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John McCain offre son aide à Barack Obama

Claude Lévesque   18 novembre 2008  États-Unis
John McCain et Barack Obama se sont rencontrés hier à Chicago, treize jours seulement après le scrutin présidentiel.
Photo : Agence France-Presse
John McCain et Barack Obama se sont rencontrés hier à Chicago, treize jours seulement après le scrutin présidentiel.
Le président élu, Barack Obama, et son adversaire républicain, John McCain, ont eu hier à Chicago un entretien d'environ une heure, leur premier depuis l'élection historique du 4 novembre.

Dans un communiqué laconique de 121 mots, les deux hommes politiques, qui s'étaient pourtant livré une bataille électorale musclée, ont promis de travailler ensemble à la résolution de la présente crise financière, à la création d'une «nouvelle économie de l'énergie» et à la sécurité nationale.

Les quelques déclarations que MM. Obama et McCain ont faites de vive voix à la presse, en marge de cette rencontre au quartier général de transition du président élu, soulignaient également l'importance de coopérer au-delà des clivages partisans en ces temps difficiles.

Il est assez rare que le vainqueur et le perdant d'une élection présidentielle se rencontrent aussi rapidement après le scrutin (treize jours dans le cas présent), ont fait remarquer hier plusieurs commentateurs de la politique américaine.

Depuis son élection, Barack Obama a fait savoir qu'il souhaite nommer dans son cabinet des personnalités issues du Parti républicain. Quelques noms ont déjà été évoqués, mais il n'a jamais été question, ni hier ni auparavant, d'un éventuel poste ministériel pour John McCain, même si ce dernier a acquis pendant sa longue carrière de sénateur une réputation de «franc-tireur» capable de voter en défiant la ligne de parti.

En revanche, depuis jeudi dernier, la presse et la «blogosphère» bruissent de rumeurs au sujet d'Hillary Clinton: ce jour-là, Barack Obama avait reçu au même endroit sa rivale dans la lutte pour l'investiture présidentielle démocrate, en qui plusieurs observateurs voient la prochaine secrétaire d'État.

Dans une interview enregistrée vendredi dernier et diffusée dimanche soir dans le cadre de l'émission 60 Minutes du réseau CBS, le président élu a reconnu avoir rencontré l'ancienne première dame des États-Unis, mais a refusé de dire s'il envisageait de lui confier un poste dans son cabinet.

D'ailleurs, Barack Obama a rencontré, vendredi, le gouverneur du Nouveau-Mexique, Bill Richardson, que les médias placent aussi sur la courte liste des candidats au poste de titulaire des Affaires étrangères. Les noms de John Kerry, candidat démocrate malheureux à la présidentielle de 2004, et de Richard Holbrooke, un diplomate de haut rang, ont également été évoqués depuis deux semaines.

Barack Obama a démissionné de son poste de sénateur de l'Illinois dimanche afin de mieux se préparer à succéder à George W. Bush. Il doit en effet mettre en place l'équipe qui le conseillera à la Maison-Blanche après la passation des pouvoirs, le 20 janvier prochain, et pourvoir une quinzaine de postes ministériels.

Rahm Emanuel, le futur secrétaire général de la Maison-Blanche, participait hier à la rencontre de son patron avec John McCain qui, lui, s'était adjoint le sénateur républicain de la Caroline du Sud, Lindsey Graham.

«En ce moment fondateur de l'histoire, nous croyons que les Américains de toutes allégeances veulent que leurs leaders s'unissent pour changer les mauvaises habitudes [qui ont cours à Washington] et qu'ils en ont besoin», afin de relever les «défis urgents» qui se présentent, ont déclaré hier MM. Obama et McCain dans leur communiqué conjoint.

Avant la rencontre, Barack Obama avait dit s'attendre à «une bonne conversation sur la façon de faire ensemble un peu de travail pour réparer le pays».

Des membres de l'entourage des deux hommes avaient évoqué comme sujets de conversation probables les changements climatiques et les règles d'éthique dans la vie publique, deux sujets sur lesquels MM. Obama et McCain s'entendent assez bien.

Fermer Guantanamo

Les deux adversaires de l'élection présidentielle 2008 ont également des vues assez proches en ce qui concerne la prison de Guantanamo, dont ils souhaitent la fermeture à brève échéance, et la pratique de la torture par les agents de l'État américain, à laquelle ils veulent mettre fin définitivement.

