que quelque 12 000 hommes supplémentaires y seront envoyés d'ici l'été. «Je crois qu'il y a une obligation pour un engagement durable et pour une période assez longue. Combien d'années, combien de soldats, personne ne le sait encore», a-t-il déclaré à Kandahar. «Il s'agit d'un long combat et il durera tant que nous n'aurons pas été victorieux aux côtés du peuple afghan», a-t-il ajouté.
Le secrétaire américain à la Défense s'exprimait après un entretien avec le général américain David McKiernan, commandant les forces internationales en Afghanistan, et des généraux britannique et néerlandais, dont les contingents sont déployés dans le sud du pays. Le général McKiernan a affirmé pour sa part qu'il faudrait encore trois à quatre ans pour amener les forces de sécurité afghanes au point où elles auront moins besoin des soldats étrangers. Ceux-ci sont aujourd'hui 70 000, dont une moitié d'Américains.
En attendant et pour faire face à une insurrection qui gagne du terrain, le général avait demandé l'envoi en renfort de quatre brigades américaines et de divers éléments de soutien, pour un total de près de 20 000 hommes. L'envoi d'une brigade, composée de 3500 à 4000 hommes, destinée à sécuriser les provinces autour de Kaboul, a déjà été annoncée. Au-delà de ces renforts, «nous espérons pouvoir envoyer deux autres brigades d'ici la fin du printemps», a indiqué Robert Gates, soit 11 000 à 12 000 soldats américains supplémentaires.
Mais le secrétaire à la Défense a mis en garde contre l'envoi d'un trop grand nombre de soldats dans un pays en proie aux guerres civiles et aux insurrections contre des forces étrangères. «L'histoire des forces étrangères en Afghanistan n'est pas très positive: elles ont été considérées par les Afghans comme des occupants venus dans leur propre intérêt, a indiqué le secrétaire à la Défense. Les Soviétiques n'ont pas pu l'emporter en Afghanistan avec 120 000 hommes alors qu'ils ne se souciaient pas des dommages collatéraux.»
«Placer les Afghans au premier plan est un élément clé, mais il faut aussi deviner à partir de quels effectifs les troupes étrangères sont en trop grand nombre pour être efficaces», a-t-il poursuivi. Il a souligné le consensus autour de l'accélération de la formation de l'armée afghane: «C'est leur pays, leur combat, leur avenir.»
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Avec l'Agence France-Presse et La Presse canadienne
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