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Déficit américain - Bombe à retardement

Serge Truffaut   24 novembre 2008  États-Unis
La somme des promesses qu'a déclinées Barack Obama pendant la campagne électorale avoisine les 2000 milliards de dollars. À moins d'être irresponsable en matière budgétaire, le président élu ne pourra pas respecter tous ses engagements. Loin de là. Car après la crise immobilière à laquelle se sont greffées depuis lors la crispation bancaire et la déchéance de l'industrie automobile, on va observer l'addition d'une crise tout aussi majeure: l'état lamentable des finances publiques.

Bien avant que n'éclate la bulle immobilière, la dette américaine était le sujet fréquent de commentaires signés par des personnes, dont nombre d'experts, qualifiant celle-ci de bombe à retardement. En substance, ces derniers avançaient que la frivolité des Américains en général et de l'État en particulier sur le front du crédit s'avérerait tôt ou tard catastrophique. Ce qui était conjugué au futur lointain risque fort d'être composé au présent dès 2009. Chose certaine, les chiffres afférents traduisent une réalité brutale.

Tout d'abord, on retiendra que la dette des États-Unis a doublé depuis l'installation de Bush à la Maison-Blanche. Ensuite? L'exercice financier 2008 s'est conclu par un déficit lui aussi deux fois supérieur à celui enregistré lors de l'exercice antérieur. En ce qui a trait à l'année fiscale 2009, on prévoit un déficit de 1000 milliards, là encore le double de celui de 2008. Bref, dire que le rythme imprimé sur les comptes du pays est insoutenable relève de la lapalissade.

Dans cette histoire, il y a certainement des mauvais calculs et des revers de fortune, des faux bonds et des détournements inopinés. Mais il y a aussi une bonne dose d'égoïsme national crânement affirmé par le deuxième personnage de l'État, soit le vice-président Dick Cheney. On se souviendra qu'alors qu'il était interrogé à ce propos, ce triste sire, ce maître ès calamités, avait affirmé que Ronald Reagan avait fait la preuve que le déficit n'était pas un problème politique.

En résumant sur un ton badin un sujet d'autant plus délicat qu'il est lourd de conséquences, ce chasseur fervent devant l'éternel faisait le pari que les banques centrales étrangères d'Asie et d'Europe continueraient à acheter la dette américaine pour la bonne et simple raison qu'aucune nation du monde ne pouvait se permettre de laisser tomber l'économie américaine.

Problème? Si ce théorème autant économique que politique prévalait avant la chute du Mur, soit sous Reagan, ce n'est plus du tout le cas. Aujourd'hui, c'est à retenir, parmi les quatre principaux créanciers des États-Unis d'Amérique, on compte désormais deux concurrents à côté d'alliés: la Chine, qui a dépassé le Japon comme premier financier de Washington, et la Russie. Parions qu'à l'inverse du Japon et de l'Allemagne, Pékin et Moscou refuseront d'avaler les couleuvres. Pour s'en convaincre, il suffit de poser un regard sur la politique monétaire chinoise qui joue le yuan à la baisse pour favoriser indûment les exportations malgré les requêtes justifiées de Clinton et Bush pour un alignement du yuan sur sa valeur réelle.

Pour l'année fiscale 2009, on calcule que le financement des opérations courantes va s'élever à 1400 milliards de dollars. Tout logiquement, on peut se demander qui va payer, qui va accepter d'acheter des bons du Trésor? La Chine? La Russie? L'Allemagne et le Japon officiellement en récession depuis la semaine dernière? C'est évidemment le quid du sujet. En attendant, on tient à partager un fait qui en dit long sur la santé économique de la planète. Voilà, l'indice Baltic Dry a ceci de riche en enseignements qu'il n'y a pas mieux pour suivre l'évolution de l'industrie maritime. Il faut surtout savoir que 95 % du transport des marchandises du «monde mondial» se fait par la mer. Et alors? L'indice Baltic Dry a été divisé par quatorze au cours du dernier semestre.