Barack Obama avait d'ailleurs abordé ces thèmes dans l'interview au réseau CBS. «J'ai dit à plusieurs reprises que j'ai l'intention de fermer Guantanamo, et je vais le faire. J'ai dit à plusieurs reprises que l'Amérique ne torture pas et je vais m'assurer que l'Amérique ne torture pas», avait alors déclaré M. Obama, en réponse à une question posée par le lecteur de nouvelles Steve Kroft.

Dans cet entretien, Barack Obama a également affirmé qu'une meilleure régulation du secteur financier représentait pour lui une «priorité». Il avait aussi appelé de ses voeux l'adoption de politiques visant à protéger les propriétaires de maisons contre les saisies, promettant d'agir lui-même une fois assermenté comme président si le Congrès sortant ne parvient pas à le faire au cours de son ultime session.

Le prochain hôte de la Maison-Blanche a également dit avoir passé, depuis son élection, l'essentiel de son temps à réfléchir à des mesures pour stabiliser, puis relancer l'économie, et à des lois sur le système de santé et la politique énergétique qu'il souhaite faire adopter.

Barack Obama avait en outre réitéré sa promesse de mettre en oeuvre un plan de retrait des troupes américaines actuellement déployées en Irak. «Dès que je serai en poste, j'appellerai les chefs d'état-major et mes propres conseillers à la sécurité nationale, et nous commencerons à mettre en oeuvre un plan de réduction de nos troupes.», a-t-il dit au cours de cette entrevue.

Sur ce dernier point, toutefois, les divergences entre M. Obama et le sénateur de l'Arizona sont importantes. Un des principaux conseillers de John McCain, cité hier par le Wall Street Journal, a assuré que son patron allait profiter de sa rencontre avec le président élu pour dissuader ce dernier de procéder à un retrait précipité qui aurait des allures de défaite.

En Irak, le Parlement débat cette semaine d'un accord de principe prévoyant un calendrier de retrait des troupes américaines.

Barack Obama a également indiqué dimanche sur les ondes de CBS qu'il allait former rapidement son équipe de conseillers à la sécurité nationale, jugeant que des organisations terroristes pourraient être tentées de profiter de la période de transition pour commettre des attentats contre des cibles américaines.

Avec l'Associated Press et l'Agence France-Presse






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  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    mardi 18 novembre 2008 07h19
    La vérité vaut mieux que tenter de sauver la face
    « "allures de défaite" ou simple défaite ou défaite cachée ou défaite ouverte, tout ça veut dire : On a perdu. McCain, même battu, continue de pousser sur l'image des États-Unis à la place d'admettre la vérité qui est : On ne peut pas gagner en Irak fait que, aussi bien de sortir tout de suite, ça va limiter nos morts. Keep it simple John. »

  • Hélène Paulette
    Inscrite
    mardi 18 novembre 2008 10h55
    Obama n'est pas le Messie....
    « et son administration commence a ressembler beaucoup a celle de Clinton qui n'etait pas une "colombe" sur le plan international. Deja, avec Rahm Emanuel comme Secretaire General, dont le pere a fait partie de l'Irgun, et maintenant peut-etre Hillary au Secretariat d'Etat (qui a vote pour la guerre en 2003), ca commence a regarder mal pour le Moyen-Orient... Heureusement les groupes de pression ne s'y trompent pas et se mobilisent comme jamais auparavant. Ca risque de devenir tres interessant! »

  • JM
    Abonné
    mardi 18 novembre 2008 10h56
    La vérité, pourquoi ne pas laisser la chance au coureur pour que lui aussi mette l'épaule à la roue.
    « Pour le peu que j'en sais, certains disent que monsieur McCain a des affinités naturelles pour le parti Démocrate. C'est la vie qui l'aurait fait devenir, semble-t-il, un Républicain. D'autre part, je ne vois pas pourquoi monsieur McCain ne se rallierait pas avec monsieur Obama.

    Tant qu'à moi, ma sympathie penche pour monsieur Obama pour le moment. De plus, mon petit doigt me dit que monsieur Obama est capable de composer avec la diversité sans problème. L'aigle américain, avec monsieur Bush, a perdu beaucoup de plumes. En somme, ils auront beaucoup de pain sur la planche. Mieux vaut, pour tous les deux, se rallier honnêtement...

    JM »

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