Cela étant, sur un plan intérieur, il faut rappeler que, quand tous les baby-boomers américains seront à la retraite, les obligations du gouvernement à leur égard équivaudront à 20 % du PIB. Lorsque l'on additionne le service de la dette, on se retrouve avec un pays insolvable, dixit David Walker qui fut... contrôleur général des États-Unis sous Clinton et Bush.

Les économistes ayant sonné l'alarme — on pense notamment à Nouriel Roubini, premier à avoir prévu la crise et son énormité — avaient été traités de pessimistes outranciers et autres par les Cheney du monde. Quand on y songe, ces derniers correspondent fort bien à cette définition de l'optimisme formulée par on ne sait plus qui. À savoir? Ce dernier est «l'alibi sournois des égoïstes.»






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  • Gabriel RACLE
    Inscrit
    lundi 24 novembre 2008 05h35
    Georges Bernanos
    « À la fin de son article, Serge Truffaut nous offre négligemment une citation de la manière suivante : « Les économistes ayant sonné l'alarme... avaient été traités de pessimistes outranciers et autres par les Cheney du monde. Quand on y songe, ces derniers correspondent fort bien à cette définition de l'optimisme formulée par on ne sait plus qui. À savoir? Ce dernier est «l'alibi sournois des égoïstes.»

    Cet « on ne sait plus qui » a quelque chose d'impertinent, lorsque l'on sait que cette citation est d'un grand auteur français bien connu, Georges Bernanos (1888-1948) et il est bon de la lui réattribuer. Elle est extraite d'un petit ouvrage pamphlétaire intitulé «Les Grands Cimetières sous la lune », paru en 1938, dans lequel il dénonce les exactions des nationalistes espagnols, sous les ordres de Franco, durant la guerre civile qui a ravagé l'Espagne de 1936 1939.

    « Le livre est centré sur la description de ce que Georges Bernanos a vu durant l'année 1936 à Majorque, la grande île des Baléares où il résidait alors. L'auteur, après avoir explicité ses positions politiques face à la situation française et espagnole, décrit avec précision la terreur que faisaient régner au quotidien à Majorque les phalangistes du général Franco encadrés par des fascistes italiens. Il insiste sur les massacres systématiques et arbitraires. Dans une deuxième partie, il élargit son propos à une réflexion sur les formes nouvelles de guerre civile et sur la barbarie qui en découle. Dans la troisième partie, enfin, il développe une analyse nouvelle du totalitarisme naissant et de ses fondements dans la crise spirituelle des classes dirigeantes. » (Encarta)

    La citation complète concernant l'optimisme se lit ainsi : « [il] m'est toujours apparu comme l'alibi sournois des égoïstes, soucieux de dissimuler leur chronique satisfaction d'eux-mêmes. Ils sont optimistes pour se dispenser d'avoir peur des hommes, de leur malheur».

    Puisque Serge Truffauit nous en donne l'occasion, sans le citer, il n'est pas inutile, par ces temps de crise, de se souvenir de ce grand auteur et de relire certains de ses textes, comme celui cité plus haut. On connaît mieux sans doute quelques autres titres : Sous le soleil de Satan, L'Imposture, La Grande Peur des Bien-Pensants, Journal d'un curé de campagne, Scandale de la vérité, pour ne mentionner que quelques-unes de ses oeuvres, toujours d'actualité.

    Mais il faudrait peut-être citer ces quelques autres lignes tirées de « La liberté, pour quoi faire? », paru en 1953 :
    Je ne suis pas un prophète
    mais il arrive que je voie ce que
    les autres voient comme moi,
    mais ne veulent pas voir.
    Le monde moderne regorge
    aujourd'hui d'hommes d'affaires
    et de policiers, mais il a bien
    besoin d'entendre quelques
    voix libératrices, [...]
    Les voix libératrices ne sont pas
    les voix apaisantes, les voix
    rassurantes. Elles ne se contentent
    pas de nous inviter à attendre
    l'avenir comme on attend le train. »

  • Gabriel RACLE
    Inscrit
    lundi 24 novembre 2008 07h34
    Sous le Soleil de Satan
    « À la fin de son article, Serge Truffaut nous offre négligemment une citation de la manière suivante : « Les économistes ayant sonné l'alarme... avaient été traités de pessimistes outranciers et autres par les Cheney du monde. Quand on y songe, ces derniers correspondent fort bien à cette définition de l'optimisme formulée par on ne sait plus qui. À savoir? Ce dernier est «l'alibi sournois des égoïstes.»

    Cet « on ne sait plus qui » a quelque chose d'impertinent, lorsque l'on sait que cette citation est d'un grand auteur français bien connu, Georges Bernanos (1888-1948) et il est bon de la lui réattribuer. Elle est extraite d'un petit ouvrage pamphlétaire intitulé «Les Grands Cimetières sous la lune », paru en 1938, dans lequel il dénonce les exactions des nationalistes espagnols, sous les ordres de Franco, durant la guerre civile qui a ravagé l'Espagne de 1936 1939.

    « Le livre est centré sur la description de ce que Georges Bernanos a vu durant l'année 1936 à Majorque, la grande île des Baléares où il résidait alors. L'auteur, après avoir explicité ses positions politiques face à la situation française et espagnole, décrit avec précision la terreur que faisaient régner au quotidien à Majorque les phalangistes du général Franco encadrés par des fascistes italiens. Il insiste sur les massacres systématiques et arbitraires. Dans une deuxième partie, il élargit son propos à une réflexion sur les formes nouvelles de guerre civile et sur la barbarie qui en découle. Dans la troisième partie, enfin, il développe une analyse nouvelle du totalitarisme naissant et de ses fondements dans la crise spirituelle des classes dirigeantes. » (Encarta)

    La citation complète concernant l'optimisme se lit ainsi : « [il] m'est toujours apparu comme l'alibi sournois des égoïstes, soucieux de dissimuler leur chronique satisfaction d'eux-mêmes. Ils sont optimistes pour se dispenser d'avoir peur des hommes, de leur malheur».

    Puisque Serge Truffauit nous en donne l'occasion, sans le citer, il n'est pas inutile, par ces temps de crise, de se souvenir de ce grand auteur et de relire certains de ses textes, comme celui cité plus haut. On connaît mieux sans doute quelques autres titres : Sous le soleil de Satan, L'Imposture, La Grande Peur des Bien-Pensants, Journal d'un curé de campagne, Scandale de la vérité, pour ne mentionner que quelques-unes de ses oeuvres, toujours d'actualité.

    Mais il faudrait peut-être citer ces quelques autres lignes tirées de « La liberté, pour quoi faire? », paru en 1953 :
    Je ne suis pas un prophète
    mais il arrive que je voie ce que
    les autres voient comme moi,
    mais ne veulent pas voir.
    Le monde moderne regorge
    aujourd'hui d'hommes d'affaires
    et de policiers, mais il a bien
    besoin d'entendre quelques
    voix libératrices, [...]
    Les voix libératrices ne sont pas
    les voix apaisantes, les voix
    rassurantes. Elles ne se contentent
    pas de nous inviter à attendre
    l'avenir comme on attend le train. »

  • Serge Charbonneau
    Abonné
    lundi 24 novembre 2008 07h35
    Conclusion imposée
    « La nouvelle croisade consiste à dénigrer ce président un peu trop coloré.
    «Bronzé» comme a dit à quelques reprises le grand Berlusconi d'Italie.

    M. Truffaut, nous entraîne vers le futur.
    Le sombre futur que causera le futur président.

    Les derniers agissements, bien actuels de l'administration Bush, m'apparaissent bien plus importants.
    «Les derniers cadeaux du président»
    http://www.cyberpresse.ca/international/etats-unis/200811/24/01-803656-les-derniers-cadeaux-du-president.php
    Les derniers «cadeaux» de remerciement, les noms et les CV des "remerciés", qui sont-ils ces chanceux qui reçoivent des cadeaux en gratitude pour leurs vaillants services? De nombreux textes, tous très intéressants pourraient alimenter Le Devoir pendant toute la fin de ces terribles (ici, terrible doit être lu dans son sens intégral), mandats Bush-Cheney, républicains, meurtriers.

    On "récompense" ceux qui ont utilisé l'outil militaire pour envahir et contrôler les précieuses ressources de la planète, des récompenses pour ceux qui ont su utiliser l'outil militaire meurtrier pour servir les intérêts de l'Empire.
    On "gratifie" ceux qui ont utilisé l'outil économique pour semer le chaos.

    Ce n'est pas du futur, c'est de l'actualité, ce n'est pas du dénigrement, c'est de la dénonciation.
    Le journalisme n'est pas là pour servir d'outil de dénigrement, mais bien d'outil d'information pouvant aller à la dénonciation (Watergate, Irangate, Commandites...)


    La réalité est plus forte que la fiction.
    M. Truffaut ne peut cacher les causes de l'épouvantable situation.
    Sa description des causes de l'état des lieux est claire et ne peut être négligée.

    Par contre ce que l'on retient, malgré la force des causes, c'est sa conclusion imposée avant même l'analyse:
    « Obama ne pourra pas. »

    Il aurait été plus honnête de premièrement laisser la conclusion à son endroit habituel dans un texte, c'est-à-dire, à la fin (on mieux, nous fournir les faits et nous laisser nos propres conclusions au lieu de nous l'imposer) et il aurait été souhaitable que cette conclusion ne soit pas : « Obama ne pourra pas », mais plutôt tout simplement, « Obama pourra-t-il? »

    Le traitement qu'on a fait pour l'administration Bush a toujours été plus "gentil". Rarement les médias ont mis en doute la sincérité (sic) de ce président psychopathe.
    Combien de fois a-t-on pu lire: «Bush dit», «Bush affirme», «Bush veut», «Bush condamne», «Bush exige» ? Combien de fois?

    Combien de fois a-t-on lu: «Bush ne pourra pas» ?
    Je ne m'en souviens pas.

    Par contre, pour Obama, ce président un peu trop coloré pour certains, avant même qu'il soit au pouvoir, à peine élu, on le dit "caméléon" et on dit, «Obama ne pourra pas».

    Je crois que le minimum de décence est de lui laisser une chance.
    Son défi est immense, je ne voudrais pas avoir être à sa place et avoir à relever ces défis et subir ces pressions.
    Non seulement la situation interne des États-Unis est épouvantable, mais l'état du monde est chaotique. Un chaos installé par son prédécesseur et bien décrit dans ce texte de «Bombe à retardement»

    La bombe n'est pas à retardement, la bombe a explosé et nous attendons tous son souffle destructeur.

    En conclusion, ce texte qui décrit passablement bien la situation actuelle, donne l'impression d'avoir deux objectifs. L'un majeur, l'autre accessoire.

    L'objectif majeur est de dire: «Obama ne pourra pas».
    On impose cette conclusion d'entrée de jeu: «À moins d'être irresponsable en matière budgétaire, le président élu ne pourra pas respecter tous ses engagements.»

    Dès lors, le ton est donné, votre cerveau est captif de la conclusion imposée, ensuite on utilise la réalité accessoire pour bien cimenter la conclusion dans votre cerveau.
    On se permet de décrire la situation, parce que de toute façon, on ne peut la nier.
    Alors, comme on ne peut la masquer et masquer ses causes, on les utilise afin de dénigrer le futur président avant même qu'il n'ait levé le petit doigt.


    De toute évidence, Obama n'a pas autant d'amis dans les médias que son prédécesseur Bush!



    Serge Charbonneau
    Québec »

  • jacques noel
    Inscrit
    lundi 24 novembre 2008 07h58
    175,000$ de dette per capita
    « Selon ce documentaire,qui pourait gagner un Oscar, la dette réelle des Américains serait 53,000 milliards, soit 175,000$ per capita. Icite on panique parce que la dette des Québécois est à 125 milliards, 16,000$ per capita (et zéro si on vend Hydro le prix que Mario pense que ça vaut)

    http://www.iousathemovie.com/ »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    lundi 24 novembre 2008 08h08
    Vive Bernanos...
    « Même et sans souci politique de droite (Dieu m'en garde) on préférerait Rebatet mais ce grand Bernanaos perdu sans dans ces lignes sansqu'il soit cité (sans doute est-ce une coïncidence car comment alors écrire un tel article si ce n'est de la démonologie journalistique. De plus il leur faut un premier en tout comme pour les activités sportives:"on pense notamment à Nouriel Roubini, premier à avoir prévu la crise et son énormité--" Il y a foule comme premier ces temps-ci car il n'est pas le seul, voyez le prix Nobel de l'économie 2008. N'oublions qu'une fête géante avec People inclu comme Kelly Minogue et Robert de Niro s'est vue réalisée à Dubai pour une Hotel géant qui couta un minimum de 20 Millions de $ pour le tout. La nuit dans un hôtel à Dubaï est de 35 000$. Après ça, o va nous faire des théories pompeuses sur des voleurs.Jadis, nous avions des théoriciens mais aujourd'hui. Je ne vois comment c'est possible de faire du piston pour les conservateurs??? Merci M. Charbonneau et M. Racle pour vos lumières informatives. Ce que nous retenons, c'est qu'il serait bon que nous relisions Bernanos et ce le plus vite possible. »

  • Patrick Lavoie
    Abonné
    lundi 24 novembre 2008 10h33
    Rupture du système économique à l'été 2009
    « Allez lire ça!

    http://www.europe2020.org/spip.php?rubrique8&lang=fr

    Ils sont crédibles et réalistes pour une fois. Ça nous change de ces économistes dogmatiques complètement déconnectés (la majorité)... »

  • Jean Brault
    Inscrit
    lundi 24 novembre 2008 12h44
    Le paradis perdu
    « Je me suis permis de commenter l'excellent article de M. Truffaut, quoique celui de M. Jean-Claude Leclerc est tout aussi excellent (Les raisons d'un aveuglement général), sans oublier celui de M. Paul Cauchon (Le blues du journaliste). Ces articles sont en quelque sorte inter reliés et je crois que mon intervention soit tout aussi pertinente en regard de ces deux autres. Dans un tout autre ordre d'idée, comme tous les simples lecteurs impuissants, je n'ai pas le statut privilégié d'être journaliste; mon opinion risque de n'être pas diffusée comme telle. Au risque d'être qualifié de prophète de malheur, il est donc préférable de rester parfois anonyme et silencieux. Nous entrons dans une ère de confusion et de chaos ; tous les humains de cette planète moindrement conscients se sentent concernés mais non responsables ; nous avons adopté des rôles de victimes et d'observateurs impuissants. Alors, on vit pour oublier des lendemains peu reluisants. Dans le monde de l'infiniment petit reposent les règles régissant la structure de l'univers connu et...inconnu. La communauté scientifique s'apprête à mettre en marche le plus gros accélérateur de particules jamais conçu (en panne...heureusement !), dont le but ultime sera de provoquer des accidents de protons et d'anti-protons; soit une collision de la matière et de l'anti-matière pour plonger dans les mystères de la physique quantique afin d'en comprendre les lois qu'Einstein lui-même avait omis de mentionner puisqu'elles dépassent les limites de l'entendement. C'est comme vouloir expliquer l'impossible devenu possible. Au-delà de l'atome, l'énergie universelle primaire qui nous a donné la vie risque aussi, ultimement, de nous l'enlever en nous faisant disparaître avec cette connaissance absolue.
    Comme quoi, il faut souvent se méfier des vendeurs de rêves et faire un peu plus confiance aux anarchistes romantiques et aux visionnaires. Serait-ce là l'allégorie biblique du fruit de l'arbre défendu ? La folie est souvent proche du génie et au royaume des aveugles, les borgnes sont rois. »

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